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jeudi 23 septembre 2010

Un pédérasse et une pasteur lesbienne

JB va encore une fois chercher ici le ton:


Les Deschiens - Pique-nique


Et JB peut dès lors traduire ainsi, dans ce dialogue où les rôles sont inversés par rapport à la vidéo: l'équivalent français de Kjell Bjarne se retrouve tant chez François Morel que chez Yolande Moreau au niveau de la syntaxe et du registre; l'équivalent français d'Elling se retrouve au niveau chez Olivier Broche au niveau du langage, mais aussi chez François Morel au niveau du ton et de l'intonation et parfois au niveau du vocabulaire (pour ce qui est des expressions ou mots désuets).

— Si tu caftes à Frank, j’te préviens, j’te fais p’us à bouffer! a menacé Kjell Bjarne. Pi j’déménage ailleurs.
— Si tu ne cesses pas tes âneries séance tenante, alors ni toi ni moi n’aurons quoi que soit non seulement à mais pour… bouffer, comme tu dis! Et où veux-tu déménager, hein? avec un compte débiteur de plusieurs milliers de couronnes? Même les auberges de l’Armée du Salut ne voudront pas de toi. Puisque tu ne bois pas. Ça fait longtemps que tu fricotes comme ça dans mon dos?
— Nan. C’est juste que j’arrivais pas à roupiller c’te nuit. J’étais au trente-sixième dessus, tu vois. J’avais trop de conneries dans la tête.
— Juste cette fois? Et réponds franchement, car de toute façon la facture révèlera ton forfait.
— Juste cette fois. Et une aut’ fois aussi.
— Bon… je passe l’éponge, ai-je répondu, tout en mansuétude. Je ne dirai rien. Mais tu me promets, en revanche, de t’ouvrir à Frank de tes fameuses conneries dans ta tête, d’accord?
— M’ouvrir à Frank? Qu’est-ce tu veux dire?
— Il faut, quand tu as peur, que trouves autre chose à faire qu’écouter des cochonneries qui au final nous coûtent bonbon.
— J’avais pas peur. J’étais furax contre ma mater.
— C’est bonnet blanc et blanc bonnet! Les unités sont au même prix que tu sois furieux ou anxieux, je te signale. Tu n’as qu’à appeler la ligne SOS mise en place par l’Église. Je crois même qu’elle est gratuite.
— Ouais, mais… c’est pas pareil dans le genre.
— Oh, va donc savoir! Les choses ont bien changé au sein de l’Église depuis notre confirmation. Si l’on en croit la presse quotidienne, tu risques même d’avoir une pasteur lesbienne au bout du fil. Et si tu lui parles de ta marâtre, il n’est pas exclu que tu parviennes à lui faire pousser quelques gémissements de plaisir!

lundi 20 septembre 2010

JB retrouve son lllatin

Et, comme pour le premier tome des aventures d'Elling, JB s'inspire des Deschiens pour trouver le ton du deuxième roman de la série d'Ingvar Ambjørnsen.
Par exemple - et qui plus est d'actualité:




Et les deux répliques cultes sont:
Vous êtes pas tout le temps à parler l'lllatin?!
Vous êtes pas habillé en chasub'?

samedi 24 juillet 2010

La scie tapettisante

Je parlais l'autre jour des phrases impossibles à traduire à cause des antiennes de la culture populaire. Un autre exemple:
Je veux traduire (dans un passage où il est expliqué que l’électricité saute tout le temps:
Et ça continue comme ça le reste de la soirée, comme si quelqu’un s’amusait à débrancher puis rebrancher un gigantesque disjoncteur. L’ambiance suit le même mouvement de yoyo : euphorique quand la lumière revient, maussade quand elle s’en va à nouveau.
Et je me dis que cette lumière fait un peu trop penser à la chanson de Cloclo. Hum… "Que faire?" disait Lénine. D'abord réfléchir. D'abord écouter Ça s'en va et ça revient, pour l'avoir bien en tête jusqu'au dégoût et avoir tellement envie de dégobiller qu'une formule plus judicieuse s'imposera forcément à l'esprit.

