Das jamaikanische Original, von Keith (Lyn) & Ken (Lazarus) mit Byron Lee und seinen Dragonaires, anno 1964, in einer Aufnahme von damals.
L'original jamaïcain, de Keith (Lyn) & Ken (Lazarus) avec Byron Lee et ses Dragonaires, anno 1964, dans un film d'époque.
Un an plus tard, dans la République populaire de Pologne, AliBabki (Wanda Orlańska-Borkowska, Ewa Dębicka-Brzozowska, Anna Dębicka-Czaplicka, Agata Dowhań, Krystyna Grochowska, Sylwia Krajewska) fait un cartonow avec Wash Wash Ska.
Ein Jahr später, in der Volksrepublik Polen, hat AliBabki (Wanda Orlańska-Borkowska, Ewa Dębicka-Brzozowska, Anna Dębicka-Czaplicka, Agata Dowhań, Krystyna Grochowska, Sylwia Krajewska) einen Bombenerfolgow mit Wash Wash Ska.
Frage: entsprechen diese Waschmaschinen- bzw. Wassergeräusche dem Titel? Also: man hätte sofort Lust Ska zu hören, sobald man seine Wäsche waschen würde? Sogar umgekehrt: man hätte beim skahören sofort Lust, seine Wäsche zu waschen? Weiter: man würde beim skahören, und auch beim skatanzen, faktisch und gleichzeitig seine Wäsche waschen? Der JB ist verwirrt.
Question: les bruits de machine à laver et d'écoulements d'eau correspondent-ils au titre? Donc: on aurait aussitôt envie d'écouter du ska en lavant son linge? Voire, l'inverse: on aurait aussitôt envie de laver son linge en écoutant du ska? Plus encore: on laverait effectivement et concrètement son linge en écoutant du ska et en dansant sur du ska ? JB est un peu confus.
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lundi 21 janvier 2013
mardi 24 mai 2011
"reminiscing all the things"
Et, samedi soir dernier au nighter, M mettait ce morceau qui a fait bondir JB comme un diablotin de sa boîte et se précipiter sur le mitan de la piste.
[Oui, autrefois, on employait le mot mitan pour signifier le milieu, un terme toujours usité dans le patois de la région natale de JB. Quant à l'origine du substantif qu'on écrit également mitant, on assiste toujours à un crêpage de chignons chez les linguistes — et JB ne va s'appesantir là-dessus, il renverra à la looongue explication du TLF et indiquera simplement cette précision du Robert historique de la langue française:
Si l'adjectif se rapporte avant tout à ce qui se situe dans le milieu, dans le centre, il n'empêche: le mot est savoureux. Évidemment, JB adore ce mot qu'il s'empresse dès maintenant de remettre au goût du jour et va employer dans chaque conversation.
Exemples:
Intrigué et séduit, JB va faire une mini-recherche, mais archiprécise quand même, qui lui montre deux choses:
Primo, il y a très peu d'occurrences tant dans gougueule livres que dans la base Gallica de la BNF de l'adjectif mitantier — en revanche, le terme est très répandu, JB l'apprend comme ses petits amis, en tant que patronyme (que nom de famille, quoi).
Secundo, il trouve tout de même une occurrence qui a l'avantage de montrer l'étendue des disputes étymologiques:
Au final, JB se pose une question ontologique:
Peut-il être une militante (en un ou en deux mots) du mitant?
Voire, dans l'absolu:
Peut-on être un militant mitantier?]
Enfin bref.
JB se précipite donc, au nighter, danser sur le morceau que M vient de mettre et qui est celui-ci:
Du coup, il se reprécipite, cette fois pour demander à M de qui il s'agit. S'ensuit cette conversation décoiffante:
JB: C'est qui?
M: John Holt.
JB: John Holt?
M: Eh ouais.
JB: Jamais j'aurais pensé à lui.
M: Ben si.
JB: Ben dis donc…
M: Beh ouais.
JB: Ça alors…
Bon.
JB doit expliquer à ses petits amis que, un beau matin il y a environ quinze jours, il s'est réveillé cette phrase du refrain qui tournait en boucle dans sa tête compliquée: "While you're there."
Il a eu beau sonder et fouiller et scanner son mange-disque électronique, il n'a rien trouvé. Ça l'a occupé comme ça pendant deux jours. Hystéro comme il est, il en aurait pleuré. Il a même failli envoyer un pneu vocal à N pour lui demander conseil. Mais il aurait eu l'air malin en entonnant dans le bigo cette phrase, lui qui chante comme une casserole.
Or voilà que, samedi dernier, M met fait aux turpitudes JBesques. Quel bonheur au quotidien!
Et, aujourd'hui, traversant deux ponts berlinois juché sur son vélocipède, JB écoutait en boucle Tonight en étant fasciné par les paroles du refrain:
JB se délectait de l'emploi de ce verbe, to reminisce, qui équivaut à notre se remémorer français mais qu'on retrouve dans le substantif réminiscence. JB trouvait judicieuse cette opposition entre le remember et le reminisce tandis que le recollect (autre synonyme) a été évincé. Pour un travailleur du mot (JB emploie ce syntagme volontairement, en pensant avec un sourire amusé à la locution moderne travailleur/euse du sexe) — donc, pour un travailleur du mot tel que lui, cette distinction était une petite perle.
JB trouvait magnifique cette image ambiguë du there dont on peut se demander quel endroit l'adverbe désigne, à savoir se demander où se trouve exactement la personne à qui s'adresse John Holt: chez quelqu'un d'autre? dans les bras d'un(e) autre? En faisant quoi? Et puis elles correspondent à quoi, ces things, ces choses, qu'il lui a apprises à faire (= taught you to do)?
Ceci dit, rapport aux travailleurs/euses du sexe, JB ne va pas faire un dessin à ses petits amis, il les considère suffisamment grand pour comprendre de quoi il est question en fin de compte. Au lieu de quoi, il va laisser Jo-Ann Greene du site allmusic.com parler de la chanson:
Et JB adore la pochette du second disque de John Holt sorti en 1971, donc après le succès de Tonght, et intitulé Holt. Il adore le regard du chanteur qui lui donne l'air d'une méchante brute à deux doigts de fondre en larmes:
Toujours est-il que, s'il n'avait pas la version de John Holt dans son mange-disque électronique, JB avait celle de Ken Lazarus, sur laquelle on se quitte en l'écoutant plus bas.
[Oui, autrefois, on employait le mot mitan pour signifier le milieu, un terme toujours usité dans le patois de la région natale de JB. Quant à l'origine du substantif qu'on écrit également mitant, on assiste toujours à un crêpage de chignons chez les linguistes — et JB ne va s'appesantir là-dessus, il renverra à la looongue explication du TLF et indiquera simplement cette précision du Robert historique de la langue française:
Mitan s'est superposé à milieu entre le XVe et, surtout, le XVIe siècle; puis il a reculé au profit de celui-ci, auquel il fournit un équivalent, dans le sens argotique de “pègre” (1924).
Et, ce cherchant, JB découvre que le Godefroy, un des dictionnaires du moyen français, donne un mitantier pour désigner notamment ce que nous qualifions aujourd'hui d'index, donc le troisième doigt = le doigt du milieu:Si l'adjectif se rapporte avant tout à ce qui se situe dans le milieu, dans le centre, il n'empêche: le mot est savoureux. Évidemment, JB adore ce mot qu'il s'empresse dès maintenant de remettre au goût du jour et va employer dans chaque conversation.
Exemples:
• Marie-Bernadette a brandi son mitantier sous le nez de Jean-Roger en lui envoyant un "Fuck!" rageur à la figure.
• Brenda, juste après sa séance de nail art, est revenue furax chez la manucure en s'écriant: "Je me suis cassé l'ongle du mitantier en rajustant la bride de ma purse."
