Toutes étaient en route pour Los Angeles et toutes étaient des Américaines quotidiennes qui s’illusionnaient en se prenant pour des reines de beauté.
Forcément, il repense à cette réplique de Catherine Deneuve dans Les Demoiselles de Rochefort de Jacques Demy, une phrase devenue culte, du moins dans le bréviaire de JB:
Mais il y avait aussi, puisque la scène ci-dessus (celle de Sara Stridsberg, pas celle de Jacques Demy) se passe dans un bar à putes, la rime suivante:
De fait, question jeux de mots et rimes rocambolesques, le film Les Demoiselles de Rochefort se pose là. Ainsi de la désormais tout aussi fameuse "perm' à Nantes" qui a toujours plu à JB, lui qui avoir son indéfrisable absolument impeccable:
Enfin, la préférée de JB:
Et, comme JB a des côtés toune hyperassumés, il fait profiter ses petits amis de la Chanson de Delphine, qu'il chante lui-même à sa fenêtre tandis que, tout en lissant sa toison capillaire qu'il a blonde comme les blés et comme Catherine Deneuve, il dévore des yeux le chantier où s'affairent des ouvriers évidemment désespérés de leur célibat, sans savoir qu'à quelques mètres derrière eux le languissement réincarné les regarde.
De coup, forcément, JB s'interroge sur ce mot: toune.
Ce substantif que JB, a son grand désespoir, n'arrive pas à retracer, désigne un homosexuel. Souvent affublé de l'épithète grosse, le terme toune, dans son signifiant, fait penser à un gay un peu niais, sans doute crédule, en tout cas qui se fait facilement avoir.
Et donc, JB a eu beau chercher, il n'a rien trouvé dans ses dictionnaires, ni non plus sur internénenette. Ou quasi.
Puisque, en français québécois, le terme est tout à fait non seulement recensé mais usité au… quotidien. Il a toutefois un sens très, mais alors très différent:
Et si les petits amis de JB veulent parler parfaitement québécois, ils utiliseront toune par exemple avec cet autre lexème local: pogner:
Alors sans doute notre toune métropolitaine est-elle déjà dépassée, déjà renvoyée aux oripeaux lexicographiques pour bientôt (?) tomber en obsolescence. Le terme date en effet des années 1990 et Philippe Mangeot la citait dans la revue Vacarme dans un court développement sur la réapproriation de l'injure par certaines minorités:
Il n'empêche: pour JB, la toune a de beaux jours devant elle.
"Oh it's snowing", s'exclame Judge Dread en introït. Et c'est vrai: il neige dans son morceau tout comme il neige et reneige à Berlin - et si ça continue comme ça, la capitale et JB avec elle seront définitivement engloutis sous un étouffoir blanc.
Il y a donc de la neige et c'est bientôt Noël et c'est Judge Dread qu'on écoute en premier dans une série qui se voudra… déboulante?! Et pour cause: Judge Dread avec ses paroles salaces (comme d'hab) nous présente un tout autre Papa Noël que celui, bonasse, de Tino Rossi. Nedit-il pas, ce roi de la blagouille à deux balles: "Oh dear in Dreadland / We know Santa's queer / 'Cause he only comes down the chimney / And only once a year." Et le reste est à l'avenant, JB laisse à ses petits amis le plaisir de découvrir cette perle de 1978:
Et voilà JB qui traduit et adore traduire la voix de ce bon vieux Elling, le personnage névropathe d'Ingvar Ambjørnsen, dont, par un miracle que seule la traduction et la littérature expliquent, il connaît les accents sémantiques et phonétiques sur le bout des doigts et des lèvres.
JB traduit donc - et c'est lui qui souligne:
J’ai véritablement mangé de la vache enragée avant que le téléphone et moi ne devenions les meilleurs amis du monde. Durant toutes les années où maman et moi avons vécu dans une sorte de symbiose tremblotante, c’était elle qui endossait pour deux les frusques du porte-parole lorsque le monde extérieur se manifestait à nous ou devait être contacté par le truchement de l’invention de ce bon vieux Bell.
Et JB sait que:
1) il commet une faute en employant truchement pour une chose. Sauf erreur ou omission de sa part, une action, si elle se fait par le truchement, celui est forcément de quelqu'un et non de quelque chose.
Mais JB :
2) va vérifier son allégation;
3) se demande quelle est l'étymologie de ce mot truchement;
4) trouverait merveilleux si les mots truchement et trucmuche étaient liés, ce dont il doute et qui le fait déjà pleurer une rivière.
Et donc JB se trompait. On dit bien par le truchement de quelque chose.
JB ne voudrait pas paraître cabochard, n'empêche, les premiers sens renvoient à une personne, même si le sémantisme a évolué pour inclure une chose. Mais on voit que ces fameuses choses ont toutes à voir avec le discours, avec la parole, la transmission d'un message. Donc JB est dans le juste en utilisant le téléphone comme agent dans son emploi de l'expression sus-citée.
JB se trompait, donc, mais il se trompait en vertu de la remarque de Hanse qui précise - et c'est encore une fois JB qui souligne: "Si le sens premier de “interprète”, de « personne qui sert d'intermédiaire » a vieilli et que le mot s'emploie surtout dans par le truchement de, “par l'intermédiaire de”, il faut cependant éviter de dire: par le truchement d'un interprète, car une certaine conscience subsiste du sens premier." Le langage garde-t-il un inconscient sémantique? Le langage a-t-il une mémoire de ses sens tombés en obsolescence? La faute que pensait commettre JB en est la preuve, si tant est qu'il/on en doutât (waouh! le super subjonctif imparfait!!!).
Mais JB doute tout de même, il va donc consulter le gardien suprême de la langue française, il a nommé le Littré:
Idem, donc.
Si on s'arrête une seconde (allez, deux) sur les définitions proposées par le Littré, on remarque que, au vu de la deuxième, si on l'applique à la lettre, JB procède, en associant le téléphone à l'expression qui l'intéresse, à une anthropomorphisation de "l'invention de ce bon vieux Bell", comme dit Elling. C'est-à-dire: JB transforme une chose en un être humain. Ce qui, soit dit en passant, est une erreur lexicographique pathologique tout à fait raccord avec les manquements tout aussi pathologiques du personnage.
Mais bon, là, JB coupe un peu les cheveux en quatre.
Et, ainsi donc, un truchement ou, ainsi que l'écrit également le Littré, un trucheman est un interprète. JB est donc une sorte de trucheman. JB sert en tout cas de truchement aux écrivains qu'il traduit, dans leur dialogue imaginaire avec leurs lecteurs français. JB imagine tout à fait la scène:
Il n'a plus de travail. Il se présente à l'ANPE. L'agent(e): "Quel métier exercez-vous?" JB: "Truchement. Mais vous n'avez qu'à noter trucheman. T-R-U-C-H-E-M-A-N." Là, c'est direction Saint-Anne sans repasser par la case départ et sans gagner vingt mille francs!
Ce qui nous amène à:
3) L'étymologie
Et c'est évidemment le Robert historique de la langue française qui nous renseigne:
TRUCHEMENT n.m. est une forme refaite (début XVe siècle), précédée par trucheman (fin XIVe siècle), de drugement (fin XIIe siècle), mot emprunté à l'arabe targumen “traducteur” au moment des croisades. Ce dernier, emprunté lui-même à l'araméen d'origine akhadienne tragumannu, est passé en grec byzantin (dragoumanos) puis en italien (dragomanno) et a donné par ailleurs drogeman (début XIIe siècle), droguement (1213) puis drogman; ce mot sorti d'usage a longtemps désigné un interprète travaillant dans les pays du Levant.
