jeudi 23 septembre 2010

La pasteure et la pastoresse - lesbiennes

Il n'avait pas échappé à JB, d'abord dans sa traduction puis dans son post de tout à l'heure qu'il avait écrit:
une pasteur lesbienne et non une pasteure lesbienne
Cela ne lui avait doublement pas échappé qu'il a traduit il y a quelques années un roman intitulé La pasteure. Avec un E à la fin, donc.
Dans son esprit, au moment T de la traduction du roman d'Ingvar Ambjørnsen, pasteur ne prenait pas de E. Le personnage employant le mot, Elling, qui parle un norvégien et donc un français plutôt recherché aurait tendance à ne pas féminiser, selon JB, la fonction.
Vraiment? JB a-t-il toujours, quelque 6 heures plus tard, la même opinion? On verra ça à la fin.
Juste un mot pour préciser que, JB traduisant des romans norvégiens, les ministres de Dieu dieu [on a déjà dit sur ce blog tatoué et fumeur qu'on employait plus ce mot qu'on remplaçait par Marx - on dit ainsi: Marx merci] sont, dans ce pays luthérien, nommés en français des pasteurs. Le langage religieux est toujours très difficile à traduire en française. Non seulement les catholiques n'ont pas le même vocabulaire que les protestants, mais les calvinistes emploient des mots différents de ceux utilisés par les luthériens. Exemple: les premiers vont au temple, les seconds à l'église.

Mais revenons à notre pasteur/e lesbienne - que l'adjectif se conjugue au féminin ne fait pas de doute (quoique… certains homosexuels masculins se considèrent "identitairement" comme des gouins, masculinisation de la gouine - mais c'est une autre question sur laquelle JB ne va pas s'appesantir ce soir).

Toujours est-il, donc, que même le dictionnaire de Word se rebellait:


Ah! Un pasteur lesbien! Génial! se dit JB in petto. À ce rythme-là, on y va à fond (si JB puit dire) vers le pasteur gouin.
Partant, se gaussant souvent et ici encore des connaissances grammaticales quelque peu fantaisistes dudit dictionnaire, JB, mauvais comme la gale, s'est mis à le tester en ajoutant un E. Sa réponse ne s'est pas fait attendre:


Pour Word, il n'y a pas à tortiller: une femme exerçant la formation de pasteur est forcément pasteur. Bon bon.

JB sait le débat houleux qui avait balayé la Rance lorsque, en 1999, Lionel Jospin, alors Premier ministre, avait décidé de la féminisation des professions et fonctions - fait établi à l'époque au Québec, en Belgique et en Suisse. Quant aux pratiques en usage à Monaco, JB ne sait pas mais récolte bien volontiers des informations détaillées. Que pense Albert Ier de la formation une pasteure lesbienne? Mais là non plus n'est pas la question.

JB fait une recherche succincte sur internénette et tombe sur cette explication on ne peut plus claire:


Ah bon? Les Suisses(ses) disent pastoresse?
Ça alors…
JB fait donc une recherche quantitative sur gougueule.
D'abord, il tombe sur ça mais pense bien qu'il s'est trompé:


Bon, ça suffit, là! Un peu de sérieux sur ce blog tatoué et fumeur, bon sang de bois!

Donc.
En tapotant féminisation + pasteure, il obtient 53 300 réponses.
En tapotant féminisation + pastoresse, il obtient 90 réponses.
En tapotant féminisation + "pasteure", il obtient 49 200 réponses.
En tapotant féminisation + "pastoresse", il obtient 1370 réponses.
En tapotant "pasteure", il obtient 207 réponses.
En tapotant "pastoresse", il obtient 84 réponses.
En tapotant "pasteure lesbienne", il obtient 34 réponses.
En tapotant "pastoresse lesbienne", il obtient:


Crutte de flûte de zut. C'est de la lesbophobie à l'endroit des pastoresses et de toutes les Suissesses! Que fait Act Up-Paris? Que fait la police? Qu'en dit Michèle Alliot-Marie, elle qui veut être appelée Madame LE Ministre (et un temps de l'Intérieur, donc responsable des religieuses)?

