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mardi 14 décembre 2010

"selbst, schon, hier"

Und der JB mit seinem guten freund T waren wieder ins Theater. Der JB wollte nämlich seine lieblings deutsche Schauspielerin #2 sehen: Nina Hoss - und das konnte er im Deutschen Theater in dem Stück von Lukas Bärfuss (was fûr einen Namen!): Öl.
Es gab dieses Augenblick, wo die Haushälterin, Gomua, eine "Nomade", deutsche Gedichte auflesen oder eher hersagen muss. Das Thalia Theater berichtet:


Nach einer schnelle Suche hat der JB dieses "Füllmaterial" wiedergefunden, und zwar in Wikipedia:


Diese Worte muss also Gomua (Margit Bendokat) vor Eva (Nina Hoss: genial!) vorlesen, als würden sie ein Gedicht gestalten. Und genauso wie in Hamburg kriegte in Berlin dafür Applaus. Hier die beiden Frauen:


Immerhin ist der Lexicograf in dem JB darüber überrascht, dass das einzige Substantiv Zeit ist. Was sagt es von der deutschen Sprache? Was sagt es von dem deutschen Gemüt?
Dazu noch ein Wort von Ulrich Khuon, Intendant des Deutschen Theaters:


Und selbstverständlich muss der JB im Nachhinein an die Ursonate von Kurt Schwitters denken, deren Schluss wir uns gerade anhören - von der Merzmann selbst rezitiert, hier in 1932:

dimanche 12 décembre 2010

"tricoter des étoles de soie contre la solitude"

Et pendant que JB regarde son Tatort dominical, dont il se délecte d'autant plus que son actrice allemande fétiche et chouchou (avant Nina Hoss!), il a nommé Jule Böwe, joue dans le feuilleton policier qui aujourd'hui a lieu à Leipzig (une ville qu'il aime tant):


Jule que JB va voir jeudi dans Mademoiselle Julie de Strindberg, mis en scène par Katie Mitchell et Leo Warner:


Tandis que, en parlant aussi d'elle, à savoir Nina Hoss, JB va la voir mardi au Deutsches Theater dans la pièce Öl mise en scène par Lukas Barfuss, et on la voit ici en compagnie de Felix Goeser que JB adore déjà:


Et donc pendant que JB regarde Jule dans Tatort où joue également une actrice de théâtre qu'il aime beaucoup, Corinna Harfouch:


… pendant ce temps, JB ne peut s'ôter de la tête la chanson des Rita Mitsouko, Un soir, un chien dont il parlait tout à l'heure, ni cette phrase d'eux: "Tu préfères tricoter des étoles de soie contre la solitude", ni celle-ci: "À tes pieds je serai, à tes pieds je m'allongerai". Du coup il repense au poème d'Allen Ginsberg, Please Master, sur lequel il est tombé cette semaine pour des raisons lexicographiques qu'il expliquera sans doute plus tard, poème qu'on écoute maintenant:



Ce poème, JB le connaissait déjà, mais interprété par Cora Frost (la chouchou de JB et de A avec qui il espère aller la voir en janvier prochain au Konzerthaus - en tout cas il s'est assuré deux places) dans une version de 1996 que M. aimait également beaucoup à l'époque:

dimanche 14 novembre 2010

Le vampire communiste

Depuis sa transformation en octobre dernier en "petit vampire", JB est entouré par ses nouveaux corelegionnaires. Non qu'il soit en plus atteint de troubles obsessionnels (quoique…), mais il constate la présence partout dans son entourage de vampires.

