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dimanche 16 décembre 2012

Nous sommes gay et cool et smart et sexy

Et, tandis qu'à Berlin il fait nuit noire, à Paris, dans la Rance, ça défile pour la reconnaissance du mariage pour tous, de la PMA pour toutes et contre l'homophobie de tout poil et l'obscurantisme notamment religieux.

JB, qui hier regardait les infos dans El Mundo, a vu ce tract reproduit:


Beh! s'est alors écrié JB dans son palais socialiste. Y a une faute! Y a une hénaurme faute d'orthographe!! L'adjectif gay ne prend pas de S!!! On dit: Nous sommes gay.

Du coup, JB s'est dit: "Le doute m'habite." JB s'est dit: "Il faut vérifier." Selon lui, les adjectifs étrangers employés en français ne s'accordent ni en genre ni en nombre et demeurent donc invariables.
Alors?

Alors le Grevisse est formel:
Beaucoup d’adjectifs empruntés tels quels ont tendance à rester invariables, — surtout en genre, notamment quand leur finale se prête assez mal à recevoir la désinence du féminin.

Ah, quand même! a chuchoté JB dans sa barbe inexistante. JB est peut-être nigaud, mais question grammaire et orthographe, il l'est moins.
Toutefois, sachant que le Grevisse n'est pas non plus le parangon de la modernité et a tendance à proposer des réponses de Normand sur les points litigieux et/ou compliqués, à ménager la chèvre et le chou dès qu'il y a contestation, JB a tenté de chercher ailleurs. Il dit bien tenté parce qu'il n'a quasiment rien trouvé.

Il s'est d'abord emparé de son Jouette, sachant pertinemment que les chances de trouver une réponse claire étaient minimes — parfois, le Jouette élude carrément les difficultés, voire se trompe.
Pas loupé. Aucune mention précise dans l'article 7 intitulé "Adjectifs invariables". Ou plutôt si, le paragraphe d) aborde indirectement la question:
Les adjectifs du langage populaire ou argotique (dont la vie est généralement brève).
Pincez-moi, je rêve! s'est exclamé JB dans son palais socialiste.
Depuis quand, JB cite, riquiqui, popote, sado-maso (!), gnangnan, gaga, zinzin ont une "vie (…) brève"?? Mais qu'est-ce que c'est que c'est (oh!!!) ces sornettes?!
Dans la liste non exhaustive, JB en trouvait quelques-uns auxquels il pensait tels que in et sexy. Pour les autres, il fallait se reporter aux entrées respectives. Ainsi, cool et smart sont déclarés invariables. Mais sélect s'accorde. Black et gay figurent mais sans mention d'accord (ni d'exemples) pour l'adjectif.
JB avait prévenu ses petits amis, le Jouette n'est pas fiable.

Du coup, il a cherché sur la toujours impeccable Banque de dépannage linguistique québécoise. Sans se faire d'illusions. Les Québécois étant partisans de la traduction systématique des anglicismes, JB voyait mal comment ils proposeraient d'accorder des adjectifs anglo-saxons adoptés tels quels en français. Et, de fait, rien. Tout au plus a-t-il appris que chic (emprunté à l'allemand) est invariable en genre, mais en nombre:

L’adjectif chic est invariable en genre. Chic a eu autrefois un féminin, chique, mais il est tombé en désuétude. On dira donc aussi bien une femme chic qu’un homme chic.

Exemples :
- Quelle chic fille!
- C’est la rue la plus chic du quartier.
  
Pour ce qui est de l’accord en nombre, l’usage a varié au fil du temps. Au XIXe siècle, chic ne s’accordait pas en nombre, mais depuis l’accord tend à se généraliser. Ainsi, aujourd’hui les lexicographes ne sont pas unanimes : les uns donnent toujours chic comme invariable, les autres comme un adjectif variable.


Ce que confirmait d'ailleurs le TLF:
Prononc. et Orth. : [ʃik]. 1. Ds Ac. 1932. 2. Var. chique. La docum. montre que la graph. chique a eu une certaine vitalité au xixes. a) Comme graph. du subst. masc. : Si vous aviez eu, voyez-vous, un peu de notre «chique », vous l'auriez empêché de courailler (Balzac, La Cousine Bette, 1846, p. 348). b) Comme graph. de l'adj. au fém. : Est-elle jolie ta mère? S'il faut juger sur l'échantillon de ta bouche, elle doit être un peu chique! (Balzac, La Rabouilleuse, 1842, p. 372). Except., on trouve cette graph. au xxes. : Je frissonnais en entendant taxer de « chiques représailles » un bombardement de Karlsruhe (Gide, Journal, 1938, p. 1320).


Sinon, le seul document qu'ait trouvé JB est une étude lexicographique datant de… 1995, par John Humbley et Liselotte Bidermann-Pasques, consacrée à l'utilisation des mots anglais dans la presse, plus précisément dans le dais excellent Libération. Pour ce qui nous concerne, voici leurs résultats:


Ils confirment a priori la règle indiquée par le Grevisse. Mais indiquent que l'usage est plus souple. Que gay, comme dans l'exemple liminaire, s'accorde en nombre peut se comprendre du fait de sa proximité avec gai dont il est par ailleurs l'homophone. À constater que black s'accorde également, faut-il en déduire que les adjectifs qui vont qualifier des traits identitaires de l'individu auront tendance à s'accorder? Mouais… Ou bien parce qu'ils sont passés dans le langage, à l'instar de chic ou sélect, tous deux introduits grosso modo au début du XIXe siècle? Leur présence ancienne dans la langue française faciliterait l'accord? Autrement dit: plus un adjectif est employé dans le langage courant, plus les locuteurs le traitent comme les autres adjectifs.
Objection votre honneur: sexy et cool ont connu la même richesse et, pourtant, ils ne s'accordent pas. Leur importation date respectivement de 1925 et 1952. Et, second bémol, pourquoi jamais d'accord au féminin? Pourquoi les locuteurs accordent très facilement en nombre mais jamais en genre? On demande un ethno-linguistique à la 2!


