Affichage des articles dont le libellé est Bruce Ruffin. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Bruce Ruffin. Afficher tous les articles

mardi 31 août 2010

Les larmes

Et JB se voit traduire:
«Tu l’as vu, toi, qu’il y était!» hurlait-il en frappant dans le vide autour de lui, en pleurant à tel point qu’il n’était plus qu’une effusion de larmes et de morve.

Et, ce faisant, JB s'interroge sur ce mot, larme, dont il n'entend plus soudain que l'image acoustique, le fameux signifiant de Ferdinand (de Saussure), comme si le mot avait perdu son signifié (son sens) et n'était plus que cela: une représentation phonique. Cela nous arrive à tous, parfois, que des mots brusquement résonnent différemment à nos oreilles.
Et, aujourd'hui, le substantif larme résonne différemment aux oreilles de JB, comme s'il l'entendait pour la première fois.
Il va vérifier son étymologie dans le Robert historique de la langue française:
LARME n.f., d'abord lerme, lairme (1050) puis larme, est issu du latin de même sens larcima (-> lacrymal), lacruma (surtout au pluriel), anciennent dacruma, probablement emprunté, d'abord en langue poétique, au grec dakrume “ce qui est pleuré”, de dakruein “pleurer”, lui-même de dakru, nom usuel de larme. Le mot, d'origine indoeuropéenne, a des correspondants en celtique, arménien et germanique et, sans la consonne initiale, en indo-iranien.

Aha, songe JB étonné. Il y aurait donc une racine commune? Une larme commune?
JB va interroger ses copains Mallory et Adams, qui confirment que le terme se retrouve dans huit familles de langues: baltiques, indo-iraniennes, anatoliennes, celtiques, germaniques, latines, tochariennes, ainsi qu'en grec. Ce qui fait 9 avec l'arménien cité par le Robert. Et les linguistes de confirmer l'initiale problématique °d- qui "pourrait être un préfixe ou une mécoupure".
Qu'est-ce qu'une mécoupure, en linguistique?

Appelée aussi métanalyse, c'est une coupure fautive. Un mot apparaît par agglutination ou déglutination de l'article et du substantif qui forment ainsi un nouveau mot, a priori erroné.
• Exemple d'agglutinations en français:
- la dinde était au départ une poule d'Inde (cf. le cochon d'Inde qui, pour sa part, n'est pas devenu un quelconque dindonnet ni dindonnon): poule d'Inde < (poule) dinde < dinde;
- le nounours < un + ours = unours < un nounours (par redoublement hypocoristique - on a vu l'autre jour que cet adjectif signifiait qui porte la marque de l'affection).
• Exemple de déglutination en français, qui est le procédé inverse:
- la griotte que l'on appelait encore agriotte en français classique, dérivé du provençal agriota = cerise aigre et que l'on retrouve dans l'adjectif correspondant français aigre.
Ces phénomènes phonétiques et linguistiques sont en outre très courants en français moderne, notamment dans le langage des enfants qui font une liaison erronée et créent ainsi de nouveaux mots qui passent dans le langage. Ainsi des nenfants = que l'on peut décomposer comme suit : un + enfant < unenfant (si on fait la liaison et qu'on agglutine) = un nenfant, lequel mot prend une valeur péjorative et désigne cette attention béate qu'on a envers les mioches. Idem pour le navion ou le nélephant.

Mais si on clôt cette parenthèse sur la mécoupure et qu'on revient à nos larmes indoeuropéennes, e linguiste Julius Pokorny nous indique en outre que les langues turques (turc, turkème, ouzbèk, azéri, etc.) auraient importé dans leur langue, via les peuples illyriens, nos larmes indoeuropéennes:


Si la plupart des Indo-Européens avaient un terme commun pour désigner les larmes, est-ce que cela signifie qu'ils pleuraient de la même manière? Est-ce qu'on pleure de la même manière? On ne pleure sans doute pas pour les mêmes raisons, mais est-ce que, au fond, on pleure de la même manière?
Que nous dit le TLF sur les usages?
Comment pleure-t-on en français?


Voilà: on pleure dans son assiette pour ne pas que les autres voient nos larmes.
Et les larmes françaises, elles, elles sont de quelle nature?
Là encore, le TLF nous renseigne:


Par voie de conséquence, on peut se poser la question suivante:
Les larmes sont-elles bienfaisantes? A fortiori: sont-elles heureuses? N'est-ce pas une antithèse? Le TLF nous indique que non, puisqu'on peut aussi pleurer de bonheur.

Toujours est-il que, évidemment, les larmes représentent un motif à part entière dans la musiques. Que ce soit les bouleversantes Tiny Tears des Tindersticks ou les hilarantes Bitter Tears des Magnetic Fields, qu'elles ne cessent de couler chez Alton Ellis ou que Freddy McKay estime quant à lui que ces "tears won't help you", que Nina Hagen pleure ses Naturträne ou que Bobby Solo nous indique qu'avec sa "lacrima sul viso" il a compris tant de choses, toujours est-il que les larmes coulent et s'écoulent et dégoulinent, si bien qu'on peut finir par affirmer: "Now you can cry me a river" même si, en l'occurrence, il s'agit de larmes de crocodile.

Il est une chanson de reggae dont le titre a connu une certaine fortune et avec laquelle on aimerait clore ce post parce qu'elle est aussi une promesse de réconfort et de mieux-être. Il s'agit de Dry Up You Tears dont le toujours aussi impeaccble site roots archives nous indique qu'elle a été interprétée par les chanteurs/euses suivant(e)s:


Mais toutes ne correspondent pas à la même mélodie. Aussi se contentera-t-on de la belle version de Bruce Ruffin qu'on aime beaucoup pour son orgue Hammond - et on comprend alors pourquoi l'orgue, tant d'années après, est si présent chez les Aggrolites ou les Valkyrians. Car on a vraiment l'impression que nul autre Roger Rivas (le pianiste des Aggrolites) est en train de montrer ses (grands talents):

jeudi 8 juillet 2010

"Because of you"

Und man wacht auf mit den insistierenden Orgeltöne von (I Am A) True Believer, von Tyrone Evans & Bruce Ruffin. Vielleicht wurde das Lied gestern gehört, vielleicht nicht. Und vielleicht ist es auch egal. Im Bewusstsein sowie in der Erinnerung klingt das Lied nostalgisch aus, sicher wegen ausgerechnet der Orgel. Aber dann hört man ganz genau auf das Lied zu und entdeckt, dass es ein Liebeslied ist und dass Bruce Ruffin singt, dass er niemals Traurigkeit spüren wird, weil der Andere da ist. OK, denkt man, man stimmt zu. Es gibt zwar hier kein "because of you", aber zumindestens hat man einen flecklosen blauen Himmel und auf ein Mal steht man auf und fühlt sich nicht mehr wie ein Epoopa.

Rain: The Best Of Bruce Ruffin 1967-1971

by Tyrone & Bruce

dimanche 18 avril 2010

Liebesunfähigkeit

Und man wacht auf.
Und man stosst wieder auf dieses Lied. Let Them Say, von Bruce Ruffin und Tyrone Evans gesungen, das man letzte Woche in den Freitagsmusik-Sampler hinzugefügt hat. Ein revive (oder early reggae) Stück, wie man sie mag. Gestern, beim Hören und Wiederhören, tickte was. Als würde man das Lied komplett neuhören. Als würde man plötzlich was verstehen, oder spüren, oder sehen.
Das ist ein Vertrauenslied. Die beide sagen jemandem: Egal, was die Anderen über dich sagen und egal wie sie lästern, ich weiss: du bist es. Wir wissen was, das sie nicht ahnen, wozu sie keinen Zugang haben. Die beiden geben sich für diese Person völlig hin. Sie sagen: ich werde dich immer beschützen.
Und wenn Liebeslieder zum Teil kitschig sind, ist dann Let Them Say die Antwort darauf, die Subtitution. Wenn man die Aussagen überhört und übersieht. Wenn man endlich sicher ist. Wenn man weiss.



