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jeudi 25 février 2010

"i'm holdin' on"






10h45 (in der U-Bahn)
Frankie Valli (in den Ohren): Ridin' high when I was king, played it hard and fast 'cause I had everything.


11h35
Frau Pr Dr B: Tut mir Leid, es wächst wieder. Wir müssen eine neue Strategie finden.
Icke: ???
Frau Pr Dr B: Spritze. Aber es tut höllisch weh.
Icke: — — —


11h45
Frankie Valli (in den Ohren): An empty shell used to be, a shadow of my life is hangin' over me. A broken man without a throne won't even stand the devil's dance to win my soul.


12h (Zoologischer Garten)
Die Pharma lauert überall.

© icke


12h15
Linus: Du kommst zu spät, das Labor ist schon weg…
Icke: ???
Linus: Das war ein Scherz…
Icke: — — —


12h45
Frankie Valli (in den Ohren): I'm fightin' hard to hold my own, no I just can't make it all alone. I'm holdin' on, I can't fall back, now that big brass ring is a shade of black.


12h50
© icke



[Gestern: L (trüb): So viel Zeit verbringst du jede Woche in Praxen?!?!]

lundi 15 février 2010

Les idées en prison dans son cerveau

6h30 (mit dem ersten Kaffee-Zigarette):




7h (am Übersetzen):




10h38 (in einer Mail):



10h45:
Frau Pr Dr B: Es eilt. Wir müssen uns häufiger sehen.


11h15:
Linus: Nein, ich will eher, dass du darüber mit dem Doc sprichst.


12h30:
Dr F: Lass uns hoffen, dass es so bleibt. Ich kann es aber nicht versprechen.



14h45 (in dem Bus):
La collision latérale est très violente, la vitre intérieure du taxi se brise sous le choc et se transforme en double lame qui entreprend de couper le client Ravel en deux. Elle n'y parvient qu'imparfaitement, se bornant à enfoncer trois côtes, ce qui lui procure une sensation brutale de pli dans la poitrine, comme une bosse à l'envers, et à lui briser trois dents pendant que des éclats de verre s'occupent de lui déchirer le visage, notamment le nez, l'arcade soucilière et le menton. On fait ouvrir la plus proche pharmacie, on y panse provisoirement le client avant de le transporter à l'hôpital Beaujon d'où on le laisse regagner son hôtel après qu'on l'a recousu. Mais le lendemain, comme il paraît souffrir de contusions internes, son médecin préfère l'envoyer pour surveillance dans une clinique de la rue Blomet.
Les trois mois qui suivent, Ravel ne fait absolument rien. On l'a traité, pansé, bandé, on lui a refait son dentier. On s'occupe fort de lui qui demeure stupéfait. Il ne dit pas grand-chose et ne se plaint jamais sauf pour faire observer, de temps en temps, que sa pensée lui fait parfois défaut, qu'elle ne se développe pas comme d'habitude. S'il a souvent donné des preuves de distraction, celles-ci deviennent en effet plus fréquentes. On lui apporte à son réveil Le Populaire, qu'il lisait attentivement jusque-là d'un bout à l'autre chaque matin mais on dirait que ça l'intéresse moins, il jette maintenant des regards distants sur le journal en se bornant à le feuilleter. Comme il a beaucoup travaillé ces derniers temps, les médecins n'ont eu de cesse de le mettre en garde: son état n'allait pas s'arranger vu sa fatigue chronique. Or, depuis l'accident, cela paraît s'aggraver sérieusement. Pendant qu'on lui fait subir différents examens, il finit par expliquer que ses idées, quelles qu'elles soient, lui semblent toujours rester en prison dans son cerveau. C'est après tout normal après un choc pareil, on veut supposer que ça va passer.
© Ravel, Jean Échenoz, Éditions de Minuit, 2008


16h30 (am Übersetzen):
Je le dévisage, toujours abasourdi de savoir que lui, le grand Franz Schubert, se tient réellement dans la chambre, la chambre d’Anja. Serais-je en train de perdre la tête? Mais non, il est bel et bien ici, dans mon rêve. Toutefois, il fait peine à voir, assis sur le lit, avec ses cicatrices causées par la syphilis, cette syphilis qui l’a rongé dès l’âge de vingt-cinq ans. En l’espace des six années qui se sont écoulées, jusqu’à sa mort à trente et un ans, il a été victime d’un empoisonnement au mercure, puisque le mercure était en son temps le seul remède contre cette maladie. Et le voici donc à côté de moi, avec ses mains engourdies, une douleur qui s’est déposée comme un bandeau autour de la tête, avec ses articulations qui lui font atrocement mal, avec sa difficulté évidente à s’exprimer. Il est irritable, et je n’ai aucune peine à m’imaginer qu'il s'agirait plutôt de prendre des gants si on veut le contredire. Mais le pire, c’est cet eczéma proliférant et cette surproduction de salive. Les gouttes de bave qui s’écoulent aux commissures et qu’il ne remarque même pas. Le teint rubicond de son visage, les taches sur son front et sur ses joues. Le résultat d’un bonheur chèrement payé, une relation sexuelle à la va-vite avec une pauvre femme, une nuit de 1822. En plus il dégage une odeur pestilentielle. Schubert pue. Finalement, mieux vaut encore qu’Anja n’assiste pas à cette scène, me dis-je.
 © Ketil Bjørnstad, pour la version originale, H. Aschehoug & Co (W. Nygaard), 2007
© Jean-Baptiste Coursaud pour l'édition française, Éditions Jean-Claude Lattès, 2010

lundi 1 février 2010

No peace of mind

10h (in der U-Bahn):
— S'il vous plaît, détendez. Détendez bien, répète-t-il.
Je voudrais être ailleurs. Je voudrais être un autre. J'entends mes dents crisser dans ma bouche. Le rhumatologue bouge légèrement l'aiguille. Ce salaud fouille mon genou!
— Je cherche la poche où se trouve l'inflammation. Ça peut faire un peu mal.
Pas du tout, je vous en prie: labourez-moi avec votre aiguille.
— Ah, ça y est! déclare-t-il d'un ton victorieux.
— Ça coule? je murmure, à moitié dans les vapes.
Mais je ne relève pas la tête. Je refuse de voir ça.
— Oui, ça coule très bien. On se croirait à l'Oktoberfest!
— Où ça?
— La Fête de la Bière, à Munich, explique le médecin. On casse les barriques en donnant un coup en bas et la bière coule à flot…
© Eugène, La Vallée de la Jeunesse, La Joie de Lire, 2007


10h45:
Icke: Haben Sie den Film Logan's Run gesehen?
Frau Pr Dr B: Nein, warum?
Icke: Naja, ich habe letztes Mal nachher daran gedacht.
Frau Pr Dr B: Worum ging es?
Icke: Laser, halt.


11h15:
Linus: Zeich ma…
Icke (zeigend): Und?
Linus: Boah, richtig schön gemacht, wa?!
(Die Anderen haben nichts gesehen. Nur der gute Linus hat.)


12h:
Icke: Und diese Frau Pr Dr B, sie hat solche blauen Augen. Knallblau, also. Wissen Sie, was ich meine?
Dr F (träumend): Swimming pool-blue…
(…) +/- 12h30:
Dr F: Ja, so können Sie es also haben. Aber bitte nicht erschrecken!
Icke: N-n-nö.


13h30:
Icke: Und hier und hier und hier war sie mit ihrem Ding, siehste?
Apopatricktheker: Ich will davon nichts wissen, mir wird's übel!
(…) +/- 13h40
Apopatricktheker: Soll ich Dir erklären, was das alles bringt?
Icke: Nee, das hat Dr F schon gemacht, danke Dir.


14h (in der U-Bahn, mit Millie Small in den Ohren): 
When you find / You can't get no peace of mind /
Think of me / I'm always on your side.




15h30 (vorm Kühlschrank, am Box klatschend):
Icke: Ja, hier unter dem bautzener Senf liegst du gut. Und nicht meckern!