Déjà, quelques jours avant la stupide fête de Halloween, JB allait voir Wir sind die Nacht, un film sur quatre femmes vampires dont ce blog tatoué et fumeur avait longuement parlé ici. Et on revoit une image de la renversante Nina Hoss, actrice du film et accessoirement nouvelle icône de JB (qui va la retrouver en décembre prochain au Deutsches Theater):


Pas plus tard que cette semaine, JB rentrait tardivement dans son palais socialiste, donc en pleine nuit, donc au moment où sortent les vampires, lorsqu'il croisait une affiche que son regard acéré ne manquait pas de repérer, telle une invite et un clin d'œil à profiter de sa nouvelle vie:

© icke

Entre-temps, JB avait entamé la lecture d'un roman norvégien pour adolescents, Le garçon qui détestait décembre, d'Yngve Frøyen, dont on peut lire un extrait sur le site de l'auteur et qui a tout à fait enchanté un JB peu habitué à lire ces genre d'histoires. Il y est question d'un vampire, Dinescu, un Roumain, avec cette explication que JB trouve définitivement hilarante et au vu de laquelle il se révèle que ledit vampire avait la belle vie en Roumanie: il était respecté et craint à la fois. Jusqu'à… l'arrivée des communistes! Pour ceux-ci, les vampires-machin, ça leur passait mais alors carrément au-dessus. C'est qu'il fallait atteindre les objectifs du plan quinquennal — et notre Dinescu de devoir se réfugier en Amérique du Sud. Ha ha ha!
On regarde l'impeccable vidéo réalisée à l'occasion de la sortie du roman tout aussi impeccable:




Enfin, hier, JB regarde quelles pièces sont jouées à Leipzig: il aimerait bien retourner là-bas, profiter de sa présence pour aller au théâtre, et s'il peut coupler ça avec une soirée ska au McCormack's Ballroom, ce serait impeccable. Or il découvre qu'une pièce du Russe Viktor Pélévine est jouée en ce moment, Le cinquième empire, où il est question de… vampires!!! Le jeune Roma répond à une petite annonce qui lui promet monts et merveilles, à la condition de devenir un vampire. Et JB de voir aussi la fabuleuse photo ci-dessous, prise lors de la mise en scène par Mareike Mikat:



Enfin quand même… JB: un vampire communiste dans son palais socialiste. Hö!

samedi 30 octobre 2010

Le sang de l'abbé JB

Lisant son journal, JB voit dans le titre d'un article consacré à Barack Obama la construction "Aloha-Geist", donc "l'esprit Aloha". Forcément, il repense à la chanson des Breeders qu'il écoutait au début des années 90: No Aloha. Du coup il se lève, va vers son iTunes, la trouve sans peine. Il l'écoute. On va l'écouter tous ensemble, ici dans sa version en concert, à… Dublin, en 2008 - alors que la chanteuse Kim Deal a elle aussi pris quelques années depuis 1993, à la sortie du disque, Last Splash, dont est tiré le morceau:



Et JB adore ce moment de pur bonheur que doit vivre Kim Deal lorsqu'elle marque une pause après ces longs accords de guitare et basse aux sonorités surf et sixties, mi-hawaïen mi-Beach Boys; cependant que les fans dans le public se mettent à hurler, attendant ce moment d'explosion, lorsque la batterie va se déchaîner et que la chanson va tonner. On regarde de nouveau son sourire radieux:


Et JB mettrait sa main à couper que Kim Deal porte un pull Fred Perry… Hum… Kim Deal une skingirl? Ça alors… Kim Deal une renée?!!!

Toujours est-il que JB écoute les paroles. Et ces paroles l'interpellent. Il ne comprend pas d'abord pourquoi. Il les réécoute. Puis il comprend. Elles ont tout à voir (du moins aux oreilles et au souvenir de JB) avec le film qu'il a vu hier soir avec G, Wir sind die Nacht (= Nous sommes la nuit), une histoire très séduisante où 4 vampires dont deux résolument lesbiennes font la fête dans un Berlin tantôt ultrachic, tantôt ultradéfoncé (et ce, dans tous les sens du terme).
Tout est dans ce couplet:
O the treats
Saw it on the wall
Motherhood means mental freeze
(Freezeheads)
No aloha
I know, I saw
And now may die

The treats, c'est que la vampire Nora ramasse le fric dans le club où elle ses copines lesbiennes et tout aussi vampires font la nouba:


Saw it on the wall, c'est lorsque Louise, la vampire devenue telle au XVIIIe siècle et interprétée par la sublissime et renversantissime Nina Hoss (on y revient) gratte le mur avec ses ongles, de fureur et de jalousie:



