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lundi 8 novembre 2010

"I'm reaching for that feeling"

Und der JB wacht auf, öffnet ratzfatz den Mac und findet eine elektronische Rohrpost von F:
Et JB se réveille, ouvre prestement son ordimini et trouve un pneu électronique de F:


Et bien sûr que JB connaît Oh, The Divorces!, qu'il a présenté en juin sur ce blog tatoué et fumeur, et précisément d'ailleurs cette version "at home". On se souvient en regardant et en écoutant ici.
Und klar kennt der JB Oh, The Divorces!, das er übrigens im Juni auf diesem rauchenden und tätowierten Blog vorgestellt hat, und sogar in dieser "at home" aufgenommen Version. Wir erinnern uns, indem wir uns das Lied hier anschauen und anhören.

Erstmal denkt der JB: Och, das ist doch ein trauriges Lied um gut besser in die Woche zu kommen. Und dann denkt er: Nein, das ist ein schönes und zwar ein bisschen trauriges aber erstmal tröstendes Lied. Denn Dame Tracey fordert uns darauf in uns reinzuschauen, um genau zu überprüfen, ob es hält. Sie sagt und singt: "And each time I hear who's to part / I examine my heart / See how it stands / Wonder if it's still in safe hands." Sie fordert uns darauf aufzupassen, denn es hält nämlich manchmal nicht, wenn wir nicht sorgfältig genug sind.

JB pense d'abord: Oh, quelle chanson triste pour bien mieux commencer la semaine. Puis, l'instant d'après, il pense: Non, c'est une belle chanson, certes triste mais réconfortant. Car Dame Tracey nous invite à procéder à une petite introspection, afin de vérifier si, en nous, ça tient. Elle dit même: "And each time I hear who's to part / I examine my heart / See how it stands / Wonder if it's still in safe hands." Elle nous invite à la vigilance car, en effet, souvent, ça ne tient pas, ça ne tient plus si on n'est pas assez attentif.

Du coup, pour être sûrs de mieux commencer la semaine, on va écouter de Dame Tracey Hands Up To The Ceiling, une chanson que JB adore parce qu'elle valide un apaisement, une joie de vivre (pas un bonheur, faudrait pas non plus exagérer!), un bien-être à un moment T de l'existence. Et aussi parce qu'elle décrit avec une étonnante justesse un geste. Ce geste qu'on fait tous, quand on est bien et qu'on s'étire parce que justement on est bien: on lève les bras vers le plafond ("up to the ceiling"), on se met sur la pointe des pieds et on soupire quelques secondes parce qu'on se trouve soudain dans un état de quiétude. Et peut-être prend-on aussi conscience de l'importance de cet instant (rare?) et qu'on en profite alors doublement (parce qu'on sait qu'il ne durera pas?).

Um also davon sicher zu sein, besser in die Woche zu kommen, hören wir jetzt von Dame Tracey Hands Up To The Ceiling, ein Lied das der JB liebt, weil es eine Beruhigung bestätigt, ein Wohlsein (nicht ein Glück - übertreiben soll(t)en wir eher nicht!), ein Wohlgefühl in einem bestimmten Augenblick des Lebens. Und auch weil sie eine Geste beschreibt. Eine Bewegung, die wir alle machen, genau wenn es uns gut geht: man reckt sich mit beiden Armen hoch ("up to the ceiling"), man stellt sich auf die Zehenspitze und man seufzt in wenigen Sekunden, denn man befindet sich plötzlich in einem Ruhezustand. Un vielleicht nimmt man auch die Wichtigkeit dieses (seltenen?) Augenblicks wahr, und vielleicht geniesst man es desto mehr (weil man irgendwie weiss, dass es nicht dauern wird bzw. kann?).

