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lundi 20 septembre 2010

"You made everything happy"

On se réveille la tête encombrée de rêves plus rocambolesques les uns que les autres. Les phares de voiture rappellent des espèces de paires d'yeux exorbités tandis que le ciel est traversé de bandes de nuages qui filent plein est. Cet est où on était ce week-end et dont on se souvient avec une pointe de nostalgie parce qu'on y était avec son meilleur ami. On se réveille avec Near To You d'Yvonne Harrison, qu'on a déjà entendu plusieurs fois sur ce blog tatoué et fumeur. Du coup, on écoute le morceau des Heptones qui se trouve en quatrième position sur ce disque, Caltone Rocksteady Special Tommy McCook, qu'ouvrait Yvonne Harrison. Il s'appelle I Am Lonely et les Heptones y chantent: "Oh my darling, I'm crying over you." Mais ceci ne veut pas dire cela et on souhaite à tou(te)s une bonne journée!

dimanche 29 août 2010

Reggae grotesque (4)

Et on reçoit un pneu électronique de la tanière des ours en peluche qui nous dit : "Y a eu de la baston!" De la baston, ah bon? s'écrie-t-on, abasourdi. Oui, le plus petit, qui veut devenir rude boy quand il sera grand adore la chanson de Desmond Dekker qui a été mise ce matin sur ce blog tatoué et fumeur. Son grand frère, un gros dur et rouleur de mécaniques et à qui on ne la fait pas, lui aurait rétorqué: "La voix fait un peu trop l'horrible chanteur des années 80 Boy Georges."

JB sort donc de sa sieste et doit enfiler ses frusques de médiateur.
Il doit donc résoudre les différends à propos de deux problèmes:
1) la baston
2) Boy George
JB procède dans l'ordre.

La baston.
À la grande surprise de JB, ce terme d'argot n'est pas si récent que ça puisqu'il date de 1926, recensé par Georges Esnault dans son Dictionnaire des Argots français. Et Jean-Paul Colin de poursuivre son explication étymologique dans le Larousse de l'argot & du français populaire:
forme ancienne de bâton (du latin vulgaire basto) qui a curieusement resurgi en argot contemporain. 1. 1926 [Esnault]. 2. 1950 [idem]. Le genre féminin apparaît tardivement (1975). Nettement plus moderne que castagne.
Ça alors… Le genre est resté flou pendant plusieurs dizaines d'années?! Ça alors…
Que le mot viennent de bâton ne nous étonne pas, on a fait justement mercredaille dernier (juste avant le retour du Jédï) une petite leçon de grammaire pour nos amis norvégiens où on expliquait les règles linguistiques de l'emploi de l'accent circonflexe en français.
Le Wiktionnaire a une explication à nous fournir sur le genre du substantif baston:


On va lire l'avis du Robert historique de la langue française qui le rencense à bastonnade:
BASTONNADE n.f. est emprunté (1482) soit à l'italien bastonata (1348-1353), soit à l'espagnol bastonada (XIIIe siècle), soit à l'ancien provençal bastonada (1343). Tous ces mots sont dérivés du correspondant français bâton. Bloch et Wartburg penchent pour un emprunt à l'italien en rapprochant ce mot des termes de vocabulaire militaire emrprunté à l'italien à la même époque; mais bastonnade ne semble pas appartenir à ce vocabulaire. ◊ Le mot désigne une volée de coups de bâton, notamment administrée par châtiment et, dans les bagnes, celui qui consistait à frapper un forçat au moyen d'une corde goudronnée (1836). ◊ Par extension, il est employé en argot à propos d'une violent bagarre (1926).
Comme quoi, même sur l'étymologie, c'est la baston…

On aura au moins rséolu un différend.
On passe au second: Boy George.

Sans vouloir blesser le grand frère des ours en peluche dans son intégrité ni flétrir son honneur, mais on pense qu'une confusion s'opère dans son cerveau au niveau des titres des chansons, qui répètent certains mots comme on le voit ci-dessous:
Desmond Dekker chante: You can get it if you really want.
Boy George chantait: Do you really want to hurt me?
Car sinon, non, les voix de Desmond Dekker et de Boy George n'ont rien à voir l'une avec l'autre - là-dessus on s'appropriera la devise de la reine des Pays-Bas: "Je maintiendrai."

Ceci dit, JB donne entièrement raison au grand frère des ours en peluche par rapport à la chanson dont le tite figure plus haut. Et il découvre avec stupeur que les Heptones ont fait une reprise de la rengaine. Qu'on écoute:



C'est absolument ridicule!
Oui, encore du reggae grotesque comme on se plaît parfois à le faire entendre sur ce blog tatoué et fumeur. Mais ce n'est pas fini, car même dans les commentaires de la vidéo, c'est la baston - certains prétendant que l'original est des Heptones, d'autres soutenant mordicus et comme de juste que non:


Heptones ou pas Heptones, la reprise est comme son original: grotesque.
Mais JB se souvient que les Violent Femmes (dont il tient toujours le premier disque de 1982 en haute estime) se sont eux aussi essayés à la reprise en 1991. On écoute:



Alors? La reprise est tout de même tordante. Les Violent Femmes n'ont conservé que la mélodie et la phrase interrogative du titre - pour le reste, ils ont écrit des paroles complètement inédites. Mais le résultat est-il à la hauteur? La voix de Gordon Gano, dont on sait qu'elle peut agacer certains, devient ici très vite énervante. Et si la premièe écoute du morceau se révèle amusante, la seconde est immédiatement exaspérante. Pourquoi? Parce que l'original est nul. Tout simplement. Nul et grotesque. Et donc toutes les versions, qu'elles soient reggae ou indie, seront tout aussi nulles et grotesques.

En parlant de grotesque, et pour conclure en beauté, on trouve ce commentaire sur la vidéo des Violent Femmes. Et la précision finale en guise d'argument massue nous fait pisser de rire!!!

vendredi 28 mai 2010

Gunmen

73 morts, rapportait Le Monde hier. 73! Je répète, quand même: soixante-treize. 73 morts dans le quartier de Tivoli Gardens, à Kingstown en Jamaïque pour mettre la main sur Christopher "Dudus" Coke, trafiquant de drogues réclamé par les États-Unis au gouvernement de l'île. Sauf que. L'excellent magazine américain Foreign Policy, consacré aux relations internationales, parle de "farce" puisque le bien-nommé Coke a largement financé le parti politique de Bruce Golding, le Premier ministre. Cependant qu'il reverse aux déshérités l'argent qui leur manque (et les armes!), lesquels à présent, évidemment… le protègent.

Et cela nous fait penser à cette page sur laquelle on est tombé il y a quelques mois et qui recense la cause de la mort, quand celle-ci est connue, des musicien(ne)s de ska et de reggae. Et, déjà, j'avais été abasourdi par le nombre de décès criminels, qu'il s'agisse de meurtres ou d'assassinats. Le plus strictement célèbre étant été commis sur la personne de Margarita Mahfood, tuée par Don Drummond qui se suicide ensuite en prison.
Shot… Shot… Shot… recense et ressasse cette liste sordide: tué par balles. Par ceux qu'on appelle an anglais de la Jamaïque les gunmen. Dont The Heptones, avec Gunmen Coming to Town, nous offrait déjà un aperçu en 1966: