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jeudi 28 juillet 2011

"Hold me and lead me all the way"

Tous les amis partis, JB se retrouva fort dépourvu quand sa station fut venue. Sa station était assise et la station à venir était Ostbahnhof. JB n'avait aucun problème avec sa station assise (ni debout, d'ailleurs) mais, au fur et à mesure que se profilait la gare d'Ostbahnhof, Dame Patsy chantait avec insistance:
Do you remember when we met?
We were together all one.
So don't leave me, my only me* one,
Just hold hold hold me by the hand.
Hold me and lead me all the way.
Oh, my darling day by day…
And when we reach our destiny,
My darling keep the love to me.

(* merdre! le mégalapsus!! fy faen!!!)

Et, de même que JB se souvenait qu'il avait fait tourner ce morceau l'année dernière sur le mange-disque électronique du blog tatoué et fumeur, il se souvenait aussi que cette chanson l'avait étreint la première fois qu'il l'avait entendue. Et donc, de même qu'il se souvenait que ses amis étaient qui ici, qui , qui là-bas et qui dans ce lieu, il sentait également que les paroles de Patsy le laminaient tout autant alors qu'elles n'étaient que propices. Aussi, se souvenant enfin qu'il n'avait plus nourri le blog tatoué et fumeur depuis des lustres (en âge électronique, ce sont même des années lumières), il décidait, ici et maintenant, étreint dans son train (ouais ouais, elle est fastoche celle-là), de revenir (lui qui arrivait alors que ses amis étaient partis) au journal électronico-linguistico-musical en recommençant par Do You Remember?:




Sur ce, JB va manger une tranche de hure, hein. Un mot d'origine inconnue mais sans doute germanique qui, à l'origine (c'est-à-dire dès le XII siècle), apprend JB à l'instant même, signifiait "ensemble de poils qui couvrent la tête d'une bête sauvage", puis "tête de certaines bêtes sauvages, en particulier du sanglier", enfin, par métonymie, "tête ébouriffée d'un homme". La signification culinaire et charcutière est très tardive au regard du sens premier, en ce qu'elle n'apparaît que vers la moitié du XIXe siècle, indique le Robert historique de la langue française. Ce qui, somme toute, peut nous mettre de bon poil, mais pas forcément à poil (enfin… c'est comme on veut, hein).
Babaille!

dimanche 13 février 2011

Nicht spritzen, schwitzen

Die Situation:
In einem kleinen Becken draussen bei minus 2, während ein leichter Schnee über Berlin fällt, liegt der JB ganz nackt in einem heissen Wasser und geniesst die Wärme & die Ruhe & die Sorglosigkeit. Auf seiner rechten Handseite, ein stiller Mann mit braunoranger schlecht gefärbten Haare. Auf seiner rechten Handseite, ein Papa (hier Papi1) mit seinem 3 oder 4-jährigen Bubi. Vor ihm ein anderer Papa (hier Papi2) mit seinem eigenen Sohn.

Bubi: Und dann ist es schön zu baden!
Papi1: Ja. Und vor allem Ding ist es schön zu schwitzen.
Bubi: Ja, es ist schön zu spritzen!
Papi1: Nein, Schatz. Nicht spritzen: schwitzen.
Der JB (voll lauter Freude): Hö hö hö!

Papai1 und Papi2 schicken dem JB einen gnadelos strengen Blick. Der JB sagt nichts mehr.

mardi 7 décembre 2010

(papier) brouillard

Et JB se lève en constatant qu'un épais brouillard bouche la vie (oh naaan! pas ce genre de lapsus dès le matin, hein!) - qu'un épais brouillard bouche la vue. Plus le jour s'éclaircit, plus le brouillard s'épaissit. JB s'attelle à son travail et lit le groupe nominal suivant, qu'il a traduit de la sorte: "une mer de brouillard". Encore le brouillard! Est-ce un signe? Est-ce à dire que JB passera le reste de sa journée, comme le veut la locution, "dans le brouillard"? À suivre.

Mais en attendant, JB s'attarde une seconde et demie sur le mot en question. Et se souvient qu'il a déjà longuement glosé sur l'étymologie de brouillard, liée au verbe brouiller. Mais JB ignorait totalement, en revanche, que le terme s'emploie aussi sous une forme adjectivée dans la forme papier brouillard, qui est un synonyme de papier buvard., ainsi que nous l'indique le Littré:


Mais le Dictionnaire de l'Académie françoise (oui: françoise! comme en ancien… françois) est plus restrictif:


Uniquement adjectif, donc, et de couleur… "feuille-morte"??? Ça alors! Le daltonien qu'est JB ignorait qu'une telle couleur existât (un petit subjonctif imparfait dès le matin ne saurait être nocif). Il va vérifier sur le site pourpre.com et, effectivement, il trouve la couleur en question dans le champ chromatique des bruns:


La couleur feuille morte (sans trait d'union selon le site) ressemblant très exactement à ça:


Bon, jusque-là, JB a appris deux choses de bon matin, il se couchera moins bête ce soir.

Mais toute cette histoire de brouillard, brouiller, papier brouillard, couleur feuille morte, filtrer les liquides, fait invariablement penser JB aux derniers travaux de Wolfgang Tillmans qui s'attache à montrer le mouvement de la lumière sur du papier et qui ressemble à la dilution du liquide lors de son immersion dans l'eau. On regarde quelques clichés:


Mais revenons au papier brouillard/papier buvard, puisque l'Encyclopédie méthodique nous indique pour sa part:


Et JB adore forcément l'emploi de drogue pour désigner le médicament (sens conservé en anglais: drug), de même qu'il adore le mot apothicaire pour désigner le pharmacien (terme conservé en allemand ou dans les langues scandinaves: der Apotheker).

Cherchant les sens de ce papier brouillard, JB tombe enfin sur cette locution:


Décidément… Encore quelque chose que JB ignorait, mais JB est tellement ignare.
À sa décharge force est de constater qu'aucun de ses dictionnaires ne connaît la locution. Et, cherchant sur gougueule où elle n'apparait que sur le site reverso dont elle est extraite, JB peut donc conclure qu'il s'agit d'un hapax: un mot qui n'apparaît qu'une fois.

Enfin, le papier brouillard/buvard se retrouve sur une liste de papier, une belle liste comme JB les aime (et, un jour, il reviendra sur ce truc de faire des listes, si cher à Georges Pérec puis à Erlend Loe):



De fil en aiguille, avec tous ces papiers, JB pense forcément aux Petits papiers de Serge Gainsbourg, interprétés par Régine, et à au pneu électronique de M qui s'indignait que JB n'ait pas illustré par la chanson en question le post, en août dernier, consacré au mouchoir en papier. Dont acte. On voit ici Régine, en 1967:



Et, oui, forcément, il faut écouter Les petits papiers de bon matin, encore plus avec ce brouillard à couper au couteau, eu égard au passage où Régine souhaite à propos de ces petits papiers: "Puissent-ils un soir / Papier buvard / Vous consoler".

Cherchant cette vidéo, JB en trouve une autre, avec une autre version qu'il ne connaissait pas (l'ignare, décidément), interprétée par Jane Birkin et Françoise Hardy le 4 mai 1974, vidéo dans laquelle on voit leurs maris respectifs, à savoir bien sûr Serge Gainsbourg et Jacques Dutronc. On regarde ces dames vêtues d'habits en papier (journal) et ces messieurs sanglés d'un blouson en cuir:



Enfin, ultime version, celle où les mêmes apparaissent, mais sans Françoise Hardy. C'est trash, alcoolisé et clochardisant:




On écoute la version de 1999 par Noir Désir? Oh oui, elle est bien elle aussi, surtout une semaine après qu'on a appris la dissolution (décidément… confer supra) du groupe - et que le triste sire Hortefeux s'évertue toujours à expulser les sans-papiers:

jeudi 25 novembre 2010

Jésus e(s)t le saucisson

JB traduit (Erlend Loe):

Christine Sado indique à Kurt que, son boulot, c’est la célébration du culte matinal et du culte dominical. Le reste du temps, il peut faire ce que bon lui chante. Sur ce, elle demande à Kurt s’il a un hobby.
Si j’en ai un, répond-il, ça doit être la conduite du Fenwick, alors. Mais comme c’est mon gagne-pain, je ne sais pas trop si c’est aussi mon hobby…
De toute façon ton gagne-pain, désormais, c’est d’être pasteur, rétorque Christine Sado, agacée de constater que Kurt l’a déjà oublié.
Ah oui, c’est vrai…, répond Kurt.
Donc tu peux conduire ton fichu Fenwick pendant ton temps libre.
Bonne idée!
Et quand tu as fini de conduire ton engin, tu as le droit de passer faire un tour à l’usine de tables de tennis de table et dire «tenez bon!» à ceux qui bossent. Et quand tu as fait ça, tu peux aller t’asseoir sur la terrasse et essayer de rencontrer Jésus.
Pourquoi? Il est sur la terrasse? demande Kurt.
Jésus est partout, répond Christine Sado.


Et comme "Jésus est partout", JB, repensant au fait que le nom désigne aussi un saucisson, a la preuve que Jésus est non seulement partout mais aussi dans le cochon. Et comme dans le cochon tout est bon et que le saucisson est fait à base de cochon, JB en déduit forcément par une sainte opération arithmétique que le saucisson jésus de Lyon est bon. Mais prenons une seconde de notre précieux temps pour l'observer:


Mais pourquoi surnommer un saucisson Jésus? JB ne voudrait pas paraître obscène, mais s'agit-il là de ce qu'on appelle en rhétorique d'une synecdoque (où l'on désigne une partie pour le tout)? Ou bien s'agit-il d'une métonymie (le contraire: le tout pour la partie)?
Autrement dit: le saucisson s'appelle-t-il jésus parce que Jésus avait un saucisson? Ou bien: le saucisson s'appelle-t-il jésus parce que Jésus était un saucisson?
JB pose la question, rien de plus.
Et il la pose doublement parce qu'une autre dénomination du saucisson n'est autre que… JB le donne en mille à ses petits amis: la… rosette. Le saucisson, le jésus, la partie pour le tout… JB s'y perd.

Aussi va-t-il consulter le Robert historique de la langue française qui le rassure, rapport à Jésus:
Le sens culinaire de “gros saucisson court”, d'abord dialectal, repose, semble-t-il, sur une analogie d'aspect avec un enfant au maillot.
Ah, d'accord.
Et quid de la rosette?
◊ Dans l'expression risette [merdre! JB vient de faire un mégalapsus!!! pour le coup: un lape-suce!!! quel gourgandin, ce JB!!!] rosette de Lyon (1938), le mot s'applique à un type de saucisson sec. (…) ◊ Le sens figuré et populaire d'“anus” (1864) sert à former quelques locutions référant à l'homosexualité.
Mais c'est quoi cette phrase discriminatoire à l'endroit des hétérophiles? JB dit: Scandale! Mais il n'a pas trop le temps de s'appesantir sur la discrimination sémantique des hétérophiles donc il revient au saucisson et va vérifier l'étymologie du mot en question. Il apprend que saucisson est dérivé de saucisse qui signifie notamment:
◊ Un sens d'abord argotique, “prostituée (1880) devenu terme d'injure à l'adresse d'une femme, pourrait venir d'une métonymie sur l'acception de “pénis”, mais aussi d'une métaphore (cf. boudin) sur la grosseur informe.

Ainsi donc, le jésus et la rosette sont tous les deux de Lyon, ça alors…
JB en vient à se demander s'il n'y a pas là un tropisme lyonnais. Que le saucisson soit un tropisme lyonnais, ça, JB le savait. Mais, au vu des définitions du dictionnaire, JB s'interroge sur le tropisme sémantique et métaphorique du saucisson dans la ville de Lyon (on dirait presque une comptine: "le tropisme sémantique et métaphorique du saucisson dans la ville de Lyon"…) dans son acception grivoise (ou… gauloise - après tout, Lyon n'était-elle pas la capitale des Gaules? Des… gaules!!!). Du coup, JB effectue de plus amples recherches et trouve sur Wikipédia:


Jésus a un saucisson de 10 centimètres de diamètre? Diantre!
Jésus est de la couleur de l'anus? Re-diantre!
Mais quoi? JB n'exagère pas du tout au vu des explications ci-dessus. Aussi pose-t-il les équations suivantes:
Si, donc, un saucisson est dérivé de la saucisse et que la saucisse signifie aussi (et rime aussi avec) pénis: saucisse = pénis = saucisson = Jésus.
De la même manière, si une rosette est un saucisson et qu'un saucisson est un jésus, alors: Jésus = rosette = anus.
CQFD.
Jésus rime avec (et signifie) anus, tout comme saucisse signifie (et rime avec) pénis.
CQFD
Jésus est donc partout, jusque dans l'anu et le péni.
CQFD.

Mais bon, tout ça, Bobby Lapointe l'avait déjà compris:

mardi 9 novembre 2010

"Tonight the star shines"

On se réveille avec les Schoolgirls dans la tête, qu'on a écoutées toute la journée d'hier - et notamment Sing & Shoot (oh ben ça commence bien! par un lapsus! C'est Sing & Shout et non Sing & Shoot! Shout, shout, shout!!!). Et on a beau, ensuite, chercher Sing & Shout sur toitube - en vain, on ne trouve rien.
Pas grave, puisque, très vite, la chanson est éclipsée par Loving Love de Dame Patsy Todd. On s'étonne dans un premier temps, puis on écoute les paroles: "Tonight you're mine / I wonder what tomorrow will be / Will I be lonely / Or be happy with your memories?" Et là on se dit: mais c'est bien sûr! Ce soir… Sauf qu'on sait que, ce soir et demain, ce sera bien. À preuve ce que Patsy dit ensuite: "Tonight the star shines."
Et une bonne soirée à tou(te)s, hein.

jeudi 7 octobre 2010

La Rance, le lapsus (9)

Et JB est parti 8 jours dans la Rance, contraint et forcé. Et comme JB fait un lapsus permanent en parlant de son pays natal qu'il appelle désormais (et à jamais) la Rance, en oubliant (volontairement?) sa consonne première, il vous livre quotidiennement, pendant son escapade, le meilleur du pire des lapsus (lisons: lape-suce) de la Rance.

Aujourd'hui, dernière édition. On avait commencé il y a 8 jours par le (p)résident de (f)rance, et on avait finir avec lui. Lui qui non seulement, au moment T de son lapsus, semble visiblement désir avec ardeur qu'on lui greffe quelque chose, don qu'on lui enlève une partie du corps défectueuse; mais qui, de surcroît, n'a pas de l'air de croire enquelque chose de précis. Mais quoi ?

mercredi 6 octobre 2010

La Rance, le lapsus (8)

Et JB est parti 8 jours dans la Rance, contraint et forcé. Et comme JB fait un lapsus permanent en parlant de son pays natal qu'il appelle désormais (et à jamais) la Rance, en oubliant (volontairement?) sa consonne première, il vous livre quotidiennement, pendant son escapade, le meilleur du pire des lapsus (lisons: lape-suce) de la Rance.

Aujourd'hui, Laurent Wauquiez imite JB et adopte le "Marx merci" (au lieu du Dieu dieu merci) de ce dernier:

mardi 5 octobre 2010

La Rance, le lapsus (7)

Et JB est parti 8 jours dans la Rance, contraint et forcé. Et comme JB fait un lapsus permanent en parlant de son pays natal qu'il appelle désormais (et à jamais) la Rance, en oubliant (volontairement?) sa consonne première, il vous livre quotidiennement, pendant son escapade, le meilleur du pire des lapsus (lisons: lape-suce) de la Rance.

Aujourd'hui, séquence nostalgie avec ce cher et regretté Georges Marchais qui est tellement ébranlé que cela semble le toucher (dans les deux sens du terme). On avait déjà diffusé cet instant historique sur ce blog tatoué et fumeur, mais on ne résiste pas au plaisir de le remontrer.

lundi 4 octobre 2010

La Rance, le lapsus (6)

Et JB est parti 8 jours dans la Rance, contraint et forcé. Et comme JB fait un lapsus permanent en parlant de son pays natal qu'il appelle désormais (et à jamais) la Rance, en oubliant (volontairement?) sa consonne première, il vous livre quotidiennement, pendant son escapade, le meilleur du pire des lapsus (lisons: lape-suce) de la Rance.

Aujourd'hui, le temporaire ministre du Travail nous rappelle par un succulent lapsus qu'il n'y a décidément pas d'affaire Woerth.

dimanche 3 octobre 2010

La Rance, le lapsus (5)

Et JB est parti 8 jours dans la Rance, contraint et forcé. Et comme JB fait un lapsus permanent en parlant de son pays natal qu'il appelle désormais (et à jamais) la Rance, en oubliant (volontairement?) sa consonne première, il vous livre quotidiennement, pendant son escapade, le meilleur du pire des lapsus (lisons: lape-suce) de la Rance.

Aujourd'hui, c'est dimanche, on regarde toujours la téloche en charentaises avec la bière et l'assiette de frites, et ce d'autant plus qu'on est resté scotché sur la télé belge, et encore plus parce qu'en ce jour du Seigneur saigneur, y a du sport, et justement, en parlant de 1) Belgique, 2) saigner, 3) sport, ce lapsus dominical résume tout cela:

samedi 2 octobre 2010

La Rance, le lapsus (4)

Et JB est parti 8 jours dans la Rance, contraint et forcé. Et comme JB fait un lapsus permanent en parlant de son pays natal qu'il appelle désormais (et à jamais) la Rance, en oubliant (volontairement?) sa consonne première, il vous livre quotidiennement, pendant son escapade, le meilleur du pire des lapsus (lisons: lape-suce) de la Rance.

Aujourd'hui, c'est samedi, on regarde la téloche en charentaises avec la bière et l'assiette de frites, ce qui tombe bien puisqu'on passe outre-Quiévrain:

vendredi 1 octobre 2010

La Rance, le lapsus (3)

Et JB est parti 8 jours dans la Rance, contraint et forcé. Et comme JB fait un lapsus permanent en parlant de son pays natal qu'il appelle désormais (et à jamais) la Rance, en oubliant (volontairement?) sa consonne première, il vous livre quotidiennement, pendant son escapade, le meilleur du pire des lapsus (lisons: lape-suce) de la Rance.

Aujourd'hui, et après le lapsus de Rachida D., retour en arrière (1984) avec l'infâme Le Pen qui a visiblement une épine dans le pied (ou ailleurs), lui qui s'emmêle les pinceaux entre pen et peine et pine. La question qu'on peut alors se poser est de savoir si, au moment de l'interview, celui a a déjà été quatre fois condamné par la justice souffre d'une quelconque maladie vénérienne. Mais c'est sans doute une autre histoire…

jeudi 30 septembre 2010

La Rance, le lapsus (2)

Et JB est parti 8 jours dans la Rance, contraint et forcé. Et comme JB fait un lapsus permanent en parlant de son pays natal qu'il appelle désormais (et à jamais) la Rance, en oubliant (volontairement?) sa consonne première, il vous livre quotidiennement, pendant son escapade, le meilleur du pire des lapsus (lisons: lape-suce) de la Rance.

Aujourd'hui, le lapsus de Rachida D. Elle veut prononcer le mot inflation, mais dit:

mercredi 29 septembre 2010

La Rance, le lapsus (1)

Et JB est parti 8 jours dans la Rance, contraint et forcé. Et comme JB fait un lapsus permanent en parlant de son pays natal qu'il appelle désormais (et à jamais) la Rance, en oubliant (volontairement?) sa consonne première, il vous livre quotidiennement, pendant son escapade, le meilleur du pire des lapsus (lisons: lape-suce) de la Rance.

Aujourd'hui, (p)remière édition, on commence par le (p)résident de (f)rance. Attention, ça ne dure que 2 minuscules secondes - mais c'est ce pauvre Caliméro qui doit tomber de la barre de son poulailler en entendant ça!

mardi 21 septembre 2010

ein Getös

Und der JB guckt sich heute Abend die ARD-Nachrichten an, die Jens Riewa leider nicht präsentierte - und der JB musste fast weinen - aber dann guckte er diese alten Nachrichten mit dem Jenslein und dann war der JB wieder munter. Wir schauen uns diesen grandiosen freudschen Versprecher an, den Jens-Liebling macht:



Man darf sich natürlich fragen, warum der knackige Jens Kunde und Kurde verwechselt; aber seitdem es um einen freudschen Versprecher handelt, und seitdem wir den süssen Jens mögen, sagen wir weiter nichts aber denken viel.

Auf jeden Fall sah der JB heute die Nachrichten und es ging um New York, um eine gewissene Konferenz, um Armut, blahblahblah, AIDS, blahblahblah, Frauenrechte, blahblahblah, pff… das ist aber sooo unwichtig, mann ey…
Und dann wird das Wort ausgesprochen:
Getöse.
Dieses Wort hat den unschuldigen und ein bisschen doofen JB immer erstaunt. Von daher wiederholt er:
Getöse

Was sagt der Duden zu diesem Wort?
Getöse, das, -s [mhd. gedoeze, Kollektivbildung zu mhd., ahd. dôz = Geräusch] (oft abwertend): tosendes Geräusch, Lärm: Das Getöse der Wellen; mach nicht solch ein Getöse!; mit lautem Getöse.

Und was sagt unser Freund der Kluge zu der Etymologie?
tosen (10. Jahrhundert), mhd. dôsen, ahd. dôsôn. Vergleichbar sind altnordisch þausn “Lärm”, altenglisch þys “Sturm”. Vielleicht als Anlautvariante zu indogermanisch °d-eus- “stieben, brausen”, das etwa in griechisch thyo “ich stürme” und latein furere “rasen, wüten” bezeugt ist — die Abgrenzung dieser Sippe ist im übrigen schwierig, da die Bedeutung leicht mit anderen verknüpft werden kann. Abstrakta: Tosen, Getöse.
Aha.
Also die lateinische furor, oder die franzenländische fureur entspricht dem deutschen Getöse. Normal, denn das D auf Indogermanisch (weiter T auf Deutsch) wurde F auf Latein, wegen dieses obengennanten Anlautprozesses.
Aber es gibt besser, erklärt und Julius Pokorny in seinem Wörterbuch der indogermanischen Sprache:


Also ein Idiot, ein Clown, ein Teufel, ein wahnsinniger, ruhiger oder betrunkener Mann (bzw. Frau) ist eigentlich das gleiche: ein Getöse. Das ist einfach toll!
Du bist solch ein Getös! könnte man also ab jetzt sagen. G und der JB kennen eine Labertasche, die (bzw: der) diesen neuen Namen müüühelos verdienen könnte. Egal.

Wenn der JB auf das Wort Getöse so achtet, ist es natürlich, weil er  an das Lied von Bertolt Brecht mit einer Musik von Kurt Weill in der Dreigroschenoper denkt, Seeräuber-Jenny: "Aber eines Abends wird ein Getös sein am Hafen / Und man fragt: Was ist das für ein Getös?" - zwei Sätze, die eigentlich die zwei Anderen des ersten Couplets abspiegeln: "Aber eines Abends wird ein Geschrei sein am Hafen / Und man fragt: Was ist das für ein Geschrei?"
Das Lied wurde berühmt und von viiielen Frauen gesungen. Aber die erste Version sang Lotte Lenja (seufz…), in der Adaptation von Pabst, von 1931, als sie noch keine Oktave verloren hatte und hoch singen konnte:



Eine andere schöne Version, mehr jazzig, ist natürlich die von DER Knef, von 1963. (Ach, Die Knef hätte den ganzen Repertoire von Brecht/Weill singen müssen… Naja…)



Wir werden natürlich NICH die Version von der Ute Lemper hören, nein. Aber die von Marianne Faithfull, auf jeeeden Fall! Zwar ohne Getös, aber in 1996 gesungen und schon historisch:



Aber die erschreckendeste Version ist selbstverständlich die von Nina Simone, die sie in 1964 im Konzert gesungen hat. Wir hören es erstmal und reden kur nachher darüber:




Denn neulich hat uns unsere Freundin Eli aus Norwegen folgende Nachricht geschickt: es ging genau um diesen Konzert, als sie Pirate Jenny, also Seeräuber-Jenny gesungen hat. Den Rest der Geschichte erzählt Sam Shepard hier, aber hierunten ein Teil davon:


Euch trotzdem eine schöne gute Nacht, meine kleinen lieben Freunde.

vendredi 3 septembre 2010

Les mo(r)ts

Et, pile aujourd'hui et pas un autre jour, JB commet un énième lapsus de traduction dont lui seul a le secret.
Il est censé traduire:
Les morts n’ont pas le droit de revenir.
Et il se voit écrire:
Les mots n’ont pas le droit de revenir.

Du coup, on regarde la bande-annonce du film de Bruce LaBruce, Otto; or Up with Dead People, et ce pour plusieurs excellentes raisons:
1) Les morts n’ont pas le droit de revenir (donc);
2) Les mots des morts n’ont pas le droit de revenir non plus;
3) La musique de la BO est signée CocoRosie dont JB adore le premier album (et la majorité du second, mais pas du tout, du tout le troisième);
4) Susanne Sachsse, chouchou personnelle de JB, joue dans le film;
5) Christophe Chemin (que JB aime bien) y joue aussi;
6) Othon Mataragas (que JB aime bien également) figure aussi parmi les acteurs.

jeudi 2 septembre 2010

Hot injection

Pas mal pas mal, pour quelqu'un comme JB, de faire ce lapsus de traduction:
Il y avait dans ce regard une injection (…)

Alors qu'il fallait bien sûr lire:
Il y avait dans ce regard une injonction (…)


Allez, vous reprendrez bien une petite piqûre? Une hot shot? À savoir une méchante piqûre (entendre méchante dans le sens de bien dosée, qui fait bien de l'effet) - et tant pis si ce n'est pas du tout ce que le titre signifie par rapport aux paroles (qui parlent d'une fille sûre d'elle, prétentieuse = elle est une hotshot - une locution de slang). Et c'est Dermott Lynch qui s'y colle. Attention. Il faut bien écouter à 1'50/51'', sa voix déraille complètement quand il prononce pour la énième fois hot shot, on a même l'impression que quelqu'un le pince à ce moment-là, l'étrangle - ou lui fait autre chose (quelque chose de…hot?).

jeudi 26 août 2010

"The dreams I hold"

On ne se réveille pas avec ça. Mais, pour une raison qu'on ignore, et tandis que la pluie commence à tomber sur Berlin et que le jour se lève, résonne dans la tête la chanson de Freda Payne, Band of Gold (1969), dans sa reprise l'année suivante par Marcia Griffiths:



Et, bien sûr, on ne peut que s'étonner d'avoir dans la tête cette chanson des faiseurs de tubes qu'étaient Holland, Dozier & Holland. Puis, en l'écoutant, on réentend cette phrase: "Since you've been gone, all that's left is a band of gold / All that's left are the dreams I hold." Évidemment, on s'identifie à fond avec la chanson. Non pas avec le fête (ah bravo! pas mal la faute d'orthographe en guise de lapsus!!!) - on recommence. Non pas avec le fait que, comme Freda puis Marcia après elle, on se retrouve sans personne au réveil, sans mari (quoique…) au lendemain de notre mariage qui n'a rien trouvé de mieux que de se tirer sans rien nous dire et, le pompon, sans homme qui nous ait honoré pendant notre nuit de noces, (et, vicelard, on se demande pourquoi le mec en question a plaqué sa nana fraîchement épousée et on se dit: aha! nous on sait dans quel bouge et avec quel partenaire il est à l'heure actuelle!), et donc qu'on se retrouve tout seul avec cette "bande dorée", à savoir une alliance, et des "dreams of what love could be", des rêves de ce que pourrait être l'amour - non, donc: sans ça, mais bien avec des rêves tout court.
Comme on le disait en allemand pas plus tard qu'il y a deux jours, quand on s'était réveillé en faisant un lapsus sur le titre d'une chanson (on était persuadé que c'était Tony's Dream alors que la chanson était plutôt Tony's Theme), on a une fois de plus la preuve que la musique du matin est un prolongement de la musique de la nuit; que la musique du matin est un reflet acoustique de la nuit; que la musique du matin est un reflet acoustique dans la conscience de la musique des rêves qui a résonné dans l'inconscient. Et que, enfin, comme c'était le cas avec le fameux "rêve" de Tony, les paroles de Band Of Gold nous invitent à considérer "the dreams I hold", ces rêves qu'on a faits pendant la nuit. Problème: on a oublié quels rêves on a faits. Mince.
Pour la peine, on écoute la version originale de Freda Payne:

mardi 24 août 2010

Die Morgenmusik und die Traummusik

Und wieder, genau wie vor einem Monat, wacht man mit Tony B's Theme im Kopf, von Joe's All Stars - ein wahrer Ohrwurm, der auf der Hammond-Orgel gespielt wird. Und man nimmt die Gelegenheit um F einen schönen guten Morgen zu wünschen.
Aber man wacht auf sicher darauf zu sein, dass das Lied Tony's Dream heisst. Man sucht durch und durch, man forscht seine externe Festplatte und natürlich findet man nichts. Man denkt: "Warum fängt der Tag gegen mich an?" Aber das ist die Falsche frage. Die gute Frage ist: Warum macht man eine freudsche Fehlleistung, indem man denkt an Tony's Dream, wo es eigentlich Tony B's Theme oder kurz Tony's Theme heisst? Tony's Dream vs Tony's Theme.
Ja, warum? Tja, darum. Weil man geträumt hat. Man weiss nicht mehr worüber. Aber man weiss, dass man geträumt hat und man erinnert sich, dass man beim ersten Aufwachen dachte: es ist wichtig.
Und noch wieder muss man feststellen: die Morgenmusik als Verlängerung der Nacht. Die Morgenmusik als Verlängerung der Nachtmusik. Die Morgenmusik als akustische Spiegelton der Nacht. Die Morgenmusik aus dem Bewusstsein als Spiegelton der Traummusik aus dem Unbewusstsein.
Und beim suchen nach diesem nichtbestehenden Tony's Dream stosst man auf Tommy's Dream. Tommy's Dream von dem Herrn Tommy McCook. Hier, bitte schön. Und allen einen schönen guten Morgen(musik).

samedi 21 août 2010

Beauty sleep

Et encore aujourd'hui le ciel est d'azur au-dessus de Berlin. Notre monsieur météo préféré, celui à la voix tapettisante, nous a promis 29° et une chaude journée. À cette heure-ci, un samedi, la ville dort plus que jamais. JB est déjà réveillé, il est un peu perdu sans son ordinimi et sans son iTunes où il a ses petits trésors musicaux. Il a envie d'aller réveiller son ordimini mais celui-ci dort du sommeil du juste et d'un sommeil surtout réparateur que JB ne voudrait pas interrompre.

Et du coup JB pense à ce mot norvégien, skjønnhetssøvn, littéralement, un sommeil de beauté, un sommeil grâce auquel on retrouve sa beauté - une construction qu'on a identiquement en allemand, Schönheitsschlaf, ou en anglais, beauty sleep. Alors qu'en français, la beauté ne compte plus, en français, on parle de façon hyperpragmatique de sommeil réparateur. Et c'est un double paradoxe. La France qui attache tellement d'importance à l'apparence (ce n'est pas pour rien que c'est le pays de la mode) et s'acharne depuis des siècles à parfaire la beauté, ne la prend ici pas en compte. De plus, le français s'illustre dans ses constructions sémantiques plutôt poétiques, alors que là, non. Pourquoi? Qu'est-ce que ça nous dit en termes d'ethnolinguistique?
JB va tout de même vérifier sur ordnett, il veut être sûr de la traduction dite officielle - et il constate qu'il ne s'est pas trompé:


Consciencieux, JB fait quand même une vérification sur gougueule et, à sa grande surprise, le moteur de recherche lui recrache 432 résultats. Certes, ce n'est pas beaucoup, mais tout de même. Et non seulement ça, mais le dictionnaire en ligne sensagent relève même la locution:


JB ignorait complètement que la locution avait cours en français. Du coup, il va vérifier dans le TLF: rien. Dans le Robert en 6 volumes: rien. Dans le Littré: rien. La langue française fait une sieste ou un somme, elle dort comme un loir ou comme une marmotte, elle roupille ou elle pionce, elle a un sommeil de plomb ou hanté de rêves, mais elle n'a pas de sommeil de beauté: elle a un sommeil réparateur. JB est intrigué. Il va vérifier ce qu'en pensent et en disent les anglophones, et voici ce que le Etymology Online Dictionary  lui répond:


Aha. Donc un beauty sleep, c'est un somme que l'on fait "avant minuit", comme pour mieux passer la nuit, pour mieux faire la fête la nuit. Et, double surprise, la locution est relativement tardive, 1850 - étonnant qu'elle ait pris autant dans la langue quotidienne. JB en veut pour preuve les occurrences des termes. 22 300 pour l'équivalent allemand, 10 200 pour le norvégien et… 298 000 pour l'anglais! Presque 300 000 quand le français n'en recense que 432. Quant à la locution française sommeil réparateur, elle revient dans 44 500 occurrences - c'est donc bel et bien la traduction correcte et l'usage courant.
Allemands et Norvégiens ont-ils importé la locution de l'anglais? Les anglophones sont-ils plus enclins au somme(il)? Ont-ils besoin de se sentir plus beaux? Font-ils plus la fête la nuit, et plus longtemps, et par conséquent ont absolument besoin d'un petite sieste pour maximiser leurs forces?

Et puis JB finit par trouver une piste. Sur un site un peu fantaisiste qui associe linguistique, médecine et pharmacopée.


Alors là…
Ainsi donc, la morphine doit son nom au dieu Morphée?! Ça alors…
Et qu'a Wikipédia à nous dire sur Morphée?


Et, pour le coup, ce qui est étonnant, c'est que les francophones aient fixé dans leur langue l'expression être/tomber dans les bras de Morphée et non sommeil de beauté. Pourquoi? Pourquoi tel peuple, telle culture, (se) reconnaît-il dans telle expression et pas dans une autre? Pourquoi les anglophones semblent voir dans le sommeil une activité qui va leur permettre de réhabiliter la beauté, alors que les francophones semblent y voir pour leur part une activité qui va leur permettre de rêver? Par extension, les rêves permettent-ils de réhabiliter la beauté?
Le Robert des expressions et locutions nous indique simplement:
Être dans les bras de Morphée “dormir profondément”. Allusion mythologique au dieu du sommeil. Le rapprochement entre le sommeil et les corps enlacés est un thème littéraire et culturel vénérable, au moins dans la tradition gréco-latine.
Les Métamorphoses  d'Ovide nous apporteraient-elles une réponse? On va voir, et puis de toute façon la langue d'Ovide est toujours d'une incomparable… beauté (et il faut cliquer sur l'image pour bien lire, ou aller voir dans le lien supra):


Dans cette demeure du sommeil poussent des pavots, une plante narcotique comme on le sait, tout comme la morphine est un puissant narcotique. Et Ovide de nous décrire les vertus du sommeil: le sommeil est effectivement réparateur, comme l'exprime la langue française et il vient "rafraîchir le corps fatigué", partant, lui redonner sa beauté, comme l'exprime la langue anglaise. Mais le sommeil, nous explique également Ovide, est intrinséquement lié au rêve: Morphée prend une apparence humaine pour, la nuit, dans leur sommeil, visiter les Hommes. De fait, nous indiquaient le site américain et Wikipédia ci-dessus, Morphée est le fils du dieu du sommeil Hypnos et de la déesse Nyx, la nuit. Hypnos est quant à lui le frère jumeau de Thanatos, la mort. La mort, la nuit, le sommeil et le rêve sont donc de la même famille.

Mais il y a mieux. Car ce mythe grec n'est en fait que le reflet d'une réalité linguistique.
Nos amis Mallory et Adams, dans leur Introduction to Proto-Indo-European, nous précisent qu'il existe plusieurs mots en indo-européen pour décrire le sommeil. L'un de deux-ci n'est autre que l'étymon °swep- qui a donné °swépti lequel signifie à la fois dort et rêve. La présence du Thanatos grec dans le sommeil se retrouve dans les dérivés de l'étymon indo-européen. Endormir quelqu'un, le bercer pour qu'il dorme, se retrouve à l'identique en latin, en sanscrit, mais aussi en ancien anglais où le verbe signifie aussi: tuer. Donc la mort, donc Thanatos.
De même, la forme subsantivée °swópnos/swépnos signifie tant le sommeil que le rêve. Le terme a donné notamment somnus en latin (< sommeil); sãpnas en lituanien qui signifie le rêve; swefn en ancien anglais = le sommeil; húpnos en grec, également le sommeil (d'où notre hypnotique, et on retrouve ici la valeur narcotique dont il était question plus haut). Et les auteurs de conclure (et c'est JB qui souligne):
When we add to this mix Latin sopor “overpowering sleep”, Greek húpar “true dream, vision; walking reverie”, Hittite supparyia- “dream”, it would appear that early Proto-Indo-European had a noun °swópr-/°swépor (genitive °supnós) that was morphologically rebuilt in various ways to give all of these various reflexes. The two concepts of “sleep” and “dream” regularly fall together in many Indo-European languages and there does not seem to be a set of different roots to distinguish the two activities in Proto-Indo-European. The closest we can come to a Proto-Indo-European “dream” ist °swópniyom seen in Latine somnium “dream”, Baltic (Lithuanian sapnys “sleep, dream”), perhaps Greek enúpnion “dream”, Sanskrit svápnyam “vision in a dream”; similar is the °supn(iy)on of Slavic sunije “dream”, Tocharian sänmetse “in a trance”, and perhaps Greek enúpnion “dream”, but the different groups may have independently created these words from °swep-.

