Et, hier soir, la skanking band (G & N & F & JB) était au concert des Valkyrians, un groupe finlandais qui forme, avec les Aggrolites, aux yeux et aux oreilles de JB, les deux meilleures formations de ska du moment.
Autant la prestation du premier groupe, berlinois, semblait durer des heures et des heures, autant celle des Valkyrians est passée à toute vitesse, au point que JB s'exclamait à la fin: "Déjà?!"
Un des grands moments était évidemment celui où les Finlandais ont repris 54-46 was my number, deToots and The Maytals, qu'on les voit interpréter ci-dessous en 2008 à Grenade, en Espagne:
Et, parlant de Finlande, cela rappelle à JB ce qui l'avait fait bien ricaner lorsque, le 2 novembre dernier, il apprenait dans la presse que la Finlandaise Sofi Oksanen venait de remporter le Prix Femina. Outre qu'il était ravi pour les éditions Stock avec lesquelles il travaille volontiers et plus encore que volontiers, outre qu'il se réjouissait pour les pays du Nord qu'un roman de leur territoire géographique soit choisi par, comme le veut l'expression, "ces dames du Femina", JB avait quand même éclaté de rire en lisant la dépêche in la Libération:
JB avait adoré cette phrase, "Sofi Oksanen n'a que 32 ans mais…", comme s'il y avait là sinon un reproche en tout cas une mise en doute du succès de l'auteure, sur l'air de: "Mais comment une femme (une femme!) aussi jeune peut remporter non seulement des prix littéraires, mais des prix prestigieux?" — ce que JB lisait aussi comme une intériorisation inconsciente du préjugé très français à l'encontre des jeunes, toujours suspects aux yeux de leurs aînés, quel que soit l'âge de ces derniers.
JB avait également adoré cette autre formule qui réduisait le très fameux Prix du Conseil nordique à un vulgaire "prix régional". Et non content(e) de commettre une bourde, le/la rédacteur/trice s'illustrait par une seconde, monumentale celle-ci, en plaçant Reykjavik, la capitale de l'Islande, en… Finlande. Une approximation qui n'échappait à une lectrice certainement finlandaise vu son pseudo qui à son tour se gaussait:
Et, citant les Valkyrians et les Aggrolites comme les meilleurs groupes de ska actuels, JB a le plaisir de les montrer ensemble, interprétant de concert et en concert le Banana de E.K. Bunch, au festival Tavastia à Helsinki en Islande, øøø, en… Finlande, également en 2008. On regarde:
«Tu l’as vu, toi, qu’il y était!» hurlait-il en frappant dans le vide autour de lui, en pleurant à tel point qu’il n’était plus qu’une effusion de larmes et de morve.
Et, ce faisant, JB s'interroge sur ce mot, larme, dont il n'entend plus soudain que l'image acoustique, le fameux signifiant de Ferdinand (de Saussure), comme si le mot avait perdu son signifié (son sens) et n'était plus que cela: une représentation phonique. Cela nous arrive à tous, parfois, que des mots brusquement résonnent différemment à nos oreilles.
Et, aujourd'hui, le substantif larme résonne différemment aux oreilles de JB, comme s'il l'entendait pour la première fois.
Il va vérifier son étymologie dans le Robert historique de la langue française:
LARME n.f., d'abord lerme, lairme (1050) puis larme, est issu du latin de même sens larcima (-> lacrymal), lacruma (surtout au pluriel), anciennent dacruma, probablement emprunté, d'abord en langue poétique, au grec dakrume “ce qui est pleuré”, de dakruein “pleurer”, lui-même de dakru, nom usuel de larme. Le mot, d'origine indoeuropéenne, a des correspondants en celtique, arménien et germanique et, sans la consonne initiale, en indo-iranien.
Aha, songe JB étonné. Il y aurait donc une racine commune? Une larme commune?
JB va interroger ses copains Mallory et Adams, qui confirment que le terme se retrouve dans huit familles de langues: baltiques, indo-iraniennes, anatoliennes, celtiques, germaniques, latines, tochariennes, ainsi qu'en grec. Ce qui fait 9 avec l'arménien cité par le Robert. Et les linguistes de confirmer l'initiale problématique °d- qui "pourrait être un préfixe ou une mécoupure".
Qu'est-ce qu'une mécoupure, en linguistique?
Appelée aussi métanalyse, c'est une coupure fautive. Un mot apparaît par agglutination ou déglutination de l'article et du substantif qui forment ainsi un nouveau mot, a priori erroné.
• Exemple d'agglutinations en français:
- la dinde était au départ une poule d'Inde (cf. le cochon d'Inde qui, pour sa part, n'est pas devenu un quelconque dindonnet ni dindonnon): poule d'Inde < (poule) dinde < dinde;
- le nounours < un + ours = unours < un nounours (par redoublement hypocoristique - on a vu l'autre jour que cet adjectif signifiait qui porte la marque de l'affection).
• Exemple de déglutination en français, qui est le procédé inverse:
- la griotte que l'on appelait encore agriotte en français classique, dérivé du provençal agriota= cerise aigre et que l'on retrouve dans l'adjectif correspondant français aigre.
Ces phénomènes phonétiques et linguistiques sont en outre très courants en français moderne, notamment dans le langage des enfants qui font une liaison erronée et créent ainsi de nouveaux mots qui passent dans le langage. Ainsi des nenfants = que l'on peut décomposer comme suit : un + enfant < unenfant (si on fait la liaison et qu'on agglutine) = un nenfant, lequel mot prend une valeur péjorative et désigne cette attention béate qu'on a envers les mioches. Idem pour le navion ou le nélephant.
Mais si on clôt cette parenthèse sur la mécoupure et qu'on revient à nos larmes indoeuropéennes, e linguiste Julius Pokorny nous indique en outre que les langues turques (turc, turkème, ouzbèk, azéri, etc.) auraient importé dans leur langue, via les peuples illyriens, nos larmes indoeuropéennes:
Si la plupart des Indo-Européens avaient un terme commun pour désigner les larmes, est-ce que cela signifie qu'ils pleuraient de la même manière? Est-ce qu'on pleure de la même manière? On ne pleure sans doute pas pour les mêmes raisons, mais est-ce que, au fond, on pleure de la même manière?
Que nous dit le TLF sur les usages? Comment pleure-t-on en français?
Voilà: on pleure dans son assiette pour ne pas que les autres voient nos larmes.
Et les larmes françaises, elles, elles sont de quelle nature?
Là encore, le TLF nous renseigne:
Par voie de conséquence, on peut se poser la question suivante:
Les larmes sont-elles bienfaisantes? A fortiori: sont-elles heureuses? N'est-ce pas une antithèse? Le TLF nous indique que non, puisqu'on peut aussi pleurer de bonheur.
Toujours est-il que, évidemment, les larmes représentent un motif à part entière dans la musiques. Que ce soit les bouleversantes Tiny Tears des Tindersticks ou les hilarantes Bitter Tears des Magnetic Fields, qu'elles ne cessent de couler chez Alton Ellis ou que Freddy McKay estime quant à lui que ces "tears won't help you", que Nina Hagen pleure ses Naturträne ou que Bobby Solo nous indique qu'avec sa "lacrima sul viso" il a compris tant de choses, toujours est-il que les larmes coulent et s'écoulent et dégoulinent, si bien qu'on peut finir par affirmer: "Now you can cry me a river" même si, en l'occurrence, il s'agit de larmes de crocodile.
Il est une chanson de reggae dont le titre a connu une certaine fortune et avec laquelle on aimerait clore ce post parce qu'elle est aussi une promesse de réconfort et de mieux-être. Il s'agit de Dry Up You Tears dont le toujours aussi impeaccble site roots archives nous indique qu'elle a été interprétée par les chanteurs/euses suivant(e)s:
Mais toutes ne correspondent pas à la même mélodie. Aussi se contentera-t-on de la belle version de Bruce Ruffin qu'on aime beaucoup pour son orgue Hammond - et on comprend alors pourquoi l'orgue, tant d'années après, est si présent chez les Aggrolites ou les Valkyrians. Car on a vraiment l'impression que nul autre Roger Rivas (le pianiste des Aggrolites) est en train de montrer ses (grands talents):
G und N sind weg und verreist. Mist. Und gut angekommen. Super. Und gut mit den zwei lieben britischen As zusammen. Toll.
Es wurde ja den JB damals gefragt, ob er mitkommen wollte. Lieb. Der JB wäre gerne mitgereist, aber inszwischen ist er ein Epoopa geworden und darf nicht mehr mit luftigen Verkehrsmitteln reisen. Krass. Hypo- oder Automobil gehen. Fahr- oder Feuerstuhl sind prima. Kabinen- oder Tretrollern sind der Hammer. Rad- oder Seifenkiste machen Spass. Eisen- oder Bergbahn bieten auf keinerlei Probleme. Last- oder Segelwagen sind absolut denkbar. Reha- und Autoscooter sind auch eine Option. Droschke oder Dampfer passen genauso. Sowie Dromedar oder Esel, Rischka oder Troika, Tandem oder Traktor. Also alle Fahrzeuge ausser Flugzeuge. Unnett. Und Raumfahrzeuge. Doppelt unnett. Sattelauflieger geht, Flieger geht nicht. Und, naja, der JB, hätte zwar dahin, dort wo G und N sind, laufen können (mit Skate, Schlittschuhen, Ski oder mit seinen Ober- und Unterschenkeln), aber sie wären schon zurückgereist, wenn der JB (in 2011) dort angekommen wäre. Egal.