◊ Les formes désignent l'interprète dans un pays du Levant puis en général, sens archaïque depuis que l'on emploie interprète. ◊ Par figure, truchement désigne une personne qui exprime la pensée d'une autre, un porte-parole, dans quelques constructions: être le truchement de, servir de truchement à (qqun). Depuis le XVIe siècle, le mot a pris le sens figuré d'“interprète (des sentiments)” en parlant des signes extérieures; cette valeur est usuelle aux XVIIe-XVIIIe siècles puis devient archaïque. Enfin, la valeur abstraite d'“entremise, intermédiaire” est réalisée (XXe siècle) dans quelques emplois comme par le truchement de (qqun, qqch).
Donc, oui, décidément, JB est un truchement, un trucheman. Il est même trucheman littéraire de profession. Ça ça enbouche un certain coin, hein…
Du coup, il va vérifier si: 4) truchement et trucmuche sont cousins.
Et, oui, décidément encore une fois, JB se trompe et peut dès lors pleurer une rivière.
Mais pour avoir de bonnes raisons de pleurer, JB va d'abord consulter le Dictionnaire des argots de Gaston Esnault (1965). Lequel lui indique que trucmuche signifie "chose en question", est formé sur le substantif truc et est apparu vers 1914.
Puis JB revient au Robert historique de la langue française qu'il va citer en police trébuchet et dont il émaillera les sens en police courier avec ceux indiqués par Gaston Esnault. À son sujet, quand une profession ou un groupe sont indiqués entre parenthèses, c'est que le mot est employé par l'argot en usage chez ces gens.
Le mot a été emprunté une première fois au XIIIe siècle pour désigner un coup d'adresse, une ruse, puis employé au XVe siècle pour “stratagème” dans la locution argotique faire le trucq.
2) Activité dont il vaut mieux taire le nom: Le truc que je maquille (1829). Le grand truc = l'assassinat (1835). Faire le truc, se livrer à la prostitution (prostituées, 1876), pratiquer le vol (1886). 3) Coup perpétré, meurtre ou méfait. Morfiller [avouer] un truc (1850). Se filer les trucs sur les endosses, en prendre la responsabilité (voyous, 1880).
Il est repris pour désigner (1789) un moyen adroit de se tirer d'affaire, un artifice, valeur aujourd'hui usuelle, et spécialement (1800) un savoir-faire dans un métier (1832, avoir le truc), puis (1803) au théâtre un moyen mécanique servant à mouvoir les décors et à susciter une illusion, acception développée avec le cinéma qui se définit dès l'origine, en France, à la fois comme un art de la réalité (Lumière, Pathé) et de l'illusion par le truc (Méliès). Le mot désigne aussi un procédé plus ou moins caché dans une technique, un métier, un tour d'adresse (1867).
1) Moyen, procédé caché. (…) Pièce à trucs, pièce exigeant des changements de décors à l'aide de “machines” (théâtre, 1849).
À partir de la fin du XIXe siècle, truc fait partie des désignations d'une chose ou d'une personne qu'on ne veut pas nommer (1886) [confer machin, chose, récemment bidule], parfois renforcé en truc-machin, truc-bidule…
4) Par imprécision commode ou euphémique, chose, “machin”: local (troupiers, 1886), menstrues (prostituées, 1898); revolver (voyous, 1926); — idée, problème Piger le truc (lycéens, 1884); — travail, occupation (troupiers, 1895).
Ce qui est passionnant, dans ce rapprochement entre le truchement et le truc(muche), c'est que l'un comme l'autre expriment et verbalisent, même si a priori ils le font à l'inverse l'un de l'autre. Le premier verbalise un mot qui resterait sinon incompréhensible. Le second verbalise un mot que l'on veut voir rester incompréhensible.Le premier montre, le second cache. Et nous savons depuis Foucault puis avec la théorie queer que c'est deux procédés aboutissent au même résultat. Que l'on cache ou que l'on montre, on exprime. Il y a dans les deux cas, et que ce soit par le geste ou la parole, une action performative, qui tend de toute façon à exprimer quelque chose, quelle que soit cette chose et quelle que soit la façon dont on veut l'exprimer.
Mais la boucle entre le truchement et le truc(muche), donc entre le traducteur et le taiseur qui tous deux verbalisent à leur corps défendant ou pas - cette boucle ne saurait être parfaitement bouclée sans se pencher sur l'étymologie du mot truc. On commence avec le Robert historique de la langue française:
TRUC n.m. est emprunté vers 1220 à l'ancien provençal truc, dérivé du verbe trucar “cogner, heurter contre”. Celui-ci est issu d'un latin populaire °trudicare, dérivé du latin classique trudere “pousser avec force, violence”, dit également des plantes et des bourgeons qui poussent (confer -> intrus). C'est un mot du vocabulaire indoeuropéen occidental, à rapprocher du vieux slave trudu “peine, souci” (russe trud “labeur, besogne”), d'un verbe gotique signifiant “donner de la peine, du mal, du souci (à qqun)."
Ça alors! Mais c'est une mine, mes petits amis!
C'est une mine parce que cela veut dire:
1) il y a bel et bien une évolution diachronique dans le(s) sémanstisme(s) du mot truc, et ce dès le départ;
2) il y a bel et bien, comme JB le soutenait plus haut, un inconscient sémantique dans le langage.
Pour asseoir sa petite thoérie, JB va chercher l'étymon indoeuropéen à partir duquel les différents termes ont été créés dans les langues respectives. Et cet étymon, c'est °tr-eu-d-:
Reprenons.
a) Le coup.
La troisième définition en argot du mot truc (“coup, meurtre”), qui date de la seconde moitié du XIXe siècle, est non seulement le sens exact qu'avait le terme en ancien provençal, alors que l'emprunt date de 1220. 650 ans séparent les deux termes et le sens est identique! Sapristi! Et non seulement ça, mais c'est le sens identiquement exact du verbe indoeuropéen °tr-eu-d-. Lequel, on le note juste pour l'anecdote, a donné en albanais treth qui signifie… “castrer”!!! Cela a également donné le verbe thrysta qui signifiait “appuyer” en ancien anglais, lequel a donné l'actuel thrust = appuyer/pousser brusquement.
b) Le tourment.
Le sens de tourment se retrouve dans une majorité de langues, qu'elles soient slaves, celtiques ou germaniques. On le retrouve notamment dans l'anglais threaten = menacer. Même le latin a uniquement fixé dans sa langue le sémantisme de la pression, de la poussée, il y a dans le sens récent en français du mot truc, donc cette chose que l'on ne veut/peut pas nommer directement, la même idée: si on la nomme, si on la montre, on risque de s'exposer à des ennuis, des tourments. Donc on emploie un terme détourné qui pousse le terme exact dans le non-dit, dans une espèce de non-existence, ou une existence détournée et dont le sens demeure tout de même appuyé.
Par là même, la traduction (le truchement) devient un truc:
1) Quand on traduit, on pousse le sens de certains mots, que ce soit dans une direction en l'exagérant (et on fait de la sutraduction) ou dans une autre en l'atténuant (et on fait de la sous-traduction). Dans les deux cas, on truque d'une certaine manière, on emploie un truc et on nomme autrement.
2) Le traducteur est un truqueur dans la mesure où il utilise des artifices, comme au théâtre, pour dissimuler certaines modifications (les jeux de mots), pour éviter les notes en bas de page (certains mots rajoutés dans la narration). Mais la traduction est aussi un truc dans le sens queer du discours performatif puisque, parfois, le traducteur tait certains détails, il ne les nomme pas, ne les traduit pas, mais, ailleurs, en traduit d'autres ou les traduit autrement ou en ajoute.
3) La traduction est un truc, un °tr-eu-d-, un trud, un tourment: le/la traducteur/trice se voit dans l'obligation d'obvier, de modifier légèrement le sens (confer supra), et, conformément au devoir de fidélité qui l'incombe, est plongé(e) dans des abîmes de perplexité et de tourments parce qu'il/elle ne respecte(rait) pas le sens exact.
JB est vraiment aux anges!
JB trouve qu'il a eu entièrement raison de "perdre" deux heures à enquêter et réfléchir pour arriver à ces conclusions-là, surtout un mardi où il a son entretien hebdomadaire.
Alors, comme JB adore les cohérences, comme JB adore boucler les boucles (il le serine sur tous les tons), comme il a commencé la journée sur ce blog tatoué et fumeur avec Sound Dimension, il va continuer avec eux et leur morceau The Thing, qui est aussi une traduction de truc. On écoute (et on regarde parce qu'on y voit plein plein plein de skinboys et skingirls):
On doit traduire cette phrase (et c'est JB qui souligne):
(…) og så var det noe anna, et drag som jeg ville slippe å se.
Et le mot problématique, c'est drag.
Il est ici question du regard. Comme quoi il y a "autre chose" dans les yeux: et drag.
JB comprend tout de suite: Ce que veut dire, l'auteur, c'est qu'il y a une expression dans le regard de la femme en face de lui que le personnage principal ne veut surtout pas voir. Or, à la connaissance de JB, on n'utilise pas et drag pour le regard. On l'utilise certes pour le visage, mais pas pour les yeux où, dans ce cas-là, on dirait plutôt uttrykk. Et drag, c'est le fait de tirer. Par exemple quand une tire sur sa cigarette: une bouffée. Ou quand on boit un verre d'un trait: i et drag. Ou encore quand le visage prend soudain une expression particulière et on pourra alors parler d'ombre:l'ombre de quelque chose.
Mais JB pense aussi que, la traduction c'est comme l'inconscient: on est son meilleur ennemi, on n'est jamais tout à fait sûr dès qu'un doute apparaît.
Il va vérifier sur ordnett. Et qu'est-ce qu'il trouve pour la traduction française?
Oui, comme quoi il ne faut jamais faire entièrement confiance aux dictionnaires de langues.
JB va vérifier dans le dictionnaire norvégien monolingue:
Voilà. Nous, c'est le sens #5 qui nous intéresse et c'est bien ce qui figure: ansiktsuttrykk. Donc: expression (= uttrykk) du (= avec le S qui marque le génitif saxon) visage (= ansikt). Puisque, et JB l'a appris hier soir dans son lit, avant de s'endormir, une des caractéristiques des langues germaniques c'est la formation de noms composés où c'est toujours le terme de droite qui détermine l'ordre du sens. C'est toujours le mot de droite qui est le sujet du groupe nominal, l'agent. Si le mot était le visage de l'expression, l'équivalent en norvégien serait alors: uttrykksansikt. Vous comprenez, mes petits amis?
Quoi qu'il en soit, JB ne se trompait pas.
Néanmoins: Que faire? (Disait Lénine.) Traduire par un trait dans les yeux/dans le regard? Nan… Ça se dit pas en français, voyons! Et puis, le mot s'emploie toujours au pluriel en français, pour qualifier le visage. Ou bien JB se tromperait-il? Qu'en dit le TLF ?
Voilà. C'est bien précisé: "Généralement au pluriel." + "Ligne caractéristique du visage."
Bon, alors et décidément: que faire?
Les deux questions qu'il faut se poser sont les suivantes:
1) Qui parle mal? L'auteur ou le personnage?
2) Est-ce qu'on laisse la petite erreur? Ou est-ce qu'on la corrige?
Ce pourrait être le personnage, un agriculteur assez rustaud qui parle un norvégien du sud-est, plutôt relâché, pas recherché, brut, sans beaucoup d'images poétiques voulues par l'auteur. De plus, l'écriture du roman, qui voit l'auteur recourir à un bokmål (= une des deux langues écrites norvégiennes) qu'on qualifierait selon la terminologie en vigueur de libéral (par exemple: le personnage ne conjugue jamais les verbes faibles au prétérit avec ET à la fin mais en lui substituant le A propre au bokmål libéral: kostet (coûtait) < kosta; elsket (aimait) < elska), cette écriture, donc, peut faire penser que c'est le personnage plus que le romancier qui n'a pas utilisé le mot juste.
Pour l'histoire: les Norvégiens parlent en fait leur dialecte. Et ils écrivent dans deux langues: le bokmål (utilisé par environ 75 à 80% de la population) et le néo-norvégien (utilisé par environ quant à lui 15 à 20% de la population). Mais ces deux langues écrites connaissaient à leur tour des variations, tout à fait tolérées, qui sont le reflet de l'emploi à l'oral des dialectes. Aussi, quand on lit un roman norvégien, on sait immédiatement si le personnage vient de l'ouest (néo-norvégien) ou de l'est (bokmål); de quelle classe sociale il est issu. Tout cela se perd évidemment en français dont la langue écrite est normalisée et standardisée (tout comme l'allemand, le danois, le suédois par ne prendre que quelques exemples).
Dans certains romans, notamment dans les romans pour adolescents, on peut jouer sur le registre: employer des termes plus relâchés, omettre les négations. Et c'est justement ce choix de traduction pour lequel JB a opté dans ce roman. Il a quasi systématiquement gommé les négations, eu recours à un vocabulaire simple, une langue brute, sans effets notamment poétiques: des phrases courtes, de préférence sans points virgules, etc.
Et ce choix stylistique se "survoit" en français. Il saute aux yeux du lecteur. Il faut donc l'utiliser avec précaution, ne pas non plus tomber dans l'excès inverse, ne pas hystériser la langue au point de la rendre artificielle. Et ce présupposé répond en lui-même à la question qu'on se posait plus haut: cette faute, on ne va pas la reproduire. On va utiliser expression qui est le mot juste en français car employer trait serait une faute non seulement d'usage mais aussi de syntaxe. Et, comme par ailleurs, on force la langue en français, ce qu'on perd ici se retrouve à l'envi ailleurs. De plus, même si on reproduisait la "faute", l'écart de langage ou cette faute elle-même n'est pas assez flagrante pour que le lecteur puisse la comprendre en tant que telle. Exemple: dans un dialogue, on pourait tout à fait songer à employer malgré que, cela conviendrait. Mais dans le cas qui nous occupe, la faute n'est pas assez grossière pour être repérée comme un effet voulu. Le terme sonne uniquement bizarre et mal traduit aux oreilles du lecteur.
En faisant sa petite recherche sur le mot norvégien drag dans les multiples dictionnaires d'ordnett, JB tombe évidemment sur un des sens du terme anglais drag. Et inutile de parler norvégien pour comprendre de quoi il est question dans le sens #17:
Et JB de se demander à partir de quand le sémantisme du travesti est apparu en anglais et comment s'est opérée cette analogie?
JB va regarder dans le Etymology Online Dictionary:
Première constatation réjouissante pour JB: le mot angalais vient du "peut-être" du scandianve.
Sinon, c'est compris, mes petits amis?
Le sens de travesti apparaît en 1870 et est un mot de l'argot du théâtre, dans le sens où les robes longues traînaient par terre. Si on ajoute le sens apparu au début du XIXe siècle qui voit un drag être une personne ennuyeuse (donc que l'on doit traîner), on a le sens du drag en tant que travesti. De plus le mot drag queen est attesté en 1941. Une autre étymologie ferait naître le mot du yiddish (qui, comme on le sait, une langue germanique dérivée de l'allemand) et verbe trogn = porter (à comparer avec l'allemand tragen = idem).
JB voulait être certain de son fait, il va voir sur answers.com .
Il retrouve d'abord les sens qu'il avait trouvés sur ordnett et dans la définition ci-dessus:
L'analogie s'est opérée comme suit:
De mouvement, on est passé à l'acte lent, laborieux < à la personne ennuyeuse, qu'on se traîne < au vêtement qui traîne par terre < au travesti qui porte des vêtements du sexe opposé.
Answers.com cite par ailleurs Wikipédia:
Allons bon! Voilà que ce viendrait dans la Grèce antique, maintenant!
C'est quoi cette étymologie qui nous apparaît complètement fantaisiste?!?!!!!
Pff, n'importe nawak, ouais…
Plus pertinent est en revanche le lien avec le Polari, cet argot homosexuel qui s'est développé en Grande-Bretagne après la Seconde Guerre mondiale. On en avait déjà parlé en juin dernier, ici. On fait donc une petite recherche en tapant sur gougueule drag + polari + etymology et on tombe sur un site français, intitulé sexopédie.com qui, à la page sur les drag kings, nous explique:
Bon, la définition est bourrée d'approximations (ce n'est pas dans la "première" mais la "seconde moitié du XXe siècle que le polari est apparu, la première définition est totalement incomplète: comme on l'a vu drag au sens de porter, de costume, est un sens dérivé voire familier). En plus, l'explication de l'acronyme est une autre fantaisie qui nous fait bien rigoler.
En revanche, si on parle de ce site, c'est parce que, plus haut, est employé le néologisme suivant:
Pour JB, ce mot est passionnant: se kinger. Toutefois, il s'interroge sur son orthographe. Quand le lit comme ça, on peut entendre non pas les deux lettres séparées I et N pour décrire le son [ine], mais bien le son [ɛ̃] comme dans l'adjectif matin. De plus, on peut lire non pas le son [g] comme dans les mots garçon ou girl, mais bien [ʒ] comme dans Gros-Jean comme devant. De plus, le substantif king, en anglais, s'écrit en phonétique [kɪŋ] avec le fameux son [ŋ] qui correspond à un G dit consonne occlusive nasale vélaire voisée, qui plus est pleine (il en existe 4 sortes différentes!) - ce qui, somme toute, nous fait une belle jambe. En français, une langue où ce son n'existe pas, le [ŋ] devient un simple et traditionnel [g], à savoir une consonne occlusive vélaire voisée. Bref. Toujours est-il que, en français, la consonne G suivie des voyelles E, I et Y donne le son [ʒ] comme dans gentil. Pour éviter cela, la langue française ajoute la voyelle U. Donc on écrirait: se kinguer. Mais, en l'espèce, on n'a toujours pas résolu le problème de [ine]. Il faudrait donc écrire se kïnguer. Ce qui encore une fois n'est pas possible: un tréma sur une voyelle apparaît quand ladite voyelle se trouve à côté d'une autre voyelle (haïr Noël, etc.) et qui est la réminiscence d'une diphtongue en ancien français. Par conséquent, il faudrait écrire se kineguer. Mais la référence au terme anglais king serait alors perdue… Aïe aïe aïe!
Bon. Et nos drags et notre polari, au fait?
En polari, donc cet argot homosexuel britannique, drag signifie nice outfit, joli costume, joli vêtement.
On regarde une petite émission sur ce fameux polari où on apprend plein de choses.
Mais la drag qui, à nos yeux, reste indéboulonnable, c'est évidemment Divine.
Et, évidemment, Divine dans le film en odorama Polyester, de John Waters, réalisé en 1981, que JB a vu ado et également en odorama. Comme on va le voir sur ces extraits, une plaquette était fournie au spectateur à l'entrée et, quand un chiffre apparaissait sur l'éran, il fallait gratter le numéro correspondant:
Allez, une dernière scène avant de se quitter, parce qu'on ne s'en lasse vraiment pas!
Et JB doit traduire ce mot qu'il pense sans équivalent en français: slottsromaner
Littéralement: des romans de château
Plus précisément: des romans d'amour qui se passent dans des châteaux
Juste avant figure une phrase qui donne un avant-goût du livre en question:
Elle tenait dans la main un bouquin qu’elle n’avait pas encore lu, L’Homme des bois. Sur la couverture, on voyait la photo d’un jeune mec au corps musclé, au torse imberbe avec avec un bandeau sur l’œil. Il brandissait une carabine. Derrière lui, un château brûlait. C’était avec ce genre de lectures que Nina se distrayait.
Bon qu'est-ce qu'on dit en français?
Des romans de gare?
Dans l'esprit de JB, les romans de gare sont plutôt de mauvais polars…
Ou est-ce que JB se trompe?
Que lui dit Wikipédia?
Le terme scientifique pour qualifier cette littérature est appelé paralittérature. Bon, certes. Mais ce n'est pas le terme que JB va employer dans le roman de Jonny Halberg. JB doute fort que le personnage, un payson plutôt rustaud connaisse la désignation.
Ah oui… on dit aussi roman à l'eau de rose. On peut dire, péjorativement, roman de bonne femme. Mais est-ce qu'il n'y a pas un terme générique pour désigner ces romans sentimentaux qui se passent dans des châteaux? Ou est-ce qu'il y a un topos (n'est-ce pas) et un tropisme national (re n'est-ce pas) dans ces univers romanesques qui verraient les fictions norvégiennes situées dans un lieu spécifique, et les françaises dans endroit tout aussi déterminé? JB pense que oui, mais ce n'est pas tant l'objet de ce post.
JB apprend qu'on distingue plusieurs genres en paralittérature:
• la littérature spéculative (le roman policier, le roman de science-fiction, le fantastique, l'utopie et la dystopie);
• la littérature de l'aventure (roman d'espionnage, roman d'aventures et de western);
• la littérature à tendance psychologique (roman sentimental, roman rose, roman érotique, roman pornographique);
• la littérature iconique (roman-photo, bande dessinée, roman graphique);
• la littérature documentée (roman historique, roman chronique et roman rural).
JB apprend qu'il existe même un Centre des paralittératures qui ne se trouve nulle part ailleurs qu'en Wallonie. JB se dit: "Décidément, vive la Wallonie!" Et il apprend du même coup qu'on distingue, au sein du genre du roman sentimental, plusieurs sous-genres:
Crutte de zut! Pas de roman de château.
Et, quand JB tapote sur son clavier: "roman sentimental" + paralittérature + château; il n'obtient que 41 résultats dans gougueule et aucun terme générique qui lui soit recraché.
Tant pis, il va jouer avec les termes roman à l'eau de rose et roman sentimental et roman de bonne femme - ce dernier terme, hyperpéjoratif, apparaissant d'autant plus adapté dans la bouche du personnage qu'il se moque desdits bouquins.
Pendant sa petite recherche, JB tombe sur le travail réalisé par une certaine Cécile Stockmans pour l'Université libre de Bruxelles. Dans son enquête intitulée Pourquoi lit-on le roman sentimental?, l'étudiante note avec dépit (et c'est lui qui souligne):
Notre enquête ne reflète pas une vue d'ensemble. Ce n'était d'ailleurs pas l'objectif. Le but est plutôt d'analyser en profondeur les propos des lectrices et non de faire des statistiques. (…) Nous n'avons déjà pas le point de vue masculin.
Et c'est là où JB entre en scène.
C'est là où JB peut donner son point de vue.
Vu que, jusqu'à nouvel ordre, il est de sexe masculin.
Et vu que, lui, il en a lu de la littérature sentimentale.
Il a lu un roman de Guy des Cars, duquel il est question plus haut, et qui reste (le roman) à jamais gravé dans sa mémoire de JB.
C'est celui-ci:
JB, pour ne pas perdre ses petits amis, va d'abord recopier le résumé qui se trouve en 4e de couverture:
Claude de Varèze a été élevée selon des principes rigoureux dans une ancienne famille de haute Provence. Son enfance et sa jeunesse, dirigées par un père despotique et une gouvernante redoutable, ont été progressivement troublées par des phénomènes sexuels qui donnent à l'héroïne un étrange comportement. Elle n'aura la révélation de son véritable état physiologique que sous le choc d'une passion violente et désespérées… Devra-t-elle abandonner l'amour très pur que lui porte le jeune ingénieur Georges Servet au profit d'amours interdites avec la capiteuse et perverse Mariette? Sera-t-elle contrainte de cacher à un monde hostile l'effroyable secret de sa dualité sexuelle?
Il fallait tout le talent de Guy des Cars pour traiter ce cas bouleversant.
JB souhaiterait à présent citer un passage de la page 185 qui l'a bouleversé:
La nuit qu'elle [Mariette] venait de passer avait été merveilleuse: elle était sûre d'avoir rencontré l'amant. Que pouvait-elle désirer de plus? Elle règnerait aussi bien sur Claude-homme que sur Claude-lesbienne. Son pouvoir serait même plus grand: si Claude était revenu de son voyage sans avoir modifié son aspect extérieur, c'était qu'il devait exister une raison majeure l'obligeant à se faire passer pour l'héritière au lieu de l'héritier. Mariette, devenue la maîtresse, découvrirait vite la raison qu'elle serait seule à connaître… Personne, même Ambroisine, ne se douterait… Un pareil secret apporterait à la fille le moyen infaillible d'établir définitivement son règne sur Claude et la vraie comtesse de Varèze pour peu qu'elle sût se montrer adroite — et elle l'était! — pourquoi ne réussirait-elle pas un jour à se faire épouser, même en secret au besoin?
Quand Claude eut fini de parler, Mariette ne lui posa qu'une seule question:
— Pourquoi as-tu conservé tes cheveux longs?
— C'est indispensable pour que l'on continue à croire que je suis une femme…
— Tu dois avoir raison, chéri… Sais-tu que je t'adore ainsi? (…)
— Pour moi, répondit lentement Claude, c'est une question de vie ou de mort…
Elle le regarda, attentive:
— Que veux-tu dire?
— Que jamais tu ne devras révéler ce que tu sais. Jure-le moi!
— Je te le jure sur notre amour.
— Pour tout le monde, les gens de Varèze et ceux du pays, tu ne seras toujours que Mariette, la lingère de la bastide, et moi “Mlle de Varèze”… C'est compris?
— Puisque c'est ton désir, chéri…
— Si tu parlais, je serais obligé de te faire disparaître…
Puis, 4 pages plus tard, Claude monte à Paris pour consulter un médecin:
— Vous avez très bien fait de venir me voir… Ne croyez surtout pas que votre cas soit tellement exceptionnel! Sachez que les intersexuels sont beaucoup plus nombreux qu'on ne le pense. Je parlais récemment avec l'un de mes confrères, spécialisé dans les traitements glandulaires, qui me disait estimer à trois ou quatre cents les cas analogues uniquement pour la région parisienne! Vous n'êtes donc pas un phénomène et je suis très heureux que la lecture attentive des ouvrages dont vous venez de me parler ait pu vous décider enfin à avoir recours à la science et non plus aux tisanes ridicules de votre brave gouvernante. Je puis vous certifier aussi que votre cas n'a rien de désespéré: ce serait même l'un des plus simples du genre… Vous êtes ce qu'on nomme en termes de médecine une hermaphrodite androgyne… Appellation semblant un peu barbare, qui veut simplement dire que votre morphologie est nettement mâle. Ce que votre gouvernante a pris, au moment de votre naissance, pourun clitoris très développé n'était en réalité qu'une verge embryonnaire. N'importe quel gynécologue vous examinant à l'âge où normalement vous auriez dû avoir vos règles, se serait aperçu que le vagin s'arrêtait en cul-de-sac et que vous n'aviez pas d'utérus. À l'intervention, on constatera certainement qu'il n'y a pas de trompes et que les glandes génitales, qui ont tendance à pénétrer dans le canal inguinal, ont la structure de testicules. Enfin, les dimensions anormales des “grandes lèvres” disparaîtront quand ces testicules auront été libérés. L'opération n'a rien d'effrayant: elle durera à peu près deux heures et consistera à vous faire ce que l'on appelle “un débridage”. Quand elle sera terminée, vous serez un homme comme les autres… La seule trace qui restera sera une cicatrice de 15 centimètres environ… Mais la chirurgie a fait de tels progrès dans le domaine esthétique que, très rapidement, elle deviendra à peine visible. Voilà… Je ne vous dis pas: “Mademoiselle” parce que, à mon humble avis, vous n'en êtes pas une… Mais je ne puis pas encore vous appeler “Monsieur”…
Le point de vue de JB:
J'ai bien aimé. Ça m'a beaucoup plus. J'ai été captivé. Je n'ai pas beaucoup compris cette histoire de "testicules libérés" et de “débridage” mais je m'en fiche parce que les scènes d'amour sont hyper croyantes crédibles, et c'est ça que je voulais lire. On aimerait bien rencontrer Claude dans la vraie vie, enfin moi en tout cas. Je me suis dit que les intersexuels sont des êtres humains comme les autres et qu'ils méritent d'être tolérés. Ils n'y peuvent rien s'ils sont nés comme ça et qu'ils sont différents. Je veux dire: on est tous un peu différents, hein. Je veux dire: quelque part. J'en connais beaucoup, des intersexuels, et ce sont des gens très gentils, très attentionnés, très gêénéreux. Très créateurs aussi. Un peu artistes dans leur genre. Des êtres sensibles, à fleur de peau. Je me suis dit aussi que le problème de l'hétérosexualité est vraiment problématique dans la société et qu'on ferait bien de s'y pencher. Si tout le monde était intersexuel, peut-être que les gens s'aimeraient plus et qu'il y aurait moins de guerres et moins de haine et moins de racisme. J'ai adoré.
