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mardi 29 mars 2011

"Hellblau, das tragen sie"

Et JB, sur une certaine page bleue, a le dialogue suivant avec un inconnu-qui-lui-offre-des-fleurs et qu'il (JB) aime bien même s'il ne le connaît pas et avec qui il aime en tout cas beaucoup discuter. L'inconnu-qui-lui-offre-des-fleurs en question avait conseillé à JB d'aller voir l'expo de General Idea pendant qu'il était dans la Rance, ce que JB aurait très volontiers fait mais ce pour quoi il n'a pas eu le temps, trop surchargé de travail.

Et voilà le dialogue en question:

8. XXX 29. Mar. 2011 - 18:34
tu es allé voir les expos que je t'ai proposées?
9. Der JB 29. Mar. 2011 - 19:33
non, pas eu le temps du tout.
10. XXX 29. Mar. 2011 - 21:14
dommage
i will do a live reenactment of each artwork for you.
11. Der JB 29. Mar. 2011 - 21:16
i can't wait you doing the miss beauty pageant of general idea…
12. XXX 29. Mar. 2011 - 21:17
Wait until I get up on my hind legs and recreate the poodle pose, while shouting "Shut The Fuck Up!"
13. Der JB 29. Mar. 2011 - 21:20
AH AH AH !!!!!!!
14. XXX 29. Mar. 2011 - 21:22
see what I'll do to meet you?
15. Der JB 29. Mar. 2011 - 21:25
ok, we have to arrange that. and you don't have to do the poodle. we'll just listen to kleenex/lilliput singing about it.

Et voilà la vidéo en question:



Et voilà la série des Kama Sutra Poodles en question:


Et voilà les General Idea en question, eux-mêmes en caniches:



21h50
A y est. JB a retrouvé l'œuvre dont il est question dans le dialogue:

mercredi 15 décembre 2010

schwitzer pounkre not dead!

Und ohne den Grund dafür ganz zu verstehen, wacht der JB auf, indem er sehr schnell Nice von Kleenex LiLiPUT im Kopf hat. Waaarum??? Lass uns erstmal das Lied anhören.



Also. Die Frage lässt sich stets stellen:
Warum hat der JB in seinem Gehirn ausgerechnet dieses 1978 Lied, das er übrigens seit 2009 nicht mehr gehört hat, und ausgerechnet beim Aufwachen?
"Sie können nicht träumen", singt… Regula (so möchte der JB also nicht direkt heissen). Oder: "Sie müssen nicht denken." Hat man hier, mit diesen beiden Sätzen, die Antwort? Aber das Gegenteil ist es ja: der JB träumt und denkt im Moment viel. Na ja… nichts neues weder unter der psychoanalytischen Sonne, noch in dem sozialistischen Palast; und vielleicht gerade deswegen muss der JB die Frauenpunkband aus der Schweiz singen. Denn, wir dieses Kommentar kündigt:


Not dead.

Der JB wünscht alle seinen kleinen guten Freunden einen schønen Tag.

mardi 31 août 2010

L'antonomase et le mouchoir en papier

Et JB traduit le beau passage suivant, extrait du roman à paraître chez Belfond, L'Inondation, de Jonny Halberg:
C’est à cet instant-là que j’ai pris ma décision. Dans mon for intérieur, j’ai décidé de faire ce qui serait en mon pouvoir pour veiller sur Robert lors des années à venir. Et, bien que je ne sois à l’époque âgé que d’une petite vingtaine, je me rendais bien compte de ce que cela impliquait. Ce jour-là, sur la pelouse, lorsque je lui ai donné un Kleenex pour qu’il essuie ses larmes et sa morve, je n’y songeais pas avec la même clarté qu’aujourd’hui – mais je sais désormais qu’une des raisons ayant motivé ma décision tenait à la grande beauté de Robert. Cela n’avait strictement rien à voir avec l'éventualité que j’aime les garçons ou autre chose de ce genre, mais davantage avec le fait que je ne supportais pas l’idée de voir son visage détruit, de le voir se traîner comme une épave avachie avant même d’avoir trente ans. Je refusais que Robert, qui était quelqu’un de bien et avait en lui quelque chose qu’on ne croise pas souvent dans le coin, devienne un loubard de seconde zone, un menteur invétéré et imbibé d’alcool, que personne ne pourrait plus respecter.

Et JB réagit.
Il ne réagit pas à l'ambiguïté sexuelle qui parcourt le passage - à cela, il avait déjà réagi lors de la lecture, qui remonte presque à il y a dix ans; même si évidemment elle ne cesse de l'intriguer comme de le séduire.
Non. Il réagit à ce mot: Kleenex.
Et il réagit doublement.
1) Il se demande si, traduisant ainsi, il ne serait pas en train d'ajouter un élément culturel français dans ce texte si norvégien. Car le Kleenex n'est pas employé stricto sensu en norvégien. Dans cette langue, on parle de mouchoir en papier, tout simplement. Mais d'un autre côté, l'auteur n'utilise pas ce mot, il utilise cette construction étrange, qui n'est autre qu'une synecdoque en rhétorique, et qui lui fait dire, si on traduit littéralement: "un peu de papier". Alors, figure de style pour figure de style, JB va passer de la synecdoque à l'antonomase et utiliser le mot Kleenex. Une antonomase, en rhétorique, c'est l'emploi d'un nom propre pour désigner et signifier un nom commun (JB est le Richard Virenque des nighter).
2) JB constate que, tant en allemand qu'en français et en américain, les marques de mouchoirs en papier sont devenues des noms communs, il y a un phénomène dit de lexicalisation. Ainsi, on dit, donc, Kleenex en français et en américain, et Tempo (la marque allemande) en allemand. Et ça, ça étonne JB. Que précisément la lexicalisation touche les mouchoirs en papier.