Parce que, justement, pourquoi on dirait pas pasteuse, voire pastrice, d'abord?
Y a bien le Pastis…
Aaah, c'est malin, hein…
Tu te crois fin, JB?
Bon bon bon…
On ne peut de toute façon pas dire pasteuse puisqu'il s'agit d'un nom formé avec le suffise -teur. S'il s'agissait du suffixe -eur, là on aurait pu le décliner en -euse. On dit une camionneuse. On dit une lesbienne camionneuse. Mais on ne dit pas une pasteuse lesbienne. Et encore moins une pasteuse camionnesse. C'est comme ça.
Voilà la raison de la blague vaseuse.

Bon.
De fait, les féminisations en -euse sont peu goûtées. Non seulement pour des raisons linguistiques qui sont propres à la langue française, laquelle attache une importance particulière à la sonorité et à l'euphonie (confer les liaisons). Mais surtout pour des raisons sociologiques comme les rapporteuses (et si!) du guide d'aide à la féminisation des professions et fonctions le notaient:


Et JB était ravi de constater qu'on avait fait appel seulement à des femmes pour rédiger le guide en question, et qu'elles avaient toutes féminisé leur titre:


Mais, la joie de JB était aussitôt entamée en voyant, au-dessus d'elles:


En termes de grammaire, quelle est la règle?
Disons qu'il faut s'interroger sur l'existence ou nom d'un verbe qui va donner la profession. Exemples, tirée d'une étude suisse:


Et JB trouve l'expression, même mise entre guillemets, des "trous dans le langage" assez truculente, d'autant venant du pays des fromages à trous… Bref.
Les réglementations françaises disposent, d'abord pour les noms en -eur (et on voit notre chère camionneuse de retour sur son semi):


Quant aux mots en -teur, cela se passe comme suit:


Tout ceci est bel et bon, mais notre fameuse pasteuse, elle, ne provient pas d'un verbe paster - si JB ne s'abuse. Alors, quid?
Eh bien figurez-vous, mes petits amis, que trois femmes autrefois en -teur ont les honneurs de la règle. J'ai nommé: auteur, docteur et… pasteur. Tiens donc!


Et vlan, voilà les Suissesses qui se prennent ça dans la figure par les Françaises! Ouh là… Ça va finir en pugilat avec plein de querelleuses coléreuses!
N'empêche, les Suissesses suivent une règle établie dans la langue latine, ainsi qu'on le lit ici, dans le rapport de la Commission générale de terminologie et de néologie remis à Lionel Jospin en 1998:


Et ce n'est pas tout - et c'est même mieux!
Il y a quelques mois, JB apprenait par hasard que, en ancien français, on féminisait sans problème de conscience les professions quand celles-ci étaient exercées par des femmes. JB avait trouvé l'information qu'il ignorait chez les Québécois, qui se foutaient bien de la cheutron de la Rance (il faut cliquer sur l'image pour bien lire):


Aaah… Ces bon Québécois! JB le serine à longueur de mois: il n'y a pas mieux qu'eux pour: 1) nous expliquer simplement les règles hyper compliquées de la langue française, 2) la moderniser tout en respectant ces codes linguistiques et grammaticaux, 3) trouver des solutions, comme disent les Suisses au sujet de leur propre loi sur la féminisation des professions, "non sexistes".
Et ce sont justement les Québécois qui se sont émus du sort de notre pasteure et de toutes ses petites copines (lesbiennes ou pas) religieuses comme elle. Je cite:


Alors c'est quoi une pastoresse, dans le fond?
Que nous dit le TLF?


Ah oui, voilà: la femme du pasteur. Elle ne peut pas être pasteure. Elle est cantonnée à être une "femme de" tout comme les Drôles de Dames puisque, ainsi que nous le racontait Charly, "on les avait cantonnées dans des travaux bien peu passionnants" - mais ça aussi, c'est une autre histoire (quoique… Sabrina… je voudrais pas dire, mais question lesbianitude, elle en a fait baver plus d'une).