 Tracey Thorn - Hands Up To the Ceiling .mp3
Found at bee mp3 search engine

jeudi 29 juillet 2010

Salle de Bal(lhaus) (9)

Grand Canyon

Et JB traduit la phrase suivante:
Sam, qui depuis tout à l’heure n’a pas quitté le seuil de la porte, regarde la photo et ce n’est plus un vallon inquiet qu’il a au-dessus du nez, c’est le Grand Canyon.

Et forcément, JB repense à sa chanteuse chouchou, Tracey Thorn. Oui, il adore Tracey Thorn, il l'a déjà maintes fois expliqué. Et il pense à Tracey car, sur son album de 2007, Out of the Woods, elle avait une chanson intitulée Grand Canyon. Et, quoique techno à fond, cette chanson a toujours plu à JB, peut-être parce qu'elle intervenait à un moment de sa vie où son ami T était en difficultés et que les paroles étaient en totale adéquation avec la situation de T. Bref. Toujours est-il que ces paroles, et ce passage-ci très précisément, lui arrache à chaque fois une petite larme - sans doute parce qu'elles évoquent une certaine solitude fondamentale de l'être humain, puisqu'il est des expériences qu'on ne peut jamais partager, dans lesquelles on est toujours seul: le deuil, la maladie, mais aussi l'amour (aussi surprenant que cela puisse paraître):
Look at this hole inside your heart
No one can ever fill
It's like the Grand Canyon
Look at this gap that's opened up
Between you and the world
It's like the Grand Canyon
Look at this hole inside your heart
It's like the Grand Canyon
The Grand Canyon

Everybody loves you here
You've come home

Et maintenant on écoute Tracey:

vendredi 4 juin 2010

Les intermittences

JB a toujours adoré Tracey Thorn. Eh ouais. La chanteuse d'Everything But The Girl. Sans doute parce qu'il a grandi avec elle. Ou plutôt: sans doute parce qu'il est devenu adulte avec elle, non pas grâce à elle mais en sa compagnie. Il a toujours aimé le timbre et la couleur de sa voix, sa façon de la moduler: elle qui peut monter assez haut dans les aigus sait toujours se retenir, ce qui est un signe d'une grande maturité - ça aussi JB l'a appris. Il a également toujours aimé le regard acéré que Tracey porte sur les relations amoureuses. Il ne connaît pas de chanteuse qui sache aussi précisément mettre des mots (d'une simplicité si identificatoire) sur les intermittences amoureuses, quand on pense qu'on souffre de ça alors que c'est ça qui nous mine, quand on croit que l'autre nous entame alors qu'on se ronge soi-même. Puisque Tracey a elle aussi compris qu'on est toujours son meilleur ennemi, dans l'inconscient comme dans l'amour.

Et Tracey sort donc un nouvel album qui s'appelle, le bien-nommé (confer supra) Love And The Opposite. JB vient juste de le commander. Et il vient de trouver sur toitube un enregistrement fait maison du morceau Oh, The Divorces! On écoute:



Et le fameux Jens dont il est question dans la chanson ne doit être autre que le Suédois Jens Lekman avec qui Tracey avait enregistré en 2008 la reprise d'une chanson des Magnetic Fields, Yeah! Oh Yeah!, à l'occasion des 20 ans de la maison de disques Merge Records qui produit le groupe américain. Celle-là aussi on l'écoute.



Et comme on est généreux, on écoute aussi l'original sur cet album qui devrait figurer dans toutes les discothèques, 69 Love Songs, qui comprend véritablement 69 chansons d'amour et dont on a déjà présenté certaines sur ce blog tatoué et fumeur.
Comme on peut l'entendre, l'original est nettement moins romantique, beaucoup plus râpeux, mais aussi beaucoup plus drôle - puisque c'est aussi une caractéristique des Magnetic Fields: l'absurde de nombreuses paroles.

dimanche 31 janvier 2010

"a hungry yearning burning inside of me"

