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vendredi 21 janvier 2011

7, The Killa

Et JB qui fait sa revue de fesses, øøøh, pardon… sa revue de presse matinale ouvre le site de la Libération qui lui recrache, en tête de page un article sur Ben Ali:



Par une association d'idées emberlificotée dont seul JB a le secret, il pense aussitôt à la chanson des Selecter, datant de 1980 sur leur album Too Much Pressure, James Bond, dont il constate par ailleurs dans son mange-disques électronique qu'il ne l'a plus écoutée depuis le 15/05/2010. Pourquoi? JB veut dire: pourquoi ce passage tordu d'une actualité tunisienne sur un sinistre personnage obsédé par le chiffre 7 et l'impeccable morceau 2-tone consacrée au héros de Ian Flemming? Primo parce que celui-ci était surnommé 007, secundo parce que les Anglais chantent: "Ha ha / The killa / James Bond / Goldfinga / Licence to kill / I expect you to die" et que JB voit là le reflet musical de celui qui a fait assassiner par sa police "plus de cent personnes (…) selon des informations compilées par l'ONU". On regarde le petit montage vidéo d'un dénommé skinheadyellow pour comprendre plus avant l'association d'idées de JB:


Et maintenant on écoute:



Il n'empêche, James Bond a connu une sérieuse fortune musicale dans le ska et le reggae. À commencer par l'inépuisable morceau de 1966, interprété par Desmond Dekker and The Aces 007. Et le chanteur de faire un jeu de mots avec les deux premiers chiffres du surnom de l'espion. Puisque, en anglais, le chiffre 0 peut se dire tant zero que se prononcer O comme la quinzième lettre de l'alphabet. Et c'est justement ce que fait Desmond Dekker. Ainsi, 007 s'entend comme "007", mais aussi comme "Oh oh, seee-ven". On écoute:



Le morceau est à ce point génial que, un an plus tard, lors de sa célèbre tournée qui donnera lieu à l'album bien nommé On Tour, Prince Buster reprendra la chanson consacrée en réalité non pas à James Bond mais aux rude boys dans les quartiers sordides ("shanty town") de Jamaïque et leur poursuite par la police:



Même les Specials (qui sont en concert à Berlin en septembre prochain et dont les billets sont déjà en vente pour la modique somme de… 40 € - oh je…) enregistreront leur version:



Mais JB, archiveur devant l'éternel, a depuis belle lurette effectué dans son mange-disques électronique sa petite compilation des morceaux de ska et de reggae consacré à l'espion (qui nous aimait):


Car le James Bond des Selecter ne serait rien sans le Goldfinger de Tommy McCook qu'il interprétait avec les Skatalites en 1963 et, sauf erreur ou omission de la part de JB, il s'agit du tout premier morceau de ska portant sur le héros de Ian Flemming, ou plutôt: sur le personnage cinématographique incarné dans un premier temps par le toujours superbe Sir Sean Connery, dont le kilt lui sied à merveille:



La même année, en 1963, Lionel Bart compose From Russia With Love, interprété par Matt Monro, pour le film éponyme réalisé par Terence Young. Et qui joue aux côtés de Sean Connery? JB le donne en mille… Sa chanteuse autrichienne chouchou. Les petits amis de JB ont trouvé? Non?
Mais si. C'est…:


Lotte Lenya en méchante espionne soviétique, parée ici d'un garde du corps en toute petite tenue et dont JB tirerait bien la serviette pour voir ce qu'elle cache et renferme:


Et les fantasmes gardeducorpsesques de JB seraient presque réalisables dans la mesure où, dans le film, Rosa Klebb "aurait des tendances lesbiennes" - voici donc pourquoi elle est flanquée d'un homme certes robuste mais non moins sensible au vu de sa serviettette. Un fan et féru de James Bond nous confirme ce qui au demeurant attriste JB (la lesbienne comme éternel personnage de tueuse dans l'imaginaire te l'inconscient hétérosexuel masculin):


Quoi qu'il en soit, de ce morceau tiré de Bons baisers de Russie, Roland Alphonso tire un instrumental produit par Clement Coxsone Dodd en 1965, tout aussi impeccable que les précédents que nous avons écoutés jusque-là. Alors, celui-ci aussi on l'écoute:



Il faut ensuite entendre 1969 et Lloyd Charmers pour ravoir un autre morceau bondien. Il s'appelle Dollars And Bonds et les Hippy Boys sont aussi de la partie, une partie très skinhead reggae avec l'orgue Hammond évidemment mis en avant:



Mais en fait, non. Chronologiquement, il manque un morceau. Inspiré lui aussi du second film sur James Bond, sorti en 1964 et interprété par Byron Lee et ses Dragonaires. Un instrumental à tomber par terre tant il est nostalgique, et c'est justement la raison pour laquelle JB l'a gardé pour la fin. Aussi parce que l'orgue Hammond qui le rythme est aussi ensorcelant qu'anachronique. De fait, comme on l'a vu avec Dollars And Bonds, l'instrument n'a pas encore, en cette période ska qui fait la part belle aux instruments à vent, la place que lui accordera le early reggae et le skinhead reggae, de 1969 à 1971. On écoute, et puis on se quitte.

samedi 15 janvier 2011

Bert & Gert

Et JB, qui dînait hier soir avec son cher ami É dans le Kellerestaurant, le restaurant en sous-sol (la traduction) de la Bertolt Brecht-Haus, donc la maison où ont vécu Bertolt Brecht et Helene Weigel, un lieu que JB adore parce qu'on y mange divinement de la cuisine autrichienne (nationalité de Helene Weigel), parce que les aménagements intérieurs en bois sont typiques de ces restaurants berlinois qui ont quasiment disparus; parce qu'on y est à côté des scénographies miniatures, encastrées dans des boîtes elles aussi en bois et imaginées pour les pièces de Brecht; parce qu'on est dans la maison du couple, laquelle est sise juste à côté du cimetière où sont enterrées les sommités de la RDA, dont eux - et JB aime beaucoup ces tombes sommaires et simples:


Et donc JB se trouve dans le Kellerrestaurant en compagnie de É, ils attendent leur escalope viennoise, celle-ci vient, ils la savourent, É dit, voyant JB dévorer: "Tu avais faim", et JB de répliquer pour seule réponse: "Erst kommt das Fressen, dann kommt die Moral" — une phrase archiconnue et tirée de L'Opéra de Quat'sous (l'œuvre de Brecht fétiche de JB et fétichisée par lui), phrase qu'il traduirait ainsi: "La bouffe d'abord, la morale ensuite." On écoute la version originale, chantée dans l'adaptation cinématographique réalisée par Pabst en 1931, avec Lotte Lenja dans le rôle de Jenny, que JB vénère à jamais. Ah, oui… La chanson est intitulée en allemand Wovon lebt der Mensch? = Car de quoi vit l'homme?:



Des versions de la chanson, JB en a plein (comme d'ailleurs de toutes celles de L'Opéra de Quat' Sous — dont, soit dit en passant ils sont donc au nombre de 4 en français, de 3 en allemand et en anglais et dans la plupart des langues, mais 12 en norvégien et en suédois). Ses préférées sont celles de Georgette Dee et surtout celle de Tom Waits qui bénéficie d'une impeccable traduction en anglais (quand est-ce que l'œuvre va être retraduite en français?!?!? qui s'y colle?!?!?). Il y a en fait dans ce "deuxième final" deux phrases qui entreront dans la postérité tant littéraire que brechtienne. Celle ci-dessus, en allemand, donc: "Erst kommt das Fressen, dann kommt die Moral"; en anglais, "Food is the first thing, morals follow on"; en français, dans la traduction officielle: "La bouffe vient d’abord, ensuite la morale" — et à laquelle JB préfère définitivement la sienne: "La bouffe d'abord, la morale ensuite." Quant à la seconde, elle dit en allemand: "Der Mensch lebt nur von Missetat allein!"; en anglais: "Mankind is kept alive by bestial acts"; en français, toujours dans la traduction officielle: "L’homme vit de méfaits et de péchés", et la présence du mot péché, superflue (il n'est en réalité question que de méfaits), en dit peut-être long sur la culture catholique qui imprègne la langue vers laquelle la phrase est traduite.
Allez, on écoute Tom Waits:




Et JB s'étonne, en écoutant la version allemande de la chanson de voir au générique, dans le rôle de Mrs Peachum, le nom de Valeska Gert:


Comme c'est étrange, songe-t-il… Il est allé pas plus tard que mercredi dernier, avec G (bonjour, G!), voir à la Hamburger Bahnhof l'exposition consacrée à Valeska Gert. Ça alors! Quel merveilleux hasard, quelle superbe coïncidence pour JB, qui les adore. Toutefois, JB s'étonne: lui qui a vu plusieurs fois le Dreigroschenoper de Pabst, comment n'a-t-il pas pu se souvenir que Valeska Gert y jouait? On la voit ici:


Oui, pourquoi? Parce que JB était ébloui par Lotte Lenja?


Lotte Lenja et son air triste et buté et désemparé dans le film où elle joue Jenny:


Sachant que Mrs Peachum chante dans la pièce un autre morceau que JB, Die Ballade von der sexuellen Hörigkeit, JB cherche dans la réalisation de Pabst, mais ne trouve pas. Pourtant, il était persuadé que la chanson avait été reprise. mais non. Comme quoi les souvenirs nous jouent décidément des tours pendables. Quelles phrases aime JB dans cette chanson traduite en français par Ballade de l’asservissement sexuel? Celles-ci: "Am Abend sagt man: Mit mir geht’s nach oben. / Doch bevor es Nacht wird, liegt man wieder droben." Dans la traduction française que possède JB, de 1959 par Jean-Claude Hémery, la chanson s'appelle La Ballade de l'esclavage des sens et la phrase est ainsi traduite: "Le soir on se dit: “Tiens, je me sens tout chose”, / Et avant qu'il soit nuit on est chez Marie-Rose."
On en écoute ici une version de 1950:



Des autres versions que JB possède, il adore celle interprétée par Marianne Faithfull (de 1996) et celle par Nina Hagen (1999). mais elles ne sont pas disponibles sur toitube. Or, et JB en tombe presque de sa chaise, quelle est la traduit en anglais de la chanson. Bingo: The Ballad of Sexual Dependency. Et quelle exposition sont allés voir hier après-midi É et JB, avant d'aller au Kellerrestaurant? Celle consacrée au, dixit, "œuvres berlinoises" de Nan Goldin, et à voir à la Berlinische Galerie jusqu'au 28 mars (et il faut la voir absolument, entre autres parce qu'elle bénéficie d'un accrochage à tomber à la renverse, avec des cimaises monochromes pour chaque salle et un éclairage qui tombe magnifiquement sur les photos — c'étaient les conseils de JB pour M. qui va bientôt revenir à Berlin!). Et comment s'appelle une des œuvres fondamentales de Nan Goldin? Re-bingo: The Ballad of Sexual Dependency. Décidément, ces hasards et ces coïncidences… Allez, du coup, on regarde un extrait de ce film en diapos, ici projeté au MoMa en 2009:




JB résume toutes ces digressions:
Bertolt Brecht et Helene Weigel, L'Opéra de quat'sous, Valeska Gert. Valeska et l'exposition qui lui est consacrée à Berlin
Bon.
Mais que disait Valeska Gert de Helene Weigel, dans son autobiographie Je suis une sorcière?


Qui était Valeska Gert? Née en 1892 et morte en 1978, elle a visiblement (JB emploie cet adverbe car, avant l'exposition, il ne la connaissait pas) révolutionné la pratique de la danse.


Actrice, elle a peu tourné. Mais avec, excusez du peu, Pabst (donc) Jean Renoir, Volker Schlöndorff, Fassbinder, Fellini (on y revient):


Parmi les rôles qu'elle a joués, il y a aussi celui, également montré à l'exposition, joué dans Diary of a Lost Girl, encore de Pabst (1929), dans lequel joue… Louise Brooks. Et Valeska Gert d'incarner une espèce de surveillante sadique qui a hypnotisé JB mercredi dernier, et qu'il a le plaisir de pouvoir montrer:



Actrice, donc, elle est surtout célèbre pour ses performances. Dans l'exposition, JB a été fasciné par l'une d'elles, réalisée en 1969 et intitulée Baby, où elle reproduit un bébé d'abord en train de pleurer, m-puis qui se réconforte en suçant son pouce. Une image ici:


"Forgotten performer", dit donc d'elle le site d'informations allemand de Deutsche Welle. Et pour cause. Valeska Gert, de confession juive et qui a dû quitter l'Allemagne nazie, dira même dans son autobiographie:


Et JB se souvient aussi de cette émission de télévision réalisée dans les années 70 et montrée dans l'exposition, où elle est encore plus dure envers l'Allemagne.  Toujours est-il que, et JB manque d'entrer en syncope, Berlin lui a consacré une rue. Et où se trouve-t-elle, cette rue? JB le donne en mille à tous ses petits amis? À cinq minutes à pied de son palais socialiste. À C-I-N-Q minutes!


Valeska Gert écrit aussi cette phrase bouleversante:


JB répète: "(…) peut-être étions-nous trop sensibles pour la vie (…)"
Aaaah!!!
JB s'étonne pour la énième fois. Cela lui rappelle une phrase de Shaïne Cassim dont il ne saurait que trop conseiller les romans pour adolescents. JB est persuadé d'avoir lu un passage similaire. Il cherche dans l'œuvre complète de l'auteure, ne trouve pas tout à fait, mais presque. C'est dans Un jour, mon prince (le roman de Shaïne Cassim qu'elle-même préfère). Et en fait, la phrase se retrouve deux fois, écrite de deux manières différents.
La première, à la page 98:
Je reste dans mon lit car je ne peux affronter un monde rempli de tant de beauté.
Puis, à la fin du roman , publié en 2001, page 113:
J'éprouve moins de tristesse devant la beauté du monde.

Enfin, dans l'exposition, était montré l'extrait du film de Fellini, Giulietta degli spiriti (Juliette des esprits, en français), de 1965, qui est, JB l'apprend, le premier film en couleurs du réalisateur:


Quand il a vu cet extrait, JB était sidéré. Halluciné par ces images tout aussi hallucinées dont Wikipédia dit que Fellini les aurait tournées après avoir pris du LSD. Dans ce film, Giulietta, jouée par Giulietta Masina, est trompée par son mari. Évidemment, c'est elle qui en porte la faute et c'est ce que Fellini dénonce. Elle est déclarée folle. Et c'est cette folie que montre le réalisateur. Dans l'extrait où intervient Valeska Gert, il y a d'abord cette phrase qui a fait ses dresser les poils de JB


Giulietta va donc consulter une méidum, interprétée par Valeska Gert, et on se rend compte de son talent de performer. Une image d'abord:


L'extrait ensuite:




Et quand JB avait vu ces images, il avait aussitôt pensé à David Lynch. L'univers onirique, surréaliste, inquiet et hypnotique y était en tous points identiques. Or, ultime coïncidence, que trouve-t-il en cherchant le passage en question sur toitube, dans les vidéos conseillées sur la colonne de droite? JB donne ça aussi en mille à tous ses petits amis:


De fait, dans le film de David Lynch, Laura Dern va également consulter une médium, il y a également des rêves et des hallucinations, il y a également des images improbables et oniriques et hallucinées et hypnotiques. On regarde la bande-annonce pour en donner un avant-goût:




Il faut se quitter.
Et JB aimerait le faire avec une autre scène de Giulietta des esprits, quand une Giulietta Masina en larmes dit:


"No more suffering."
JB souhaite une belle et bonne journée à tous ses petits amis.

mardi 21 septembre 2010

ein Getös

Und der JB guckt sich heute Abend die ARD-Nachrichten an, die Jens Riewa leider nicht präsentierte - und der JB musste fast weinen - aber dann guckte er diese alten Nachrichten mit dem Jenslein und dann war der JB wieder munter. Wir schauen uns diesen grandiosen freudschen Versprecher an, den Jens-Liebling macht:



Man darf sich natürlich fragen, warum der knackige Jens Kunde und Kurde verwechselt; aber seitdem es um einen freudschen Versprecher handelt, und seitdem wir den süssen Jens mögen, sagen wir weiter nichts aber denken viel.

Auf jeden Fall sah der JB heute die Nachrichten und es ging um New York, um eine gewissene Konferenz, um Armut, blahblahblah, AIDS, blahblahblah, Frauenrechte, blahblahblah, pff… das ist aber sooo unwichtig, mann ey…
Und dann wird das Wort ausgesprochen:
Getöse.
Dieses Wort hat den unschuldigen und ein bisschen doofen JB immer erstaunt. Von daher wiederholt er:
Getöse

Was sagt der Duden zu diesem Wort?
Getöse, das, -s [mhd. gedoeze, Kollektivbildung zu mhd., ahd. dôz = Geräusch] (oft abwertend): tosendes Geräusch, Lärm: Das Getöse der Wellen; mach nicht solch ein Getöse!; mit lautem Getöse.

Und was sagt unser Freund der Kluge zu der Etymologie?
tosen (10. Jahrhundert), mhd. dôsen, ahd. dôsôn. Vergleichbar sind altnordisch þausn “Lärm”, altenglisch þys “Sturm”. Vielleicht als Anlautvariante zu indogermanisch °d-eus- “stieben, brausen”, das etwa in griechisch thyo “ich stürme” und latein furere “rasen, wüten” bezeugt ist — die Abgrenzung dieser Sippe ist im übrigen schwierig, da die Bedeutung leicht mit anderen verknüpft werden kann. Abstrakta: Tosen, Getöse.
Aha.
Also die lateinische furor, oder die franzenländische fureur entspricht dem deutschen Getöse. Normal, denn das D auf Indogermanisch (weiter T auf Deutsch) wurde F auf Latein, wegen dieses obengennanten Anlautprozesses.
Aber es gibt besser, erklärt und Julius Pokorny in seinem Wörterbuch der indogermanischen Sprache:


Also ein Idiot, ein Clown, ein Teufel, ein wahnsinniger, ruhiger oder betrunkener Mann (bzw. Frau) ist eigentlich das gleiche: ein Getöse. Das ist einfach toll!
Du bist solch ein Getös! könnte man also ab jetzt sagen. G und der JB kennen eine Labertasche, die (bzw: der) diesen neuen Namen müüühelos verdienen könnte. Egal.

Wenn der JB auf das Wort Getöse so achtet, ist es natürlich, weil er  an das Lied von Bertolt Brecht mit einer Musik von Kurt Weill in der Dreigroschenoper denkt, Seeräuber-Jenny: "Aber eines Abends wird ein Getös sein am Hafen / Und man fragt: Was ist das für ein Getös?" - zwei Sätze, die eigentlich die zwei Anderen des ersten Couplets abspiegeln: "Aber eines Abends wird ein Geschrei sein am Hafen / Und man fragt: Was ist das für ein Geschrei?"
Das Lied wurde berühmt und von viiielen Frauen gesungen. Aber die erste Version sang Lotte Lenja (seufz…), in der Adaptation von Pabst, von 1931, als sie noch keine Oktave verloren hatte und hoch singen konnte:



Eine andere schöne Version, mehr jazzig, ist natürlich die von DER Knef, von 1963. (Ach, Die Knef hätte den ganzen Repertoire von Brecht/Weill singen müssen… Naja…)



Wir werden natürlich NICH die Version von der Ute Lemper hören, nein. Aber die von Marianne Faithfull, auf jeeeden Fall! Zwar ohne Getös, aber in 1996 gesungen und schon historisch:



Aber die erschreckendeste Version ist selbstverständlich die von Nina Simone, die sie in 1964 im Konzert gesungen hat. Wir hören es erstmal und reden kur nachher darüber:




Denn neulich hat uns unsere Freundin Eli aus Norwegen folgende Nachricht geschickt: es ging genau um diesen Konzert, als sie Pirate Jenny, also Seeräuber-Jenny gesungen hat. Den Rest der Geschichte erzählt Sam Shepard hier, aber hierunten ein Teil davon:


Euch trotzdem eine schöne gute Nacht, meine kleinen lieben Freunde.

lundi 21 juin 2010

Nach der Elster: die… Spatzen!

Und während der JB über Häkeln und Stricken bloggierte, hörte er komische Geräusche in seiner Küche… Ein Dieb?
Langsam und geräuschlos (oder, wie er seiner Muttersprache es sagt: "mit Wölfenschritten") ging er bis zum Kochenundessenraum. Und was sah er dort?
Ju. Zwei Spatzen.
Zwei Spatzen, die fortgeflogen sind…

Der JB ist ja, und das auch ist bekannt, ein Freund der Tiere. Er hatte sogar daran gedacht eine Noahsarche in seiner Bude zu machen. Leider fand er dafür niemals Zeit. Egal.
Also: nach der Elster vor zehn Tage sind zwei Spatzen zu ihm gekommen.
Oh, Freu!
Das waren sicher die besten Freude von Frau Elster! Frau Elster hat ja ihnen sicher gesagt: "Der ist zwar ein Skinhead, aber keine Angst: das ist ein Lieber. Geht zu ihm und grüsst ihn schön von mir. Er wohnt in einem guten Haus."
Tja…

Auf jeden Fall.
Die lieben Spatzen waren verhungert und haben sich sofort was zum Fressen gefunden (denn, Brecht hatte ja (b)Recht: "Erst kommt das Fressen, dann kommt die Moral."). Das heisst: Brot und Butter.
Hier die Beweise:

© icke

© icke


Der JB war leider (es tut ihm sher, sehr Leid) mit seiner Knipsmaschine nicht schnell genug. Er kann also die physische Präsenz der Spatzen in seinem Kochenundessenraum nicht dokumentieren (und das auch tut ihm sehr, sehr Leid). Er ist aber sowieso ein Mann voller Hoffnung und hat also seine Knipsmaschine am besten Ort gestellt, damit er später alles beweisen kann.

Wie gesagt, als der JB die Spatzen gesehen hat, sind diese voll lauter Schreck fortgelfogen. JB ist nach ihnen gerannt, aber er kann nicht fliegen. Er konnte sie also nicht folgen. Er hat sie gerufen: "Spatzen! Wo seid ihr? Kommt zurück! Ihr kriegt alles, was ihr wollt! Ich werde sogar nochmals Liebeskuchen backen!!! Spaaatzen!"
Aber die Spatzen sind weg.
Seitdem weint der JB.
JBs Tränenüberschwemmung erreicht bald ihre Kusine an dem Oder.

Wir verabschieden uns also mit dem (b)Recht, Wovon lebt der Mensch, aus der Dreigroschenoper, und zwar mit der Originalversion, wo Frau Lotte Lenja († RIP) singt:

vendredi 23 avril 2010

Wofür auch man in diesem Leben steht

Und gestern, zur Schaubühne fahrend um das Theaterstück Bertolt Brechts zu sehen, nahm man die mehdornische Milchkuh (aka die berliner S-Bahn), und man sah das:

© icke

Und man dachte, was für ein schöner Zufall: "Fight capitalism & naziscum" entspricht ja einigermassen wofür auch man in diesem Leben steht, weshalb man auch heute Abend ins Theater geht, um ausgerechnet ein Stück von Brecht zu sehen, um ausgerechnet Den guten Mensch aus Sezuan zu sehen. Denn das Stück handelt sich ja darum, zwar mehr um Kapitalismus und Ausbeutung, und weniger um Nazismus (es gibt aber eine Andeutung); und das Stück wurde ja im Exil geschrieben, als Brecht die Nazis entflohen hatte und in Dänemark lebte.

Und heute denkt man natürlich an ein Lied von ihm. Das Lied wurde ein jahr nachher komponiert, also in 1939. Lied einer deutschen Mutter, heisst es. Auf durohr hat man nur die Version von Gisela May gefunden. Und, entschuldigung, aber die Steifheit, Ernsthaftigkeit und Förmlichkeit der Frau May mochte man nie wirklich (nach dem Motto: gib mir bitte erstmal eine Peitsche, damit ich mich beim Singen schlagen kann). Die Version von Dame Lotte Lenja, auf englisch, in 1954 auf Broadway aufgeführt, ist viiiel besser. Leider nicht auf durohr zu hören, aber ein Teilchen kann man gerne hier geniessen.
Nanu. Trotzdem die Gisela:




PS: Übrigens. In der Schaubühne. Jule Böwe war einfach nur tolllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll. Aber auch dieser Schauspieler, Niels Bormann heisst er. Grossartig war er!

mardi 11 novembre 2008

Mackie Messer

Når jeg sitter og oversetter, skjer det ikke så aldri sjelden at jeg lytter på musikk. Ofte Ravel, som jeg skrev før. Og akkurat nå lytter på Lotte Lenja. Jeg elsker Lotte Lenja, den kornete stemmen hennes, det ufilmiske ansiktet hennes, det kaotiske livet hennes.
Og akkurat nå hører jeg på Mackie Messer. Jeg har mange versjoner av sangen. Har akkurat telt: 38. Og kanskje er det noen jeg glemmer. Men jeg ville gjerne vise dem jeg foretrekker.
Først og fremst den av Lotte Lenja, en av favorittene mine, også pga. musikken:



Mindre kjent er denne versjonen, hvor Bertolt Brecht SELV synger! Her, hør hvordan han ruller R-ene:



Hildegard Knef har også vært en veldig god vokalist av Brecht/Weill-låtene. Hennes veldig jazzy måte å synge dem på var storartet. Det finnes en live-versjonen av Mackie Messer, hvor hun bare ler hele tiden, mye mer enn i versjonen herunder. Her er hun fremdeles veldig ung, ikke "verkokst" som man sier på tysk, altså kokset, selv om hun åpner store øyne.



Mange år senere finnes det, så klart, versjonen av Nick Cave. Ikke bare musikalsk er den sorartet, men stemmen hans passer så akkurat til sangen. Versjonen er såpass ny at, etter at Lotte Lenja (som i mellomtida er blitt Lotte Lenya i USA) har sunget det i en jazzversjon sammen med Louis Armstrong i 1957, er det bare den jazzy versjonen som er blitt tatt opp og opp igjen. Så her det australer:



De som ikke er med og som burde vært med:
Marianne Faithfull, Pascal Comelade, Ella Fitzgerald (der finnes versjoner av henne på youtube, men da synger hun altfort fort!)
De som ikke i hvert fall ikke blir med i det hele tatt:
Ute Lemper (næææiiiiiiii!!!)

vendredi 19 septembre 2008

Youkali

Un retour dans la Rance, ou en Frangst comme dit cette chère Alexandre, ça mérite bien de s'arrêter une peu pendant 6'46'' pour écouter Youkali, un morceau composé par Kurt Weill, et chanté ici par Teresa Stratas, qui en livre ainsi la plus belle version existant à ce jour.

Kurt Weill a vécu de mars 1933 à septembre 1935 en France. Il fuyait les nazis. À leurs yeux il était devenu un artiste dégénéré. Il est parti avec Lotte Lenja dont il a divorcé en 1933. Ils étaient récemment divorcés, et pourtant ils sont partis ensemble. Ils ne se quitteront jamais, voire, se remarieront en 1937. En 1934, il aura composé Je ne t'aime pas, chanté par Lys Gauty (dont Anne Sofie von Otter livrera en 1995 la plus belle version ; j'y reviendrai un autre jour) et qui sonne comme la chanson de l'amour impossible en général et de l'amour impossible entre Weill et Lenja en particulier.
Mais en 1935, il y a donc Youkali, dont Roger Fernay a écrit les paroles impérissables. L'idée de Youkali, c'est qu'il existe un endroit où le bonheur et le désir et l'amour ("partagé", insiste Fernay) sont de mise. Cet endroit est à portée de main, tous les jours quelqu'un nous invite à y aller. Et, pour nous, savoir que ce pays existe nous aide à vivre, à survivre. Sauf que, voilà, raté, ce pays n'existe pas. C'est une utopie, "une folie", dit aussi Fernay.
Si on lit, si on écoute cette chanson dans le seul cadre de ce qu'elle nous dit, c'est évidemment vertigineux et d'une rare beauté : le bonheur et l'amour existent bel et bien, mais il va falloir aller loin pour le trouver ; et tant pis, on y ira, on l'atteindra. Mais cette chanson a des accents plus tristes encore quand on connaît justement la biographie de Weill. Youkali devient une chanson sur l'exil forcé, sur une vie stoppée en plein vol, sur ce que cela signifie de de devenir sans terre, sans nation.
En 1935, Kurt Weill et Lotte Lenya s'enfuient aux États-Unis, où ils vivront jusqu'à leur mort.

Plus tard, après la mort de Kurt Weill en 1950, Lotte Lenja (devenue Lenya pour les Américains) crée en 1962 la Kurt Weill Fondation. Juste avant sa mort en 1981, elle désigne Teresa Stratas comme digne successeure de la direction de la Fondation.
Et donc Teresa Stratas chante Youkali et c'est une pure extase — bon, d'accord, au niveau théâtral, son jeu est nul. Mais bon. Ça n'a reste pas moins superbe.