Et donc notre pasteure lesbienne dans le roman d'Ingvar Ambjørnsen?
JB pensait donc initialement qu'Elling, fort de son impeccable français recherché, écrirait pasteur et non pasteure. Mais c'est sans compter la nature d'Elling qui, dans le premier tome de ses histoires publié en français, insistait sur "[s]on atavisme social-démocrate". À quoi s'ajoute qu'Elling est norvégien, scandinave, donc le produit de sociétés où la hiérarchie est horizontale et non verticale comme en France; qu'il est originaire d'un pays où la langue ne connaît quasiment pas le vous de politesse et où l'on dit tu au Premier ministre. En vertu de quoi Elling ne peut évidemment qu'écrire pasteure et non pasteur. Et ce bien que, en français, Elling dira vous. Mais il écrira pasteure.


Allez, on se quitte, comme d'hab', en musique. Et JB doit avouer qu'il s'est creusé les méninges pour savoir ce qu'il allait bien pouvoir trouver. Et il a trouvé. Sœur Sourire, bien sûr. Avec son Domnique nique nique. Car certes elle n'était pas pasteure ni pasteuse mais religieuse et lesbienne et un peu camionneuse sur le retour, comme on le voit ci-dessous, dans une version eurocheese absolument hideuse. Enjoy (ou pas).

Un pédérasse et une pasteur lesbienne

JB va encore une fois chercher ici le ton:


Les Deschiens - Pique-nique


Et JB peut dès lors traduire ainsi, dans ce dialogue où les rôles sont inversés par rapport à la vidéo: l'équivalent français de Kjell Bjarne se retrouve tant chez François Morel que chez Yolande Moreau au niveau de la syntaxe et du registre; l'équivalent français d'Elling se retrouve au niveau chez Olivier Broche au niveau du langage, mais aussi chez François Morel au niveau du ton et de l'intonation et parfois au niveau du vocabulaire (pour ce qui est des expressions ou mots désuets).

— Si tu caftes à Frank, j’te préviens, j’te fais p’us à bouffer! a menacé Kjell Bjarne. Pi j’déménage ailleurs.
— Si tu ne cesses pas tes âneries séance tenante, alors ni toi ni moi n’aurons quoi que soit non seulement à mais pour… bouffer, comme tu dis! Et où veux-tu déménager, hein? avec un compte débiteur de plusieurs milliers de couronnes? Même les auberges de l’Armée du Salut ne voudront pas de toi. Puisque tu ne bois pas. Ça fait longtemps que tu fricotes comme ça dans mon dos?
— Nan. C’est juste que j’arrivais pas à roupiller c’te nuit. J’étais au trente-sixième dessus, tu vois. J’avais trop de conneries dans la tête.
— Juste cette fois? Et réponds franchement, car de toute façon la facture révèlera ton forfait.
— Juste cette fois. Et une aut’ fois aussi.
— Bon… je passe l’éponge, ai-je répondu, tout en mansuétude. Je ne dirai rien. Mais tu me promets, en revanche, de t’ouvrir à Frank de tes fameuses conneries dans ta tête, d’accord?
— M’ouvrir à Frank? Qu’est-ce tu veux dire?
— Il faut, quand tu as peur, que trouves autre chose à faire qu’écouter des cochonneries qui au final nous coûtent bonbon.
— J’avais pas peur. J’étais furax contre ma mater.
— C’est bonnet blanc et blanc bonnet! Les unités sont au même prix que tu sois furieux ou anxieux, je te signale. Tu n’as qu’à appeler la ligne SOS mise en place par l’Église. Je crois même qu’elle est gratuite.
— Ouais, mais… c’est pas pareil dans le genre.
— Oh, va donc savoir! Les choses ont bien changé au sein de l’Église depuis notre confirmation. Si l’on en croit la presse quotidienne, tu risques même d’avoir une pasteur lesbienne au bout du fil. Et si tu lui parles de ta marâtre, il n’est pas exclu que tu parviennes à lui faire pousser quelques gémissements de plaisir!