Ce phénomène est qualifié en anglais de trademark erosion:


Ou, plus précisément, c'est-à-dire correspondant à la terminologie linguistique française de lexicalisation: genericized trademark - et, dans les deux cas, on s'étonne comme on s'amuse du caractère très pragamtique de la langue anglaise (sans doute aussi une des raisons expliquant qu'elle soit devenue la langue véhiculaire majeure):


Le phénomène de lexicalisation n'est pas nouveau en français.
Certes, on se souvient qu'une poubelle n'est autre que l'objet inventé par le préfet de police de Paris Eugène Poubelle. Mais on a sans doute oublié que les termes silhouette et sandwich correspondent à des personnes ayant réellement existé, de même que mobylette et scotch sont en réalité des marques déposées.
Dans l'édition, les correcteurs veillent au grain, qui veulent éviter que les entreprises n'intentent un procès aux éditeurs pour utilisation prétendument abusive de leur marque. Et si l'on n'en est pas encore à devoir sigler les noms et les adjoindre d'un © ou d'un ®, n'empêche que l'on continue d'écrire: une fermeture Éclair, un Kleenex.
Sans doute ont-ils raison. On se souvient que Kleenex a exigé du groupe de punkettes suisses qui s'étaient baptisées du nom de la marque de devoir trouver une autre dénomination. Elles étaient ainsi devenues LiLiPUT.
Tiens, on va les regarder, d'ailleurs. Elles étaient absolument géniales et par trop méconnues dans la Rance. Elles chantent ci-dessous Nice, et nous sommes transportés en 1978:



Et JB, pensant aux Kleenex, les mouchoirs, pense donc à Kleenex, le groupe, et pense enfin aux Kleenex que Française Hardy évoquait dans des paroles où Serge Gainsbourg faisait rimer l'antonomase avec une seconde antonomase: Pyrex.
Et comme la chanson était tout aussi épatante, on l'écoute aussi:



Et JB, qui aime bien boucler les boucles, cherche une chanson en allemand où il serait question identiquement question de mouchoirs en papier mais qui en appellerait aux Tempo. Las, il ne trouve pas. Néanmoins, par une coïncidence propres aux recherches labyrinthiques de la machine gougueule, il tombe sur la chanson de Ferré interprétée par Dalida en 1971: Avec le temps. Fatalement, JB comprend que sa boucle est ainsi bouclée, mais par pour les raisons ni qu'il imaginait, ni qu'il désirait. Car si le mouchoir en papier clôt effectivement son développement, c'est bel et bien pour l'utilisation qu'on/qu'il peut en faire: s'essuyer les yeux, sécher ses larmes.
De fait, cette chanson déchirante l'est, trouve-t-il, encore davantage quand Dalida la chante - et il apprend entre-temps qu'elle n'a jamais été un succès auprès des fans de Dalida († RIP). Le genre d'interprétation qui donne uniquement envie de se préparer une citronnade à la ciguë, et puis basta. Aussi JB écoute-t-il la chanson avec une extrême modération.
Il va toutefois regarder dans toitube si Avec le temps n'y serait pas.
Elle y est.
Et avec une vidéo, mes petits amis… oh là là là là là là.
JB a fait trois captures d'écran pour vous convaincre, qui correspondent à trois moments de la chanson et donc à trois expressions du visage de Dalida.
Regardez ça, mes petits amis. Si vous voulez voir l'incarnation du désespoir, la voici:


JB répète: Oh là là là là là…
Allez, on va regarder la vidéo. Mais les âmes sensibles peuvent s'abstenir.
JB, pour sa part, court se réfugier sous sa couette avec ses lunettes noires.

lundi 25 janvier 2010

La Suisse (2)

Und heute ein bisschen Musik aus der Schweiz. Wir sind zurück in 1979, in Zürich, die gute Neue Deutsche Welle herrscht noch in Deutschland (und für die, die gute NDW hören wollen, kann man nur den Doppeltsammler empfehlen, Verschwende deine Jugend), und Kleenex triumphiert (egal ob sie es wirklich machen oder nicht), mit Regula Sing (sic - was für einen Vornamen und Namen) hat eine Stime, die zwischen Patty Smith und Gudrun Gut schwankt. Kleenex darf bald wegen der eponymischen Firma nicht mehr so heissen und nennt sich dann LiLiPUT. 30 jahre nachher verbleiben viele Lieder von den Mädels einfach toll: Igel, Nice, Tisko oder Beri-Beri. Aber am besten mag ich, hierunten, Ü. Bitte schön!

Et aujourd'hui un peu de musique en provenance de la Suisse. Nous sommes de retour en 1979, à Zurich, tandis que la bonne NDW retentit toujours en Allemagne (la NDW, ou Neue Deutsche Welle, ou Nouvelle vague allemande, est une musique née vers 1978, dans le sillage du punk anglais, musicalement très inspirée par le punk et qui a la particularité d'être chantée en allemand, alors qu'avant on chantait en anglais - parmi les groupes mythiques on citera: SYPH, Malaria, Neonbabies, Abwärts, Östro 430, Mittagspause, etc. - les plus connus chez nous, DAF et Xmal Deutschland ne se sont jamais considérés comme faisant partie de la NDW).  Et donc, en Suisse, triomphe le girl band de Kleenex qui, empêchée par la firme éponyme, sera obligé de trouver un autre nom, ce sera LiLiPUT. Au chant Regula Sing, avec sa voix à mi-chemin entre celle Patti Smith et Gudrun Gut (de Malaria). Parmi les morceaux impérissables, même 30 ans après, on trouve IgelNiceTisko ou Beri-Beri. Mais ma préférence va à, ci-dessous, Ü.