JB, qui a traduit tout à l'heure une phrase où il n'est pas écrit "je t'aime" mais le lecteur le comprend forcément, traduit à présent le mot "trépidations".
Et JB, qui pourtant est une brèle en maths… (il avait eu avec son prof de term' l'échange suivant: "Le Prof: Aaah… Monsieur C. Qu'est-ce que je vais vous mettre comme appréciation? Mauvais résultats? JB: Oui, mais je fais des efforts… [Effronté, en plus, le JB.] Le prof: Vous préférez peut-être 'Veut mais peut peu' ??" Et depuis, JB s'est approprié cette phrase, “veut mais peut peu”, qu'il place dès qu'il peut et ça il le veut.)
… Et JB, donc, qui est pourtant une brèle en maths, pose l'équation suivante:
Je t'aime + trépidations = ???
Personne a trouvé?
Ben alors, mes petits amis?
Allez…
Moi non plus + Harley Davidson = ???
Toujours rien?
Allez…
(Brigitte + Jane) + Bardot = ???
Mais Serge Gainsbourg, voyons !!!
Je t'aime comme partie de la chanson Je t'aime, moi non plus. Trépidations comme mot présent dans les paroles de Harley Davidson. La seconde chanson entonnée par Brigitte Bardot, la première composée pour elle mais éternisée par Jane Birkin.
Et on voulait intégrer la vidéo de Harley Davidson sur ce blog tatoué et fumeur, or, qu'est-ce qu'on lit:
Mais rien que l'idée de voir le faciès de facho de la Bardot sur ce blog tatoué et fumeur nous fait déjà perdre cinq dioptries aux deux yeux. Il suffit pour s'en persuader de faire une capture d'écran et on comprend instantanément:
Si là elle a pas l'air niaise et si là on lui reconnaît pas sa désormais légendaire nigauderie…
Mais bon. Ne perdons pas de la salive inutilement.
Là où on voulait en venir.
Primo. Je t'aime, moi non plus a été sujet à X centaines de reprises (allmusic.com ne prend pas soin de les compter). Les artistes reggae s'y sont eux aussi collés. À commencer par l'immmmense Harry J. All Stars, entré dans le panthéon ska et reggae grâce à son immmmarcescible Liquidator. Fin 1969 (et JB s'apprête à naître), sur l'album homonyme, il est le premier à interpréter le morceau sur cet orgue Hammond qui a fait sa célébrité. On écoute. Ça s'appelle Je t'aime, et là il n'est plus question de ne pas aimer en retour.
C'est early reggae à fond et on note l'impro sur les 45 dernières secondes.
L'année d'après, en 1970, c'est le repreneur en chef qu'est Byron Lee qui s'y colle. Ça s'appelle cette fois Love at First Sight et c'est pile poil comme ce qu'a fait Harry Johnson avec ses All Stars. On oublie pas de regarder la pochette du dikse qui présente une nana à moitié à poil - l'expression est voulue -, c'est l'époque qui veut ça: quasiment tous les disques de reggae de cette fin de décennie 1960 et début 1970 prendront un malin plaisir à reproduire des filles photographiées dans des positions toutes plus lascives les unes que les autres, et ça nous montre à quel point ce milieu est à l'époque phallocrate (pour cette fois employer un terme raccord avec l'époque).
On continue dans la machocratie avec Brentford Road All Stars qui, la même année de 1970, propose lui aussi sa version, également intitulée Love at First Sight. On remarque d'entrée de jeu l'illustration à la vidéo qui, dans le genre et rapport à ce qu'on disait supra, est é-lo-quente. Et le morceau? D'anthologie. Cette fois, ça parle. Ou plutôt: ça couine, ca gémit et ça geint du début jusqu'à la fin. À tel point qu'on finit par pisser de rire tellement c'est limite ridicule d'exagération. On se paye tout de même une bonne tranche de rire et on se repaît des improbables accords de flûte traversière (bonjour, G!).
Alors, c'est pas grand?
Toujours aussi grand, la reprise en 1975 de Judge Dread.
Qu'en dit le Wikipédia allemand?
Je traduis: "(…) tantôt en version parodique et rigolarde, comme chez Judge Dread dans un style reggae avec des jacasseries banales (…)"
Des "jacasseries banales"?
Vraiment?
On écoute.
Nous, ce morceau, on le trouve ab-so-lu-ment génial.
Justement parce qu'il commence comme un morceau hyper phallocrate. Puis Judge Dread se fout de sa propre gueule et de la skinheaditude par la même occasion quand il dit: "Those bloody boots are killing me!" Car quel est le skinhead qui, au moment de se déshabiller pour passer aux choses sérieuses, ne s'est pas emmêlé les pinceaux dans ses interminables lacets qui, évidemment au moment crucial, refusaient de se défaire?
Et il y est enfin arrivé quand, tadah… surprise… la fille lui dit: "Touch this!"
Eh ouais, la fille est un mec. Un trav.
Le mec hyper burné qu'était censé être Judge Dread se dégonfle comme un ballon de baudruche et est pris à son propre jeu. Voire, quand il a des propos discriminatoires, on lui dit: "Hey, this is 1975!" Genre: hé, coco, réveille-toi, mets-toi un peu à la page. Et si ledit Judge Dread finit quand même par éconduire le trav, il se trouve quand même Gros-Jean comme devant, lui qui, pour le coup et contrairement à ces collègues de 1969 et 1970, n'a pas omis la deuxième partie du titre: "Moi non plus".
Es ist fast fünf Jahre her, dass man vergebens dieses Stück von Psychic TV sucht: Oi you Skinhead!, auf der in 1990 neuherausgegeben CD Thee City Ov Tokyo/Thee City Ov New York, aber eigentlich schon auf der 1984 Livealbum N.Y. Scum zu finden, die nach einem in november 1983 stattgefundenen Konzert in der Danceteria in New York rauskam.
Ça fait maintenant presque cinq ans qu'on cherche ce morceau des Psychic TV: Oi you Skinhead! ressorti en 1990 sur le double album Thee City Ov Tokyo/Thee City Ov New York, mais initialement présent sur l'album live intitulé N.Y. Scum et sorti pour sa part en 1984, consécutivement à un concert du groupe ayant lieu en novembre 1983 à la Danceteria, à New York.
JB adore ce morceau: Oi You Skinhead!. Quand il est un peu en colère, il l'écoute, ça le calme.
Der JB liebt dieses Stück: Oi You Skinhead!. Wenn er a bisserl sauer ist, hört er es, es macht ihn ruhiger.
Das Stück hat er aber. Dennoch nur 3'23'' davon.
Et pourtant il l'a, le morceau. Mais seulement 3'23''.
Und regelmässig sucht er. Circa zwei, dreimal pro Jahr. Vor zwei Jahren hatte er die CD gefunden. Am Tag danach kriegt er eine elektronische Rohrpost nach dem Motto: "Leider ist diese CD vergriffen, obwohl sie noch auf unserer Seite zur Verfügung steht. Wir bedauern…" Blah blah blah. Der JB wurde zornig. Da hat er sicher mehrmals in loop das Stück gehört.