• Josy a eu beau appuyer sur le bouton mitantier de sa yaourtière, cette dernière ne s'est pas mise en route.
• Jacky, évoluant désormais dans les parties la partie mitantière du terrain au sein du club de foot de Sainte-Verge (79), a envoyé une patate dans les goals de Patrice.
• Pour moderniser un MODEM en chute libre, François B. a rebaptisé son parti le PRM: Parti Rassembleur Mitantier. À ce jour, aucune nouvelle adhésion au PRM n'a été enregistrée.
Intrigué et séduit, JB va faire une mini-recherche, mais archiprécise quand même, qui lui montre deux choses:
Primo, il y a très peu d'occurrences tant dans gougueule livres que dans la base Gallica de la BNF de l'adjectif mitantier — en revanche, le terme est très répandu, JB l'apprend comme ses petits amis, en tant que patronyme (que nom de famille, quoi).
Secundo, il trouve tout de même une occurrence qui a l'avantage de montrer l'étendue des disputes étymologiques:
Au final, JB se pose une question ontologique:
Peut-il être une militante (en un ou en deux mots) du mitant?
Voire, dans l'absolu:
Peut-on être un militant mitantier?]
Enfin bref.
JB se précipite donc, au nighter, danser sur le morceau que M vient de mettre et qui est celui-ci:
Du coup, il se reprécipite, cette fois pour demander à M de qui il s'agit. S'ensuit cette conversation décoiffante:
JB: C'est qui?
M: John Holt.
JB: John Holt?
M: Eh ouais.
JB: Jamais j'aurais pensé à lui.
M: Ben si.
JB: Ben dis donc…
M: Beh ouais.
JB: Ça alors…
Bon.
JB doit expliquer à ses petits amis que, un beau matin il y a environ quinze jours, il s'est réveillé cette phrase du refrain qui tournait en boucle dans sa tête compliquée: "While you're there."
Il a eu beau sonder et fouiller et scanner son mange-disque électronique, il n'a rien trouvé. Ça l'a occupé comme ça pendant deux jours. Hystéro comme il est, il en aurait pleuré. Il a même failli envoyer un pneu vocal à N pour lui demander conseil. Mais il aurait eu l'air malin en entonnant dans le bigo cette phrase, lui qui chante comme une casserole.
Or voilà que, samedi dernier, M met fait aux turpitudes JBesques. Quel bonheur au quotidien!
Et, aujourd'hui, traversant deux ponts berlinois juché sur son vélocipède, JB écoutait en boucle Tonight en étant fasciné par les paroles du refrain:
Tonight, while you're there
You'll remember all the things that I taught you to do
You will there by yourself
Reminiscing all the things that I taught you to do
JB se délectait de l'emploi de ce verbe, to reminisce, qui équivaut à notre se remémorer français mais qu'on retrouve dans le substantif réminiscence. JB trouvait judicieuse cette opposition entre le remember et le reminisce tandis que le recollect (autre synonyme) a été évincé. Pour un travailleur du mot (JB emploie ce syntagme volontairement, en pensant avec un sourire amusé à la locution moderne travailleur/euse du sexe) — donc, pour un travailleur du mot tel que lui, cette distinction était une petite perle.
JB trouvait magnifique cette image ambiguë du there dont on peut se demander quel endroit l'adverbe désigne, à savoir se demander où se trouve exactement la personne à qui s'adresse John Holt: chez quelqu'un d'autre? dans les bras d'un(e) autre? En faisant quoi? Et puis elles correspondent à quoi, ces things, ces choses, qu'il lui a apprises à faire (= taught you to do)?
Ceci dit, rapport aux travailleurs/euses du sexe, JB ne va pas faire un dessin à ses petits amis, il les considère suffisamment grand pour comprendre de quoi il est question en fin de compte. Au lieu de quoi, il va laisser Jo-Ann Greene du site allmusic.com parler de la chanson:
Song Review
by Jo-Ann Greene
John Holt launched his solo career in 1968, whilst still remaining a member of the Paragons. "Tonight" was one of the first solo singles he recorded and was cut for Bunny Lee. The producer worked hard to make the song a standout, marrying an emotive ballad to a percolating reggae rhythm. That was par for the course at the time, what made the single a bit more unique was having the organist keep time with a robust riff, and then having him toss a lushly layered AOR hook on top. This wasn't the first single to weigh down an arrangement with these extravagances, and by the early '70s, huge swathes of the Jamaican scene were giving way to these U.S./U.K. influences. However, in their day, they worked a charm, the domestic crowds lapped it up, and it was equally successful in Britain. "Tonight" did well, and thus encouraged Holt toward ever greater emulation of AOR pop fodder.
Et JB adore la pochette du second disque de John Holt sorti en 1971, donc après le succès de Tonght, et intitulé Holt. Il adore le regard du chanteur qui lui donne l'air d'une méchante brute à deux doigts de fondre en larmes:
Toujours est-il que, s'il n'avait pas la version de John Holt dans son mange-disque électronique, JB avait celle de Ken Lazarus, sur laquelle on se quitte en l'écoutant plus bas.
vendredi 25 février 2011
Une capsule de survie ou: My sweet Lord
Et JB écoute ce disque de Byron Lee & The Dragonaires, sorti en 1970:
Et, en voyant la pochette qui représente une version stylisée d'une capsule spatiale après son amerrissage, JB pense forcément au roman inquiétant de Johan Harstad qu'il n'a pas encore traduit, intitulé Hässelby, dont la fin apocalyptique voit quelques personnages (du moins: ce qu'il reste de l'humanité) s'embarquer sur une espèce de radeau de survie qui a été réellement inventé dans la réalité non plus de la fiction mais de la vraie vie. Manfred Binder en est le concepteur et on regarde tant l'homme que l'objet:
Rebaptisé le Léonard de Vinci de Rüsselheim (la ville où il réside), Manfred Binder part du principe que la prochaine catastrophe viendra de la fonte des glaciers: la montée des eaux consécutive viendra recouvrir les terres que les humains ne pourront plus habiter. Ils devront alors non seulement trouver d'autres endroits pour vivre, mais tout simplement: vivre, survivre. D'où son idée de créer une "capsule de survie" dont il présente ici le prototype. Alors certes, Manfred admet qu'il ignore combien de passagers pourront embarquer sur ce qu'il appelle également son "île flottante", et qui n'a pour le coup rien à voir avec le dessert. N'empêche, grâce à l'énergie solaire, elle pourra être autonome, assure-t-il.
Alors évidemment, JB le voit d'ici, tous ses petits amis ricanent en regardant ces élucubrations. Mais JB, lui, qui ne peut jamais penser comme tout le monde et doit constamment faire son original, est fasciné par les projets pot-apocalytpiques de Manfred. Il les trouve profondément rassurant à plusieurs titres. D'une part parce qu'ils infirment et confirment à la fois le proverbe "Après moi, le déluge" — et, ce faisant, réduisent en miettes ce principe dichotomique inhérent à toute chose et qui empêche a priori le pas de côté, l'éventualité, l'anarchie. D'autre part parce qu'ils s'opposent implicitement à la métaphore du déluge promis par la Bible, où seuls quelques élus trouveront le chemin de la survie, et ils le trouveront uniquement en ayant cette indécrottable foi chrétienne définitivement et irrémédiablement vaine. Enfin parce qu'ils apportent une once d'optimisme lors de nos heures sombres où l'on est en droit de se demander ce qu'il va advenir de nous, catastrophe ou pas, si on va s'en sortir, si on va survivre, si on va continuer à vivre.