Or, en cherchant sur gougueule vidéos le clip clocloësque, on tombe sur tout autre chose, à savoir nos défunts et délicieux Deschiens, qu'on regarde sans perdre une seule seconde:




Du coup, on repense aussi à Albert Algoud qui, avec son personnage de François François, proposait une version "tapettisante"* de François Claude. Et si on n'a pas retrouvé son interprétation de la scie sus-nommée, on a déniché ça ci-dessous:



* On s'apprêtait à écrire: "tapettisante" (adjectif qu'on avait inventé pour la traduction du roman de Sara Stridsberg). De fait, le néologisme intervenait dans deux endroits du roman, à chaque fois pour désigner Andy Warhol. Je cite:


Puis, à la page 365 de ce même roman:


Et puis, parce qu'on ne donne pas trop dans la fanfaronnade, on va tout de même vérifier sur gougueule. Et là, à notre grande surprise mais soulagement malgré tout, on découvre que:


Ça alors.
Dans ce qui se révèle n'être que 4 occurrences, les emplois de l'adjectif se rapportent à: 1) une chanson, 2) une animation, 3) une voix, 4) une combinaison.
En suédois l'adjectif était bögig, sachant que bög signifie pédé.

Mais… et tapette, au fait, ça vient d'où au fait?
Consultons le Robert historique de la langue française:
TAPETTE n.f. est employé avec sa valeur diminutive de petite tape depuis le XVIIIe siècle. Au XIXe s., c'est devenu le nom d'un jeu de billes (1845). D'après la valeur sexuelle de taper (ci-dessus), c'est aussi le nom familier d'un homosexuel passif (1859), l'initiale commune avec tante, tata ayant pu renforcer cet emploi. ◊ Le mot sert également de désignation familière pour la langue, organe de la parole (1867). ◊ D'après sa fonction, il désigne aussi concrètement une raquette d'osier pour battre les tapis, tuer les mouches (1929).

Pas-sion-nant! Ainsi donc, la tantouse précède le tue-mouches! Comme quoi les tounes ont toujours eu une longueur d'avance.
Blagues à part.
Comme on vient de le lire, la tapette désigne "un homosexuel passif". Déjà, quand on avait acheté ledit dictionnaire, on avait instinctivement cherché tous les mots se référant aux homosexuels masculins. Et force nous avait été de constater que tous désignaient justement l'homosexuel passif. Autrement dit, la société éprouvait le besoin de les désigner", de les nommer, de les montrer nommément, de les "penser/classer" comme disait Pérec. De le classer, lui à l'inverse de l'homosexuel actif qui n'avait pas besoin d'être rangé dans une quelconque taxinomie. Comme si l'homosexuel actif n'existait pas par nature, par essence. Seul le pénétré nécessitait la vulgarisation (dans tous les sens du terme). Le pénétrant était hors de la ligne de tir et de mire. Le pénétrant était inoffensif et inattaquable, le pénétré méritait l'opprobre. Tout ceci nous dit long sur la domination masculine et la phallocratie.

Mais revenons à notre tapette. Quel est le sens sexuel du verbe taper?
◊ D'après le sémantisme sexuel du coup, taper, surtout au pronominal, exprime l'idée de relation sexuelle. C'est probablement cette métaphore sous-jacente (non encore attestée) qui rend compte de l'emploi de se se taper avec un complément pour "boire, manger" (1766), taper qqch. ayant aussi signifié "se servir abondamment de" (1836), sorti d'usage. Se taper correspond au XXe s. à se faire, se farcir, etc. avec pour complément le nom d'une action pénible (se taper une corvée, la vaisselle). En argot, le verbe a parfois une valeur explicitement sexuelle, évoquant la sodomie.
D'où, suppose-t-on, le passage à la tapette en tant qu'homosexuel, n'est-ce pas?
Si aucun de nos dictionnaires d'argot ne mentionne explicitement cette allusion à la sodomie, le Larousse de l'argot & du français populaire nous indique néanmoins que le sens de "posséder sexuellement" date de 1928 et renvoie pour le substantif tapette au TLF, dont nous recopions l'étymologie:
3. 1854 « pédéraste passif » ils sont tous maquereaux ou tapettes (Goncourt, Journal, p. 141)
Et le TLF de confirmer également l'étymologie du verbe se taper dans son sens sexuel (avec comme exemple se taper une femme) en la faisant remonter à 1928.