Galimatias et obscénités

Et, dans la traduction du roman d'Ingvar Ambjørnsen, JB ces mots qu'il adore, tels que salmigondis ou, à l'instant, galimatias. Évidemment, JB s'interroge sur l'étymologie du second mot - mais, avant, remarque la prononciation est particulière. JB aurait tendance à prononcer le S final. Or il se rend compte que celui-ci demeure muet. Et cela bien que le mot soit au singulier: Il va voir dans le Robert qui ne lui donne qu'une prononciation possible: [galimatja]. Le TLF, pour sa part, indique certes dans sa section morphologie une prononciation avec le S muet, confer ici, mais précise que le A final se prononcerait également [-ɑ] ou, comme le décompose le Littré: ga-li-ma-tiâ, donc un A prononcé un peu à la chti, très grave.
Très bien. Tout cela est bel et bon, mais cela ne nous explique pas le S final qui ne se prononce pas. Après tout, on dit un mas. Mais on dit un chas pour l'aiguille. Certainement parce que le premier mot vient du provençal. JB décide de consulter le Grévisse et, comme il s'en doutait un peu, la phonétique historique nous explique les difficultés voire le hiatus [qu'on prononce… [´jatys] avec le S final!!!] entre la prononciation et l'orthographe:

CONSONNES FINALES (OU DEVENUES FINALES)
Tendance générale.
Les consonnes finales en latin ou devenues finales par la disparition de la syllabe finale se sont généralement maintenues en ancien français, puis se sont souvent amuïes [= ne se sont plus prononcées - JB] par la suite. Les exceptions sont nombreuses [comme par hasard! - JB]. En particulier des consonnes qui n'étaient plus que graphiques s'articulent de nouveau dans des monosyllabes, soumis plus que les autres mots à des homophonies gênantes: cric [kʀi], but [by] et même mœurs [mœʀ] par exemples sont concurrencés aujourd'hui par [kʀik], [byt] et [mœʀs].
[…]
S disparaît ordinairement, mais subsiste dans l'écriture, parfois écrit x ou z: ámas > aimes > [εm]; násu(m) > nés > [ne] écrit nez; caballós > chevaus > [ʃvo] écrit chevaux. — Mais óssu(m) > [ɔs] écrit os, etc. — dont, soit dit en passant, ajoute JB, le TLF nous précise que le singulier se prononce [ɔs] mais le pluriel [o]. Pff… Tant d'énigmes à résoudre…

Dans sa superbe anarchie apparente, l'orthographe française s'explique toujours et n'est pas le simple fait d'une absence de logique quand bien même cela peut nous apparaître ainsi, aujourd'hui; et quand bien même certaines raisons dénotent d'une absence de logique mais… s'expliquent par le rapport compliqué et servile avec le latin qu'ont entretenu les codificateurs (qu'ils soient lexicographes, linguistes, grammairiens, académiciens ou imprimeurs) de la langue française tout au long de son histoire écrite, ou plutôt de sa retranscription. Tout cela est évidemment passionnant, et peut-être y reviendra-t-on un jour, mais ce n'est pas l'objet de ce développement.
Puisque nous cherchons à savoir pourquoi galimatias contient un S final qui ne se prononce pas. C'est donc l'origine du mot qui va nous renseigner.

Mais peut-être devrait-on commencer par le commencement et expliquer ce mot appartenant au langage soutenu. Un galimatias, c'est un discours confus, incohérent; "obscur", nous dit aussi le Littré; "qui semble dire quelque chose mais ne signifie rien", précise le TLF; "embrouillé, inintelligible", ajoute le Robert.
Dans son Dictionnaire étymologique de la langue française, abrégé du Dictionnaire étymologique du français (17 000 pages!!!), co-écrit avec Oscar Bloch et considéré comme l'ouvrage de référence en matière d'étymologie du français (et nommé entre spécialistes, s'il vous plaît F.E.W., initiale de son titre allemand), le linguiste et lexicographe suisse Oscar von Wartburg indique d'emblée que nous sommes face à une "étymologie douteuse". Sans pour cela qu'il n'explique le fameux S final. Sans pour cela qu'aucun dictionnaire ne le fasse, d'ailleurs. Et, si c'est la bagarre pour l'origine, tout le monde s'accorde à citer Montaigne comme le premier utilisateur du terme, en 1580, qui parle de "jargon de galimathias". Avec un H, donc. Ce qui donnerait gali-mathias > Mathias. Quelque chose de/pour/avec Mathias? C'est ça? Le Littré répond:


On consulte ensuite le TLF pour avoir la seconde origine du mot qui serait formé effectivement sur un prénom, mais Mathieu et non pas Mathias:
Pour Kahane (in: Byzanz, p. 369), il s'agirait d'une expression humaniste répandue à partir de Byzance dont la base serait le grec κατὰ Ματθαι̃ον «selon Matthieu» et ferait allusion à la généalogie du Christ (Évangile selon Matthieu, I, 1-17) qui était récitée à l'Église sur un ton de monotone psalmodie, d'où le sens de «discours, psalmodie» donné à un type m. lat. °galimateus, d'où viendrait l'occitan galimatias.
Et le Robert historique de la langue française, qui cite également cette étymologie, parle de "psalmodies plus ou moins parodiques", il y aurait donc une idée de moquerie. On continue avec ce dictionnaire et on reste dans la sphère d'une origine d'une langue latine, puisque certains la rattacheraient "au provençal Galimatié, nom d'un pays imaginaire (par altération de Arimathie)." Ou encore "au jargon des étudiants, le latin gallus “coq” désignant au Moyen Âge les étudiants qui participaient aux discussion réglementaires, avec la terminaison grecque -mathia “science” d'où °gallimathia." On peut toutefois douter fortement de cette origine puisque, comme nous l'avons vu plus haut avec le Grévisse, l'orthographe française, pour a priori toute farfelue qu'elle soit, respecte son origine latine. Passe encore la disparition du H, mais certainement pas celle du double L, certainement pas dans un pays comme la France, si fière de son coq qu'elle en a fait son emblème national.

On revient au Littré qui, dans un souci d'exhaustivité, a ajouté à son dictionnaire la proposition suivante, par ailleurs longuement glosée ici:


Le très brillant Pierre Guiraud, enfin, postule pour sa part, indique le Robert historique de la langue française, que "le mot a de toute façon été influencé par galer “s'amuser, se moquer” (-> galant); le galimatias “discours confus” serait un langage de farceur."

Devant tant d'incertitudes, il ne reste qu'à choisir son explication préférée - ce qui est un peu court et un peu lâche, JB l'admet. Et, en tant que traducteur qui emploie le terme galimatias dans un contexte particulier, il va opter pour la toute première explication, celle avancée par le Littré et indiquée par le Robert, imputant son origine au bas latin ballematia et signifiant donc “chansons obscènes”. Pourquoi cette hypothèse nous convient-elle?
Dans la traduction, le terme intervient dans un contexte très précis. Les deux personnages, Kjell Bjarne et Elling, se retrouvent avec une facture de téléphone au montant colossal, après avoir fait un usage immodéré du téléphone rose. Et Elling d'expliquer - et c'est JB qui souligne:
À l’époque où Kjell Bjarne et moi résidions encore au centre de cure de Brøynes, ce service téléphonique très particulier connaissait un essor monumental, et nous avons tous deux succombé à la tentation d’utiliser ses services dès l’instant où nous avons eu notre propre appareil et où nul ne pouvait nous prendre la main dans le sac. Deux types de services étaient proposés, avons-nous découvert. L’un, où vous conversiez avec une femme on ne peut plus vivante; l’autre, plus abordable, où un monologue féminin était enregistré sur une bande magnétique. La première variante était, pour des raisons qui tombent sous le sens, hors de question: nous nous y sommes essayés à plusieurs reprises, avec Kjell Bjarne comme porte-parole, mais ses interventions n’étaient guère émaillées que par des raclements de gorge et des galimatias.

On ne peut pas être davantage dans le contexte érotique, grivois, obscène (tout dépend de ses inclination et jugement personnels du "service" en question…), qu'ici. Le recours, dans la traduction, au terme galimatias semble donc doublement approprié.

Allez, à propos de chanson obscène, on se quitte sur l'éloquent Push It In, des Versatiles, un morceau monumental d'early reggae, datant de 1969, qui donne juste envie de se propulser sur la piste de danse, si ce n'est de faire autre chose…

Presque fier

On ne se réveille plus aux horreurs, le ciel est bleu clair et le soleil gravit lentement l'horizon tandis que les élèves cheminent vers l'école contiguë. On se réveille avec un sentiment de satisfaction plus éprouvé depuis des lustres: on travaille bien, la concentration est là, on adore ce qu'on traduit et les mots viennent tout seuls dans ce texte pourtant pas si évident. Oui, on est content, on est presque heureux, presque fier, et rien que pour ça on commence la journée en écoutant Proud Feeling des Rhythm Rulers, un morceau de skinhead Reggae avec cet orgue Hammond entêtant, qu'on trouve sur l'impeccable Vigerton Two & Other Boss Reggae Instrumentals. Puisque ça aussi, c'est du boss sound pur! Entrez bien dans la journée, comme on dit si joliment en allemand.

mercredi 22 septembre 2010

DDR-Beat (10): Suff

Liebe Genossen und Genossinnen,
Freundschaft!

Neulich in der Zeitung des JBs gab es folgendes Bericht:
Die Sterblichkeit von Alkoholsucht liegt bei Berliner Männern um 85 Prozent und bei Frauen um 66 Prozent über dem Bundesniveau. Dies betrifft 2,2 Frauen und 8,6 Männer pro 100.000 Sterbefällen. Die Rate korreliert stark mit der Sozialstruktur des Wohnorts: In Mitte und Neukölln liegt sie höher, in Steglitz-Zehlendorf und Charlottenburg-Wilmersdorf niedriger. Besonders drastisch Marzahn-Hellersdorf: Hier stiegen 2008 die alkoholbedingten Todesfälle bei Männern um mehr als zwei Drittel.
Sabine Hermann von der Gesundheitsverwaltung sieht die hohen Berliner Zahlen regional begründet. "Im Osten wird mehr getrunken, das war schon zu DDR-Zeiten so."

"Das war schon zu DDR-Zeiten so", sagt Frau Hermann.
Stimmt das, wirklich?
Schon zu BRD-Zeiten gab es Zweifeln. Die obskure Band Floh de Cologne hat damals in 1972 Was ein Kommunist trinken darf, das in einem dekadenten Psych-Rock-Stil interpretiert wurde, die Ambivalenz des Trinkens bei den Bauern & Arbeitern bezeichnete - zwar mit einem republikfeindlichen Blick, desto giftiger, dass die DöDöRrr nicht benannt wurde; und als verdorbene BRD-Keim & Schleim könnten sie natürlich nicht Albanien meinen.



Nein, in der DöDöRrr hat man richtig und parteitreu Oktoberklub gehört und auf Hoch die Gläser gesungen und DANN angestossen:



Gab es andere Lieder von Oktoberklub über den Suff, øøøh… pardon: Alkoholkonsum? Tja… Es gab's eigentlich. Das sogenannte Bierlied von ihnen - leider nicht zu hören, dessen Texte aber tonten: "Was trink ich? Was trinkst du? Was trinken wir? Bier, Bier, Bier!" Grandios! Oder kurios wie dieser Internetter es schreibt:


Naja, das mit dem "nicht wirklich uptempo" macht diesen temporären Internetter zu einem definitiven Interunnetter. Auf jeden Fall war das Lied auf der Platte von 1978 Politkirmes zu finden:


Und hinten sah es so aus - das Lied steht oben rechts und, ja, man muss wohl auf das Bild klicken um diese zauberhaften Zeilen durchlesen und geniessen zu können:


"Die DöDöRrr war ein Spirituosenland", heisst es. In der Tat hat man in der DöDöRrr mehr Spirituosen als in der dummen BRD getrunken. Denn wie der Brecht schon damals in seinem Liebeslied sang: "Man muß schon Schnaps getrunken haben / Eh man vor deinem leibe stand / Sonst schwankt man ob der trunken Gaben / Von schwachen Knien übermannt." Also, Man nimmt bütte schøn 10 Minuten von seiner Zeit um sich dieses tolles Video bis zum Ende anzugucken.


Mahlzeit DDR 4.Kali, Pfeffi, Blauer Würger 4/4 - MyVideo

Es wurde sogar für den Suff, øøøh… pardon (noch wieder! mist und doppeltmist!!). Es wurde also für den Alkoholkonsum geworben. Ja! Werbung! Diese kapitalistische Propaganda. Aber in der DödöRrr war es ja vöööllig anders:
So:


Oder so:


Ja, immer locker sozialistisch saufen, øøøh… pardon (noch wiiieder! mist und doppeltmist und trippelmist!!) Alkohol geniessen.Überhaupt am 1. Mai!
Man fragt sich dann: was gab's in der DöDöRrr, das so toll zu trinken war?
Tja… viiiel!
Es gab Rum Cola:


Es gab Rahdöbärgor aus Sochsn:


Und es gab ü-ber-haupt Pfeffi. Hier als LKW zu bekommen. Einfach toll! Und passt auf jedem Fensterbrett, jedem Tisch. Es dekoriert ein Haus so schøn!


Auf jeden Fall dank des Pfeffis können G & F & N & der JB sehr schöne Zeiten in Nightern haben. Dank Nordbrand Nordhausen, aber überhaupt dank der DöDöRrr. Selbst die heutzutage schlampig an dem Kapitalismus verkaufte Firma gibt es zu:
Der Aufstieg von Nordbrand Nordhausen beginnt nur wenige Jahre nach Ende des 2. Weltkriegs in der ehemaligen DDR. 1948 aus dem Privatbetrieb "Nordhäuser Branntweinwerk, Korn- und Weinbrennerei" hervorgegangen, wurde dem VEB Nordbrand Nordhausen 1953 die "Reichsmonopolverwaltung für Branntwein, Außenstelle Nordhausen" angegliedert.

Na? Und bei wem bedankt man sich? wenn der JB fragen darf…
Denn Pfeffi gehört sowieso zu dem Muss-Trinken. Klar! Es ist übrigens das einzige, dass die DöDöRrr und Frongraisch gemeinsam haben. Also nicht Pfeffi direkt - es heisst dort Get 27, aber immerhin. Einigen sind der Meinung, Pfeffi würde "wie Odol bloss mit Alkohol schmecken". Blödsinn! Sowas von einem reaktionären und republikfeindlichen Quatsch! Nein. Mit Pfeffi kann man viiiel machen. Der JB hat sogar einen DöDöRrr-Rezept von After Eight MIT Pfeffi gefunden. Doch! Auf dieser Seite.


Und nur für seine kleinen lieben Freunde und für die Genossen und Genossinnen ist er froh den Rezept zu entschleiern. Und er freut sich un-heim-lich den so schnell wie möglich mit G & F & N nächstes Mal bei sich zu probieren. Un-be-dingt! Denn lekka muss es selbstverständlich sein:



Heimbrand musste man damals in der DöDöRrr machen. Es waren ja so viele Sachen, die man selbst machen und produzieren sollte. (Man fragt sich nicht warum.) Selbst Honecker hat seinen Heimbrand gebastelt. Doch! Hier mit ein seeehr skeptischen Breschnew. Naja der Erisch konnte nur Spirituosen mit maks 8° trinken!!! So ein Weichei, der Onkel Erisch!


Das Problem mit Pfeffi, worauf die skankige Band (also G & F & N & der JB) sich immer stosst und danach weint einen Tränenfluss, ist nämlich diese traurige Realität, wo Pfeffi nicht im republikfeindlichen Westberlin zu finden ist. Das ist immmmer gnadenlos, wenn KellnerInnen antworten: "Wie bitte was? Pfeffi? Kennichgaaarnich. Hammanich." Man glaubte, man wäre sogar in der DöDöRrr in einem Bananengespräch teleportiert worden - aber nein, man ist wirklich in 2010, redet über Pfeffi, ist aber im Westen, halt. Denn sowas erleben die skankige Band auch:




Liebe Genossen und Genossinnen! Es ist leider Zeit uns zu verabschieden. Und gerade das, apropos Zeit, machen wir mit Frank Walter und seinem So Langsam Wird Es Zeit Für Mich. Denn was singt er in diesem bécaudschen Lied? Das, nämlich, sehr epochal: "Den Sommer seh ich sorglos an, der Herbst kommt und ich denke dann: So langsam wird es Zeit für mich / Rund um die Uhr reicht die Zeit, Angst hab ich nur vor Einsamkeit. Mal kann's zu spät sein, es kann auch zu früh sein, dass man sein Bett teilt und Tisch und Wein." Prost!