Et c'est donc avec toutes ces pensées et toutes ces conjectures que JB le mécréant, l'anticlérical et le bouffeur de curés (et de pasteurs, popes, rabins, imams, etc.) écoute Byron Lee interpréter My Sweet Lord, oui, la reprise du tube de George Harrison:
Mais dès les premières notes, les sens de JB sont en éveil. Cette version, il la connaît bien. Mais pas interprétée par Byron Lee. Et il la connaît d'autant mieux qu'il voulait la faire écouter à ses petits amis en juillet 2010 dernier sur le blog tatoué et fumeur. Il avait même préparé une petite image des différentes versions qu'il possède dans son mange-disque électronique et qu'il a conservée grâce à Time Machine, la mémoire universelle et éternelle de son ordimini:
Oui, voilà: c'était la version par Keith Lyn. Et, en fait, cette version a été orchestrée par Byron Lee en 1971, puisque ce dernier a été le roi de la reprise.
Ce que les petits amis de JB peuvent aussi constater, c'est qu'il la peu écouter au regard de l'autre version du morceau par les Rudies, qu'on écoute maintenant:
Et cette version, JB l'adore définitivement et à jamais. Et à maints égards. D'abord, bien sûr, parce que toutes les références religieuses du texte ont été quasiment gommées: plus de "hallelujah", plus de "hare krishna", mais juste ce "my sweet Lord' qui, ainsi débarrassé de ces oripeaux hiératiques, peut définir quiconque, à commencer par un être cher, un être aimé, un amant, un mari, un ami, n'importe qui sauf leSeigneur Saigneur. Du même coup, le morceau ne se réduit plus à une espèce de prière, du supplication religieuse aussi illuminée qu'absurde. Il devient ce qu'il n'aurait jamais dû cesser d'être: une ode destinée à quelqu'un qu'on aime et/ou qu'on admire et en tout cas dont on a besoin, quelqu'un qu'on remercierait en chanson, dont on louerait les qualités pour soi, un peu égoïstement certes, mais nettement moins déjà puisqu'on en ferait profiter les autres.
La reprise, JB l'adore également parce qu'elle est un énième spécimen de ce son early reggae qui met en avant l'orgue Hammond et les guitares, avec cette syncope caractéristique du son jamaïcain. À cet égard, la version par Fitzroy Sterling est encore plus dans le ton, qui lorgne déjà vers le skinhead reggae. On écoute:
Bon, si on fait abstraction des paroles agaçantes, musicalement, la reprise est aussi entêtante que la précédente. Quant à la version par Ken Lazarus, elle n'apporte rien de ce que les autres ont déjà fait entendre. Enfin, pour ce qui est de l'original par George Harrison, il verse trop aux oreilles de JB dans la dévotion christique pour qu'il ait envie de la faire entendre sur le blog tatoué et fumeur — mais on peut l'écouter (en rageant de concert avec les chœurs gospel) ici.
Il n'empêche.
Pour JB, eu égard aux contingences et aux conjectures, toutes aussi apocalyptiques les unes que les autres, My Sweet Lord est un beau et doux remède, en espérant seulement qu'il ne soit pas une cautère sur une jambe de bois piquée de part et d'autre d'épodopage.
Et, en voyant la pochette qui représente une version stylisée d'une capsule spatiale après son amerrissage, JB pense forcément au roman inquiétant de Johan Harstad qu'il n'a pas encore traduit, intitulé Hässelby, dont la fin apocalyptique voit quelques personnages (du moins: ce qu'il reste de l'humanité) s'embarquer sur une espèce de radeau de survie qui a été réellement inventé dans la réalité non plus de la fiction mais de la vraie vie. Manfred Binder en est le concepteur et on regarde tant l'homme que l'objet:
Rebaptisé le Léonard de Vinci de Rüsselheim (la ville où il réside), Manfred Binder part du principe que la prochaine catastrophe viendra de la fonte des glaciers: la montée des eaux consécutive viendra recouvrir les terres que les humains ne pourront plus habiter. Ils devront alors non seulement trouver d'autres endroits pour vivre, mais tout simplement: vivre, survivre. D'où son idée de créer une "capsule de survie" dont il présente ici le prototype. Alors certes, Manfred admet qu'il ignore combien de passagers pourront embarquer sur ce qu'il appelle également son "île flottante", et qui n'a pour le coup rien à voir avec le dessert. N'empêche, grâce à l'énergie solaire, elle pourra être autonome, assure-t-il.