C'est tout de même étrange, cette histoire…
D'un point de vue lexicographique et étymologique, le mot tapette est antérieur au mot se taper. Ce qui signifie donc que la tapette homosexuelle est (encore une fois!) antérieure à l'acte sexuel dit hétérosexuel. Autrement dit, la sodomie est antérieure à la pénétration vaginale.
Ce n'est plus étrange, c'est tout bonnement formidable!
Car c'est toute l'histoire linguistique de l'homosexualité qu'il faudrait presque réécrire (si, encore une fois, je tombe dans l'hystérie - lexicographique ou pas).

Au fait, et notre histoire de lumière clocloësque?
À la réflexion, elle est très bien comme ça, cette lumière qui s'en va et qui revient.

En guise d'au revoir, on a cherché sur toitube une chanson sur les tapettes. Et on est tombé sur cette perle québécoise, d'un certain Paolo Noël dont on ignorait complètement l'existence. Avé, Paulo! Wikipédia nous apprend que la chanson ne s'appelle pas Je suis une tapette, mais plutôt Paulette qui dans ce cas n'est pas la reine des paupiettes mais bien, or donc, une tapette. La chanson date des années 70, aurait connu un succès certain dans la Belle Province et, pour ceux qui ont la comprenette québécoise un peu lente, on en trouve les paroles ici même.

jeudi 10 juin 2010

La claque

La difficulté du roman de Trude Marstein c'est sa forme particulière. Je l'ai dit, 118 voix différentes prennent la parole, c'est-à-dire qu'ils deviennent les narrateurs de cette histoire pour le coup polyphonique.
Quand on traduit un roman, le début est toujours difficile: il faut trouver la voix, le style, le ton, l'écriture propres à l'auteur, aux personnages, à l'action. Puis, peu à peu, le traducteur s'approprie puis possède complètement ces intentions narratives.Plus on avance dans le texte, plus on traduit vite et avec dextérité.
Or ici, la difficulté, c'est la voix qui change à chaque chapitre. Si l'écriture suit le même principe, la voix du personnage change. Une psychologue de 50 ans ne va pas parler comme une jeune fille de 16 ans, laquelle ne va pas s'exprimer de la même manière selon le milieu d'où elle provient, de même qu'elle ne s'adressera pas à ses copines comme le fait le directeur d'une entreprise à ses employés. Du coup, la traduction en tant que telle se voit considérablement ralentie puisqu'il faut s'adapter à chaque nouvelle voix.
Aujourd'hui c'est un garçon de 18 ans qui prend la parole. Il est issu d'un milieu populaire et il parle de sa sœur, Janine:

Ç’aurait dû être la meilleure période de ma vie et c’est la pire. Je liste. Primo: Maman est déprimée. Secundo: Paul la déprime. Tertio: Janine s’est fait choper pour vol à l’étalage. Alors qu’elle n’a que douze ans. Maman veut pas prendre de mesures et Janine n’est pas la fille de Paul, du coup on va pas aller loin comme ça. Ce que moi j’ai fait, c’est que je lui en ai collé une. On était dans sa chambre et vlan: elle s’en est mangé une.