JB récapitule les accords des adjectifs empruntés en prenant des exemples de la vie quotidienne.
Bien qu'elle ait arrêté tous les buts et soit restée zen, Nadine est sortie du match groggy.
(spéciale dédicace à G!!!)
Raymond, tu as une pince à seins très sexy!
JB n'apprécie pas la musique techno mais adore les sons reggae.
Grâce aux reflets auburn de sa nouvelle teinture, Raoul a séduit Lucien.
(Lequel Lucien était quant à lui très aux burnes de nature.)
Décidément in, Léone se pavanait dans une soirée sado-maso lancée, vêtue d'une cape kaki.
Patrice et Jacky, deux députés gay(s), fréquentaient des charcuteries sélect(es).
Maryse, relax, a pour animal de compagnie Grisette, une chatte mastoc.
Ulrike était très smart avec sa veste en cuir hyper cool.
(re spéciale dédicace à G!!!)
Ces garçons sensibles black(s) n'étaient pas adeptes des poupées vaudou.
Josy et Luce, mes chéries, vous ne faites pas vraiment snob(s) avec votre blouse en nylon carrément out.
La droite n'est pas open et les homophobes sont kapout.


Et voilààà. Babaaaille!

jeudi 14 octobre 2010

Der Küppertag

Wie gesagt war der JB gestern ins Theater um das Stück Dirck Lauckes zu sehen. Seit ein Paar Tagen hat er sich lexikografisch vorbereitet. Es ist nämlich so, dass im letzten Stück Dirck Lauckes, das der JB gesehen hatte, gab es das Wort Fidschi zu hören, d.h., in Für alle reicht das nicht: illegale Einwanderern aus China, die ein Typ, der im tiefen Sachsen wohnt, in einem Container behält, und die fast am Sterben sind.
Der JB wusste natürlich schon was ein Fidschi ist, und dass es ein Wort ist, das in der DDR damals benutzt wurde. Ganz genau:


Der JB möchte aber gerne die Wortherkunft wissen. Er hat in seinem Kluge recherchiert: nichts. In dem Duden, in allerlei etymologischen Internetseiten: nichts, das er schon wusste. Anscheinend fragt sich niemand, ausser der JB, nach der Etymologie des Wortes.
Und gestern, in Bakunin am Rücksitz, war es über keinen Fidschi die Rede, sondern über Assi und Tussi und Fuzzi. Und genauso möchte der JB die Etymologie dieser Worten kennen. Hier ist wieder der Kluge stumm. Also denkt der JB, der ja eine Leidenschaft für Worte hat (naja, er nicht für nichts Literaturübersetzer, obwohl er nicht aus dem Deutschen übersetzt): er käufe sich eher ein Umgangssprachewörterbuch. In diesem Feld sei anscheinend das Wörterbuch der deutschen Umgangssprache von Heinz Küpper die Bibel. Najut, also los.

Ein bisschen später liest der JB seine Zeitung, wo es ein spannendes Interview mit einer gewissenen Beate… Küpper. Aha, denkt der JB, noch ein Küpper; das war ja ein Küppertag! Und was sagt die Leiterin der interdisziplinären Forschungsprojekt "Gruppenbezogene Menschenfeindlichkeit in Deutschland" an der Universität Bielefeld? Das nämlich:

Sie setzen die Situation der Muslime heute mit der Situation der Juden früher gleich?
Natürlich nicht. Aber wir stellen fest, dass die zu Grunde liegenden Ablehnungsstrukturen gegenüber Juden, Homosexuellen oder Frauen relativ ähnlich sind und sich immer wieder reproduzieren. In puncto Rassismus und Antisemitismus sind die Menschen heute sensibler geworden als noch vor wenigen Jahrzehnten. Es ist zum Beispiel eine starke soziale Norm, jemanden nicht nach seiner Hautfarbe zu beurteilen. Wenn es um Stereotype gegenüber Muslimen geht, ist das anders. Da sind derzeit alle Schleusen offen.
Sie sagen: Egal wer der Feind ist - Hauptsache, es gibt einen?
Zumindest ist die Konstruktion dieser Abgrenzungsfunktion ein einfacher Mechanismus, der leider immer wieder funktioniert und auch politisch genutzt wird. Es gibt in der Gesellschaft eine ganze Menge von Minderheiten, die dazu funktionalisiert werden können. Die werden dann bei Bedarf aktiviert. Das muss man natürlich kritisch reflektieren.
Dann reflektieren Sie doch mal kritisch.
Eines fällt ja in der aktuellen Islamdebatte durchaus auf: Gerade erst haben wir eine Wirtschaftskrise hinter uns, die die Gesellschaft auf eine harte Probe gestellt hat, und schon folgt eine Debatte über Muslime. Unsere Studien zeigen, dass sich viele Menschen durch die Krise betroffen und bedroht fühlen. Das hätte dazu führen können, dass die Frage nach der Verantwortung der Eliten gestellt wird. Was macht zu dieser Zeit ein Vorstand der Bundesbank? Er schreibt nicht über Banken und Bänker, sondern präsentiert einen "äußeren Feind", gegen den die Abgrenzungsbereitschaft auch vorher schon hoch war. In diesem Zusammenhang wird sehr deutlich: Die populistische Projektion von "Muslimen" wird hier instrumentalisiert.

Der JB ist erstmal erstaunt sowie erfreut, was Frau Küpper über den Zusammenhang zwischen u.a. Sexismus, Homophobie und Xenophobie sagt, denn er selbst hat nicht später als Sonntag darüber reflektiert. Er finder auch äussert interessant die Ausreden über die Instrumentalisiering und Funktionalisierung der Minderheiten in unseren Gesellchaften. Den Link zwischen der Finanzkrise und die Abgrenzung der Muslime hatte er auch nicht gesehen (obwohl man es genauso in Frankreich hat mit den Romas). Und letztendlich findet der JB die Zufälligkeiten zwischen den Küppers superspannend. Der Heinz Küpper kümmert sich Umgangsprache, d.h. u.a. Designierung und Abgrenzung und Beleidigung; die Beate Küpper kümmert sich Minderheiten, d.h. u.a. Designierung und Abgrenzung und Beleidigung.
Also ein Küppertag.

Und weil der JB ein Assi & Tussi & Fuzzi & Fidschi & Schwuchtel ist (und ganz stolz darauf es zu sein!), spielt er hier auf diesem tätowierten und rauchenden Blog Ya Rayah, ein schönes trauriges Lied über Exil, Aussiedlung, Heimat und Einsamkeit, Traurigkeit, Hoffnung.
Erstmal die originale Version von Dahmane el Harrachi aus der 70er-Jahren (1978?):



Dann die 1993 Version von Rachid Taha (mit Faudel & Cheb Khaled):





Cheb Khaled, Faudel & Rachid Taha - Ya Rayah


Oh, mann, ist das traurig…
Man singt trotzdem mit:
"Aalach qalbek hzine waalach hakdha ki zawali
Matdoum achadda wila tzid taalem ou tabni
Maydoumou layyam walay doum seghrek ou seghri
Ya hlilou meskine li ghab saadou ki zahri"

samedi 9 octobre 2010

Fesche Burschen (mit oder ohne Lola)

Und der JB liest in seiner Zeitung ein Interview mit Klaus Ottomeyer, Professor an der Universität Klagenfurt und Leiter der Abteilung für Sozialpsychologie, Ethnopsychoanalyse und Psychotraumatologie. Wegen seines Buches Jörg Haider — Mythos und Erbe, und des am Montag Todesjubiläum (sic! — und 2 Jahre schon ist es her, freu!) von der Politiker und Anhänger der "verschwitzte[n] Männerbündelei". Zweck des Interviews ist anzuschauen, ob die Situation zwischen Deutschland (mit Sarrablödzin © Friedrich Küppersbusch) und Österreich (also Haider) vergleichbar ist.

Bevor, meine kleinen lieben Freunde, wir uns in das Gespräch vertiefen, möchte der JB euch an ein Paar Sachen erinnern. Denn wir, in Deutschland wie in Frankreich, haben es sicher vergessen. In der Alpenrepublik aber nicht. Die Tränen des Stefan Petzners - der übrigens, erzählt uns Wikipedia laut eines Artikels der dpa, "studierte Publizistik an der Universität Klagenfurt; das Thema seiner bisher unvollendeten [mist und doppelmist!!! — JB] Diplomarbeit ist „Die Macht der Musik am Beispiel Udo Jürgens“":



Rüüührend, wa?
Ey! Ich höre einige hier lachen! Det jeht jar nüsch. Wer hat gelacht? Wer hat gelacht?!? Man darf ja bitte schön jemanden, selbst Jörg Haider, als "der Mann [s]eines Lebens" bezeichnen, obwohl man homophil, øøø, pardon… heterophil ist.

Und apropos lachen. Hier noch eine Erinnerung mit Alfons Haider, alias der österreichischer Schauspieler Michael Niavarini:



Aber zurück zu Klaus Ottomeyer. Frage vom Journalist der TAZ, Ambros Waibel:
“Strache [Heinz Christian Strache, von der FPÖ], du bist mein Sexgott”, jubelte eine Anhängerin jüngst in Wien. Diese Erotisierung, die es ja auch in Bezug auf Haider gab, die funktioniert mit Sarrazin ja nicht, oder?
Nein, attraktiv-erotisch ist Sarrazin nicht.

Verdammt! denkt der JB erst. Oder nich? Naja… Der JB will wieder nicht weitere Dioptrien verlieren - er, der schon nicht viele übrig hatte und die letzten mit seiner Myxomatose verloren hat - und hier auf diesem tätowierten rauchenden Blog Bilder von Sarrablödzin veröffentlichen (sowie übrigens Haider), aber Ottomeyer hat ja recht. Berlin ist arm und sexy und Sarrablödzin ist reich und unsexy - Ende der Geschichte.

Weiter zum Gespräch:
Herrscht in Deutschland nicht auch ein anderes Bild von Männlichkeit vor als in Österreich?
Der Neomachismo ist hier schon sehr virulent, das Bild vom “feschen Burschen”. In Deutschland gibt es mehr Subkulturen. Bei Sarrazin ist die Gemengelage eine ganz andere. Das ist ja ein alter Mann und repräsentiert andere ältere Menschen, die angst haben vor den Jungen, knackigen, männlichen Muslimen — die auf viele Menschen aber auch attraktiv wirken.
Verunsicherte alte Menschen, die virile, junge Männer beneiden? Da sind wir aber mitten bei Freud!
Das ist umgekehrter Ödipus, ja.

T-O-L-L !!! Der JB sagt einfach: T-O-L-L !!!

Das ist toll wegen verschiedenen Ursachen.
Erstens. Die Erotisierung des Männerbildes bei den Faschos. Was sagte nämlich schon damals in 2000 Frau Jelinek, JBs und As Heldin?


Die Geschichte, von den SA bis zu Haider, mit u.a. Michael Kühnen, hat uns gezeigt, wie diese (Homo)Erotisierung immer präsent war/ist, übergezeigt und überbedeutend war/ist - obwohl die Bekennung der Homosexualität nicht ein Muss war/ist, sondern auch ein Spiel.

Zweitens. Diese Fremdenfeindlichkeit - oder Xenophobie, worüber Ottomeyer reflektiert, funktioniert genauso wie Schwulenfeindlichkeit - oder Homophobie. Das heisst, wie der französische Forscher Daniel Welzer-Lang es in 1996 ausdruckte: "Die Angst vor den Anderen in sich" ("La peur de l'autre en soi"). Man erkennt in dem Anderen, was man in sich selbst hat, das man aber in sich weder erkennen oder bekennen will. Von daher die Angst nicht mehr sich selbst zu sein. Von daher die Bedrohung des Anderen gegenüber sich selbst: der Andere, der also gleich wie ich ist, könnte mich auch erkennen und mich bekennen.

Drittens. Von daher auch die Begierde, die Ottomeyer nennt. Der JB hat eine klare Erinnerung von in Paris lebenden Jugendlichen mit nordafrikanischer Herkunft, und wie sie sich sofort den Schritt und die Beule anfassen mussten, als einen oder mehrere Schwulen vorbeilaufen sahen. Nach dem Motto: ich passe auf mein Packet auf, denn ich angst davor habe, angefasst zu werden; aber zugleich macht es mich tierisch an. Noch ein Beweis, dass Fremdenfeindlichkeit und Schwulen- bzw. Lesbenfeindlichkeit sich auf die gleichen Prinzipen und Voraussetzungen bilden: die Sexualität; dieses Spiel und Diskrepanz in der Dichotomie homo/hetero (= gleich/ungleich), das sich bis tief in der Sexualität abspiegelt und dort resoniert.


Was aber auch in diesem Gespräch bei dem JB resonierte war dieses Ausdruck: "Fesche Burschen". Der JB ist ja ein dummer Ausländer und kannte nur Die fesche Lola. Also die von Marlene Dietrich:



… aber auch die von DAF:




Der JB fragt sich dann nach der Etymologie dieses Wortes, fesch. Er nimmt seinen Kluge, blättert, findet:
fesch Adjektiv: “hübsch, flott, modisch”, ostoberdeutsch (19. Jahrhundert).
Aus neuenglisch fashionable (zu neuenglisch fashion “Aufmachung, Mode”, aus altfranzösisch façon “Aufmachung, Machart”) wird zunächst in der Wiener Umgangssprache fashionabel entlehnt. Dies wird zur einsilbigen Wortform gekürzt. Schon etwas früher in Berlin feschen, das sich aber nicht durchgesetzt hat.
Also ein Wort, das man eher in Österreich benutzt? Und, zweitens: wird der Adjektiv benutzt um Frauen sowie Männer zu bezeichnen? Der JB nimmt dann seinen Duden:
fesch
a) (österreichische Umgangssprache) hübsch, flott, sportlich aussehend: ein fescher Mann; das Kleid ist nicht sehr fesch.
b) (österreichisch) nett, freundlich: sei fesch und komm mit!

Also fesch ist auf jeeeden Fall in der Alpenrepublik Alltag und Alltagssprache. Ein Besuch bei kuhgel bestätigt es mühelos.
Aber der JB ist nicht gaaanz sicher mit diesem Dings da, mit den feschen Burschen. Dann kehrt er zurück nach kuhgel und findet. Und wie! Er findet allerlei Musik mit feschen Burschen, unter anderen mit Bläserinstrumenten, øøø, pardon… Blasinstrumenten! (Der JB versteht ja niiie, warum er ausgerechnet diesen Fehler ständig macht, mann ey!). Und bei diesen Bands findet er die Hodenlumpen, øøø, pardon… die Hodalumpn aus Gastein. (ach, mist und doppelmist! Warum denn muss der JB jetzt einen Fehler auf das Wort Hoden machen?!? Tja, man fragt sich wirklich!). Hier ein Paar Stillbilder von den feschen Burschen, denn, ja, sie haben riiiesen Oberschinken, øøø, pardon… Oberschenkeln (verdammt nochmal! Warum macht der JB jetzt einen Fehler auf ausgerechnet dieses Wort???):



Was sagte der Duden, als Beispiel für fesch?
Ja:
Sei fesch und komm mit.
OK. Der JB ist nicht scheu und kommt gerne mit.
Denn, wie schon erwähnt, in Berlin sagen wir: "Be arm, be sexy, be Berlin."
Sagen sie dann in Österreich: "Be fesch, be frech, be Österreich"???

samedi 19 juin 2010

Gay Pride/CSD (4): Schwul im Dancehall?

Am 2.06.2010 in der TAZ, Frau Cooper spricht nochmals:

Sie behaupten auch, dass Dancehall und der Aufstieg von "Slackness" neue Freiräume für Frauen eröffnet haben.
Der schwarze Körper wurde in der Regel als hässlich beschrieben. Dancehall eröffnet Frauen aber einen Raum, in dem sie sich als schön erleben können. Reduziert man Dancehall auf seine "Frauenfeindlichkeit", dann verkennt man, dass Frauen hier sexuelle Macht reklamieren. Tanya Stephens affirmiert zum Beispiel sexuelles Verlangen wenn sie "Me want a man weh have a big ninja bike fi me ride pan" - "Ich will einen Mann mit einem Ninja Bike (Anm. Slang für japanische Motorräder; ), das ich reiten kann" singt. Diese Darstellung von Sexualität greift fundamental-religiöse Vorstellungen an. Ironischerweise unterstützt Dancehall aber genau die gleiche religiöse Vorstellungswelt, wenn dort Homosexualität wie im alten Testament verteufelt wird. Wenn man über Dancehall und Politik redet, muss man über die Machtverteilung zwischen verschiedenen sozialen Gruppen reden. Dancehall bestärkt dabei die Werte einer Arbeiterklasse, die als Außen einer "respektablen" Mittelklasse definiert sind.

Homophobie im Dancehall ist also Ausdruck von Klassenkonflikten?
Nein, in Jamaica ist Homophobie auch unter Reichen verbreitet. Sie kommt aus dem fundamentalistischen Christentum. In der Frage von Homosexualität gehen der Dancehall-DJ und der fundamentalistische Priester konform.

Wem nutzt denn die Homophobie auf Jamaika?
In erster Linie den DJs. Wenn die Performance nicht gut läuft, spielt man einen "battyman tune" und erzielt einen leicht verdienten "Forward!". Aber das wird auch kritisiert. Es werden Forderungen laut, dass Texte aus mehr als der Formel "All battyman fi dead!" bestehen müssen.

Sie schreiben, dass die Mittelklasse ihre Homophobie nicht in Gewaltphantasien ausdrückt.
Ja, jamaikanische Kultur ist als Ganze homophob. Aber diese Homophobie drückt sich unterschiedlich aus. Die Mittelklasse spricht Englisch, die Arbeiterklasse spricht Jamaikanisch. Auf Jamaikanisch werden abstrakte Ideen häufig als Metapher ausgedrückt. Menschen aus der Mittelklasse würden "Ich kann Homosexualität nicht gutheißen" sagen, während man in der Arbeiterklasse den gleichen Gedanken mit gewalttätig klingenden Metaphern ausdrücken würde - "All battyman fi dead". Wenn Buju Banton "Boom By By inna batty bwoy head" singt, verbalisiert er damit Pistolenschüsse. Die nächsten Zeilen "Rude bwoy no promote no nasty man/Dem haffi dead" sind in einer Sprache gehalten, die dem Buch Leviticus ähnelt. Hier werden reale Ängste gegenüber Homosexualität in eine Sprache übersetzt, die es den Menschen erlaubt, diese Ängste zu artikulieren ohne tatsächlich gewalttätig zu werden.

dimanche 13 juin 2010

WM/Mondial (3): Vatican rulez!

Et c'est reparti pour une journée de foot…
Und los geht's wieder für einen Fussballtag…

Heute kämpft Deutschland gegen Australien - und wer gewinnt? fragt man sich ja. Tja, Australien natürlich! Warum? Na… weil sie Amerkanisch-Samoa in 2006 zerschlagen haben mit… mit… 31 zu 0. Aber doch! Ich wiederhole: einunddreissig zu null! Wir werden einen anderen Tag darüber berichten, aber soweit kann man folgendes feststellen: Welche Fussballmannschaft hat, überhaupt, in der ganzen Welt und sogar im All, so ein hervorragendes Ergebnis einkassiert? Keine. Nur Australien hat das geschafft. Also Deutschland: uffpassen! Ihr habt N-U-L-L Chance.
Aujourd'hui, l'Allemagne rencontre l'Australie - et qui va gagner? si on peut se permettre de demander. Hé, l'Australie, pardi! Pourquoi? Mais c'est clair: parce que l'Australie a battu en 2006 les Samoa Américaines par… par… 31 à 0.  Mais siii! Je répète: trente-et-un à zéro. Nous en reparlerons un autre jour mais, à ce stade de notre analyse du match de ce soir, on peut d'ores et déjà poser le postulat suivant: Quelle équipe internationale de football a, dans ce monde et d'ailleurs dans l'espace interstellaire, jamais gagné un match avec une victoire aussi écrasante? Aucune. Seule l'Australie a relevé ce défi. Donc, l'Allemagne, moi je serais vous je ferais moins les fanfarons. Vous avez Z-É-R-O chance.

Aujourd'hui, donc, Dieu merci, du foot. Mais aujourd'hui est aussi une journée particulière puisqu'on est… dimanche. Et que fait-on le dimanche? Mais… on va l'église, bande de mécréants! On prie, on invoque Jésus Christ, on croque une ostie, on attend le retour du Messie! C'est l'ataraxie! Et JB ne fait pas pas autre chose de sa journée que ça: prier pour sa rédemption. Mais JB ne renonce pas à quelque plaisir, aussi s'accorde-t-il, en ce dimanche, une petite distraction en regardant un bon petit jeu de ballon. Mais il pleure toutes larmes de son corps de pécheur, oui, ces mêmes larmes de sang que celles de la Sainte Vierge qu'il est aussi, en constatant que le match de ce soir ne verra pas évoluer sur la pelouse sud-africaine l'équipe nationale du… Vatican.
Heute gibt es also, Gott sei Dank, Fussball. Aber heute ist auch ein besonderer Tag, denn es ist… Sonntag. Und was macht man am Sonntag, ihr Ungläubiger? Naklar… man geht in die Kirche, ihr verdobene Satanssöhne und Töchter! Man betet, man is(s)t fromm und i(s)st Oblaten, man denkt an Jesus Christus und an Jesus Christus in der Juventus oder so. Und der JB macht nichts anderes von seinem ganzen Tag: für seine eigene Versöhnung beten. A-behr: seitdem der JB ja kein Feind der Lustigkeit ist, erlaubt er sich eine winzige Distraktion und schaut sich ein Ballspiel an. Nichtdestotrotz ist er entsetzt und weint alle Tränen seines reuigen Körpers, ja, die gleichen blutigen Tränen wie die von der heiligen Jungfrau die er auch ist, da er feststellt, dass er heute Abend auf der südafrikanischen Wiese nicht diese nationale Mannschaft sehen wird, nämlich die aus dem… Vatikan!

Schande und Skandal!
Honte et scandale!

Scandale car, ainsi que le cardinal Tarcisio Bertone le rappelait en décembre 2009 dernier, dans le cadre d'un entretien ex-clu-sif à l'excelllente chaîne d'informations française KTO: Sa Sainteté le Pape Benoît XVI a "une passion pour le football", ainsi que nous le rappelait le tout aussi excellent site d'informations catholiques, Zenit.
Skandal denn, wie der Kardinal Tarcisio Bertone es in Dezember 2009, im Rahmen einer ex-klu-si-ven Interview an dem hervorrragenden, französischen und katholischen Informationsfernsehkanal KTO, bestätigte: Sein Heiligtum der Papst Benedikt der XVI. hat "eine Leidenschaft für Fussball", wie die genauso hervorrragende und genauso katholische und französische Informationsseite Zenit es für uns enschleiert hat.

Und seitdem der Tarcisio der Nummer Zwo des Vatikans ist, weiss er also Bescheid. Er weiss genauen Bescheid, was der Ratzi mag oder nich. Euch alle, die ich schon lachen höre: Schnauze! Und der Tarcisio ist auch ein Mann von Weisheit. Ich erinnere mich noch vibrierend, fast weinend vor Freude, was er neulich in April über diese entarteten Homosexuellen rischtisch gesagt hat. Hierunten eine Reportage darüber - aber bitte nicht die Kommentare des Journalistens anhören, es sind nur Lüge.
Et comme Tarciso n'est autre que le numéro 2 du Vatican, il est super pote avec Ratzi, et donc il sait bien ce qu'il aime et ce qu'il aime pas, le pape. Donc à vous tous que j'entends ricaner, moi je dis: camembert! Et puis, Tarcisio, c'est un homme qui dit la vérité. Je conserve ce souvenir toujours vivace et vibrant de cette intervention de Tarcisio en avril dernier au sujet de ces dégénérés d'homosexuels. Oui, quand j'y pense, je pleure de bonheur tant Tarcisio avait raison. Regardons un court reportage sur son intervention - mais surtout, n'écoutez pas les commentaires orientés du journaliste qui débite un chapelet de mensonges.



Mais revenons au foot vaticanais.
Aber zurück zu vatikanischen Fussball.

Weil das auch eine Schande und ein Skandal ist. Denn der Vatikan HAT eine Fussballmannschaft. Hier sind die Spieler, niedlich bekleidet von langärmigen Unterhemden und Pluderkurzhosen, die die nationalen vatikanischen Farben herrlich reproduzieren:
Car ça aussi c'est une honte et un scandale. De fait, le Vatican possède aussi son équipe de football. Voici les joueurs, joliment habillés de tricots de peau à manches longues et de shorts bouffants aux splendides couleurs nationales vaticanaises:


Alors on se pose une question taraudante: pourquoi le Vatican n'a-t-il pas le droit de participer aux compétitions internationales de football? Pourquoi la FIFA refuse-t-elle bec et ongles de reconnaître et d'intégrer le Vatican? Sous prétexte que le Vatican n'aurait pas assez de joueurs ayant la nationalité vaticanaise? C'est mesquin, très mesquin. Que fait la police?
Deshalb stellt man sich diese irritierend reizende Frage: warum darf Der Vatikan an den internationalen Fussballmeisterschaften nicht teilnehmen? Warum verweigert die FIFA starrsinnig dem Vatikan ihn zu anerkennen und zu integrieren? Nur weil der Vatikan nicht genügend Fußballspieler mit vatikanischer Staatsangehörigkeit hat? Das war seeehr billig, also! Was macht die Polizei?

Der Vatikan sei wohl der kleinste Staat der Welt, der besitzt eine Fussballliga mit… 16 Mannschaften. Aha! Ihr seid verblüfft, wa, ihr Oblatennasen! Und die Nationalmannschaft, die übrigens aus Schweizergardisten, päpstlichen Räten und Museumswächtern besteht, bekommt ziemlich versprechende Egebnisse. Also nie, N-I-E, hat sie verloren. Wikipédia erzählt uns alles: "Ihr erstes Spiel gegen eine andere Nationalmannschaft fand im Jahr 1994 gegen San Marino statt. Es endete torlos 0:0. Am 23. November 2003 gab es den bisher letzten (Stand: 2006) internationalen Auftritt, als die Mannschaft in Italien ein 0:0 gegen Monaco erspielte." Und nicht nur das: in 2006 spielte der Vatikan gegen die schweizerische Mannschaft von SV Vollmond hat mit 5 zu 1 gewonen! 5 zu 1! Also wenn das nicht ein exzellentes Ergebnis nicht ist, dann weiss ich mir keinen Rat(zinger) mehr…
Le Vatican a beau être le plus petit État du monde, il ne possède pas moins non seulement sa ligue de football mais 16 équipes. Seize! Aha! Ça vous en bouche un coin, hein, bande de moules à osties! Et l'équipe nationale, qui se compose du reste de gardes suisses, de conseillers papaux et de gardiens de musée, obtient des résultats tout à fait encourageants. En tout cas, elle n'a jamais perdu. J-A-M-A-I-S. Le Wikipédia allemand nous informe que sa première rencontre internationale remonte à l'an de grâce 1994 lors duquel le Vatican a été opposé à San Marin et a tiré correctement son épingle du jeu avec un 0-0. Puis, le 23 novembre 2003 en Italie, elle a disputé un match international contre Monaco, avec là encore un résultat final de 0-0. Et non seulement ça, poursuit le Wikipédia français, mais "en 2006, le Vatican a joué un match contre un club suisse, le SV Vollmond. Le Vatican l'a emporté 5-1." Et si ça ce n'est pas une victoire é-cra-sante, alors je veux bien être damné!


Car Sa Sainteté le Pape Benoît XVI n'a eu de cesse de manifester son intérêt pour le football. On en veut pour preuve patente cette réalité: c'est sous son pontificat qu'a vu le jour la Clericus Cup dont s'occupe personnellement, et oui… notre Tarcisio chéri. Et cette Clericus Cup a eu lieu pas plus tard qu'il y a quinze jours! C'est divin! On regarde le succulent reportage ci-dessous du site Internet My Catholic Voice.
Denn sein Heiligtum der Papst Benedikt der XVI. hat stets sein Interesse an Fussball gezeigt. Man weist desbezüglich auf diese offenbare und unmittelbare Wirklichkeit: es ist unter seinem Pontifikat, dass die Clericus Cup zum Tag gebracht worden ist. Und wer kümmert sich darum, wenn ich fragen darf? Genau! Unser Liebling: der Tarcisio. Und dieses Clericus Cup fand gerade vor 14 Tage statt! Göttlich! Man guckt diese köstliche Reportage von der Internetseite My Catholic Voice:




Zum Schluss fragt man sich, was die Öffenltichkeit für die Integration des Vatikans in die FIFA macht. Ja, was macht Franz Beckenbauer dafür? Nichts, soweit ich weiss. Er hat aber kein Elefantgedächtnis, der Lümmel! Wo war er in 2005? Zur Audienz bei Seinem Heiligtum. Da war er froh! Da war glücklich! Und jetzt, in 2010? Er hat den Vatikan völlig vergessen und denkt nur an seine nationale Mannschaft, die heute Abend von Australien einfach weggefegt wird. Tsss… Lass kurz unten diese historische Begegnung hören.
Car enfin, que fait l'opinion publique pour l'intégration du Vatican au sein de la FIFA? Rien. Oui, que fait Franz Beckenbauer? Lui qui, en 2005, avait obtenu une audience auprès de Sa Sainteté alors qu'il (Beckenbauer, pas le pape!) était président du comité d'organisation du Mondial 2006. À cette époque, il se pavanait comme un coq, hein, il faisait le malin, hein. Il m'avait même dit: "C'est un des moments les plus émouvant de ma vie!" Pff… Le suppôt de Satan, le traître àla cause cléricale! Aujourd'hui, en 2010, il a complètement oublié le Vatican! Il ne pense plus qu'à son équipe nationale qui ce soir va se faire aplatir par l'Australie!



Pour toutes ces raisons, le Vatican doit remporter la Coupe du Monde de football 2010. De plus, Jésus était un homme enjoué et gai, donc forcément amateur de ballon rond. On se quitte sur cette vidéo réjouissante le représentant.
Für alle diese Gründe muss ja der Vatikan die WM 2010 gewinnen. Jesus war ausserdem ein fröhlicher und jovialer Mann, von daher war er auch ein Fussballfan. Man nimmt Abschied von ihm mit diesem erfreulichen Video von ihm.




Und nicht vergessen/Et n'oubliez pas:

Vatican rulez!

samedi 30 janvier 2010

Je suis malade-euh

Envoyé par Jérôme, ma sœur, cette vidéo édifiante - non pas pour les dégoulinades de violon, les décolletés pigeonnants, les choucroutes brushinguées, les cous emperlousés et les mines compassées, mais bien pour la synchronisation de l'époque, à savoir circa 1981-1982.
Résumé des épisodes précédents:
Nous sommes dans Dynastie, et ouais, avec notamment la bonasse Krystie (alias Linda Evans), avec l'immense et méchante et mauvaise et machiavélique Alexis (alias Joan Collins), et enfin avec Steven (alias Al Corley) qui fait une révélation à sa famille.
Attention! Le site français gayclic qui a dévoilé le pot aux roses a donc superposé deux extraits: 1) la version originale sous-titrée par eux en français, 2) la version synchronisée de l'époque, lors de sa diffusion dans la (f)Rance. C'est grand.




Question: le(s) traducteur(s) et les producteurs français ont-ils fait une surdose de Serge Lama?

Rappel: À la même époque, en 1982, alors que François Mitterrand et son gouvernement viennent de dépénaliser l'homosexualité, Michel Foucault (†RIP) est interviewé par le magazine gay et lesbien Masques et explique la phrase "Nous devons nous acharner à devenir homosexuels et non pas à découvrir que nous le sommes.":
"Je voulais dire: “Il faut s'acharner à être gay”, se placer dans une dimension où les choix sexuels que l'on fait sont présents et ont leurs effets sur l'ensemble de notre vie. Je voulais dire que ces choix sexuels doivent être en même temps créateurs de vie. Être gay signifie que ces choix se diffusent à travers toute la vie, c'est aussi une certaine manière de refuser les modes de vie proposés, c'est faire du choix sexuel l'opérateur d'un changement d'existence […] Être gay, c'est être en devenir, et […] j'ajouterai qu'il ne faut pas être homosexuel mais s'acharner à être gay."


Illustration: Dans un autre genre, à savoir la littérature pour enfants, et plus particulièrement à propos des romans d'Astrid Lindgren sur son personnage de Fifi Brindacier, l'Allemande Astrid Surmatz, professeur de littérature scandinave à l'université d'Amsterdam, a étudié dans un article passionnant (in: Barnboken, n°1-2, 2007) les libertés prises par certains traducteurs confrontés aux dimensions politiques de l'univers fictionnel de Fifi. Cela concerne trois points dans les romans: 1) l'évocation du nazisme et de Hitler ; 2) la référence à Quisling, l'équivalent de Pétain en Norvège pendant la Seconde Guerre mondiale ; 3) la question du cannibale. J'évoquerai uniquement le premier point en tant qu'illustration de l'adaptation dans l'épisode de la série mis en ligne supra.
L'universitaire montre en effet combien les traducteurs ont été troublés, gênés, empêchés par cette intrusion de la moquerie politique par Astrid Lindgren dans la littérature (et la question que l'on peut se poser est: s'agit-il des traducteurs ou bien des éditeurs? les seconds ayant poussé les premiers à modifier le texte). Par exemple, Fifi doit affronter dans un cirque "Adolf le costaud", l'annonce du combat étant de surcroît prononcée avec un accent allemand. Or les Anglais et Américains ont supprimé cet accent allemand, ou les Français ont (in?)consciemment ignoré le prénom d'Adolf, le renommant Hector dans la traduction de 1962 puis Arthur dans la traduction de 1995.
Ainsi, de la même manière que les traducteurs (et/ou leurs éditeurs) s'opposent à montrer aux lecteurs qu'un personnage identificatoire de roman pour enfants ait une conscience politique et puisse de facto s'insurger contre un dictateur, les traducteurs (et/ou producteurs) s'opposent à montrer aux spectateurs qu'un personnage identificatoire de série télé ait un "choix sexuel" et puisse de facto "refuser les modes de vie [hétérosexuels] proposés" et dise tout haut qu'il est gay. Le traducteur s'érige en censeur, en père la morale, en refuseur de penser en biais (queer en anglais ou skeiv en norvégien signifiant toutes les deux gay, ont aussi le sens de de traviole, pas normal), et gomme la dimension et la conscience politiques du personnage, que celles-ci soient sexuelles ou pas.

lundi 10 novembre 2008

Et pendant ce temps, dans la Rance…

Et pendant qu'à Oslo on peut visiter depuis ce week-end une exposition en plein air sur l'homosexualité, où sont exposées les photos d'enfants de personnes aujourd'hui adultes et homosexuelles, connues ou peu connues, où donc on voit ces enfants comme n'importe quel bambin, pendant ce temps, dans la Rance, ou dans la Frangst, c'est comme on voudra, Gérard Longuet sévit au Sénat. Ou plutôt : a sévi au Sénat. Gérard Longuet, souvenons-nous, a fait ses premières armes politiques dans le groupe Occident, la mouvance d'extrême-droite, ce qui a poussé notre actuel sénateur à rédiger, en 1972, le programme économique du Front National. Mais passons. Nous passons également sur les mises en examen pour lesquelles Gérard Longuet a ensuite été relaxé. Mais nous ne passons pas sur les propos qu'il a tenus cet été, au Sénat, lorsqu'il auditionne, en son titre de Rapporteur spécial de la Commission spéciale des Finances du Sénat, le ministre de l'Éducation Nationale. L'information est révélée aujourd'hui dans le blog d'Alain Piriou qui lui-même le tient de l'association Couleurs gaies. Voyez plutôt, ce que notre sénateur pense de l'homophobie. Si ce n'était la réaction pour le moins gênée de Xavier Darcos, on pourrait presque en rire, puisque Gérard Longuet va juqu'à rire de ses propres billevesées.



Alors, pourquoi associer cela à Oslo?
Dans le reportage de Kulturnytt (que j'égratignais pas plus trad que cette nuit sur autre chose), on voit que cette exposition photo se couple d'un ouvrage destiné aux enseignants afin de pouvoir aborder la question de l'homosexualité à l'école. Comme le rapporte notre cheeer miniiiistre à notre pas cher du tout sénateur, le taux de suicide chez les enfants et adolescents homosexuels est alarmant. La personne qui se trouve derrière le projet norvégien, l'impeccable Bera Ulstein Moseng, a montré à maintes et maintes reprises, dans toutes ses études, à quel point les adolescents homosexuels sont sujets non seulement à la violence tant physique que verbale, mais aussi au suicide. Dans son étude de 2002 sur les jeunes de 14 à 18 ans vivant à Oslo, elle avait confirmé les chiffres que tous les pays rapportent: 25% des jeunes homosexuels ont clairement pensé au suicide. En 2006, elle décide de voir quels sont ces chiffres chez les adolescents de 12 à 14 ans. Même méthodologie: elle interviewe quelque 4200 garçons et autant de filles. Sur ces chiffres, environ 160 personnes se déclarent respectivement lesbienne/bisexuelle, et autant gay/bisexuel. Et ces chiffres font froid dans le dos.
Alors que 8 jeunes filles hétérosexuelles sur 4360 ont pensé à mettre fin à leurs jours, 31 sur 161 jeunes filles homosexuelles (de 12 à 14 ans!) y ont pensé, soit 19%. Chez les garçons, idem: 5 garçons hétérosexuels sur 4327 y ont pensé, alors que 44 garçons homosexuels sur 167 y ont clairement songé, soit 26%.
Et ce n'est pas tout. Voyons les consommations de drogue. Je répète, nous sommes chez des enfants qui ont entre 12 et 14 ans. Le questionnaire leur demande quelles drogues ils ont consommé (à savoir : haschich/marijuana, cachets/médicaments, ecstasy, LSD, héroïne, amphétamines, cocaïne). À la question, "Comment de fois dans les 12 derniers mois as-tu consommé les drogues suivantes", si on regarde à la réponse "plus de 50 fois", on voit par exemple que, rien que pour le haschich, on est à 0,6 chez les filles hétérosexuelles alors qu'on est à 3,7 chez les filles homosexuelles, qu'on est à 1,5 chez les garçons hétérosexuels alors qu'on est à 7,1 chez les garçons homosexuels. Ces chiffres sont à peu de choses près identiques pour TOUTES les drogues.
Qu'est-ce que ça veut dire? Que le manque de confiance en eux qu'éprouvent les jeunes homosexuels les poussent 1) à consommer de la drogue donc à mettre leur santé en danger, 2) à songer au suicide. Nous sommes à l'époque en 2006! En 2006! Dans une capitale! Alors que ce pays s'est doté de tout un arsenal de lois assurant aux homosexuels une protection, des droits. Alors que nous avons des personnes publiques qui ne cachent pas/plus leur homosexualité, alors que l'homosexualité est présente notamment à la télévision, à travers des personnages notamment positifs qui tous peuvent représenter une identification pour ces jeunes. Ces jeunes, j'insiste décidément, ONT ENTRE 12 ET 14 ANS!!! Ils ont entre 12 et 14 ans et environ 22% d'entre eux songent déjà à mettre fin à leurs jours.
Et pendant ce temps Gérard Longuet s'interroge: "Où commence et où s'arrête l'homophobie?" Où? On a presque envie de lui répondre: Mais dans un cercueil en sapin, coco, avec le jeune de 13 ans dedans, qui s'est suicidé à cause de l'homophobie. Et non seulement ça, mais Gérard Longuet va même jusqu'à s'interroger pour savoir si la lutte conte la pédophilie à l'école n'est pas contradictoire avec un exposé des nouvelles formes de sexualité dans cette même école. Et en plus ça le fait rire! Fy faen!

[Senere en oversettelse av dette på norsk…]