Auf jeden Fall schickte gestern Abend G eine telefonische Rohrpost, wo es geschrieben wurde: Gerade bei Aggrolites vermisse ich dich besonders. Aber neben mir stehen Beavis und Butthead #2!!!
Hö! Beavis & Butthead… Die bepickelten und luxuriöskopfbehaarten Berlinerbubis und Möchtegernkumpanen, die G und den JB auf Friedrichshainer Nightern und Konzerten verfolgen - und nur in diesem Bezirk, als hätten sie keine Elterns- oder Staatsgenehmigung um die Grenzen des Kiezes zu überschreiten.
Genug mit ihnen.
Dass der JB vermisst wurde, ist schon eine (seeehr) schöne Sache. Aber was sollte der JB sagen? Wenn er fragen darf. Heute Abend ist Nighter im Tommyhaus und G und N sind nicht da? Können Sie bitte wiederholen? Wie? Näh… Unmöglich und unverschämt. Ein Nighter ohne G und N? Der JB bleibt eher zu Hause und strickt einfach seinen sommerlichen sowie winterlichen Badeanzug mit Domestoswolle weiter.
Aber ist er nun wieder doof… F und A kommen doch heute Abend! Pfui… Der JB hatte Glück und sein Abend ist doch gerettet.
Dennoch (ja, ick wees, es gibt immer ein dennoch in dieser erdischen Existenz) gab es gestern Aggrolites, mit G und N (und den lieben britischen As), und der JB war frecherweise abwesend. "Shame and scandal in the family!", wie Peter Tosh (mit The Wailers und The Skatalites) damals in 1965 und Madness 40 Jahre nachher (also in 2005) es sangen.
Shame and scandal - Skatalites - Aggrolites - vermissen - G & N & der JB.
Der Kreis ist geschlossen.
Deshalb hört man diese hinreissende Coverversion (erstmal The Beatles natürlich, dann Marcia Griffiths für die erste Ska/Reggae Adaptierung) von den Aggroliiitesss (Ns Redewendung) und sieht dieses genauso hinreissendes Video der Konzertdurchführung. Man darf auch mitsingen: "Don't let me down!"
Heute mit Countryman Fiddle ("What is it boy? Are you feeling sick?"sondern: "I need more soul with my music / I got to have reggae reggae music") von den Aggroliiitesss (guten Morgen, N!) aufgewacht, das man schon hier gehört hat. Auf der Suche nach einer anderen Version stosse ich aber auf zwei Aufnahmen von ihrem Konzert in Berlin, am 27. April, wo die beste Konzigang physisch präsent war - das heisst: G (guten Morgen, G!), F (guten Morgen, F!), N (nochmals guten Morgen, N!) und der JB. Diese untenstehende Aufnahme zeigt, wie genial der Roger Rivas an seiner Hammondorgel spielt, und sie fängt mit einer Coverversion von Liquidator von Harry J. All Stars an, die man sonst als Original bald hier auf diesem tätowierten und rauchenden Blog nochmals hören wird aber… Überraschung!
Im Sinne des Konzerts möchten wir daran erinnern: Freundschaft!
Und überhaupt: einen wunderschönen guten Tag.
Und so war man wieder unterwegs. Zwar mit einigen linken Chaoten (tja, so ist man (nicht) einfach - und billig, wa?), aber überhaupt mit G und N und F. Und wo, wenn ich fragen darf? Ja, das dürfen Sie. Im Lido. Zu Aggroliiitessss, wie der oh so liiiebe N sagt.
Hier:
Und natürlich würden die Aggrolites wenig, seeehr wenig sein, ohne Roger Rivas, der der am Orgel steht und spielt und uns stehlt und stürzt.
Und natürlich, als sie Countryman Fiddle gespielt haben, haben a-l-l-e mitgesungen: "I got to have reggae reggae music." Und gerade das war tiefes, echtes, gutes Boss Sound!
Und obwohl man am Ende war (wegen des Pferdes) und sitzen musste, dachte man:
Ick will ooch dabei sein: "Make me proud (…) Play it loud."