Und es erinnert mich an die Jugendromane von Sverre Henmo. Ins besonders Natt på Frognerbadet. In diesem Roman verliebt sich Simon in Petra. Aber Petra ist schräg: Petra trägt eine Glatze, Petra ist politisch engagiert, Petra hat Meinungen, Petra ist frei. Petra wäre eine Renée, wenn Sverre daran gedacht hätte… !!! Aber ausgerechnet das ist eine Projizierung von mir - ein Wunsch.
Auf jeden Fall: Petra verliebt sich auch in Simon. Problem: Petra ist so schräg, dass alle über sie lästern, und überhaupt Simons Freunde, sein kleiner Gang von Freunden. Dann schämt er sich. Dann will er seine Liebe nicht zeigen. Vor Angst davor, dass seine Freunde ihn exkludieren. Natürlich scheitert die Liebe. Petra ist nicht dumm, sie hat verstanden: Simon schämt sich vor ihr. Dann sagt sie: Tschüss! Wenn du wirklich weisst, wo dein Wunsch ist, komm bitte zurück zu mir. Aber so wie es ist, können wir nicht zusammen sein.

Sverre Henmo schreibt fast nur darüber: Jungen, die unfähig sind, ein Mädchen zu lieben, ihre Liebe für sie oder für jemanden zu zeigen. Obwohl sie nur das wollen, obwohl sie verliebt sind. Sie schaffen das bloss nicht, egal wie sie sich Mühe geben. Als wären sie dafür nicht geschickt. Kann ein Mensch für Liebe nicht geschickt sein? Obwohl dieser Mensch nur lieben will, zusammen mit jemandem sein will, obwohl dieser Mensch endlich jemanden gefunden hat. Gibt es solche Menschen?
Ja, und wie…
Die(se immer wieder tolle) deutsche Sprache hat ein Wort dafür: Liebesunfähigkeit.
Das Wort ist im Duden nicht zu finden. Aber in dem psychologischen Lexikon doch. Hier die Definition:
gestörte Fähigkeit, eine Liebesbeziehung herzustellen und aufrechtzuerhalten; wurzelt meistens in problematischen Kindheitssituationen, in denen das Kind ein Mißtrauen gegen jede Form der Zuwendung, Bestätigung und Nähe (Intimität) entwickelte, um sich vor schmerzlichen Enttäuschungen zu schützen (Liebe).
Liebesunfähigkeit…

lundi 5 avril 2010

Where and who you gonna run to?

(Früh, sehr früh, viel zu früh) aufgewacht mit diesem spät-Rocksteady bzw. früh-Reggae Klassiker von The Slickers, Johnny Too Bad.
Warum dieses Lied? Erstmal anhören.



Ja, selbstverständlich:
"One of these days when you hear a voice say come / Where you gonna run to?"
Und, genauso selbstverständlich, das hörend, das verstehend, denkt (hatte gerade geschrieben: dankt! oj oj oj…) man an die Coverversion des 1966 Who you gonna run to? von The Temptations, die The Shades in 1969 aufgenommen haben. Und das Volltreffende dabei ist nämlich (auch), dass The Shades die erste Linie des Liedes verändert haben und nicht mehr singen: "When you're feeling alright, I never see you coming", sondern: "When you're feeling alive, I never see you coming." Also:
"When you're feeling alive, I never see you coming / But when you're hurt, you always come a-runnin' / But one of these days I know, I gonna have to let you go / Then, tell me, who you gonna to run to, where you gonna hide, who you gonna tell that you're hurt inside?"
Also.