samedi 5 juin 2010

Berlin, Singerstrasse, 1620 GMT+1

© icke

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Explosif/v

Et quand on ouvre les yeux sur la ville, on voit qu'aujourd'hui comme hier les chatons des peupliers dansent dans l'air de Berlin comme des lucioles dans la nuit du Japon. Et si ce n'était le ciel impeccablement bleu clair qui rivalise avec le soleil éblouissant, si ce n'était la température déjà chaude qui voit les piétons en tenue estivale marcher d'un pas plus alangui, on croirait presque que ces duvets blancs ne sont autres que des flocons de neige. On repense enjoué au nighter d'hier, on repense ému à l'amitié qui nous lie (avec G, avec N, avec F), et on repense amusé que le DJ a mis toute une série de morceaux avec la flûte traversière - à croire qu'il savait la présence sur la piste d'un JB prompt à s'emballer comme un gamin de huit ans pour ces chansons-là. Et ces 2000 Tons of TNT sont à ce point aussi massives qu'explosives qu'elles vont rythmer le week-end entier. On veillera à bien écouter les voix quasi psychédéliques qui résonnent en arrière-fond.



Ja, dieses pures Boss Sound-Stück wurde gestern im Nighter gespielt (und man beachte bitte die beinahe psychedelischen Stimmen im Hintergrund). Und mit dem ist der JB aufgewacht und aufgestanden, und diese 2000 Tons of TNT sind so toll, so massiv und explosiv, dass sie das ganze Wochenende musizieren können und werden.
Der JB erinnert sich nämlich erfreut, dass der DJ gestern eine ganze Menge von Stücken mit der Querflöte gespielt hat, als wüsste er, dass der JB dort war und sie nur für ihn aufgelegt hat. Der JB erinnert sich bewegt, dass der Abend so schön war und ist immer noch von diesen Freundschaften berührt (mit G, mit N, mit F). Und der JB erinnert sich zerschlagen, dass er gestern seine legendäre Doofheit schon wieder gezeigt hat, nämlich durch dieses Gespräch:

G (grosszügig wie immer): Soll ich dir das Gxxlxxgxxl jetzt geben?
N (genauso grosszügig): Nee, das kannst du später machen.
JB (greisend zuhörend): Ach sooo… Das Geeeld… Ich hatte Gleitgeeel verstanden… Ich glaubte, du wolltest N Gleitgel geben!
G und N (brüllend): Gleitgel, naklar!
JB (seriös wie der Pabst): Übrigens, gibt es so… bio Gleitgel?
G (wissenschaftlich nickend): Natürlich!
JB (unschuldig fragend): Mit Brennnesselnextrakt hergestellt?

vendredi 4 juin 2010

Moonhop in Berlin

Bon ben… On sort juste du casque, la permanente est impeccable, on va pouvoir se montrer en société. Juché sur son vélo pour rejoindre le nighter, on va écouter ça. Toujours du boss sound et du skinhead reggae!
Friedrichshain, 22h45: Die Dauerwelle sitzt. Nun darf man sich in der Gesellschaft zeigen. Und auf seinem Fahrrad wird man das unten hören. Immer Boss Sound und Skinhead Reggae! Bis gleich in der Linie.

Le suppo et le suppôt

Règle d'or 128 prime du traducteur:
NE PAS TROP S'IDENTIFIER AVEC LE TEXTE.
S'identifier un peu pour avoir suffisamment d'empathie avec le texte et l'apprécier afin, au bout du compte, de trouver les mots justes (on traduit mal ce qu'on aime mal).
Mais éviter la symbiose avec ce même texte sans quoi on finit comme une carpette détrempée sur un sol cradingue que personne n'a jamais pris ni le soin ni le temps de laver.

Exemple: le passage ci-dessous.
Contexte: une jeune femme veille une dame âgée sur son lit de maison médicalisée.
Je me penche sur elle, je caresse ses cheveux blancs et l’embrasse sur le front. Il est froid et moite. Elle va bientôt mourir. J’espère qu’elle mourra avant Borghild. Je serais trop contente comme ça de pouvoir boire une petite bière avec Truls. Tiens, il se passe quelque chose… Elle écarquille les yeux et se met à agiter les bras. Un bruit sort de sa bouche. Un bruit atroce, auquel je ne m’attendais pas. Je lui la prends la main, la tiens, mais elle sert tellement fort que ça me flanque la frousse
Et ensuite?
Et le point?
Pas de point. Pas d'ensuite. Panne.
Besoin de reprendre son souffle.
Allez, c'est comme un suppositoire, c'est désagréable à mettre mais ça fait du bien après.

La traduction comme suppo, le traducteur comme suppôt de Satan.
Pff…


21h46
Et voilà la suite:
. Je tressaille au moment où un sursaut agite sa tête. Oh là là, je viens de pousser un petit cri… Ça y est, elle ne bouge plus du tout. Je soulève le poignet de Solvei, avec prudence et délicatesse, je tâte son pouls, tout mon corps est prêt à tressauter si jamais elle venait à faire le moindre mouvement. Mais il n’y a pas de pouls. Je regarde l’heure. Il est trois heures moins le quart. On va bientôt être convoqués pour le rapport. Mon cœur se calme. Il a battu à toute allure mais maintenant il se calme. Et j’éprouve de la joie. Elle est morte. J’ai gagné le pari. Je ne peux pas m’empêcher de sourire. Des larmes coulent le long des tempes de Solvei. Bizarre… Comme si elle était triste de mourir, ou triste de quitter ce monde. Et du coup ça me fout le cafard à moi aussi.

Bon, allez, moi je plie les gaules pour aujourd'hui et je vais au nighter.
Tchao la compagnie!

Mayday!