lundi 4 avril 2011

Girlie gegen Rechts

Et JB, qui a la méga insomnie du siècle, est réveillé par la pluie vers trois heures du matin. Il se réveille et ne rendort plus. La pluie tombe sur Berlin, il n'y a pas un bruit, c'est la nuit, et il se dit que demain personne n'en saura rien: à en croire la météo d'hier soir, la pluie aura cessé au lever du jour; la ville ne verra que l'humidité déposée et ignorera tout des précipitations et du sommeil impossible.

JB se réveille donc aux horreurs et il se lève avec Girlie dans la tête, qu'il a écoutée toute la journée d'hier, notamment en allant chercher des cigarettes. Il faisait 23°, les gens étaient en short et JB les imitait, il portait son t-shirt Blondi gegen Rechts qui a fait baver tous les redskins et les rudegirlz au nighter de samedi dernier, il avait l'hystérie de Girlie qui lui tapait les tympans, il ricanait comme un tordu tandis que les passants se retournaient sur lui, et donc il y a une heure il se réveille avec Small Change dans la tête:



Pour le reste, c'est le gars de mytrojanspace qui nous explique:


Et de poursuivre: ce que chez nous a été qualifié de dévaluation (le passage des anciens aux nouveaux francs) s'appelle au Royaume Uni la decimalization. C'est aussi le titre, sorti en 1971 et hélas nulle part trouvable, de l'ancêtre de Small Change:


Et là JB est content: car il peut sans doute mettre un visage sur cette Girlie qu'il adore définitivement, même si son identité reste pour l'heure un mystère:


Et c'est sur ce mystère en partie résolu que JB souhaite une belle te bonne journée à ses petits amis.

dimanche 3 avril 2011

Scandal! Aaaaaah!

JB adore ce morceau complètement hystérique (normal, plus c'est hystéro et plus JB est accro), Scandal In A Brixton Market, de 1969, où Laurel Aitken et Girlie finissent par hurler!!! Et ça fait hurler et pisser de rire JB.

samedi 2 avril 2011

"Find another fool like before"

Et, hier, JB dénichait une version par les Clarendonians de You Won't See Me des Beatles. Et il était étonné car: primo il ne l'avait jamais entendue, lui qui pourtant connaît bien la discographie des Jamaïcains; secundo il avait déjà sondé les reprises reggae de ce morceau des Beatles qu'il prend toujours plaisir à écouter sans tomber sur celle-ci. Puis,  par la suite, il s'étonnait de la concomitance (lui qui décidément adore les coïncidences) des paroles de la chanson avec une autre chanson qui brusquement s'imprimait dans son cerveau à l'écoute de la première, et qu'il avait entendue la semaine dernière à la radio, dans la Rance, roulant en voiture avec Der Papa au volant pour aller rendre visite à son mire français — une chanson qui l'avait rendu triste et qui l'a toujours rendu triste sans qu'il comprenne vraiment pourquoi. Et donc, hier, réécoutant l'une et l'autre, il comprenait. JB comprenait d'abord quelles étaient les phrases de la seconde qui le mettaient littéralement à terre:



Les petits amis de JB ont-ils reconnu la chanson en question, qui date des années 80?
Les paroles disent:
So find another fool like before
Coz I ain't gonna live any more believing
Some of the lies while all of the signs are deceiving
JB adore cette phrase avec ses trois allitérations en F — c'est son côté toune quotidienne. Bref.
Car, oui, le morceau en question n'est autre que… que… Eye in The Sky des… des… Alan Parsons Project. Et oui. Et si. Pff… Il faut vraiment être une toune quotidienne pour mettre ça sur le blog tatoué et fumeur. Mais bon.

Alors question:
En quoi ce "find another fool like before" faisait-il écho à You Won't See Me?
Avant de répondre, on écoute la version des Clarendonians:



Scratch scratch scratch, fait le disque pendant que la voix de Freddie McGregor s'étire inlassablement comme un élastique qui va devoir casser. Et, de fait, si on écoute bien, on entend ici et là quelques fausses notes, un timbre qui se brise, une hauteur si aiguë qu'elle finit par être mal placée.

Du coup, on réécoute l'original des Beatles, que chante ici un autre Mc, à savoir Paul McCartney — qui a composé la chanson après la rupture avec Jane Asher. Et cette précision devrait fournir une partie de la réponse à la question que posait JB ci-dessus.

Beatles - 03 You Won't See Me .mp3
Found at bee mp3 search engine

Alors elles disent quoi, ces paroles?
Ça, d'abord:
I have had enough
So act your age
We have lost the time
That was so hard to find
And I will lose my mind
If you won't see me

Deux êtres se quittent. Comme souvent, l'un est amoureux et l'autre pas. Mais ce n'est pas ça qui intéresse JB. Ce qui l'interpelle, c'est le refus. Le refus de la souffrance le refus de l'enchaînement captif, le refus d'être la personne à laquelle consciemment ou pas le second souhaite assigner le premier. Cette privation de la liberté et de l'individualité qu'induit le déséquilibre de la passion. La nécessité de partir pour ne pas partir de soi. L'obligation de se tirer pour s'en tirer. Et donc on part:
I won't want to stay
I don't have much to say
But I can't turn away
And you won't see me
Et donc on dit aussi en partant:
So find another fool like before

Et JB, qui n'est scandinaviste pour rien, a retenu la leçon de vie des Scandinaves pour qui la liberté individuelle est plus importante que tout. Il s'en va — et même si les raisons sont inverses. Il s'en va et il écoute You Won't See Me. Beaucoup. Énormément. Son mange-disques électronique, outre qu'il livre les différentes versions conservées, assure la comptabilité de ces écoutes:


Car de toutes, c'est bien la version d'Ernest Ranglin que JB préfère et adore. Cette guitare ensorcelante et ces voix haut perchées qui de l'original n'ont conservé que la phrase-titre: "You won't see me".



Huit ans après, Ernie Smith livre lui aussi sa version. Soulful ou smooth reggae comme on voudra, mais en tout cas servie par une voix de baryton à la couleur plus qu'intéressante.



Mais cette interprétation par Ernie Smith doit tout à la version de la Canadienne Anne Murray sortie la même année et dont, paraît-il, c'était la préférée de John Lennon. On l'écoute, et on fait bien attention à l'accent d'Anne Murray, qui serait presque australien. De même qu'on ne rate pas les violons dégoulinants complètement raccords avec la toune quotidienne qu'on peut être même en ce samedi.

"Il dit que c'est asiatique"

Et, hier soir, la skanking band (qui se composait de G, de F, de S et de JB — N étant à Las Vegas; tant et si bien que JB s'est étranglé en l'apprenant et lui a dit ses quatre vérités par SMS interposé: "À Las Vegas?! Chez les Ricains!? Tu n'es rien qu'un traître à la cause de la classe ouvrière!") — hier soir, donc, la skanking band se retrouvait au nighter du Tommyhaus et, tout à coup, le DJ met Always Together, de Stephen Cheng, qu'on a déjà pu écouter l'an dernier sur ce blog tatoué et fumeur.



JB est sur la piste de danse et P vient vers lui, qui lui demande: "Mais qu'est-ce que c'est que ça?" Et JB de lui répondre: "Stephen Cheng, Always Together. Mais j'ignore dans quelle langue il chante." P tente un: "Chinois?" Mais JB lui répond qu'on n'entend pas les consonances du chinois, notamment leur manière si particulière de prononcer les [ʃ]. P trouve, comme JB, que la chanson est absolument et définitivement magnifique. Elle ne se démonte pas et file voir le DJ. Elle s'entretient tout un moment avec lui et revient voir JB: "Bon. Il dit que c'est asiatique, mais on n'est guère plus avancé. On n'avait pas besoin de lui pour le deviner!" JB promet de faire des recherches et…

Et voilà le résultat de ses recherches.

En allant pêcher sur toitube le morceau pour le montrer à ses petits amis, il découvre que des paroles existent:


JB, avec tous ses petits amis, peut désormais chanter en chœur et à gorge déployée Always Together. Voilà qui leur fait une belle jambe et les ravit tous autant qu'ils sont.
Ensuite, JB copie/colle le premier vers et le balance dans gougueule. Qui lui propose différentes orthographes. Ainsi, on ne dirait pas a li shan di gu niang, mais a li shan di guniang. Et ça aussi, ça fait une belle jambe à JB. Mais au moins, il apprend que le morceau serait en mandarin:


Quelle que soit l'orthographe (puisque non seulement on dirait guniang et non gu niang, mais on dirait aussi alishan et non a li shan — pff… c'est compliquééé!), JB découvre ensuite très vite qu'il s'agit d'une chanson traditionnelle. Et il trouve également les paroles en mandarin, leur transcription en écriture latine et enfin la traduction en anglais:


Et donc Alishan serait une montagne à… Taïwan. Et le morceau serait une chanson traditionnelle taïwanaise. JB en veut pour preuve le site consacré aux chants folkloriques du monde entier et qui propose des versions midi de ceux-ci en expliquant l'origine etc. La traduction légèrement différente (idem pour l'orthographe) est celle-ci:


Et (JB adooore) il y a sur ce même site une bataille de spécialistes (ou de pet-cialis?!?) sur la langue et l'origine et ci et ça:

The girl belongs to one of the tribes which inhabited Taiwan before the Chinese arrived. They are still there, a minority people of Malay origin, living in the mountainous region of central Taiwan. Mt. Ali is in the Central Mountain Range.
(Ed P.)

The comments above are not quite correct:
In fact, the Malays, and all other Austronesian peoples from Easter Island to Madagascar, and from Hawaii to New Sealand, descend from the Taiwan aborigines; for the mountains of Taiwan are the place where the greatest diversity of Austronesian languages (diverse from other Austronesian languages and from each other) is still found. This leads many anthropologists and liguists to conclude that Taiwan is the original home of the Austronesian language family.
Also, it is a misnomer to speak of Bunun, Tayal, Amis, Paiwan, Taroko, Drukai, Tsou, and the like as belonging to the "Malay" language family. These languages of Upland Taiwan are as different from Malay as Pashtun or Kashmiri are from English or German.
By the way, the name Ali Shan seems to be taken from the word "Alit", which in several Taiwan Indigene languages means "ancestor mountain".
Also, the Siraya, a tribe of Taiwan Indigenes who lived near present-day Tainan and Kaohsiung, were among the first non-European and non-Mideastern peoples to have portions of the Scriptures translated into their language (by Dutch Reformed missionaries between 1627 and 1662). However, due to Chinese settlement and intermarriage, the Siraya language became extinct early in the 20th century.
(Peter H.)

Forts de toutes ces informations, JB et ses petits amis vont à présent écouter une version en mandarin, interprétée par la chanteuse Timi Zhuo et il va de soi que TOUT LE MONDE CHANTE EN CHŒUR!!!



Mais JB n'est pas au bout de ses surprises. Puisqu'il apprend le groupe La Souris Déglinguée a également interprété la chanson. Ou plutôt: les premiers vers, et en concert. On les écoute, on est propulsés en 1989, et le chant traditionnel "taïwanais" ouvre leur morceau hyperconnu Parti de la Jeunesse:



Et JB souhaite une belle et bonnejournée à tous ses petits amis.

vendredi 1 avril 2011

"No matter how many years go by"

Le jour se lève sur Berlin et le ciel est mauve. JB est levé depuis une heure, il s'est déjà mis au travail et, puisqu'il ne cesse d'écouter Dame Doreen depuis plusieurs jours, il se rappelle son interprétation de This Love:



Et, en allant chercher le morceau sur toitube, JB découvre qu'il n'est pas le seul à s'interroger sur l'orthographe du nom de Dame Doreen, tel 2Steppa2 qui nous livre par là même les informations techniques de ce morceau sorti en 1981 et orchestré par les décidément fameux Brentford Road All Stars, rebaptisés entre-temps Brentford Road Disco Set, et produit par l'incontournable Coxsone Dodd.


La version par Dame Doreen est en réalité une reprise d'une chanson sortie en 1965 et interprétée par les filles des Joytones, ici avec des violons dégoulinants qui donneraient presque envie à JB de sortir sa phrase préférée (Amour toujours, amour abat-jour — et ce d'autant plus qu'elles disent: "This love will never die no matter how many years go by"), mais qui ici lui donnent juste envie de s'étirer en songeant à, comme le chantait Anna Karina, "la douceur de vivre". Et c'est là-dessus que JB souhaite une merveilleuse journée à tous ses petits amis.