Und, ohne dass er es selbst versteht, mit üüüberhaupt keiner Ahnung weder weshalb, weswegen, noch wodurch, stolpert der JB auf das Wort Genitalien. Und natürlich muss er unbedingt an die Version vom Eifersuchtsduett in der Dreigroschenoper denken.
Das Duett ist eigentlich ein Streit zwischen Lucy und Polly wegen Mackie. Da singen sie:
Gut so.
Das Duett wurde auch von Frau Georgette und Terry Truck gesungen. Also zusammen: der zweite ist Lucy, die erste Polly. Und sie singen auch die obenstehenden Zeilen. Aber wenn diese wiederholt werden, verändert Frau Georgette den Text, damit es so wird:
Meine Genitalien by Georgette Dee & Terry Truck
Ha ha ha!
Lass uns jetzt die komplette Version anhören, wo sie von Nina Hagen und ihrer Mutter Eva-Maria gesungen wird:
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jeudi 24 février 2011
samedi 15 janvier 2011
Bert & Gert
Et JB, qui dînait hier soir avec son cher ami É dans le Kellerestaurant, le restaurant en sous-sol (la traduction) de la Bertolt Brecht-Haus, donc la maison où ont vécu Bertolt Brecht et Helene Weigel, un lieu que JB adore parce qu'on y mange divinement de la cuisine autrichienne (nationalité de Helene Weigel), parce que les aménagements intérieurs en bois sont typiques de ces restaurants berlinois qui ont quasiment disparus; parce qu'on y est à côté des scénographies miniatures, encastrées dans des boîtes elles aussi en bois et imaginées pour les pièces de Brecht; parce qu'on est dans la maison du couple, laquelle est sise juste à côté du cimetière où sont enterrées les sommités de la RDA, dont eux - et JB aime beaucoup ces tombes sommaires et simples:
Et donc JB se trouve dans le Kellerrestaurant en compagnie de É, ils attendent leur escalope viennoise, celle-ci vient, ils la savourent, É dit, voyant JB dévorer: "Tu avais faim", et JB de répliquer pour seule réponse: "Erst kommt das Fressen, dann kommt die Moral" — une phrase archiconnue et tirée de L'Opéra de Quat'sous (l'œuvre de Brecht fétiche de JB et fétichisée par lui), phrase qu'il traduirait ainsi: "La bouffe d'abord, la morale ensuite." On écoute la version originale, chantée dans l'adaptation cinématographique réalisée par Pabst en 1931, avec Lotte Lenja dans le rôle de Jenny, que JB vénère à jamais. Ah, oui… La chanson est intitulée en allemand Wovon lebt der Mensch? = Car de quoi vit l'homme?:
Des versions de la chanson, JB en a plein (comme d'ailleurs de toutes celles de L'Opéra de Quat' Sous — dont, soit dit en passant ils sont donc au nombre de 4 en français, de 3 en allemand et en anglais et dans la plupart des langues, mais 12 en norvégien et en suédois). Ses préférées sont celles de Georgette Dee et surtout celle de Tom Waits qui bénéficie d'une impeccable traduction en anglais (quand est-ce que l'œuvre va être retraduite en français?!?!? qui s'y colle?!?!?). Il y a en fait dans ce "deuxième final" deux phrases qui entreront dans la postérité tant littéraire que brechtienne. Celle ci-dessus, en allemand, donc: "Erst kommt das Fressen, dann kommt die Moral"; en anglais, "Food is the first thing, morals follow on"; en français, dans la traduction officielle: "La bouffe vient d’abord, ensuite la morale" — et à laquelle JB préfère définitivement la sienne: "La bouffe d'abord, la morale ensuite." Quant à la seconde, elle dit en allemand: "Der Mensch lebt nur von Missetat allein!"; en anglais: "Mankind is kept alive by bestial acts"; en français, toujours dans la traduction officielle: "L’homme vit de méfaits et de péchés", et la présence du mot péché, superflue (il n'est en réalité question que de méfaits), en dit peut-être long sur la culture catholique qui imprègne la langue vers laquelle la phrase est traduite.
Allez, on écoute Tom Waits:
Et JB s'étonne, en écoutant la version allemande de la chanson de voir au générique, dans le rôle de Mrs Peachum, le nom de Valeska Gert:
Comme c'est étrange, songe-t-il… Il est allé pas plus tard que mercredi dernier, avec G (bonjour, G!), voir à la Hamburger Bahnhof l'exposition consacrée à Valeska Gert. Ça alors! Quel merveilleux hasard, quelle superbe coïncidence pour JB, qui les adore. Toutefois, JB s'étonne: lui qui a vu plusieurs fois le Dreigroschenoper de Pabst, comment n'a-t-il pas pu se souvenir que Valeska Gert y jouait? On la voit ici:
Oui, pourquoi? Parce que JB était ébloui par Lotte Lenja?
Lotte Lenja et son air triste et buté et désemparé dans le film où elle joue Jenny:
Sachant que Mrs Peachum chante dans la pièce un autre morceau que JB, Die Ballade von der sexuellen Hörigkeit, JB cherche dans la réalisation de Pabst, mais ne trouve pas. Pourtant, il était persuadé que la chanson avait été reprise. mais non. Comme quoi les souvenirs nous jouent décidément des tours pendables. Quelles phrases aime JB dans cette chanson traduite en français par Ballade de l’asservissement sexuel? Celles-ci: "Am Abend sagt man: Mit mir geht’s nach oben. / Doch bevor es Nacht wird, liegt man wieder droben." Dans la traduction française que possède JB, de 1959 par Jean-Claude Hémery, la chanson s'appelle La Ballade de l'esclavage des sens et la phrase est ainsi traduite: "Le soir on se dit: “Tiens, je me sens tout chose”, / Et avant qu'il soit nuit on est chez Marie-Rose."
On en écoute ici une version de 1950:
Des autres versions que JB possède, il adore celle interprétée par Marianne Faithfull (de 1996) et celle par Nina Hagen (1999). mais elles ne sont pas disponibles sur toitube. Or, et JB en tombe presque de sa chaise, quelle est la traduit en anglais de la chanson. Bingo: The Ballad of Sexual Dependency. Et quelle exposition sont allés voir hier après-midi É et JB, avant d'aller au Kellerrestaurant? Celle consacrée au, dixit, "œuvres berlinoises" de Nan Goldin, et à voir à la Berlinische Galerie jusqu'au 28 mars (et il faut la voir absolument, entre autres parce qu'elle bénéficie d'un accrochage à tomber à la renverse, avec des cimaises monochromes pour chaque salle et un éclairage qui tombe magnifiquement sur les photos — c'étaient les conseils de JB pour M. qui va bientôt revenir à Berlin!). Et comment s'appelle une des œuvres fondamentales de Nan Goldin? Re-bingo: The Ballad of Sexual Dependency. Décidément, ces hasards et ces coïncidences… Allez, du coup, on regarde un extrait de ce film en diapos, ici projeté au MoMa en 2009:
JB résume toutes ces digressions:
Bertolt Brecht et Helene Weigel, L'Opéra de quat'sous, Valeska Gert. Valeska et l'exposition qui lui est consacrée à Berlin
Bon.
Mais que disait Valeska Gert de Helene Weigel, dans son autobiographie Je suis une sorcière?
Qui était Valeska Gert? Née en 1892 et morte en 1978, elle a visiblement (JB emploie cet adverbe car, avant l'exposition, il ne la connaissait pas) révolutionné la pratique de la danse.
Actrice, elle a peu tourné. Mais avec, excusez du peu, Pabst (donc) Jean Renoir, Volker Schlöndorff, Fassbinder, Fellini (on y revient):
Parmi les rôles qu'elle a joués, il y a aussi celui, également montré à l'exposition, joué dans Diary of a Lost Girl, encore de Pabst (1929), dans lequel joue… Louise Brooks. Et Valeska Gert d'incarner une espèce de surveillante sadique qui a hypnotisé JB mercredi dernier, et qu'il a le plaisir de pouvoir montrer:
Actrice, donc, elle est surtout célèbre pour ses performances. Dans l'exposition, JB a été fasciné par l'une d'elles, réalisée en 1969 et intitulée Baby, où elle reproduit un bébé d'abord en train de pleurer, m-puis qui se réconforte en suçant son pouce. Une image ici:
"Forgotten performer", dit donc d'elle le site d'informations allemand de Deutsche Welle. Et pour cause. Valeska Gert, de confession juive et qui a dû quitter l'Allemagne nazie, dira même dans son autobiographie:
Et JB se souvient aussi de cette émission de télévision réalisée dans les années 70 et montrée dans l'exposition, où elle est encore plus dure envers l'Allemagne. Toujours est-il que, et JB manque d'entrer en syncope, Berlin lui a consacré une rue. Et où se trouve-t-elle, cette rue? JB le donne en mille à tous ses petits amis? À cinq minutes à pied de son palais socialiste. À C-I-N-Q minutes!
Valeska Gert écrit aussi cette phrase bouleversante:
JB répète: "(…) peut-être étions-nous trop sensibles pour la vie (…)"
Aaaah!!!