Réveil. Le soleil brille sur Berlin. Enfin. La neige est blanche, le ciel bleu clair, le soleil éblouissant. Dimanche. Le silence dehors. Ce monde des dimanches, comme suspendu.
Il y a quelques heures encore, je parlais du Night and Day de Virginia Woolf publié en 1919 et de la demoiselle Nat og Dag écrit en 1926 par Karen Blixen dans son conte gothique Le Raz-de-marée de Norderney. Et si le proverbe jamais deux sans trois est juste, et puisque le saut temporel est quasiment égal dans la mesure où on saute presque de 6 ans en 6 ans, alors nous arrivons en 1932 quand Cole Porter compose le morceau Night and Day pour la comédie musicale Gay Divorce (tout est décidément parfait). Et comme une des voix féminines que j'affectionne tout particulièrement n'est autre que Tracey Thorn, nous pouvons dès lors écouter la version qu'elle en livre.

Nous sommes en 1982. Tracey a une petite vingtaine d'années. Elle a chanté dans un girl band intitulé Marine Girls (un des groupes fétiches de… Kurt Cobain!), elle vient de sortir un disque de 8 chansons, A Distant Shore, où elle reprend magnifiquement à la guitare acoustique le Femme Fatale de Nico. Elle vient aussi de rencontrer Ben Watt, qui n'est encore qu'un ami, qu'un étudiant - ils n'ont pas encore fondé Everything But The Girl, ils ne se sont pas encore mariés, ils n'ont pas encore eu d'enfants, Ben Watt n'est pas encore atteint de cette forme rare de leucémie qui est l'inverse du sida mais produit des effets similaires (Ben Watt est alors d'une maigreur cachectique) et qui leur fera écrire en 1996 Missing, chanson qui non seulement les sortira de l'impasse musicale dans laquelle ils étaient plus ou moins acculés mais deviendra le succès que l'on sait et sera, surtout (on l'oublie trop), une chanson identificatoire pour tous les séropositifs et les malades du sida à l'époque.
Et donc, en 1982, ils interprètent Night and Day de Cole Porter. La guitare sèche comme seul instrument du morceau a des sonorités brésiliennes, telle plus tard en 1996 leur reprise du Corcovado d'Antonio Carlos Jobim; l'interprétation a des accents lascifs, alanguis, mais jamais nostalgiques, seulement empreints d'un désir contenu; Tracey module déjà sa voix en en révélant la puissance sans pourtant jamais la laisser prendre le dessus, et au final Ben réserve à l'auditeur une petite surprise…
C'est la chanson idéale pour se réveiller dans ce dimanche silencieux et ensoleillé. Et avec elle on peut chanter ces paroles qu'elle a légèrement modifiées par rapport à l'original: "Night and day / Deep in the hide of me / There's an oh such a hungry yearning burning inside of me / And this torment won't be through / Till you let me spend my life making love to you / Day and night, night and day". Enjoy.

vendredi 22 janvier 2010

The effort

Oj… - this sentence of Dame Thorn that (I thought) I had forgotten:

"(…) and all the effort that it took to get here in the first place,
and all the effort not to let the effort show (…)"

All the effort not to let the effort show.

mercredi 5 novembre 2008

La beauté du jour

Découvert cette nuit, presque par hasard, ce morceau renversant de réconfort, hypnotisant de beauté, interprété par Kristóf Hajós d'une part, le chanteur hongrois des tout aussi hongrois The Unbending Trees, et la décidément impérissable Tracey Thorn. Après la nuit, après J, c'est exactement ce qu'on a envie d'entendre.
(Ok, la vidéo est idiote, mais bon.)


Zufälligerweise letzter Nacht entdeckt, dieses Stück, hypnotisierend von Schönheit und verblüffend von Trost. Nach der Nacht, nach J, ist es genau, was man hören möchte.
(OK, das Video ist doof, aber naja.)




Je cite/Ich zitiere :
"Walk with your both arms wide-spread/
Turning to me"