Alors évidemment, JB le voit d'ici, tous ses petits amis ricanent en regardant ces élucubrations. Mais JB, lui, qui ne peut jamais penser comme tout le monde et doit constamment faire son original, est fasciné par les projets pot-apocalytpiques de Manfred. Il les trouve profondément rassurant à plusieurs titres. D'une part parce qu'ils infirment et confirment à la fois le proverbe "Après moi, le déluge" — et, ce faisant, réduisent en miettes ce principe dichotomique inhérent à toute chose et qui empêche a priori le pas de côté, l'éventualité, l'anarchie. D'autre part parce qu'ils s'opposent implicitement à la métaphore du déluge promis par la Bible, où seuls quelques élus trouveront le chemin de la survie, et ils le trouveront uniquement en ayant cette indécrottable foi chrétienne définitivement et irrémédiablement vaine. Enfin parce qu'ils apportent une once d'optimisme lors de nos heures sombres où l'on est en droit de se demander ce qu'il va advenir de nous, catastrophe ou pas, si on va s'en sortir, si on va survivre, si on va continuer à vivre.
Et c'est donc avec toutes ces pensées et toutes ces conjectures que JB le mécréant, l'anticlérical et le bouffeur de curés (et de pasteurs, popes, rabins, imams, etc.) écoute Byron Lee interpréter My Sweet Lord, oui, la reprise du tube de George Harrison:
Mais dès les premières notes, les sens de JB sont en éveil. Cette version, il la connaît bien. Mais pas interprétée par Byron Lee. Et il la connaît d'autant mieux qu'il voulait la faire écouter à ses petits amis en juillet 2010 dernier sur le blog tatoué et fumeur. Il avait même préparé une petite image des différentes versions qu'il possède dans son mange-disque électronique et qu'il a conservée grâce à Time Machine, la mémoire universelle et éternelle de son ordimini:
Oui, voilà: c'était la version par Keith Lyn. Et, en fait, cette version a été orchestrée par Byron Lee en 1971, puisque ce dernier a été le roi de la reprise.
Ce que les petits amis de JB peuvent aussi constater, c'est qu'il la peu écouter au regard de l'autre version du morceau par les Rudies, qu'on écoute maintenant:
Et cette version, JB l'adore définitivement et à jamais. Et à maints égards. D'abord, bien sûr, parce que toutes les références religieuses du texte ont été quasiment gommées: plus de "hallelujah", plus de "hare krishna", mais juste ce "my sweet Lord' qui, ainsi débarrassé de ces oripeaux hiératiques, peut définir quiconque, à commencer par un être cher, un être aimé, un amant, un mari, un ami, n'importe qui sauf le
La reprise, JB l'adore également parce qu'elle est un énième spécimen de ce son early reggae qui met en avant l'orgue Hammond et les guitares, avec cette syncope caractéristique du son jamaïcain. À cet égard, la version par Fitzroy Sterling est encore plus dans le ton, qui lorgne déjà vers le skinhead reggae. On écoute:
Bon, si on fait abstraction des paroles agaçantes, musicalement, la reprise est aussi entêtante que la précédente. Quant à la version par Ken Lazarus, elle n'apporte rien de ce que les autres ont déjà fait entendre. Enfin, pour ce qui est de l'original par George Harrison, il verse trop aux oreilles de JB dans la dévotion christique pour qu'il ait envie de la faire entendre sur le blog tatoué et fumeur — mais on peut l'écouter (en rageant de concert avec les chœurs gospel) ici.
Il n'empêche.
Pour JB, eu égard aux contingences et aux conjectures, toutes aussi apocalyptiques les unes que les autres, My Sweet Lord est un beau et doux remède, en espérant seulement qu'il ne soit pas une cautère sur une jambe de bois piquée de part et d'autre d'épodopage.
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