Vous avez compris, mes petits amis? Car c'est de l'or en barre linguistique qu'on a là. De l'or en barre linguistique mais aussi anthropologique.
En conclusion, les Indo-Européens ne font pas de distinction entre le sommeil et le rêve. Pour eux, les deux activités vont de pair. Elles ont lieu en même temps. Si les Indo-Européens rêvaient, s'ils avaient fixé dans leur langue un mot pour qualifier le rêve, c'est donc qu'ils avaient un inconscient. Si la conscience est la propre de l'humanité, l'inconscient, son corollaire, l'est tout autant, et la linguistqiue vient nous le confirmer. La linguistique nous confirme que l'inconscient est aussi ancien que le langage. Mieux! Et c'est là le fameux or en barre dont il était hystériquement question plus haut: puisque la langue fixe la réalité et l'activité du rêve, donc valide la réalité et l'activité de l'inconscient, cela signifie que l'inconscient précède le langage. Le rêve, mais surtout l'inconscient, ont une existence préalable au langage, à la parole, à l'expression, à la restitution de la pensée par les mots. Le rêve, cette activité insonore et immobile dans le monde conscient mais sonore et mobile dans le monde inconscient, se voit et s'entend à un moment où l'Homme est sans langage (puisqu'il dort - même s'il peut parler dans son sommeil), mais aussi à un moment où l'Homme n'a pas encore de langage. Forcément, il ne peut faire que des lapsus, serait-on enclin à penser.

Justement.
Freud s'est intéressé au lien entre linguistique et "le travail du rêve", comme il le théorise, dans un essai intitulé Sur le sens opposé des mots originaires et publié en 1910. Partant de son analyse sur l'absence de “non” dans l'activité onirique, puisqu'on retrouve dans un rêve tout et son contraire, puisque dans un rêve le contraire est le premier signifiant. Et Freud de citer ses propres propos et ce qu'il avait noté dans son ouvrage L'Interprétation du rêve:
Mieux, le rêve prend également la liberté de représenter n'importe quel élément par le désir de son opposé, de sorte qu'au premier abord, on ne sait d'aucun élément admettant un contraire s'il est contenu dans les pensées du rêve de manière positive et négative.
Bon.
Freud a lu avec un grand intérêt les travaux du linguiste Karl Abel qui, dans ses Essais de linguistique (1884), expliquait que la langue des anciens Égyptiens comportaient des mots qui signifiaient à la fois, par exemple, fort et faible, vieux et jeune, etc. Et Freud de poursuivre l'analyse en relevant que, en anglais, avec se dit with et sans without (donc: avec-sans); que le latin donne siccus = sec et succus = suc; que, en allemand, muet se dit stumm, mais la voix se dit aussi Stimme. Voilà pour Freud l'explication de ce “non” qui est sinon à la base du rêve, en tout cas à l'œuvre dans le rêve. Si le langage conscient exprime un contraire dans sa morphologie, dans sa formation lexicographique, alors on ne voit (ni n'entend!) pas pourquoi le rêve ne reproduirait pas ce processus.
Freud en conclut deux choses:
1) Rapport à ce que nous disions un peu plus haut:
On est également tenté de supposer que le sens opposé originaire des mots représente le mécanisme préformé qui est mis à profit par le lapsus par énonciation du contraire au service de tendances variées.
Ça c'est un peu difficile. Ce que veut dire Freud, c'est que le lapsus n'est à son tour qu'une expression, une extériorisation par la parole de ce contraire fixé dans le langage, de ce “non” non seulement présent dans la formation du langage mais consubstantiel à l'activité du rêve.
2) Freud invite les psychiatres et psychanalystes à s'intéresser à la linguistique:
Dans la concordance, que nous avons soulignée d'emblée, entre la particularité du travail du rêve et la pratique des langues les plus anciennes mise au jour par le linguiste [= Karl Abel], nous sommes autorisé à apercevoir une confirmation de notre conception du caractèe régressif et archaïque de l'expression de la pensée dans le rêve. Et à nous psychiatres s'impose comme une présomption impossibleà écarter l'idée que nous comprendrions mieux et que nous traduirions plus aisément la langue du rêve si nous en savions plus sur l'évolution de la langue.



En conclusion, de ce post un peu difficile (et JB espère que ses petits amis lecteurs ont bien compris ce qui l'a passionné et qu'il a essayé d'expliquer), on peut conclure que la linguistique et la psychanalyse confirment deux choses:
• le rêve et le sommeil sont comme les deux faces d'une même pièce et le langage reflète à un moment le travail du rêve (confer les lapsus)
• le rêve et le sommeil réhabilitent, réparent, redonnent de la force - mais ils réparent en refusant, par le “non” dont parle Freud; de la même manière que le langage compose nombre de ses mots par un phénomène antithétique qui repose, donc, sur un contraire, comme si le contraire était à la base du langage de même qu'il est à la base du rêve (confer les lapsus)

Et JB veut conclure ce post quand on sonne à sa porte.
C'est le facteur.
Le facteur qui lui apporte un livre.
Un roman.
Le nouveau roman d'un des auteurs fétiches de JB, celui grâce à qui il a tout appris en termes non seulement de traductologie, mais du travail (dans le sens le plus littéral du terme) de la traduction.
Lars Saabye Christensen.
Et il s'appelle comment le dernier roman de Lars? Je vous le donne en mille, mes petits amis!
Bernhard Hvals forsnakkelser
Ce qui signifie:
Les lapsus de Bernhard Hval
Hval signifiant aussi baleine en norvégien.

Il n'y a pas de hasard.
JB adore ces coïncidences qui émaillent sa vie et qu'il se plaît à relever.

Allez, on se quitte sur la beauté. La beauté par laquelle on avait commencé.
Car en écrivant ce post, on a pensé à cette chanson du groupe norvégien Madrugada, Beauty Proof (1999). Outre qu'on aime beaucoup (et à tous égards) le chanteur Sivert Høyem, qu'on trouve sa voix assez envoûtante et assez peu conforme à son physique (encore ce “non”!!!), il y a dans les paroles ce qu'on a aussi essayé en creux de montrer: "What you've got is what gets me every time / the way you piss on everything real".