Et j'ai longuement hésité pour cette histoire de claque. Il allait dire quoi? Qu'il lui a flanqué une claque? mis une torgnole? foutu un pain, une mandale?
Bon, la torgnole, non, c'est les années 60 voire avant. La mandale, c'est les années 80, ça pue la chanson de Renaud. Un pain, ce serait mieux, mais le garçon en question, Sean, n'est pas non plus vulgaire, il parle un norvégien (et donc un français) relâché, familier, mais pas vulgaire ni obscène. Il n'est du reste ni vulgaire ni violent. Il gifle sa sœur parce que sa mère ne fait rien, il assume l'autorité manquante (qu'elle soit paternelle ou maternelle).
Et, dans cette hésitation qui est la mienne, on voit aussi les limites du traducteur:
Suis-je la bonne personne, à 40 ans, pour traduire un roman avec une voix adolescente? Suis-je la bonne personne pour traduire, mettons un roman qui ait trait principalement au basket alors que je n'y connais rien?
Ça me rappelle ce roman d'Edmund White où le traducteur avait traduit les mots anglais utilisés par les homosexuels, alors que ceux-ci les reprennent en français in extenso. Ainsi, une backroom était devenue une arrière-salle, le fist-fucking: baiser avec le poing. C'est évidemment ridicule et le traducteur ne connaissait rien à la sexualité des homosexuels. Ce que je veux dire en soulignant cela, ce n'est non pas pour me moquer de mon collègue, mais davantage appuyer sur ce point: tout bon traducteur qu'il soit, un traducteur littéraire ne peut pas tout traduire, tous les textes, tous les genres, toutes les voix - ce n'est pas vrai.

Alors qu'est-ce que j'ai fait pour ma gifle?
J'ai demandé conseil à une jeune fille plus jeune que moi. Et c'est elle qui m'a donné la solution: en coller une. Et c'est effectivement l'expression idéale pour le jeune homme qu'est Sean dans le roman. Merci, C!

Et du coup, en traduisant ce passage, on pensait forcément à certains sketchs des Deschiens où le pauvre gamin se prend des claques à tort et à travers.
On regarde:



Culte!

Du même coup, on en vient à s'interroger sur l'origine de la locution: J'en ai ma claque!
Voyons ce que nous dit le Robert dictionnaire des expressions et des locutions:
En avoir sa claque "en avoir assez; être dégoûté de quelque chose"; d'abord "être rassasié" (1867). L'expression, qui est donnée sans explication par les dictionnaires, ne renvoie pas directement au sens de "coup, gifle…", mais à la valeur générale: "avoir sa part" (réalisée dans avoir son compte, avoir son fade, en argot -> aussi PRENDRE SON PIED (cf.). De fait, claque s'emploie en Picardie au sens de "bonne mesure (de lait)" et claquée au sens d'"abondance". La locution en avoir sa claque ne provient sans doute pas de ces emplois dialectaux, mais ils attestent un sémantisme ("qualité, abondance") dérivé de celui d'"intensité" (ce dernier étant rattaché à l'onomatopée désignant un geste violent, un coup). Cf. en avoir sa dose.

C'est un peu confus, tout ça…
Que nous dit maintenant le Larousse Dictionnaire de l'argot & du français populaire? Le contraire! Ou presque.
Dans la locution, le substantif est un "déverbal de claquer et emploi métaphorique du mot "gifle"". Là où les deux dictionnaires tombent d'accord, c'est sur le sens premier (que le Larousse situe à… 1866!) dans le sens "avoir trop bu, trop mangé"; la locution ayant ensuite été popularisée par Zola - et le Larousse de renvoyer au TLF. Du coup on y va et on trouve ça:



Aha…
"C [notre désormais fameuse locution] peut-être [et c'est moi qui souligne] à rapprocher de claque «coup» (cf. claquer «mourir») par allusion à l'état d'accablement qu'exprime cette locution."
Booon… On adore ce "peut-être", encore plus en constatant que personne n'est d'accord.

Allons voir le "dictionnaire de référence" qu'est Le Littré.
Et le Littré… ne dit rien. Ne recense pas la locution. Tout au plus indique-t-il que le substantif claquer trouve son étymologie dans le verbe claquer (ah bon? j'aurais dit le contraire, mais bon…) qui est la suivante:





Bon. On résume en quasi-fin de parcours.
En avoir sa claque contient le substantif claque mais pas forcément au sens de gifle, ou "peut-être" indirectement par allusion à l'état dans lequel laisse le coup. À moins que l'origine de la locution vienne de l'idée de trop-plein. Question: ce trop-plein peut-être associé à l'accablement physique (et psychique) consécutif à la claque?

Puisqu'il est question d'étymologie, on va fureter dans le Robert Dictionnaire historique de la langue française et, à notre grand étonnement, on trouve ça:
CLAQUE n.f. est dérivé (1306) de l'onomatopée klakk- exprimant un bruit sec, bref et assez fort, d'où l'interjection clac.
◊ Le mot, par glissement métonymique de l'idée de "bruit" à celle de "processus produisant un bruit", désigne un coup retentissant frappé du plat de la main (cf. gifle). […] ◊ La locution en avoir sa claque (1867), d'abord en référence à une personne ayant trop bu et trop mangé, puis avec une signification générale (1877), peut être rapprochée de claque "coup" par l'intermédiaire de l'idée d'"accablement" ou plutôt du verbe claquer, par être claqué "exténué". […]


Alors ça c'est fort de café! Le Robert des expressions et des locutions ne donne pas tout à fait la même explication que son cousin historique de la même maison!
Bon, donc notre supposition à mi-parcours était la bonne.
Mais quand même, on ne cesse de s'amuser de ces avis partagés.

Allez, on finit sur le début en bouclant la boucle avec une autre claque vidéographique. On pensait montrer la torgnole monumentale que se prend Isabelle Adjani par Lino Ventura dans La Gifle, et puis on est tombés sur cette vidéo dans toitube, ce geste de 2002 qu'on avait oublié et qu'on revoit avec encore plus de délectation après avoir lu hier dans la presse de la Rance que le chef du miïeu a rencontré un autre chef, mais de l'État celui-ici:

mercredi 2 juin 2010

Cette idiote

Et ce matin, donc, en voyant le temps encore une fois grisâtre, pluvieux et froid sur Berlin (alors qu'on est le 2 juin, b##!!**), on pensait qu'il nous fallait une musique qui égaie un peu la journée. Du coup on pensait à Mary Poppins de Tommy McCook. Et, de fil en aiguille, on repensait à Mary Poppins, le film. On a cherché, on a trouvé ça:



Ringue et kitsch à mort!
Et on adore ce commentaire dégoté dans la liste de ceux qui se trouvent sous la version anglaise sur toitube:


Mais on se dit quand même, ça c'est sûr: "C'est le morceau de sucre qui aide la médecine à couler", c'est bien vrai. Ouais, même qu'on en fait l'expérience tous les jours.
Et du coup, rebelote, de fil en aiguille, à cause du sucre, on repense à l'immarcescible cake d'amour de Peau d'Âne, de Jacques Demy. Voilà:



Et, toujours question commentaire, on adore celui-ci, qui détaille le contenu de la vidéo, sur toitube:


Puis on se dit qu'on n'a jamais fait de cake d'amour. Et puisqu'on n'a pas de prince, mais bon, on ne sait jamais, peut-être qu'il pourrait débouler et toquer à la porte, pourquoi pas en confectionner un? De cake, je veux dire. Pas de prince… Le prince, lui, il vient. Bref.
On se souvient qu'un ancien collègue de travail en avait fait un et que c'était immangeable.
Mais parce qu'on est comme Saint-Thomas, on se dit qu'on va en faire un, pour voir.
Allez zou, au boulot! Et puis c'est l'heure du déjeuner, en plus.


13h:
On note la recette:


© icke


13h20:
On a préparé tous les ingrédients:

© icke

Bon, OK, on a procédé à quelques petits changements. 
Parce que, on voudrait pas dire, mais des gâteaux, on sait en faire depuis qu'on est mioche, alors, c'est pas à nous qu'on va la faire, l'histoire de 4 poignées de farine avec du levain et une main de beurre fin. Avec ça, c'est un étouffe-chrétien qu'on obtient. Et puis 4 œufs avec un bol de lait et seulement 4 poignées de farine, c'est plus un cake mais un clafoutis qu'on fait.
Donc:
3 œufs seront amplement suffisants, avec 2 pour commencer. En haut, de gauche à droite: la farine, le sucre, le sel, du sirop d'érable (oui, bon, on n'a pas de miel et on a acheté du sirop d'érable cette semaine et faudrait pas que ça se perde, hein). En bas, également de gauche à droite: le bol de la lait, la fameuse terrine et 125 grammes de beurre fondu.
Allez, en route.


13h40:
Alors, qu'est-ce qu'on disait?

© icke

Ben ouais, pas loupé. Avec autant de lait, on se retrouve avec un clafoutis et non avec un cake.
Pff…
Bon, on va rajouter de la farine.
Je vois l'étouffe-chrétien se profiler de plus en plus…


13h45:
On goûte:

© icke

C'est in-fect. Ça a la goût de farine à la farine.


13h55:
Voilà, c'est prêt dans la moule à cake:

© icke

Et c'est mis dans le four préchauffé à 180°.
On a donc rajouté une poignée de farine pour éviter l'effet clafoutis. Du coup, comme ça avait trop le goût de farine, on a rajouté du sucre et du sirop d'érable, et puis on a mis le troisième œuf en pensant qu'avec toute cette farine, on s'en sortirait pas. Déjà que 125 grammes de beurre seulement c'est pas bézèf… Mais bon, il y a les œufs et le lait qui compensent, donc ça devrait le faire.

Allez, maintenant on attend une heure.
Ah, merde! J'ai oublié de mettre la bagouze dans l'étouffe-chrétien!
Putain, à ce rythme-là c'est à la Saint-Glinglin ou à la Saint-Saucison qu'il va débarquer mon prince.


14h10:
En attendant, intermède (comme on disait autrefois) avec Élyane Célis (à ne pas confondre avec sa cousine Élance Cialis):



14h35:
Bon, ça donne quoi notre affaire à mi-parcours?

© icke

Mouais. Ça a une couleur marronnasse pas forcément ragoûtante.
Je voudrais pas dire mais, le prince, il faudra qu'il trouve certains charmes ailleurs qu'au gâteau pour que j'arrive à lui en faire bouffer.
Et la cuisson ça donne quoi?

© icke

Ouais, ça en manque. Elle disait combien de temps la Peau d'Âne?
1 heure, hein? Elle se plantait pas en fait.
Allez, re au four.


15h05:
Bon, ben… a y est, hein:

© icke

Ça fait un joli dégradé de couleurs avec le marron du lino de la couisine. Génial.
On va le mettre à refroidir - il s'agirait pas non plus qu'on le mange trop chaud et qu'on se calcine les muqueuses, elles pourraient encore nous servir, rapport au prince, machin.
Et en attendant, on va cette fois écouter le grand Michelangeli interpréter le Golliwogg's Cake Walk de ce cher Debussy qu'on n'écoute pas souvent, à part bien sûr son impérissable Rêverie:




15h30:
C'est l'heure du test…
Ta-daaah!

© icke

Un bon point: il se démoule bien.
Mais c'est le seul.
Vu qu'après une heure de cuisson, et faut pas avoir fait d'études de cuisine pour s'en rendre compte, il est pas cuit dans le milieu. Il va devoir se retaper 1/4 d'heure de four avec un papier d'alu sur lui.

Question goût.
Ça n'en a pas justement. Ah, c'est pas immangeable, hein… C'est juste que ça n'a ni goût ni gouasse. Et c'est vraiment un étouffe-chrétien! On mâche, on mâche, on mâche, et on en a toujours dans la bouche! Oh purée, ce que ça colle au palais! Il faut prévoir le litre d'Évian à côté, c'est moi qui vous le dis…
Ouais ben, si dans un quart d'heure il s'est pas amélioré ce cake d'amour, macache le prince, hein…


16h15:
Voilà, c'est fini et bien fini - la cuisson je veux dire.
Et ça a cette tronche:

© icke

Une tronche de pas cuit. On dirait un pudding raté. Mais p'têt qu'il faut le mettre à macérer pendant cinq mois comme le pudding… P'têt… p'têt qu'alors il sera bouffable.
Et puis quelle idée de poser ce machin bourratif dans une assiette jaune! Parce que le cake d'amour est jaunasse en fait. Alors déjà qu'il est pas appétissant, mais jaune sur jaune, même pour un daltonien comme moi, c'est vomitif à souhait.


16h25:
Il nous est venu une idée. Comme c'est un cake, qu'il est sec, non, en fait il est pas sec, il est même moelleux, c'est juste qu'il est… pâteux, oui, voilà: pâteux et plâtreux; et comme on a ajouté du sirop d'érable, on s'est dit qu'en en mettant dessus, ça enlèverait le côté colle-aux-dents du gâteau, ça ferait plus pan cake au sirop d'érable. Vous voyez? C'est que ça cogite là-dedans, hein, faudrait pas croire…
Du coup ça donne ça:

© icke

Bon, ça gagne franchement pas en attirance mais on perd en adhérence. Le gâteau imprègne moins. Ou plutôt: imbibé de sirop d'érable, il coule mieux dans la gorge et reste moins englué à la dentition.
C'est toujours ça de pris.
Parce que sinon, primo: pas de prince à l'horizon; secundo: avec ce cake d'amour absolument foiré, on se sent nul. Oui, on se sent comme La petite princesse nulle de Nadja, cette héroïne d'album pour enfants.
Voici (faut cliquer sur l'image pour bien voir):

© Nadja/l'école des loisirs

Et on s'identifie à mort avec la princesse nulle quand on lit qu'elle est nulle et archinulle, et aussi à ce niveau-là, vu qu'on l'est de la même manière et qu'on ne trouverait rien de mieux que de poser la même question qu'elle. Voilà (et là encore faut cliquer dessus):


© Nadja/l'école des loisirs


16h30:
L'heure du goûter, l'heure des enfants.
On a quoi au final, alors?
Un étouffe-chrétien raté, un prince qui s'est pas radiné.
On aurait donc mieux fait de préparer un goûter au pâté, là au moins on aurait pas loupé notre coup, même si ça ressemble un peu à tout point de vue à ce qu'on s'est récolté avec notre foutu cake d'amour:



lundi 26 avril 2010

que es eso, felipe???

Pour l'ami espagnol A (encore un autre ami A) qu'on ne voit plus (et on pleure) parce qu'il travaille d'arrache-pied pour son examen. Du coup, pour le distraire un peu et pour mieux nous rapprocher de lui, et parce que ses préoccupations de travail sont en lien avec ce qui est montré ci-dessous, à savoir les langues, leur apprentissage et leur prononciation, et que ce blog fumeur et tatoué en parle en permanence, on lui envoie deux petites rigolades.

La première en provenance d'Allemagne puisque, aujourd'hui, mon journal, die TAZ, publie un article de leur correspondant à Madrid sur la prononciation de l'anglais par les Espagnols. Assez tordant!
(Es posible de clicar sobre el articulo y despues leer mejor. Siii!)



La seconde est en provenance de la Rance et rediffuse un épisode des inépuisables Deschiens, intitulé La lección de español. ¡Si, claro!