15h45 (am Telefon):
Der TK-er: Aber warum am Arm?
Icke: Naja, der Andere hatte eine Scherbe vergessen, verstehen Sie? Und wie geht es mit der Übernahme der Kosten von Frau Pr Dr B?
Der TK-er: Moment, ich verbinde Sie mit meiner Kollegin.
Icke (verwirrt): I mean, I was excepting a red…
Der TK-er: I am… Holly will get you ready, you're in expert hands, believe me…
Die TK-sie: Hello, sandman!
Icke (verwirrt): Do you want me to take my clothes off?
Die TK-sie: Not for your face…

jeudi 12 novembre 2009

Don't think it ain't been fun 'cause it ain't

En fait, tout avait commencé en juin avec cette cover version de Carry That Weight des Beatles par Dobby Dobbson. En l'entendant dire "Boy, you're gonna carry that weight", j'avais tout de suite compris que j'étais non seulement concerné (cette espèce d'intuition que mon cartésianisme pourtant récuse), j'avais compris que je n'étais pas au bout de mes peines. Ça allait s'avérer. Et à quel point.

Depuis plusieurs jours, j'ai cet Ohrwurm, comme on dit en allemand (littéralement: ce ver d'oreille), ce morceau de musique dans ma tête qui ne me quitte pas. Il s'appelle It ain't, et c'est aussi une cover version (d'un chanteur de country, George Jones - l'original est horrible) par Lloyd & Randolph, du revive, puisque je n'écoute plus que ça en ce moment. C'est une chanson de rupture avec ses deux phrases doublement formidables à dire quand on quitte quelqu'un (primo parce qu'elles sont magnifiques, secundo parce que ça signifie qu'on ne souffre plus): "So don't think it ain't / been fun / 'cause it ain't / Oh don't think I don't / love you / 'cause I don't"

"So don't think it ain't / been fun / 'cause it ain't." Alors voilà, c'est fini. Je peux passer à autre chose (pas tout à fait, mais bon.) Et merci Dr F, merci L.
J'ai cherché les vidéos sur youtube. Aucune ne s'y trouve. Ça m'amuse.

vendredi 6 novembre 2009

Kein Schwein ruft/steckt an!

Heute in der TAZ, eine Zeichnung von KS:
Ein hamletisierender und schädelbewaffneter Schauspieler hat seine Replik vergessen. Der Souffleur:
"Impfen oder nicht impfen?"

Die Antwort kommt schnell später, von dem stets guter Linus:
"Mann ey, klar musst du!"
Mein Linus ist wie meine Partei, der hat immer recht.

Man darf also Frau Georgette heute wieder zitieren aber a bisserl parodiieren:
"Kein Schwein ruft an < steckt an, sie müssen doch füüühlen, wie es einem geht!"

vendredi 9 octobre 2009

Heute in Berlin

Tout à l'heure, je veux aller entendre Antje Rávic Strubel parler de Leipzig le 9 octobre 1989, or la lecture n'est pas à 18h comme indiqué dans la TAZ mais à 19 et l'entrée ne coûte pas 6 € mais 12, et j'ai un autre rendez-vous à 20h. Je repars la mort dans l'âme. Quelque dix minutes plus tard, je verrai ça:




© icke


Je décide de remonter Unter den Linden à pied, pour aller voir cette installation censée représenter le Palast der Republik. Je vois ça:


© icke

Puis je remonte jusqu'à Alex toujours à pied parce que préalablement j'ai vu ça:


© icke

Au moment d'arriver à la Spandauer Strasse, j'entends John Holt chanter dans mon oreille gauche seulement la reprise de Harry Nilsson, Everybody's talkin' (at me / I don't hear a word they're sayin' / Only the echoes of my mind), et pile au moment je dois traverser il dit: "I'm going where the sun keeps shinin' / Thru the pourin' rain" alors justement que j'ai la Fernsehturm dans le ciel bleu devant moi. Ça donne ça en musique (la vidéo est une horreur):



Du coup je me mets à courir. Je cours et cours et cours.


PS: Ce matin, Linus le bienveillant me demande: "Aber warum willst du sie nicht nehmen?" "Aus Ehrgeiz?" je réponds.