Et enfin, I know I saw / And now may die fait évidemment référence à la lumière, cette lumière qui tue les vampires.
On les voit ici profiter des dernières obscurités de la nuit avant qu'elles ne se réfugient dans leur chambre où ne filtre aucune lumière sans quoi elles se consumeraient (et déjà leur corps dégage des vapeurs):


Ou ici lorsque Lena vient d'être mordue sans pour autant être encore vampire - mais la transformation a déjà lieu et elle se brûle aux rayons du soleil:



Quoi qu'il en soit. Tant JB que G ont été enchantés par cette interprétation du désormais portrait mythique de la vampire lesbienne; ici résolument émancipée, fière d'elle-même et de son destin et "haïsseuse de mecs", comme le disait Sara Stridsberg dans La Faculté des Rêves. Deux images, ci-dessous, elles aussi tirées des deux différentes BO, celle-ci et celle-là:



De la même manière, JB et G ont été passablement déçus par la fin du film qui rétablit une certaine domination masculine et en tout cas fait la part belle à l'amour… hétérosexuel. Bon.
Mais ils ont notamment adoré cette scène lorsque Charlotte, la vampire devenue telle dans les années 20, tire sur son éternel fume-cigarette et se fait rappeler à l'ordre par un client. Et voilà ce qu'elle fait:



Mais les vampires sont immortels et même une blessure se guérit d'elle-même immédiatement:




JB avait toutes les raisons du monde d'aller voir, précisément ce vendredi, Wir sind die Nacht. D'abord à cause de l'actrice Nina Hoss dont il est absolument et définitivement fan et dont le jeu dans ce film est à tomber. JB pense notamment à une des scènes finales où elle demande à une autre vampire de lui dire qu'elle l'aime - celle-ci le lui dit, mais sur un ton évidemment pas convaincu du tout. Et Nina Hoss, entre franc sourire et larmes déchirées, de répliquer: "C'est le plus beau mensonge qu'on m'ait jamais dit." Voyant cela, JB se damnerait pour avoir la permission de prendre le thé ou le champagne avec Nina Hoss, qu'on peut admirer ici:


JB avait donc toutes les raisons du monde entier d'aller ce film précisément hier vendredi, lui qui, une semaine plus tôt, inaugurait la foire du boudin noir à Berlin, ingurgitait des litres et des litres de sang et devenait lui aussi "un petit vampire". Après une semaine sans sang (hö), il est évident que JB était en manque. Aussi, en voyant les drink bien incarnats que s'envoyaient les vampires dans le film, il était très jaloux:


Mais G a tenu a rassurer JB: "Songe que si tu étais vraiment vampire: primo tu te retrouverais avec des cheveux longs, secundo tes tatouages s'évaporeraient."
Ah oui, crutte de zut!
On voit ainsi le changement capillaire de Lena, qui était bien mieux avec ses cheveux courts qu'avec ses cheveux longs.



Et, de la même manière que JB n'a aucun désir de se retrouver avec une toison hippie, il ne souhaite pas voir ses tatouages chéris se dissoudre dans le bain de jouvence obligatoire:




Allez, on se quitte par les filles avec lesquelles on avait commencé, les sœurs Deal et les Breeders. Et notamment avec leur morceau de 1990, Hellbound, puisque Kim chante: "It lives, dispite the knives internal / It lives marry me."
Et JB est abasourdi. Il va chercher le morceau sur toitube, le trouve et est content, ignorait qu'une vidéo avait été réalisée, la regarde, et qu'est-ce qu'il voit? que se passe-t-il au fur et à mesure des images? qu'arrive-t-il à Kim Deal tandis qu'elle chante avec ce sourire satisfait?


Exactement. Elle se prend du sang sur la figure.
Le sang. Les vampires. Kim Deal. Nina Hoss. JB. Wir sind die Nacht. Hellbound. Et de même qu'il y avait la jouvence de l'Abbé Souris Soury, il y a désormais le sang de l'abbé JB Jay-Be. No bye, no aloha.