JB s'étonne pour la énième fois. Cela lui rappelle une phrase de Shaïne Cassim dont il ne saurait que trop conseiller les romans pour adolescents. JB est persuadé d'avoir lu un passage similaire. Il cherche dans l'œuvre complète de l'auteure, ne trouve pas tout à fait, mais presque. C'est dans Un jour, mon prince (le roman de Shaïne Cassim qu'elle-même préfère). Et en fait, la phrase se retrouve deux fois, écrite de deux manières différents.
La première, à la page 98:
Je reste dans mon lit car je ne peux affronter un monde rempli de tant de beauté.
Puis, à la fin du roman , publié en 2001, page 113:
J'éprouve moins de tristesse devant la beauté du monde.
Enfin, dans l'exposition, était montré l'extrait du film de Fellini, Giulietta degli spiriti (Juliette des esprits, en français), de 1965, qui est, JB l'apprend, le premier film en couleurs du réalisateur:
Quand il a vu cet extrait, JB était sidéré. Halluciné par ces images tout aussi hallucinées dont Wikipédia dit que Fellini les aurait tournées après avoir pris du LSD. Dans ce film, Giulietta, jouée par Giulietta Masina, est trompée par son mari. Évidemment, c'est elle qui en porte la faute et c'est ce que Fellini dénonce. Elle est déclarée folle. Et c'est cette folie que montre le réalisateur. Dans l'extrait où intervient Valeska Gert, il y a d'abord cette phrase qui a fait ses dresser les poils de JB
Giulietta va donc consulter une méidum, interprétée par Valeska Gert, et on se rend compte de son talent de performer. Une image d'abord:
L'extrait ensuite:
Et quand JB avait vu ces images, il avait aussitôt pensé à David Lynch. L'univers onirique, surréaliste, inquiet et hypnotique y était en tous points identiques. Or, ultime coïncidence, que trouve-t-il en cherchant le passage en question sur toitube, dans les vidéos conseillées sur la colonne de droite? JB donne ça aussi en mille à tous ses petits amis:
De fait, dans le film de David Lynch, Laura Dern va également consulter une médium, il y a également des rêves et des hallucinations, il y a également des images improbables et oniriques et hallucinées et hypnotiques. On regarde la bande-annonce pour en donner un avant-goût:
Il faut se quitter.
Et JB aimerait le faire avec une autre scène de Giulietta des esprits, quand une Giulietta Masina en larmes dit:
"No more suffering."
JB souhaite une belle et bonne journée à tous ses petits amis.
Et donc JB se trouve dans le Kellerrestaurant en compagnie de É, ils attendent leur escalope viennoise, celle-ci vient, ils la savourent, É dit, voyant JB dévorer: "Tu avais faim", et JB de répliquer pour seule réponse: "Erst kommt das Fressen, dann kommt die Moral" — une phrase archiconnue et tirée de L'Opéra de Quat'sous (l'œuvre de Brecht fétiche de JB et fétichisée par lui), phrase qu'il traduirait ainsi: "La bouffe d'abord, la morale ensuite." On écoute la version originale, chantée dans l'adaptation cinématographique réalisée par Pabst en 1931, avec Lotte Lenja dans le rôle de Jenny, que JB vénère à jamais. Ah, oui… La chanson est intitulée en allemand Wovon lebt der Mensch? = Car de quoi vit l'homme?:
Des versions de la chanson, JB en a plein (comme d'ailleurs de toutes celles de L'Opéra de Quat' Sous — dont, soit dit en passant ils sont donc au nombre de 4 en français, de 3 en allemand et en anglais et dans la plupart des langues, mais 12 en norvégien et en suédois). Ses préférées sont celles de Georgette Dee et surtout celle de Tom Waits qui bénéficie d'une impeccable traduction en anglais (quand est-ce que l'œuvre va être retraduite en français?!?!? qui s'y colle?!?!?). Il y a en fait dans ce "deuxième final" deux phrases qui entreront dans la postérité tant littéraire que brechtienne. Celle ci-dessus, en allemand, donc: "Erst kommt das Fressen, dann kommt die Moral"; en anglais, "Food is the first thing, morals follow on"; en français, dans la traduction officielle: "La bouffe vient d’abord, ensuite la morale" — et à laquelle JB préfère définitivement la sienne: "La bouffe d'abord, la morale ensuite." Quant à la seconde, elle dit en allemand: "Der Mensch lebt nur von Missetat allein!"; en anglais: "Mankind is kept alive by bestial acts"; en français, toujours dans la traduction officielle: "L’homme vit de méfaits et de péchés", et la présence du mot péché, superflue (il n'est en réalité question que de méfaits), en dit peut-être long sur la culture catholique qui imprègne la langue vers laquelle la phrase est traduite.
Allez, on écoute Tom Waits:
Et JB s'étonne, en écoutant la version allemande de la chanson de voir au générique, dans le rôle de Mrs Peachum, le nom de Valeska Gert:
Comme c'est étrange, songe-t-il… Il est allé pas plus tard que mercredi dernier, avec G (bonjour, G!), voir à la Hamburger Bahnhof l'exposition consacrée à Valeska Gert. Ça alors! Quel merveilleux hasard, quelle superbe coïncidence pour JB, qui les adore. Toutefois, JB s'étonne: lui qui a vu plusieurs fois le Dreigroschenoper de Pabst, comment n'a-t-il pas pu se souvenir que Valeska Gert y jouait? On la voit ici:
Oui, pourquoi? Parce que JB était ébloui par Lotte Lenja?
Lotte Lenja et son air triste et buté et désemparé dans le film où elle joue Jenny:
Sachant que Mrs Peachum chante dans la pièce un autre morceau que JB, Die Ballade von der sexuellen Hörigkeit, JB cherche dans la réalisation de Pabst, mais ne trouve pas. Pourtant, il était persuadé que la chanson avait été reprise. mais non. Comme quoi les souvenirs nous jouent décidément des tours pendables. Quelles phrases aime JB dans cette chanson traduite en français par Ballade de l’asservissement sexuel? Celles-ci: "Am Abend sagt man: Mit mir geht’s nach oben. / Doch bevor es Nacht wird, liegt man wieder droben." Dans la traduction française que possède JB, de 1959 par Jean-Claude Hémery, la chanson s'appelle La Ballade de l'esclavage des sens et la phrase est ainsi traduite: "Le soir on se dit: “Tiens, je me sens tout chose”, / Et avant qu'il soit nuit on est chez Marie-Rose."
On en écoute ici une version de 1950:
Des autres versions que JB possède, il adore celle interprétée par Marianne Faithfull (de 1996) et celle par Nina Hagen (1999). mais elles ne sont pas disponibles sur toitube. Or, et JB en tombe presque de sa chaise, quelle est la traduit en anglais de la chanson. Bingo: The Ballad of Sexual Dependency. Et quelle exposition sont allés voir hier après-midi É et JB, avant d'aller au Kellerrestaurant? Celle consacrée au, dixit, "œuvres berlinoises" de Nan Goldin, et à voir à la Berlinische Galerie jusqu'au 28 mars (et il faut la voir absolument, entre autres parce qu'elle bénéficie d'un accrochage à tomber à la renverse, avec des cimaises monochromes pour chaque salle et un éclairage qui tombe magnifiquement sur les photos — c'étaient les conseils de JB pour M. qui va bientôt revenir à Berlin!). Et comment s'appelle une des œuvres fondamentales de Nan Goldin? Re-bingo: The Ballad of Sexual Dependency. Décidément, ces hasards et ces coïncidences… Allez, du coup, on regarde un extrait de ce film en diapos, ici projeté au MoMa en 2009:
JB résume toutes ces digressions:
Bertolt Brecht et Helene Weigel, L'Opéra de quat'sous, Valeska Gert. Valeska et l'exposition qui lui est consacrée à Berlin
Bon.
Mais que disait Valeska Gert de Helene Weigel, dans son autobiographie Je suis une sorcière?
Qui était Valeska Gert? Née en 1892 et morte en 1978, elle a visiblement (JB emploie cet adverbe car, avant l'exposition, il ne la connaissait pas) révolutionné la pratique de la danse.
Actrice, elle a peu tourné. Mais avec, excusez du peu, Pabst (donc) Jean Renoir, Volker Schlöndorff, Fassbinder, Fellini (on y revient):
Parmi les rôles qu'elle a joués, il y a aussi celui, également montré à l'exposition, joué dans Diary of a Lost Girl, encore de Pabst (1929), dans lequel joue… Louise Brooks. Et Valeska Gert d'incarner une espèce de surveillante sadique qui a hypnotisé JB mercredi dernier, et qu'il a le plaisir de pouvoir montrer:
Actrice, donc, elle est surtout célèbre pour ses performances. Dans l'exposition, JB a été fasciné par l'une d'elles, réalisée en 1969 et intitulée Baby, où elle reproduit un bébé d'abord en train de pleurer, m-puis qui se réconforte en suçant son pouce. Une image ici:
"Forgotten performer", dit donc d'elle le site d'informations allemand de Deutsche Welle. Et pour cause. Valeska Gert, de confession juive et qui a dû quitter l'Allemagne nazie, dira même dans son autobiographie:
Et JB se souvient aussi de cette émission de télévision réalisée dans les années 70 et montrée dans l'exposition, où elle est encore plus dure envers l'Allemagne. Toujours est-il que, et JB manque d'entrer en syncope, Berlin lui a consacré une rue. Et où se trouve-t-elle, cette rue? JB le donne en mille à tous ses petits amis? À cinq minutes à pied de son palais socialiste. À C-I-N-Q minutes!
Valeska Gert écrit aussi cette phrase bouleversante:
JB répète: "(…) peut-être étions-nous trop sensibles pour la vie (…)"
Aaaah!!!
JB s'étonne pour la énième fois. Cela lui rappelle une phrase de Shaïne Cassim dont il ne saurait que trop conseiller les romans pour adolescents. JB est persuadé d'avoir lu un passage similaire. Il cherche dans l'œuvre complète de l'auteure, ne trouve pas tout à fait, mais presque. C'est dans Un jour, mon prince (le roman de Shaïne Cassim qu'elle-même préfère). Et en fait, la phrase se retrouve deux fois, écrite de deux manières différents.
La première, à la page 98:
Je reste dans mon lit car je ne peux affronter un monde rempli de tant de beauté.
Puis, à la fin du roman , publié en 2001, page 113:
J'éprouve moins de tristesse devant la beauté du monde.
Enfin, dans l'exposition, était montré l'extrait du film de Fellini, Giulietta degli spiriti (Juliette des esprits, en français), de 1965, qui est, JB l'apprend, le premier film en couleurs du réalisateur:
Quand il a vu cet extrait, JB était sidéré. Halluciné par ces images tout aussi hallucinées dont Wikipédia dit que Fellini les aurait tournées après avoir pris du LSD. Dans ce film, Giulietta, jouée par Giulietta Masina, est trompée par son mari. Évidemment, c'est elle qui en porte la faute et c'est ce que Fellini dénonce. Elle est déclarée folle. Et c'est cette folie que montre le réalisateur. Dans l'extrait où intervient Valeska Gert, il y a d'abord cette phrase qui a fait ses dresser les poils de JB
Giulietta va donc consulter une méidum, interprétée par Valeska Gert, et on se rend compte de son talent de performer. Une image d'abord:
L'extrait ensuite:
Et quand JB avait vu ces images, il avait aussitôt pensé à David Lynch. L'univers onirique, surréaliste, inquiet et hypnotique y était en tous points identiques. Or, ultime coïncidence, que trouve-t-il en cherchant le passage en question sur toitube, dans les vidéos conseillées sur la colonne de droite? JB donne ça aussi en mille à tous ses petits amis:
De fait, dans le film de David Lynch, Laura Dern va également consulter une médium, il y a également des rêves et des hallucinations, il y a également des images improbables et oniriques et hallucinées et hypnotiques. On regarde la bande-annonce pour en donner un avant-goût:
Il faut se quitter.
Et JB aimerait le faire avec une autre scène de Giulietta des esprits, quand une Giulietta Masina en larmes dit:
"No more suffering."
JB souhaite une belle et bonne journée à tous ses petits amis.
mardi 21 septembre 2010
ein Getös
Und der JB guckt sich heute Abend die ARD-Nachrichten an, die Jens Riewa leider nicht präsentierte - und der JB musste fast weinen - aber dann guckte er diese alten Nachrichten mit dem Jenslein und dann war der JB wieder munter. Wir schauen uns diesen grandiosen freudschen Versprecher an, den Jens-Liebling macht:
Man darf sich natürlich fragen, warum der knackige Jens Kunde und Kurde verwechselt; aber seitdem es um einen freudschen Versprecher handelt, und seitdem wir den süssen Jens mögen, sagen wir weiter nichts aber denken viel.
Auf jeden Fall sah der JB heute die Nachrichten und es ging um New York, um eine gewissene Konferenz, um Armut, blahblahblah, AIDS, blahblahblah, Frauenrechte, blahblahblah, pff… das ist aber sooo unwichtig, mann ey…
Und dann wird das Wort ausgesprochen:
Getöse.
Dieses Wort hat den unschuldigen und ein bisschen doofen JB immer erstaunt. Von daher wiederholt er:
Getöse
Was sagt der Duden zu diesem Wort?
Und was sagt unser Freund der Kluge zu der Etymologie?
Also die lateinische furor, oder die franzenländische fureur entspricht dem deutschen Getöse. Normal, denn das D auf Indogermanisch (weiter T auf Deutsch) wurde F auf Latein, wegen dieses obengennanten Anlautprozesses.
Aber es gibt besser, erklärt und Julius Pokorny in seinem Wörterbuch der indogermanischen Sprache:
Also ein Idiot, ein Clown, ein Teufel, ein wahnsinniger, ruhiger oder betrunkener Mann (bzw. Frau) ist eigentlich das gleiche: ein Getöse. Das ist einfach toll!
Du bist solch ein Getös! könnte man also ab jetzt sagen. G und der JB kennen eine Labertasche, die (bzw: der) diesen neuen Namen müüühelos verdienen könnte. Egal.
Wenn der JB auf das Wort Getöse so achtet, ist es natürlich, weil er an das Lied von Bertolt Brecht mit einer Musik von Kurt Weill in der Dreigroschenoper denkt, Seeräuber-Jenny: "Aber eines Abends wird ein Getös sein am Hafen / Und man fragt: Was ist das für ein Getös?" - zwei Sätze, die eigentlich die zwei Anderen des ersten Couplets abspiegeln: "Aber eines Abends wird ein Geschrei sein am Hafen / Und man fragt: Was ist das für ein Geschrei?"
Das Lied wurde berühmt und von viiielen Frauen gesungen. Aber die erste Version sang Lotte Lenja (seufz…), in der Adaptation von Pabst, von 1931, als sie noch keine Oktave verloren hatte und hoch singen konnte:
Eine andere schöne Version, mehr jazzig, ist natürlich die von DER Knef, von 1963. (Ach, Die Knef hätte den ganzen Repertoire von Brecht/Weill singen müssen… Naja…)
Wir werden natürlich NICH die Version von der Ute Lemper hören, nein. Aber die von Marianne Faithfull, auf jeeeden Fall! Zwar ohne Getös, aber in 1996 gesungen und schon historisch:
Aber die erschreckendeste Version ist selbstverständlich die von Nina Simone, die sie in 1964 im Konzert gesungen hat. Wir hören es erstmal und reden kur nachher darüber:
Denn neulich hat uns unsere Freundin Eli aus Norwegen folgende Nachricht geschickt: es ging genau um diesen Konzert, als sie Pirate Jenny, also Seeräuber-Jenny gesungen hat. Den Rest der Geschichte erzählt Sam Shepard hier, aber hierunten ein Teil davon:
Euch trotzdem eine schöne gute Nacht, meine kleinen lieben Freunde.
Man darf sich natürlich fragen, warum der knackige Jens Kunde und Kurde verwechselt; aber seitdem es um einen freudschen Versprecher handelt, und seitdem wir den süssen Jens mögen, sagen wir weiter nichts aber denken viel.
Auf jeden Fall sah der JB heute die Nachrichten und es ging um New York, um eine gewissene Konferenz, um Armut, blahblahblah, AIDS, blahblahblah, Frauenrechte, blahblahblah, pff… das ist aber sooo unwichtig, mann ey…
Und dann wird das Wort ausgesprochen:
Getöse.
Dieses Wort hat den unschuldigen und ein bisschen doofen JB immer erstaunt. Von daher wiederholt er:
Getöse
Was sagt der Duden zu diesem Wort?
Getöse, das, -s [mhd. gedoeze, Kollektivbildung zu mhd., ahd. dôz = Geräusch] (oft abwertend): tosendes Geräusch, Lärm: Das Getöse der Wellen; mach nicht solch ein Getöse!; mit lautem Getöse.
Und was sagt unser Freund der Kluge zu der Etymologie?
tosen (10. Jahrhundert), mhd. dôsen, ahd. dôsôn. Vergleichbar sind altnordisch þausn “Lärm”, altenglisch þys “Sturm”. Vielleicht als Anlautvariante zu indogermanisch °d-eus- “stieben, brausen”, das etwa in griechisch thyo “ich stürme” und latein furere “rasen, wüten” bezeugt ist — die Abgrenzung dieser Sippe ist im übrigen schwierig, da die Bedeutung leicht mit anderen verknüpft werden kann. Abstrakta: Tosen, Getöse.
Aha.Also die lateinische furor, oder die franzenländische fureur entspricht dem deutschen Getöse. Normal, denn das D auf Indogermanisch (weiter T auf Deutsch) wurde F auf Latein, wegen dieses obengennanten Anlautprozesses.
Aber es gibt besser, erklärt und Julius Pokorny in seinem Wörterbuch der indogermanischen Sprache:
Also ein Idiot, ein Clown, ein Teufel, ein wahnsinniger, ruhiger oder betrunkener Mann (bzw. Frau) ist eigentlich das gleiche: ein Getöse. Das ist einfach toll!
Du bist solch ein Getös! könnte man also ab jetzt sagen. G und der JB kennen eine Labertasche, die (bzw: der) diesen neuen Namen müüühelos verdienen könnte. Egal.
Wenn der JB auf das Wort Getöse so achtet, ist es natürlich, weil er an das Lied von Bertolt Brecht mit einer Musik von Kurt Weill in der Dreigroschenoper denkt, Seeräuber-Jenny: "Aber eines Abends wird ein Getös sein am Hafen / Und man fragt: Was ist das für ein Getös?" - zwei Sätze, die eigentlich die zwei Anderen des ersten Couplets abspiegeln: "Aber eines Abends wird ein Geschrei sein am Hafen / Und man fragt: Was ist das für ein Geschrei?"
Das Lied wurde berühmt und von viiielen Frauen gesungen. Aber die erste Version sang Lotte Lenja (seufz…), in der Adaptation von Pabst, von 1931, als sie noch keine Oktave verloren hatte und hoch singen konnte:
Eine andere schöne Version, mehr jazzig, ist natürlich die von DER Knef, von 1963. (Ach, Die Knef hätte den ganzen Repertoire von Brecht/Weill singen müssen… Naja…)
Wir werden natürlich NICH die Version von der Ute Lemper hören, nein. Aber die von Marianne Faithfull, auf jeeeden Fall! Zwar ohne Getös, aber in 1996 gesungen und schon historisch:
Aber die erschreckendeste Version ist selbstverständlich die von Nina Simone, die sie in 1964 im Konzert gesungen hat. Wir hören es erstmal und reden kur nachher darüber:
Denn neulich hat uns unsere Freundin Eli aus Norwegen folgende Nachricht geschickt: es ging genau um diesen Konzert, als sie Pirate Jenny, also Seeräuber-Jenny gesungen hat. Den Rest der Geschichte erzählt Sam Shepard hier, aber hierunten ein Teil davon:
Euch trotzdem eine schöne gute Nacht, meine kleinen lieben Freunde.
mercredi 1 septembre 2010
mardi 3 août 2010
lundi 26 juillet 2010
Kämpft/Battez-vous
Und nicht einmal hat der olle, ranzige Rotgardist, alias der JB, wieder und wieder über seinen genauso ollen und ranzigen Sozialismus geschrieben, dass der gute M. ihm Der Rote Wedding als mp3 schickt, in einer Version, die der JB (Schande!) nicht kannte:
Et à peine le vieux coco rance qu'est JB a-t-il encore et encore écrit au sujet de son tout aussi vieux et tout aussi rance socialisme que le toujours aussi généreux M. lui envoie en mp3 Der rote Wedding dans une version que JB ne connaissait pas (honte éternelle sur lui!):
JB aime aussi beaucoup la version oï par Commandantes qu'il avait vus en concert avec son désormais bon ami F, alors que F et JB étaient à l'époque plus que bons amis (mais c'est une autre histoire!). Apropos: bonjour, F!
Der JB mag auch gerne die Oi-Version von Commandantes, die er mit seinem guten Freund F damals gesehen hat, als die beiden mehr als gute Freunde waren (aber das ist eine ganz andere Geschichte!). Übrigens, guten Tag der Herr F!
Und was auch interessant ist, ist zwei Plakate zu vergleichen. Erstmal die Wahlplakate für Ernst Thälmann (noch ein Held von dem JB), die man in der ersten Video gesehen hat, und die Plakate von Commandantes, die der JB auch als T-Shirt hat (und sogar zwei davon: in rot und in schwarz). Kämpft gegen Hunger und Krieg, proklamierte JBs Ernst. Kämpft (mit uns) für Brot und Freiheit, fordern Commandantes auf. Und nicht nur das, aber die Parolen sind, wie man es sieht, mit der gleichen Font geschöpft.
Et, ce qui est également intéressant, c'est de comparer les deux posters. D'abord l'affiche électorale d'Ernst Thälmann (encore un héros de JB), qu'on a pu voir dans la première vidéo, et celle de Commandants que JB a en tee-shirt (et dans les deux versions, tant en rouge qu'en noir). Battez-vous contre la faim et la guerre, proclamait le Ernst de JB. Battez-vous (avec nous) pour le pain et la liberté, exhortent Commandantes. De plus, comme on le voit, les slogans sont composés avec la même typo.
Mais revenons à Der rote Wedding.
Wedding est un quartier de Berlin, situé au nord de la ville, un quartier aujourd'hui assez défavorisé et qui, pendant l'entre-deux-guerres, était un quartier communiste. Autrement dit: Wedding la Rouge, comme le titre la chanson. Laquelle renvoie d'abord à un mouvement ouvrier d'agit-prop de 1929 ainsi qu'aux combats de rue qui se sont déroulés entre le 1er et le 3 mai et qui ont vu la police exécuter 32 ouvriers. "Berlin restera rouge!" rappellent les paroles. Quant à la chanson, composée par Hanns Eisler, elle a été écrite par Erich Weinert contre lequel il sera en 1931 intenté un procès, justement à cause de ce chant ouvrier et révolutionnaire que, après la guerre, Ernst Busch rendra célèbre.
On ne saurait boucler cette boucle politique et artistique sans revoir ledit Ernst Busch dans l'adaptation réalisée par G.W. Pabst, également en 1931, de L'Opéra de quat'sous, une autre œuvre fétiche de JB écrite par Bertolt Brecht et composée par Kurt Weill où Ernst Busch chante La Complainte de Mackie (oui, décidément JB a bien l'impression qu'il a réuni dans ce post pas mal de ses héros de la chose et de l'art politiques du monde germanophone - il ne manque que John Heartfield et la galerie est quasi complète).
Dieses politisches und künstlerisches Kreis wäre nicht vollkommen abgeschlossen ohne Die Moritat von Mackie Messer, die Ernst Busch in der Dreigroschenoper gesungen hat, eine auch in 1931 von W.G. Pabst gedrehte Adaptation von einem anderen Fetisch- und Lieblingswerk des JBs, das, wie alle es wissen (müssen), von Bertolt Brecht geschrieben und Kurt Weill komponiert wurde (ja, in der Tat, es scheint dem JB, dass er in diesem Post alle seine Helde der politischen und künstlerischen Sache von der deutschsprächigen Welt gesammelt hat - es fehlt nur John Heartfield und die Gallerie ist quasikomplett).
Et à peine le vieux coco rance qu'est JB a-t-il encore et encore écrit au sujet de son tout aussi vieux et tout aussi rance socialisme que le toujours aussi généreux M. lui envoie en mp3 Der rote Wedding dans une version que JB ne connaissait pas (honte éternelle sur lui!):
JB aime aussi beaucoup la version oï par Commandantes qu'il avait vus en concert avec son désormais bon ami F, alors que F et JB étaient à l'époque plus que bons amis (mais c'est une autre histoire!). Apropos: bonjour, F!
Der JB mag auch gerne die Oi-Version von Commandantes, die er mit seinem guten Freund F damals gesehen hat, als die beiden mehr als gute Freunde waren (aber das ist eine ganz andere Geschichte!). Übrigens, guten Tag der Herr F!
Und was auch interessant ist, ist zwei Plakate zu vergleichen. Erstmal die Wahlplakate für Ernst Thälmann (noch ein Held von dem JB), die man in der ersten Video gesehen hat, und die Plakate von Commandantes, die der JB auch als T-Shirt hat (und sogar zwei davon: in rot und in schwarz). Kämpft gegen Hunger und Krieg, proklamierte JBs Ernst. Kämpft (mit uns) für Brot und Freiheit, fordern Commandantes auf. Und nicht nur das, aber die Parolen sind, wie man es sieht, mit der gleichen Font geschöpft.
Et, ce qui est également intéressant, c'est de comparer les deux posters. D'abord l'affiche électorale d'Ernst Thälmann (encore un héros de JB), qu'on a pu voir dans la première vidéo, et celle de Commandants que JB a en tee-shirt (et dans les deux versions, tant en rouge qu'en noir). Battez-vous contre la faim et la guerre, proclamait le Ernst de JB. Battez-vous (avec nous) pour le pain et la liberté, exhortent Commandantes. De plus, comme on le voit, les slogans sont composés avec la même typo.
© icke
Mais revenons à Der rote Wedding.
Wedding est un quartier de Berlin, situé au nord de la ville, un quartier aujourd'hui assez défavorisé et qui, pendant l'entre-deux-guerres, était un quartier communiste. Autrement dit: Wedding la Rouge, comme le titre la chanson. Laquelle renvoie d'abord à un mouvement ouvrier d'agit-prop de 1929 ainsi qu'aux combats de rue qui se sont déroulés entre le 1er et le 3 mai et qui ont vu la police exécuter 32 ouvriers. "Berlin restera rouge!" rappellent les paroles. Quant à la chanson, composée par Hanns Eisler, elle a été écrite par Erich Weinert contre lequel il sera en 1931 intenté un procès, justement à cause de ce chant ouvrier et révolutionnaire que, après la guerre, Ernst Busch rendra célèbre.
On ne saurait boucler cette boucle politique et artistique sans revoir ledit Ernst Busch dans l'adaptation réalisée par G.W. Pabst, également en 1931, de L'Opéra de quat'sous, une autre œuvre fétiche de JB écrite par Bertolt Brecht et composée par Kurt Weill où Ernst Busch chante La Complainte de Mackie (oui, décidément JB a bien l'impression qu'il a réuni dans ce post pas mal de ses héros de la chose et de l'art politiques du monde germanophone - il ne manque que John Heartfield et la galerie est quasi complète).
Dieses politisches und künstlerisches Kreis wäre nicht vollkommen abgeschlossen ohne Die Moritat von Mackie Messer, die Ernst Busch in der Dreigroschenoper gesungen hat, eine auch in 1931 von W.G. Pabst gedrehte Adaptation von einem anderen Fetisch- und Lieblingswerk des JBs, das, wie alle es wissen (müssen), von Bertolt Brecht geschrieben und Kurt Weill komponiert wurde (ja, in der Tat, es scheint dem JB, dass er in diesem Post alle seine Helde der politischen und künstlerischen Sache von der deutschsprächigen Welt gesammelt hat - es fehlt nur John Heartfield und die Gallerie ist quasikomplett).
lundi 21 juin 2010
Nach der Elster: die… Spatzen!
Und während der JB über Häkeln und Stricken bloggierte, hörte er komische Geräusche in seiner Küche… Ein Dieb?
Langsam und geräuschlos (oder, wie er seiner Muttersprache es sagt: "mit Wölfenschritten") ging er bis zum Kochenundessenraum. Und was sah er dort?
Ju. Zwei Spatzen.
Zwei Spatzen, die fortgeflogen sind…
Der JB ist ja, und das auch ist bekannt, ein Freund der Tiere. Er hatte sogar daran gedacht eine Noahsarche in seiner Bude zu machen. Leider fand er dafür niemals Zeit. Egal.
Also: nach der Elster vor zehn Tage sind zwei Spatzen zu ihm gekommen.
Oh, Freu!
Das waren sicher die besten Freude von Frau Elster! Frau Elster hat ja ihnen sicher gesagt: "Der ist zwar ein Skinhead, aber keine Angst: das ist ein Lieber. Geht zu ihm und grüsst ihn schön von mir. Er wohnt in einem guten Haus."
Tja…
Auf jeden Fall.
Die lieben Spatzen waren verhungert und haben sich sofort was zum Fressen gefunden (denn, Brecht hatte ja (b)Recht: "Erst kommt das Fressen, dann kommt die Moral."). Das heisst: Brot und Butter.
Hier die Beweise:
Der JB war leider (es tut ihm sher, sehr Leid) mit seiner Knipsmaschine nicht schnell genug. Er kann also die physische Präsenz der Spatzen in seinem Kochenundessenraum nicht dokumentieren (und das auch tut ihm sehr, sehr Leid). Er ist aber sowieso ein Mann voller Hoffnung und hat also seine Knipsmaschine am besten Ort gestellt, damit er später alles beweisen kann.
Wie gesagt, als der JB die Spatzen gesehen hat, sind diese voll lauter Schreck fortgelfogen. JB ist nach ihnen gerannt, aber er kann nicht fliegen. Er konnte sie also nicht folgen. Er hat sie gerufen: "Spatzen! Wo seid ihr? Kommt zurück! Ihr kriegt alles, was ihr wollt! Ich werde sogar nochmals Liebeskuchen backen!!! Spaaatzen!"
Aber die Spatzen sind weg.
Seitdem weint der JB.
JBs Tränenüberschwemmung erreicht bald ihre Kusine an dem Oder.
Wir verabschieden uns also mit dem (b)Recht, Wovon lebt der Mensch, aus der Dreigroschenoper, und zwar mit der Originalversion, wo Frau Lotte Lenja († RIP) singt:
Langsam und geräuschlos (oder, wie er seiner Muttersprache es sagt: "mit Wölfenschritten") ging er bis zum Kochenundessenraum. Und was sah er dort?
Ju. Zwei Spatzen.
Zwei Spatzen, die fortgeflogen sind…
Der JB ist ja, und das auch ist bekannt, ein Freund der Tiere. Er hatte sogar daran gedacht eine Noahsarche in seiner Bude zu machen. Leider fand er dafür niemals Zeit. Egal.
Also: nach der Elster vor zehn Tage sind zwei Spatzen zu ihm gekommen.
Oh, Freu!
Das waren sicher die besten Freude von Frau Elster! Frau Elster hat ja ihnen sicher gesagt: "Der ist zwar ein Skinhead, aber keine Angst: das ist ein Lieber. Geht zu ihm und grüsst ihn schön von mir. Er wohnt in einem guten Haus."
Tja…
Auf jeden Fall.
Die lieben Spatzen waren verhungert und haben sich sofort was zum Fressen gefunden (denn, Brecht hatte ja (b)Recht: "Erst kommt das Fressen, dann kommt die Moral."). Das heisst: Brot und Butter.
Hier die Beweise:
© icke
© icke
Der JB war leider (es tut ihm sher, sehr Leid) mit seiner Knipsmaschine nicht schnell genug. Er kann also die physische Präsenz der Spatzen in seinem Kochenundessenraum nicht dokumentieren (und das auch tut ihm sehr, sehr Leid). Er ist aber sowieso ein Mann voller Hoffnung und hat also seine Knipsmaschine am besten Ort gestellt, damit er später alles beweisen kann.
Wie gesagt, als der JB die Spatzen gesehen hat, sind diese voll lauter Schreck fortgelfogen. JB ist nach ihnen gerannt, aber er kann nicht fliegen. Er konnte sie also nicht folgen. Er hat sie gerufen: "Spatzen! Wo seid ihr? Kommt zurück! Ihr kriegt alles, was ihr wollt! Ich werde sogar nochmals Liebeskuchen backen!!! Spaaatzen!"
Aber die Spatzen sind weg.
Seitdem weint der JB.
JBs Tränenüberschwemmung erreicht bald ihre Kusine an dem Oder.
Wir verabschieden uns also mit dem (b)Recht, Wovon lebt der Mensch, aus der Dreigroschenoper, und zwar mit der Originalversion, wo Frau Lotte Lenja († RIP) singt:
mercredi 5 mai 2010
Missetat & bestial acts
Und man arbeitet. Und während dessen hört man seine beliebten Brecht/Weill-Lieder. Und dann kommt der Tom. Der Tom Waits. Als Illustration des Tages, des Reflektierens über Kapitalismus und Neoliberalismus und Bänkern und Traders und Ratingagenturen und und und…
Die englische Übersetzung ist eine tolle Adaptation des deutschen Originals (die italienische Übersetzung ist auch gut, die französische komplett vergammelt). Der auf Deutsch unumgängliche und sogar historische Satz "Erst kommt das Fressen, dann kommt die Moral" wird genauso schwächer auf Englisch (Food is the first thing, moral follows on") als auf Deutsch, wie der Satz "Mankind is kept alive by bestial acts" unumgänglich und historisch auf Englisch ist und schwächer auf Deutsch als auf Englisch ist: "Der mensch lebt nur von Missetat allein!" Aber lass uns ruhig und ausgelassen die originale Version hören:
Und letztendlich gibt es auch die Version von den guten Feeling B - sicher nicht die beste. Immerhin. Für sie ist man immer grosszügig.
Die englische Übersetzung ist eine tolle Adaptation des deutschen Originals (die italienische Übersetzung ist auch gut, die französische komplett vergammelt). Der auf Deutsch unumgängliche und sogar historische Satz "Erst kommt das Fressen, dann kommt die Moral" wird genauso schwächer auf Englisch (Food is the first thing, moral follows on") als auf Deutsch, wie der Satz "Mankind is kept alive by bestial acts" unumgänglich und historisch auf Englisch ist und schwächer auf Deutsch als auf Englisch ist: "Der mensch lebt nur von Missetat allein!" Aber lass uns ruhig und ausgelassen die originale Version hören:
Und letztendlich gibt es auch die Version von den guten Feeling B - sicher nicht die beste. Immerhin. Für sie ist man immer grosszügig.
lundi 3 mai 2010
Lire et regarder et écouter
G, revenue de son escapade à Leipzig, nous envoie la vidéo suivante, Un film sur la lecture, qui nous a ému non seulement sur les bords mais surtout sur les côtés. Comme on le voit même sans comprendre l'allemand, les réalisateurs ont demandé à des habitants de la ville de lire un passage.
G. zurück von ihrem leipziger Aufenthalt, schickt uns folgendes Video, das uns gar nicht einigermassen berührt hat, sondern gewalttätigerweise. Aber so ist man im Moment. Es heisst Ein Film übers Lesen, aber es könnte auch Ein Fülm User Leben heissen.
Et G de raconter que, oui, comme elle s'en doutait, les réalisateurs ont soudoyé le punk en lui offrant une caisse de bières. Les petits malins…
Und G erzählte dass, ja, wie sie es geahnt hat, haben die Regissören den Punk mit einer Kasse Bier bei Lesen zugelockt. Die Schlaue…
Et en songeant au projet, en écoutant la musique, on pense évidemment à Pascal Comelade, à Pascal Comelade que Yann Tiersen a copié de A à Z, à Pascal Comelade et ses morceaux composés avec des instruments dits nobles auxquels il mélange des instruments non-nobles: glockenspiel, xylophone, bandonéon, et ce sans parler des instruments-jouets. Ou, comme le dit, ce bloggeur: "Le camarade Comelade et son mini-orchestre de barbatrucs (…)"
Je me souviens d'avoir lu une interview dudit camarade où il expliquait que, longtemps, le seul disque qu'ils avaient à la maison, quand il était enfant, était L'Opéra de quat' sous, de Kurt Weill et Bertolt Brecht, et que la musique de Weill a fortement influencé Comelade.
On a recensé trois morceaux que Comelade a repris. La Complainte de Mackie Messer, bien sûr - mais aussi notre morceau préféré du Dreigroschenoper, la Zuhälterballade, la ballade du souteneur, et enfin September song. Et puisque ni la première ni la seconde ne sont audibles sur toitube, on va écouter September Song, tel que chanté par… excusez du peu, Robert Wyatt.
C'est bath, non?
Et comme on n'est pas chien (on l'a abondamment prouvé par le passé), on va écouter les meilleures versions de September song.
On commence évidemment par Madame Lotte Lenja (ou Madame Kurt Weill) qui a su donner à la chanson son côté nostalgique sans être pathétique - oui, qui offre une interprétation presque élégiaque, avec une voix qu'elle module ici comme rarement, avec des accents du passé presque inhabituels chez elle, mais en montrant également à quel point cette voix avait une couleur décidément très particulière.
Une autre très grande interprétation, à nos yeux et nos oreilles, est celle de Hildegard Knef en 1975, ou LA Knef comme on la surnomme en Allemagne, la protégée de Marlene Dietrich dans les années 50-60, dont les jours finiront drogués et surtout alcoolisés, rythmés par les variétés, alors qu'elle a offert des chansons à tomber à la renverse. Toitube en propose certes une version de 1982, mais on peut regretter que la Knef n'ait pas conservé son phrasé alangui, qu'elle ait opté pour un tempo plus rapide, plus jazzy, plus Hollywood.
Pour cette raison, on n'écoutera pas la version de June Christy, beaucoup trop rapide, et certainement pas celle d'Ute Lemper qui est à Kurt Weill ce que Céline Dion est au chant: une perte auditive pour l'auditeur, couplée d'une capacité à mont(r)er les émotions comme un bouillon de bœuf porté à ébullition, quand il ne reste plus que des bulles de gras en suspens.
En revanche, on ne saurait que trop conseiller celles de Sarah Vaughan et du trop méconnu Rod McKuen, dont les voix sont rehaussées pour la première par un saxo alto triste et pour le second par un piano à queue nostalgique.
G. zurück von ihrem leipziger Aufenthalt, schickt uns folgendes Video, das uns gar nicht einigermassen berührt hat, sondern gewalttätigerweise. Aber so ist man im Moment. Es heisst Ein Film übers Lesen, aber es könnte auch Ein Fülm User Leben heissen.
Et G de raconter que, oui, comme elle s'en doutait, les réalisateurs ont soudoyé le punk en lui offrant une caisse de bières. Les petits malins…
Und G erzählte dass, ja, wie sie es geahnt hat, haben die Regissören den Punk mit einer Kasse Bier bei Lesen zugelockt. Die Schlaue…
Et en songeant au projet, en écoutant la musique, on pense évidemment à Pascal Comelade, à Pascal Comelade que Yann Tiersen a copié de A à Z, à Pascal Comelade et ses morceaux composés avec des instruments dits nobles auxquels il mélange des instruments non-nobles: glockenspiel, xylophone, bandonéon, et ce sans parler des instruments-jouets. Ou, comme le dit, ce bloggeur: "Le camarade Comelade et son mini-orchestre de barbatrucs (…)"
Je me souviens d'avoir lu une interview dudit camarade où il expliquait que, longtemps, le seul disque qu'ils avaient à la maison, quand il était enfant, était L'Opéra de quat' sous, de Kurt Weill et Bertolt Brecht, et que la musique de Weill a fortement influencé Comelade.
On a recensé trois morceaux que Comelade a repris. La Complainte de Mackie Messer, bien sûr - mais aussi notre morceau préféré du Dreigroschenoper, la Zuhälterballade, la ballade du souteneur, et enfin September song. Et puisque ni la première ni la seconde ne sont audibles sur toitube, on va écouter September Song, tel que chanté par… excusez du peu, Robert Wyatt.
C'est bath, non?
Et comme on n'est pas chien (on l'a abondamment prouvé par le passé), on va écouter les meilleures versions de September song.
On commence évidemment par Madame Lotte Lenja (ou Madame Kurt Weill) qui a su donner à la chanson son côté nostalgique sans être pathétique - oui, qui offre une interprétation presque élégiaque, avec une voix qu'elle module ici comme rarement, avec des accents du passé presque inhabituels chez elle, mais en montrant également à quel point cette voix avait une couleur décidément très particulière.
Une autre très grande interprétation, à nos yeux et nos oreilles, est celle de Hildegard Knef en 1975, ou LA Knef comme on la surnomme en Allemagne, la protégée de Marlene Dietrich dans les années 50-60, dont les jours finiront drogués et surtout alcoolisés, rythmés par les variétés, alors qu'elle a offert des chansons à tomber à la renverse. Toitube en propose certes une version de 1982, mais on peut regretter que la Knef n'ait pas conservé son phrasé alangui, qu'elle ait opté pour un tempo plus rapide, plus jazzy, plus Hollywood.
Pour cette raison, on n'écoutera pas la version de June Christy, beaucoup trop rapide, et certainement pas celle d'Ute Lemper qui est à Kurt Weill ce que Céline Dion est au chant: une perte auditive pour l'auditeur, couplée d'une capacité à mont(r)er les émotions comme un bouillon de bœuf porté à ébullition, quand il ne reste plus que des bulles de gras en suspens.
En revanche, on ne saurait que trop conseiller celles de Sarah Vaughan et du trop méconnu Rod McKuen, dont les voix sont rehaussées pour la première par un saxo alto triste et pour le second par un piano à queue nostalgique.
mercredi 17 mars 2010
In die Fresse (2)
And yet another version of Mack the Knife, the saddest for sure, with George Shearing at the piano.
Et encore une autre version de Mackie Messer, la plus triste sans doute, avec George Shearing au piano.
Und nun noch eine andere Version von Mackie Messer, sicher die traurigste, mit George Shearing am Klavier.
Et encore une autre version de Mackie Messer, la plus triste sans doute, avec George Shearing au piano.
Und nun noch eine andere Version von Mackie Messer, sicher die traurigste, mit George Shearing am Klavier.
In die Fresse
18h45, mit Frau S:
Icke: Ins Gesicht habe ich es bekommen. Direkt in die Fresse! Und trage es immer noch. Im Gesicht. Genau wie in Mackie Messer. "Und der Haifisch, der hat Zähne, und die trägt er im Gesicht." Sie wissen schon, oder? Und sie wissen schon auch, daß Kurt Weill mein Favoritkomponist ist? Habe schon ein Teil von einem Stück von ihm tätowiert.
22h55, im Kino.
Ein Prophet von Jacques Audiard geht mit diesem Lied zu Ende:
Icke: Ins Gesicht habe ich es bekommen. Direkt in die Fresse! Und trage es immer noch. Im Gesicht. Genau wie in Mackie Messer. "Und der Haifisch, der hat Zähne, und die trägt er im Gesicht." Sie wissen schon, oder? Und sie wissen schon auch, daß Kurt Weill mein Favoritkomponist ist? Habe schon ein Teil von einem Stück von ihm tätowiert.
22h55, im Kino.
Ein Prophet von Jacques Audiard geht mit diesem Lied zu Ende:
dimanche 14 mars 2010
La Norrrvèche (3)
"But don't change your hair for me / Not if you care for me / Stay little valentine stay / Each day is valentines day" - écrivaient en 1937 le duo Rogers & Hart pour une chanson qui allait devenir un standard du jazz (le morceau apparaît sur 3258 disques, nous indique allmusic.com). Mais une version peu connue du grand public est celle de la Norvégienne Radka Toneff, en 1979. On écoute.
"But don't change your hair for me / Not if you care for me / Stay little valentine stay / Each day is valentines day" - schrieben in 1937 das Duo Rogers & Hart für ein Lied, das ein Jazzstandard werden sollte (das Stück taucht auf 3258 Schallplatten auf, teilt allmusic.com mit). Aber eine nicht so bekannte Version davon ist die, die die Norwegerin Radka Toneff in 1979 durchgeführt hat. Lass uns es hören.
Non, ne change pas tes cheveux… - a-t-on envie de dire à une personne particulière.
Radka Toneff a eu une carrière météorique, jalonnée par trois albums et un album en concert (à Hambourg). Et c'est tout. Ça s'arrête là. Elle s'arrête là. Elle se suicide. On la retrouvera dans une clairière non loin d'Oslo, un mélange d'alcool et de cachets ont eu raison d'elle. Et pourtant un doute subsiste: a-t-elle vraiment voulu mourir? Dans sa biographie consacrée à la chanteuse, Marta Breen explique que Radka Toneff a probablement fait une chute, mais que la température (c'est la nuit du 21 octobre 1982) et le mélange ingurgité l'ont empêchée d'être sauvée. Sa mère, Sis: "En fait, elle ne voulait pas se suicider: je crois qu'elle voulait qu'on la retrouve avant que ce ne soit trop tard. C'était un appel au secours auquel personne n'a répondu."
Autre question: peut-on dire que Radka Toneff a une voix typique des années 70? Parfois, on pense à Karen Carpenter, par rapport tant au destin personnel qu'à la couleur particulière de la voix. Elles avaient toutes deux une modulation particulière, une tessiture riche qui leur permettait de passer d'un registre aigu à un registre plus grave - même si celle de Radka Toneff est plus haut perchée que celle de Karen Carpenter.
De père bulgare et de mère norvégienne, Radka Toneff a une éducation musicale classique mais s'oriente très vite vers le jazz. Exigeante envers elle-même mais aussi envers les autres, elle n'aura peut-être jamais supporté la sévérité qu'elle imposait à son interprétation, elle qui semble avoir toujours souffert de ne jamais pouvoir tout à fait jouer ses morceaux. Elle le dit dans une interview, peu de temps avant sa mort: "J'étais plus courageuse autrefois, je n'avais pas tout à fait conscience de ce dans quoi je m'étais lancée, je ne savais pas grand-chose. Mais avec l'expérience et la connaissance vient le perfectionnisme. Et mon objectif demeure celui-ci: sortir un disque avec mes choses à moi: les paroles, la musique, les arrangements - tout."
Récemment, j'apprenais que Ketil Bjørnstad a composé un album avec elle. C'était en 1978, et le disque s'appelle Leve Patagonia, consacré notamment à l'écrivain anarchiste norvégien Hans Jæger (1854 - 1910). J'ai écrit à Ketil pour lui demander. Il ma répondu: "Quand je repense à Radka, j'éprouve une profonde humilité". Et c'est étrange, car en parlant d'elle avec mon ami Åge l'année dernière ou l'année d'avant, il m'avait répondu: "Tout le monde ou presque en Norvège à cette époque écoutait Radka Toneff. Tout le monde était profondément admiratif: de sa voix, de sa personnalité, de ses choix musicaux. Après son suicide, le vide a été pour beaucoup énorme."
Et du coup, le roman de Ketil prend une résonance inédite -
Mais Radka Toneff a interprété une chanson qui a pour moi une importance toute particulière. Parce que c'est une chanson de Kurt Weill, une chanson sur l'exil, sur l'espoir, sur la lucidité. Ce morceau, c'est Lost in the Stars, et l'interprétation qu'on donne Radka Toneff surpasse sans aucun doute toutes les autres. On écoute:
"But don't change your hair for me / Not if you care for me / Stay little valentine stay / Each day is valentines day" - schrieben in 1937 das Duo Rogers & Hart für ein Lied, das ein Jazzstandard werden sollte (das Stück taucht auf 3258 Schallplatten auf, teilt allmusic.com mit). Aber eine nicht so bekannte Version davon ist die, die die Norwegerin Radka Toneff in 1979 durchgeführt hat. Lass uns es hören.
Non, ne change pas tes cheveux… - a-t-on envie de dire à une personne particulière.
Radka Toneff a eu une carrière météorique, jalonnée par trois albums et un album en concert (à Hambourg). Et c'est tout. Ça s'arrête là. Elle s'arrête là. Elle se suicide. On la retrouvera dans une clairière non loin d'Oslo, un mélange d'alcool et de cachets ont eu raison d'elle. Et pourtant un doute subsiste: a-t-elle vraiment voulu mourir? Dans sa biographie consacrée à la chanteuse, Marta Breen explique que Radka Toneff a probablement fait une chute, mais que la température (c'est la nuit du 21 octobre 1982) et le mélange ingurgité l'ont empêchée d'être sauvée. Sa mère, Sis: "En fait, elle ne voulait pas se suicider: je crois qu'elle voulait qu'on la retrouve avant que ce ne soit trop tard. C'était un appel au secours auquel personne n'a répondu."
Autre question: peut-on dire que Radka Toneff a une voix typique des années 70? Parfois, on pense à Karen Carpenter, par rapport tant au destin personnel qu'à la couleur particulière de la voix. Elles avaient toutes deux une modulation particulière, une tessiture riche qui leur permettait de passer d'un registre aigu à un registre plus grave - même si celle de Radka Toneff est plus haut perchée que celle de Karen Carpenter.
De père bulgare et de mère norvégienne, Radka Toneff a une éducation musicale classique mais s'oriente très vite vers le jazz. Exigeante envers elle-même mais aussi envers les autres, elle n'aura peut-être jamais supporté la sévérité qu'elle imposait à son interprétation, elle qui semble avoir toujours souffert de ne jamais pouvoir tout à fait jouer ses morceaux. Elle le dit dans une interview, peu de temps avant sa mort: "J'étais plus courageuse autrefois, je n'avais pas tout à fait conscience de ce dans quoi je m'étais lancée, je ne savais pas grand-chose. Mais avec l'expérience et la connaissance vient le perfectionnisme. Et mon objectif demeure celui-ci: sortir un disque avec mes choses à moi: les paroles, la musique, les arrangements - tout."
Récemment, j'apprenais que Ketil Bjørnstad a composé un album avec elle. C'était en 1978, et le disque s'appelle Leve Patagonia, consacré notamment à l'écrivain anarchiste norvégien Hans Jæger (1854 - 1910). J'ai écrit à Ketil pour lui demander. Il ma répondu: "Quand je repense à Radka, j'éprouve une profonde humilité". Et c'est étrange, car en parlant d'elle avec mon ami Åge l'année dernière ou l'année d'avant, il m'avait répondu: "Tout le monde ou presque en Norvège à cette époque écoutait Radka Toneff. Tout le monde était profondément admiratif: de sa voix, de sa personnalité, de ses choix musicaux. Après son suicide, le vide a été pour beaucoup énorme."
Et du coup, le roman de Ketil prend une résonance inédite -
Mais Radka Toneff a interprété une chanson qui a pour moi une importance toute particulière. Parce que c'est une chanson de Kurt Weill, une chanson sur l'exil, sur l'espoir, sur la lucidité. Ce morceau, c'est Lost in the Stars, et l'interprétation qu'on donne Radka Toneff surpasse sans aucun doute toutes les autres. On écoute:
lundi 14 décembre 2009
Zement
Nach einer Nacht voller üble Träume, wo man in dem Unbewusstsein wie üblich dann sein bester Feind wird, gilt nachher nur die englische Version von Mackie Messer, und genauer dieser Satz:
Und dazu die Version von Dame Marianne Faithfull:
Oh, that cement is just, it's there for the weight, dearUnd dazu die Version von Dame Marianne Faithfull:
lundi 9 février 2009
Grrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr
À défaut de pouvoir passer sa colère sur bidulemachine qui aboule pas le flouze qu'elle nous doit, on va écouter ça, c'est immarcescible et c'est en rapport avec la hargne. Ça a 30 balais et ça a pas pris une ride. C'est signé The Flying Lizards (et on s'en fout qu'ils aient pompé leur principe sur le Third Reich 'N Roll des Residents et on s'en fout ensuite que The Art of Noise aient eux-mêmes pompé le principe des Flying Lizards).
Et puis un autre jour, quand on sera moins en colère, on mettra un autre morceau tout aussi immarcescible des mêmes Flying Lizards, à savoir leur reprise cette fois de Sex Machine, de James Brown, voire, encore mieux et encore moins connu l'ébouriffant et hilarant Mandelay Song d'une de mes idoles: Kurt Weill († RIP). Mais ça, c'est pour un autre jour. Pour l'instant, l'exutoire à la colère:
Et comme nous on n'est pas chien, nous, eh ben nous on vous met aussi pour le prix d'un l'original qui a 50 balais. Il est signé Barrett Strong et il est tout aussi épatant (et c'était le premier hit de Motown – just so you know). Voilà. Et puis venez pas vous plaindre qu'on n'est pas sympatoche sinon vous vous prenez une châtaigne dans la cheutron.
PS: Pour tous ceux qui s'interrogeraient sur la signification de la fameuse phrase "but you give them to the birds and bees", les oiseaux et les abeilles en question font référence à la sexualité, et, très précisément, à l'éducation sexuelle. L'expression aurait été inventée, nous indique tant answers.com que wikipedia, par… par… Cole Porter (ce que pour le coup j'ignorais totalement)! Aïe am véry véry impressionnède.
Et puis un autre jour, quand on sera moins en colère, on mettra un autre morceau tout aussi immarcescible des mêmes Flying Lizards, à savoir leur reprise cette fois de Sex Machine, de James Brown, voire, encore mieux et encore moins connu l'ébouriffant et hilarant Mandelay Song d'une de mes idoles: Kurt Weill († RIP). Mais ça, c'est pour un autre jour. Pour l'instant, l'exutoire à la colère:
Et comme nous on n'est pas chien, nous, eh ben nous on vous met aussi pour le prix d'un l'original qui a 50 balais. Il est signé Barrett Strong et il est tout aussi épatant (et c'était le premier hit de Motown – just so you know). Voilà. Et puis venez pas vous plaindre qu'on n'est pas sympatoche sinon vous vous prenez une châtaigne dans la cheutron.
PS: Pour tous ceux qui s'interrogeraient sur la signification de la fameuse phrase "but you give them to the birds and bees", les oiseaux et les abeilles en question font référence à la sexualité, et, très précisément, à l'éducation sexuelle. L'expression aurait été inventée, nous indique tant answers.com que wikipedia, par… par… Cole Porter (ce que pour le coup j'ignorais totalement)! Aïe am véry véry impressionnède.
mardi 11 novembre 2008
Mackie Messer
Når jeg sitter og oversetter, skjer det ikke så aldri sjelden at jeg lytter på musikk. Ofte Ravel, som jeg skrev før. Og akkurat nå lytter på Lotte Lenja. Jeg elsker Lotte Lenja, den kornete stemmen hennes, det ufilmiske ansiktet hennes, det kaotiske livet hennes.
Og akkurat nå hører jeg på Mackie Messer. Jeg har mange versjoner av sangen. Har akkurat telt: 38. Og kanskje er det noen jeg glemmer. Men jeg ville gjerne vise dem jeg foretrekker.
Først og fremst den av Lotte Lenja, en av favorittene mine, også pga. musikken:
Mindre kjent er denne versjonen, hvor Bertolt Brecht SELV synger! Her, hør hvordan han ruller R-ene:
Hildegard Knef har også vært en veldig god vokalist av Brecht/Weill-låtene. Hennes veldig jazzy måte å synge dem på var storartet. Det finnes en live-versjonen av Mackie Messer, hvor hun bare ler hele tiden, mye mer enn i versjonen herunder. Her er hun fremdeles veldig ung, ikke "verkokst" som man sier på tysk, altså kokset, selv om hun åpner store øyne.
Mange år senere finnes det, så klart, versjonen av Nick Cave. Ikke bare musikalsk er den sorartet, men stemmen hans passer så akkurat til sangen. Versjonen er såpass ny at, etter at Lotte Lenja (som i mellomtida er blitt Lotte Lenya i USA) har sunget det i en jazzversjon sammen med Louis Armstrong i 1957, er det bare den jazzy versjonen som er blitt tatt opp og opp igjen. Så her det australer:
De som ikke er med og som burde vært med:
Marianne Faithfull, Pascal Comelade, Ella Fitzgerald (der finnes versjoner av henne på youtube, men da synger hun altfort fort!)
De som ikke i hvert fall ikke blir med i det hele tatt:
Ute Lemper (næææiiiiiiii!!!)
Og akkurat nå hører jeg på Mackie Messer. Jeg har mange versjoner av sangen. Har akkurat telt: 38. Og kanskje er det noen jeg glemmer. Men jeg ville gjerne vise dem jeg foretrekker.
Først og fremst den av Lotte Lenja, en av favorittene mine, også pga. musikken:
Mindre kjent er denne versjonen, hvor Bertolt Brecht SELV synger! Her, hør hvordan han ruller R-ene:
Hildegard Knef har også vært en veldig god vokalist av Brecht/Weill-låtene. Hennes veldig jazzy måte å synge dem på var storartet. Det finnes en live-versjonen av Mackie Messer, hvor hun bare ler hele tiden, mye mer enn i versjonen herunder. Her er hun fremdeles veldig ung, ikke "verkokst" som man sier på tysk, altså kokset, selv om hun åpner store øyne.
Mange år senere finnes det, så klart, versjonen av Nick Cave. Ikke bare musikalsk er den sorartet, men stemmen hans passer så akkurat til sangen. Versjonen er såpass ny at, etter at Lotte Lenja (som i mellomtida er blitt Lotte Lenya i USA) har sunget det i en jazzversjon sammen med Louis Armstrong i 1957, er det bare den jazzy versjonen som er blitt tatt opp og opp igjen. Så her det australer:
De som ikke er med og som burde vært med:
Marianne Faithfull, Pascal Comelade, Ella Fitzgerald (der finnes versjoner av henne på youtube, men da synger hun altfort fort!)
De som ikke i hvert fall ikke blir med i det hele tatt:
Ute Lemper (næææiiiiiiii!!!)
vendredi 19 septembre 2008
Youkali
Un retour dans la Rance, ou en Frangst comme dit cette chère Alexandre, ça mérite bien de s'arrêter une peu pendant 6'46'' pour écouter Youkali, un morceau composé par Kurt Weill, et chanté ici par Teresa Stratas, qui en livre ainsi la plus belle version existant à ce jour.
Kurt Weill a vécu de mars 1933 à septembre 1935 en France. Il fuyait les nazis. À leurs yeux il était devenu un artiste dégénéré. Il est parti avec Lotte Lenja dont il a divorcé en 1933. Ils étaient récemment divorcés, et pourtant ils sont partis ensemble. Ils ne se quitteront jamais, voire, se remarieront en 1937. En 1934, il aura composé Je ne t'aime pas, chanté par Lys Gauty (dont Anne Sofie von Otter livrera en 1995 la plus belle version ; j'y reviendrai un autre jour) et qui sonne comme la chanson de l'amour impossible en général et de l'amour impossible entre Weill et Lenja en particulier.
Mais en 1935, il y a donc Youkali, dont Roger Fernay a écrit les paroles impérissables. L'idée de Youkali, c'est qu'il existe un endroit où le bonheur et le désir et l'amour ("partagé", insiste Fernay) sont de mise. Cet endroit est à portée de main, tous les jours quelqu'un nous invite à y aller. Et, pour nous, savoir que ce pays existe nous aide à vivre, à survivre. Sauf que, voilà, raté, ce pays n'existe pas. C'est une utopie, "une folie", dit aussi Fernay.
Si on lit, si on écoute cette chanson dans le seul cadre de ce qu'elle nous dit, c'est évidemment vertigineux et d'une rare beauté : le bonheur et l'amour existent bel et bien, mais il va falloir aller loin pour le trouver ; et tant pis, on y ira, on l'atteindra. Mais cette chanson a des accents plus tristes encore quand on connaît justement la biographie de Weill. Youkali devient une chanson sur l'exil forcé, sur une vie stoppée en plein vol, sur ce que cela signifie de de devenir sans terre, sans nation.
En 1935, Kurt Weill et Lotte Lenya s'enfuient aux États-Unis, où ils vivront jusqu'à leur mort.
Plus tard, après la mort de Kurt Weill en 1950, Lotte Lenja (devenue Lenya pour les Américains) crée en 1962 la Kurt Weill Fondation. Juste avant sa mort en 1981, elle désigne Teresa Stratas comme digne successeure de la direction de la Fondation.
Et donc Teresa Stratas chante Youkali et c'est une pure extase — bon, d'accord, au niveau théâtral, son jeu est nul. Mais bon. Ça n'a reste pas moins superbe.
Kurt Weill a vécu de mars 1933 à septembre 1935 en France. Il fuyait les nazis. À leurs yeux il était devenu un artiste dégénéré. Il est parti avec Lotte Lenja dont il a divorcé en 1933. Ils étaient récemment divorcés, et pourtant ils sont partis ensemble. Ils ne se quitteront jamais, voire, se remarieront en 1937. En 1934, il aura composé Je ne t'aime pas, chanté par Lys Gauty (dont Anne Sofie von Otter livrera en 1995 la plus belle version ; j'y reviendrai un autre jour) et qui sonne comme la chanson de l'amour impossible en général et de l'amour impossible entre Weill et Lenja en particulier.
Mais en 1935, il y a donc Youkali, dont Roger Fernay a écrit les paroles impérissables. L'idée de Youkali, c'est qu'il existe un endroit où le bonheur et le désir et l'amour ("partagé", insiste Fernay) sont de mise. Cet endroit est à portée de main, tous les jours quelqu'un nous invite à y aller. Et, pour nous, savoir que ce pays existe nous aide à vivre, à survivre. Sauf que, voilà, raté, ce pays n'existe pas. C'est une utopie, "une folie", dit aussi Fernay.
Si on lit, si on écoute cette chanson dans le seul cadre de ce qu'elle nous dit, c'est évidemment vertigineux et d'une rare beauté : le bonheur et l'amour existent bel et bien, mais il va falloir aller loin pour le trouver ; et tant pis, on y ira, on l'atteindra. Mais cette chanson a des accents plus tristes encore quand on connaît justement la biographie de Weill. Youkali devient une chanson sur l'exil forcé, sur une vie stoppée en plein vol, sur ce que cela signifie de de devenir sans terre, sans nation.
En 1935, Kurt Weill et Lotte Lenya s'enfuient aux États-Unis, où ils vivront jusqu'à leur mort.
Plus tard, après la mort de Kurt Weill en 1950, Lotte Lenja (devenue Lenya pour les Américains) crée en 1962 la Kurt Weill Fondation. Juste avant sa mort en 1981, elle désigne Teresa Stratas comme digne successeure de la direction de la Fondation.
Et donc Teresa Stratas chante Youkali et c'est une pure extase — bon, d'accord, au niveau théâtral, son jeu est nul. Mais bon. Ça n'a reste pas moins superbe.
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