Et régulièrment il cherche. Environ deux à trois fois par an. Il y a deux ans, il avait presque trouvé. Le lendemain, il a reçu un pneu électronique l'informant, grosso modo: "Nous sommes au regret de vous informer que, contrairement à ce qui figure sur notre site, le CD n'est plus disponible. Nous espérons…" Blablabla. JB était furax. Il a sûrement écouté le morceau en boucle pendant une bonne heure.
C'est un morceau étrange et violent. C'est de la musique industrielle et électronique. Où Peter Christopherson commence par hurler. Puis par dire et répéter: "Skinhead/Skinhead/Skinhead/Skinhead…" Puis: "Oi you/Oi you/Oi you/Oi you/Oi you…" Puis: "Oi you Skinhead/Oi you Skinhead/Oi you Skinhead/Oi you Skinhead…" Et ainsi de suite et ainsi de suite. Et ça dure comme ça pendant 8'25''. Cela peut être très énervant. Pour les nerfs crispés de JB, c'est au contraire très reposant.
Das ist ein seltsames und gewalttätiges Stück. Industrielle und elektronische Musik. Wo Peter Christopherson erstmal schreit. Und dann sagt und wiederholt: "Skinhead/Skinhead/Skinhead/Skinhead…" Dann: "Oi you/Oi you/Oi you/Oi you/Oi you…" Dann: "Oi you Skinhead/Oi you Skinhead/Oi you Skinhead/Oi you Skinhead…" Und so weiter und soforts. Und es dauert so in 8'25''. Das kann sehr enervierend sein. Aber für die angespannten Nerven des JBs ist es im Gegenteil ganz erholend.
Der JB weiss auch ganz genau, dass Psychic TV (die folgende Band, nachdem Throbbing Gristle sich aufgelöst hatte) sich dazu weigert das Stück zu spielen. Er erinnert sich nicht mehr seit genau wann, sie es nicht mehr durchführen, aber Oi You Skinhead! hat von ihren Künstlern Spielverbot. Warum? Naklar: es wurde von einigen hirnlosen (= Pleonasmus) Boneheads als Loblied für ihre vergammelte und verfaulte Angelegnheit betrachtet. Genauso wie Père Ubu sein in 1976 herausgegebenes und geniales Lied Final Solution nicht mehr spielt (das Lied ist eigentlich über Hoffnungs-, Liebes- und Arbeitslosigkeit).
JB sait pertinemment que Psychic TV (le groupe constitué après la rupture des Throbbing Gristle) refuse de jouer le morceau. Il ne sait plus depuis combien de temps, mais il sait que Oi You Skinhead! a été banni des concerts par ses créateurs en personne. Pourquoi? C'est évident: le morceau a été considéré par des boneheads décérébrés (= pléonasme) comme un hymne à leur cause pourrie. Tout comme Père Ubu n'interpète plus son pourtant génial Final Solution, sorti en 1976 (la chanson parle d'absence d'amour, de travail, d'espoir).
Et donc, ce soir encore, JB cherche Oi You Skinhead! Et donc, ce soir encore, il ne trouve pas. Mais il trouve une vidéo de la chanteuse de Psychic TV, la bien-nommée Genesis P-Orridge, un nom qui, si on devait le traduire, signifierait: Genèse B-Ouillie. Génial!
Und heute Abend sucht der JB Oi You Skinhead! wieder. Und heute Abend wieder der JB wieder nicht. Aber er findet ein Video von der Sängerin von Psychic TV, die gut- und schönbennante Genesis P-Orridge, ein Name der, wenn man ihn übersetzen müsste, folgendes bedeuten würde: Schöpfung G-Rütze. Geil!
Aber Schöpfung G-Rütze ist nicht nur eine Sängerin, sondern auch eine (Sexual)Theoretikerin. Lass uns mal ihre Analyse hören. Uffpassen! Es ist sehr, sehr kurz. Aber es lohnt sich. Und das ist erst gemeint.
Mais Genèse B-Ouillie n'est pas seulement chanteuse, elle est aussi théoricienne (de la sexualité). Écoutons son analyse. Attention, c'est très rapide. Mais ça vaut le coup. Et c'est très sérieux.
Né(e) Neil Andrew Megson, Genesis P-Orridge, devenu(e) par les liens du mariage Genesis Breyer P-Orridge, vient de fêter ses soixante ans le 22 février dernier. On lui dit avec retard: bon anniversaire! Le crédo de Genesis Breyer P-Orridge, c'est la pandrogynie, et on le/la cite, dans un texte écrit avec son "épouse", Lady Jaye Breyer P-Orridge:
Als Neil Andrew Megson geboren, ist Genesis P-Orridge, inszwischen durch Heirat Genesis Breyer P-Orridge geworden, gerade am 22. Februar 60 geworden. Nachträglich sagt man ihm/ihr: Alles Gute zum Geburtstag! Genesis Breyer P-Orridges Credo ist Pandrogynie, und wir zitieren ihn/sie, in einer mit seiner/ihrer "Gattin" Lady Jaye Breyer P-Orridge geschriebenen Text:
(S/HE IS HER/E)
This is the final war, a jigsaw
A war to re-possess your SELF.
There is NO gender anymore
Only P-Androgeny is divine.
Sexuality is a force of nature that cannot be contained. Get up.
Stand together in perfecting union,
Join and love equally the man and the woman separated at b-earth inside you,
Their first cries for justice …PANDROGENY!
Re-united as one
Identity is your only possession,
as a being possessed
Re-possess your SELF,
Be possessed by YOUR self,
Any SELF, every SELF you ever dreamed of,
Every SELF you were ever afraid of. GET UP!
Stop this war of limitations,
STOP IT!
Now YOU own yourself.
Your own YOU own.
Now it’s YOU.
Stop being possessed by characters written by others.
Change your ID card cut it into the shape of a HEART.
Be heart felt.
Feel your heart,
Your heart is your art.
Wir verabschieden uns von ihr/ihm mit einem Teil eines Filmes von Marie Losier, der in dem Pariser Centre Georges Pompidou in 2009 gezeigt wurde und der ihm/ihr gewidmet ist - und man bedauert erbittert, dass man nicht da war.
Allez, on se sépare de lui/d'elle en regardant l'extrait d'un film que Marie Losier lui a consacré et qui a été montré en 2009 au Centre Georges Pompidou - et on regrette amèrement de ne pas avoir été présent.
Travaillant le roman ivoirien, je veux un instant traduire "en fillete gjeter" par "un berger en haillons". L'idée de fillete (qui n'est donc pas une fillette norvégienne, laquelle se dit pike, à ne surtout pas confondre avec pikk qui pour sa part signifie purement et simplement bite) est celle de tissu lacéré, déchiré. Ordnett.no nous confirme:
A priori, je suis dans le vrai, dans le juste.
Puis je me dis que, bon, certes, dans ce nord de la Côte d'Ivoire, le berger doit être bien pauvre, mais de là à dire de lui qu'il est "en haillons", il ne faudrait pas non plus exagérer. Puisqu'il y a dans cette locution adverbiale quelque chose de méprisant. Ce faisant, je biaise ma traduction, je lui donne une valeur surnégative que le mot norvégien, bien qu'il recouvre ce sémantisme, n'a pas de façon aussi forte. Ce faisant, à mon sens, j'impose à ma traduction les clichés culturels et inconscients dont on aime affubler (pour le coup) une certaine population pauvre vivant dans certains pays africains. Autrement dit, si je laisse ma traduction en l'état, j'intériorise un préjugé, je me l'approprie, je le valide, j'opine intimement à son présupposé. Puisque, ainsi qu'on l'avait déjà vu en juin dernier à propos d'un autre sujet (le genre et le féminisme), la dimension politique et idéologique n'est jamais tout à fait absente ni dans une traduction, ni chez un(e) traducteur/trice. Tant et si bien que, en fonction du mot qu'il ou elle choisit dans sa langue pour restituer l'équivalent de la langue de départ, ce(tte) traducteur/trice charge son choix de traduction d'un signifié politiquement ou idéologiquement absent du mot d'origine. Il/elle appesantit sa traduction d'un point de vue qui peut être stigmatisant et discriminatoire, quand bien même celui-ci ne serait qu'inconscient, voire non-désiré. Mais ainsi que nous l'a appris la psychanalyse, l'inconscient se loge justement dans les détails du langage. Ce que la théorie queer a autrement baptisé pour les questions de sexualité et de genre le discours performatif: en exprimant telle réalité de telle façon, je sous-entends que j'adopte telle vision de l'existence (la mienne ou celle des autres) et telle opinion politique, sociologique, anthropologique.
En matière de traduction, c'est ce qu'on aimerait appeler l'oblication sémantique. Et si le substantif n'existe pas en français, on aimerait l'inventer pour deux raisons. Obliquer, nous indique le TLF, a la signification suivante:
Le sens en tant que direction, donc.
Car l'objectif idéal de la traduction, c'est la fidélité parfaite. Si on file la métaphore directionnelle et géométrique, il faut s'imaginer deux lignes éternellement parallèles: la première à gauche serait la langue source (pour moi le norvégien) et la seconde (pour moi le français) la langue cible. Et ces deux lignes seraient donc dans l'idéal continûment et invariablement parallèles, la ligne française (la traduction) étant continûment et invariablement conforme et fidèle à la ligne de gauche (le texte original). Mais ça, c'est un idéal.
Les peuples ne parlent pas des langues différentes pour rien. Et la langue est le reflet d'une psyché, d'une culture (ancestrale), d'une vision du monde: les peuples ne s'envisagent pas de la même manière, ils ne s'envisagent pas de la même manière par rapport au monde, aux autres, à eux-mêmes. Ce que la langue va refléter dans son vocabulaire et parfois dans sa syntaxe, dans son univers métaphorique, dans ses sous-entendus, etc. Les idiotismes et autres expressions et locutions en sont notamment le reflet (par exemple: å være helt ut på viddene < littéralement: être complètement sur les hauts-plateaux < en bon français: être à côté de la plaque. - et on voit aisément la raison de la présence de ces hauts plateaux dans une langue dont le pays est principalement montagneux).
En conséquence de quoi nos lignes, à un moment, vont perdre leur parallélisme. Le traducteur se verra contraint de biaiser sa traduction: soit il va être dans ce qu'on appelle la surtraduction (il traduit crier au lieu de appeler) et sa ligne de droite, la française, s'éloigne de la ligne de gauche, la norvégienne; soit il va être dans la sous-traduction (il traduit appeler au lieu de crier) et sa ligne de droite mord la ligne de gauche jusqu'à parfois empiéter largement sur son territoire. Lorsque ces lignes se croisent, dévient, biaisent, elles deviennent donc obliques. Elles obliquent. Elles changent de sens directionnel, mais aussi de sens sémantique.
L'oblication sémantique décrirait alors ce détournement sémantique lorsque le terme traduit vers la langue cible se voit chargé, sciemment ou pas, d'un sens politique et/ou idéologique discriminatoire et/ou stigmatisant qui n'est pas présent dans le terme de départ, dans la langue source. Quelques exemples, volontairement exagérés: ce serait traduire femme par pouffiasse, gay par lopette, arabe par bicot, pauvre par loqueteux, gauchiste par terroriste d'extrême-gauche, etc., etc. Une traduction oblique, c'est une traduction queer en anglais, skeiv en norvégien - deux mots qui signifient de travers, puis, étrange, puis anormal, et enfin gay (bien que, après, les personnes ainsi désignées se réapproprient le mot pour se qualifier). Une traduction oblique, c'est une traduction qui fixe dans le lexique choisi une médisance implicite, un jugement politique, une condamnation sociale, qui jette l'opprobre sur un individu ou le groupe auquel cet individu appartient. La traduction est oblique tant dans son sens directionnel et géométrique (biaisé) que dans son sens sémantique et lexicographique (tronqué). On revient à ce que la théorie queer disait sur le discours performatif: on impose à son propos un sens non seulement détourné, mais qui reflète la vision du monde du locuteur et non la vision du monde tel qu'il est - on n'oublie le devoir de fidélité du traducteur, quand bien même celui-ci demeure de l'ordre de l'idéal.
Et donc, traduire un berger en haillons, c'est faire de l'oblication sémantique.
Alors que dire?
Un berger, ainsi que nous le propose ordnett, déguenillé? Mouais. C'est guère mieux. Quels synonymes nous propose le TLF?
Loqueteux est exclus, c'est encore pire. Négligé et débraillé ne conviennent pas car ils ont trait à la mise, au port des vêtements, et non à l'état de ces mêmes vêtements. Tiens… Et dépenaillé? Oui, dépenaillé est sans doute mieux. Dépenaillé est pas mal, même.
Question néanmoins: est-ce qu'un adolescent de dix-sept ans, qui vit dans la banlieue d'Oslo et a un vocabulaire plutôt relâché (et, je le rappelle pour l'avoir maints fois souligné: ce qui ne l'empêche d'employer des images poétiques), aurait recours à cet adjectif? Pas sûr. Mais peut-être justement parce qu'il emploie des images poétiques et qu'il ne rechigne pas à faire des métaphores parfois iconoclastes, comme on l'a vu ici et là, je vais garder ce dépenaillé.
Puis, voyant et revoyant ces adjectifs, me souvenant que sur ordnett fille se trouvait en-dessous de filipens, un mot vieilli qui signifie un bouton, un bubon, je repense à Peau d'Âne, le film de Jacques Demy réalisé en 1970, à la suite duquel les lecteurs de ce blog tatoué et fumeur avaient pu constater début juin dernier la nigauderie d'abord cinéphile puis culinaire de JB. Je repense forcément à Peau d'Âne et cette scène d'anthologie quand Catherine Deneuve, princesse transformée en souillon, doit bosser à la ferme, dans la bauge aux gorets avec sa, je cite, "peau qui pue" - comme une espèce de confirmation ou de prolongement à ce que qu'on vient d'expliquer. On regarde:
Puis, dans les commentaires à la vidéo sur toitube, qu'est-ce qu'on lit?
Quoi? Coluche? Vraiment?
On fait un arrêt sur image:
Hum… Pas fastoche de le reconnaître.
On va vérifier sur Wikipédia, qui nous indique, dans la longue liste de la distribution des rôles: