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samedi 6 août 2011

Louisa Mark(s)

C'était hier soir en rentrant du nighter quand il faisait si lourd même la nuit, c'était ce matin au réveil alors que la chaleur était déjà assommante, c'était la semaine dernière pendant qu'il pleuvait à torrents, ce sera la semaine prochaine quand on sera toujours dans le "trou estival" comme on dit si prosaïquement en allemand (= Sommerloch) pour désigner cette période où il ne se passe rien (JB y reviendra, sur ce mot). Mais c'était surtout le 21 juin dernier, lui indique son mange-disque électronique, lorsque JB la découvrait.

Il faisait alors une escapade dans cette période du reggae qu'on appelle Lovers Rock, un phénomène quasi essentiellement britannique, du moins qui part de l'Angleterre et qui gagnera ensuite la Jamaïque (pensons à John Holt, pensons à Myrna Hague, etc.), qui dure circa de 1978 à 1988 et qui se caractérise par des chansons d'amour dont le romantisme vient rompre avec les morceaux engagés du reggae depuis l'apparition du dub. Musicalement, le style lorgne vers la disco finissante et une soul plutôt RnB, avec des notes d'orgue très "Caraïbes", pas toujours convaincantes. De fait, et comme JB s'en entretenait pas plus tard qu'hier soir au nighter avec M le DJ, il faut beaucoup chercher, beaucoup écouter pour trouver des choses impeecables. Il y a une quantité énorme de morceaux vieillis, sirupeux, inaudibles à tous niveaux.

Quoi qu'il en soit, le style Lovers Rock (certains disent: "the best reggae music to make love to") aura au moins eu le mérite de mettre en avant des femmes, des chanteuses. Ce sont non seulement elles qui ont donné leurs lettres de noblesse à ce genre de reggae, mais ce sont par elles qu'il s'est imposé. Et c'est surtout, en 1975, par l'une d'entre elles, celle-ci que JB découvrait en ce fameux 21 juin 2011 et, depuis, dont il écoute de façon très régulière et quasi obsessionnelle (ce qui, le caractérisant, est somme toute un hénaurme pléonasme) le titre phare sorti en 1978, 6 Sixth Street: Louisa Mark. Née à Londres en 1960, elle est souvent appelée Louisa Marks, avec un S qui rend son patronyme homonyme avec celui du penseur culte de JB, le prénommé Karl. Une hésitation orthographique que réunit son surnom: Louisa "Markswoman" Mark.
Allez, on écoute d'abord, on en parle ensuite:



Alors bien sûr, diront les petits amis de JB: "Tu aimes cette chanson à cause de la flûte traversière." Et ils n'auront sans doute pas tort. Mais ce serait trop simple si c'était uniquement pour ça.
Pour JB, cette perle caractérise véritablement le style Lovers Rock: une tonalité presque poussée à l'extrême, des cuivres et l'orgue très en avant et, surtout, essentiel, la voix féminine: haute, cristalline — comme l'étaient les timbres des femmes en ces années 1970 (pensons à Susan Cadogan, pensons à Sharon Forrester). Et ce moment que JB adore par-dessus tout, c'est quand Louisa Mark module le "why?", qui se poursuit par cette phrase: "Why? Why just down the road from me so I can see? And all the people around me, they can laugh at me. So tell me, tell me baby why?"
Puisque 6 Sixth Street, pour celles et ceux qui ne l'auraient pas compris, est une chanson de trahison avant d'être une chanson d'amour. (Et, en un éclair, JB se demande à tort si la trahison est aussi un élément consubstantiel de l'amour, mais il ne va pas s'étendre sur le sujet, hein.) C'est une chanson d'une tristesse affligeante avant d'être une chanson "sur laquelle on peut faire l'amour". C'est un libido killer tune avant d'être un killer tune — pour employer la rhétorique du mightydoctorbird, ce bloggeur qui connaît ses années 70 reggae sur le bout des doigts (mais qui ignore Louisa Mark — "So tell me, tell me baby why? Why?") et nous fait lui aussi découvrir des perles.

Or, en ce 21 juin 2011 où JB découvrait avec non plus un train mais un convoi de retard l'existence de Louisa Mark, il apprenait du même coup que Louisa Mark… est décédée. Oh naaan…, se lamentait-il dans son palais socialiste. Et non seulement ça, mais il apprenait que Louisa Mark a quitté la musique en claquant la porte, comme Phyllis Dillon et Dame Patsy Todd avant elle, toutes navrées de voir leur carrière et leurs chansons bâclées par des meks qui s'en foutaient d'elles, pourvu qu'elles chantassent (comme on dit en français correct). Oh naaan…, se lamentait derechef un JB scandalisé.

La suite, on la trouve dans 2 nécros. La première rédigée par David Katz dans le Guardian. La seconde par Shola Adenekan sur The New Black Magazine. JB va alterner les deux:


Sa première chanson, enregistrée à 14 ans et intitulée Caught You in a Lie, la propulse immédiatement parmi les grandes stars féminines du reggae d'Angleterre.



On regarde une photo d'elle, publiée par le site de Trojan:


Trojan qui, dans sa nécro, passe évidemment sur les griefs qui l'ont opposé à Louisa Mark et Clement Bushay, son producteur, sur lequel JB reviendra un autre jour.


Allez, on se quitte sur sa reprise de All My Loving, un morceau des Beatles que Prince Buster avait déjà interprété en version rocksteady.

samedi 12 février 2011

Ein eigentümliches Apparat

Und nach ein Paar Stunden unter der Haube saß die blonde Dauerwelle des JB perfekt, nach ein Paar "grüne Kleinigkeit" zusammen mit G wurden die Beiden wieder munter, nach ein Paar Kilometer kamen sie zu dem schwarzroten Revier bei den linken Chaoten an — ja, nach ein Paar Stunden sollte alles wieder bunt sein. Und es wurde es.

Konzert war angekündigt und angesagt, Senior All Stars hiess die Band, und die skankige Band an diesem Freitag Abend hiess also G & der JB & T & É (die Frage sei, ob T & É täh! umbenannt werden könnten), seitdem F wegen Nonverbalekommunikationsarbeit und N wegen Domestoswollestrickensarbeit beschäftigt und von daher abwesend waren. Diese letzte Beschäftigung (für die Erste behält der JB janz jeheim seine Beweise) kann der JB durch folgenden in April 2010 stattgefundenen Austauch von elektronischen Rohrposten zwischen G & N & der JB attestieren, deeenn:


Der JB als "Juliet Bravo"… Hahaha! Aber halt… Juliet Bravo oder Julio Bravette? Oder sogar: Julio Bavette!

Jedenfalls spielten die Senior All Stars im tik und G & der JB zusammen mit täh! waren dabei. Das war dub. Also der Abend & die Band & die Leute & die Stimmung & das Gestank waren sehr dubbig. Aber sehr sehr sehr.

Zuerst hat sich der JB gefreut: er hört im Grunde genommen fast nie Dub, mochte was er hörte, und überhaupt weil er ein ganz eigentümliches Apparat sah, und von daher musste er wieder an F denken, welcher selbst auch zu gleicher Zeit mit eigentümlichen Apparaten spielte, aber von anderer Art und Natur und Konsistenz.
Denn dieses eigentümliches Apparat, das der JB vor seinen fassungslosen Augen strahlte, bestand aus einer mit einem eigentümlichen Schlauch verbundenen Orgel, in welcher ein eigentümlicher Mann (darüber mehr später) geblasen hat und von daher eigentümliche Geräusche gemacht hat. Ja, das war ein sehr sehr sehr eigentümliches Apparat, JB hat ja gerade seine lieben kleinen Freunde davon gewarnt — und wieder und wieder musste er unbedingt an F denken.
Dieses eigentümliches Apparat, hat der JB gerade nachgeforscht, heisst eigentlich Melodica. Hier, bütte schøn:


Wikipedia erzählt aaalles über die Melodica, denn, ja, Melodica ist eigentlich eine Frau (das hätte der JB, und sicher F auch, niiie geglaubt), und der JB erfährt hiermit, dass es eine deutsche Erfunding Erfindung ist:


Der JB will jedenfalls ab sofort Melodicaunterrichte nehmen, er ist von diesem eigentümlichen Apparat fasziniert; er, der sowieso von Bläserinstrumenten, øøøh, pardon… von Blasinstrumenten fasziniert ist. Von daher hat er sich gerade eine "Méthode facile" der Firma Hohner jerade jekooft, die eine "Vente exclusive pour la France" ist, also ausgerechnet für den JB, der sehr bald wie der untenabgebildete Bube aussehen wird:


Aber zurück zu den Senior All Stars.
Der Hauptmann in dieser Band, also der der in das eigentümliche Apparat geblasen hat, war selbst eigentümlich und trug auch ein eigentümliches Apparat in Form einer Brille. G musste dem JB sofort ein deutsches Konzept erklären, das Ethnologie, Mode und Optik aussöhnt: "Siehst du diese Brille? Die Einrahmung? Also sowas nennt man eine KuWi-Brille, von der ich dir schon erzählt habe. KuWi für Kulturwissenschaft." Nach der Melodica erfuhr der JB noch ein neues Wort, die KuWi-Brille, und konnte auch feststellen, dass beide Worte zusammen gehen können. Heiner Müller hat selbst eine KuWi-Brille getragen, hier bütte schøn (ob er auch noch dazu und damit Melodica gespielt hat, weiss der JB leider nicht):


Aber zurück zu den Senior All Stars.
Der Dub ertönte ausgelassen im tik, die Melodica arbeitete und hatte auf niemanden einen Tick, der JB schüttelte den Kopf im Takt, die gute Laune war noch bisher intakt.
Der JB war also erfreut und fühlte sich dazu gezwungen seine Freude mit É zu teilen. É konterte aber gnadenlos: "Nach zwei Nummern hatte ich schon die Schnauze voll." Aha. Okay… Der JB wurde sofort nüchtern.
Denn, ja, É ist wie die Partei von dem JB: er hatte desbezüglich und im Sache Dub immer Recht. Schnell, aber sehr schnell, rasenschnell, wurde es so langweilig und eintönig, dass T brüllte: "Schluss damit! Go home!" Und die Krönung wurde erreicht, als der Melodicamann unbedingt prahlen musste, indem er sagte: "Ja, das war gerade Rico Rodriguez…" T musste selbstverständlich lachen und wiederholte: "Rico Rodriguez, my ass!"
Es gibt aber ein Dub-Stück von Rico Rodriguez, das eigentlich nicht eigentümlich ist sondern sogar sehr schön und noch dazu mit Melodica. Die sämtlichen lieben kleinen Freunde von dem JB kennen die Melodie und das Stück, Moonlight Serenade, wurde von Herrn Rodriguez in 2006 aufgenommen. Lass es uns anhören:



Aber zurück zu den Senior All Stars.
Sie haben ja gespielt. Und gespielt. Und gespielt. Und gespielt. Das hat letztendlich kein Ende gekannt. Und nicht nur das. Aber das Gestank von eigentümlichen illegalen Substanzen infizierte die ja sensiblen Nasenhöhle der skankigen Band, die ratzfatz weg mussten und Zuflucht vor der Tresen fand.
Der JB fühlte sich plötzlich beehrt, denn viele Männer lächelte ihm an und er dachte dooferweise: "Aha. Die wollen mich ja alle heiraten. Vielleicht haben sie erfahren, dass auch ich ein eigentümliches Apparat habe." Ist der JB doof… Denn dieses Lächeln war ja nur von den gleichen stinkenden und illegalen Substanzen verursacht, und die Männer waren weder von dem JB noch von seinem eigentümlichen Apparat fasziniert. Sie hatten nur ein beeinflusstes "Plastic Smile", dessen Konzept der JB schon damals in August hier auf dem rauchenden und tätowierten Blog erklärte und jetzt für seine lieben keinen Freunde wiederholt.


Und letztendlich haben die Senior All Stars endlich ihr eigentümliches Wesen zusammengepackt und die DJane konnte auch Ska hören lassen. Als sie andere All Stars auflegte, nämlich die von Prince Buster, fing der JB sofort damit an zu tanzen und dachte noch wieder egozentrischerweise: "Tja, der Prince redet eigentlich über mich, denn es wird gesagt: “The prince of peace / coming from the East”, und nicht nur das bin ich auch, aber auch ich komme und bin aus dem Osten." Pff… Dieser JB und seine Illusionen!

Auf jeden Fall. Der JB verabschiedet sich von seinen lieben kleinen Freunden, gerade mit dem Prince und seine All Stars, denn: "They're flowing like a butterfly and sting like a bee", und das Stück ist einfach der Hammer:

vendredi 21 janvier 2011

7, The Killa

Et JB qui fait sa revue de fesses, øøøh, pardon… sa revue de presse matinale ouvre le site de la Libération qui lui recrache, en tête de page un article sur Ben Ali:



Par une association d'idées emberlificotée dont seul JB a le secret, il pense aussitôt à la chanson des Selecter, datant de 1980 sur leur album Too Much Pressure, James Bond, dont il constate par ailleurs dans son mange-disques électronique qu'il ne l'a plus écoutée depuis le 15/05/2010. Pourquoi? JB veut dire: pourquoi ce passage tordu d'une actualité tunisienne sur un sinistre personnage obsédé par le chiffre 7 et l'impeccable morceau 2-tone consacrée au héros de Ian Flemming? Primo parce que celui-ci était surnommé 007, secundo parce que les Anglais chantent: "Ha ha / The killa / James Bond / Goldfinga / Licence to kill / I expect you to die" et que JB voit là le reflet musical de celui qui a fait assassiner par sa police "plus de cent personnes (…) selon des informations compilées par l'ONU". On regarde le petit montage vidéo d'un dénommé skinheadyellow pour comprendre plus avant l'association d'idées de JB:


Et maintenant on écoute:



Il n'empêche, James Bond a connu une sérieuse fortune musicale dans le ska et le reggae. À commencer par l'inépuisable morceau de 1966, interprété par Desmond Dekker and The Aces 007. Et le chanteur de faire un jeu de mots avec les deux premiers chiffres du surnom de l'espion. Puisque, en anglais, le chiffre 0 peut se dire tant zero que se prononcer O comme la quinzième lettre de l'alphabet. Et c'est justement ce que fait Desmond Dekker. Ainsi, 007 s'entend comme "007", mais aussi comme "Oh oh, seee-ven". On écoute:



Le morceau est à ce point génial que, un an plus tard, lors de sa célèbre tournée qui donnera lieu à l'album bien nommé On Tour, Prince Buster reprendra la chanson consacrée en réalité non pas à James Bond mais aux rude boys dans les quartiers sordides ("shanty town") de Jamaïque et leur poursuite par la police:



Même les Specials (qui sont en concert à Berlin en septembre prochain et dont les billets sont déjà en vente pour la modique somme de… 40 € - oh je…) enregistreront leur version:



Mais JB, archiveur devant l'éternel, a depuis belle lurette effectué dans son mange-disques électronique sa petite compilation des morceaux de ska et de reggae consacré à l'espion (qui nous aimait):


Car le James Bond des Selecter ne serait rien sans le Goldfinger de Tommy McCook qu'il interprétait avec les Skatalites en 1963 et, sauf erreur ou omission de la part de JB, il s'agit du tout premier morceau de ska portant sur le héros de Ian Flemming, ou plutôt: sur le personnage cinématographique incarné dans un premier temps par le toujours superbe Sir Sean Connery, dont le kilt lui sied à merveille:



La même année, en 1963, Lionel Bart compose From Russia With Love, interprété par Matt Monro, pour le film éponyme réalisé par Terence Young. Et qui joue aux côtés de Sean Connery? JB le donne en mille… Sa chanteuse autrichienne chouchou. Les petits amis de JB ont trouvé? Non?
Mais si. C'est…:


Lotte Lenya en méchante espionne soviétique, parée ici d'un garde du corps en toute petite tenue et dont JB tirerait bien la serviette pour voir ce qu'elle cache et renferme:


Et les fantasmes gardeducorpsesques de JB seraient presque réalisables dans la mesure où, dans le film, Rosa Klebb "aurait des tendances lesbiennes" - voici donc pourquoi elle est flanquée d'un homme certes robuste mais non moins sensible au vu de sa serviettette. Un fan et féru de James Bond nous confirme ce qui au demeurant attriste JB (la lesbienne comme éternel personnage de tueuse dans l'imaginaire te l'inconscient hétérosexuel masculin):


Quoi qu'il en soit, de ce morceau tiré de Bons baisers de Russie, Roland Alphonso tire un instrumental produit par Clement Coxsone Dodd en 1965, tout aussi impeccable que les précédents que nous avons écoutés jusque-là. Alors, celui-ci aussi on l'écoute:



Il faut ensuite entendre 1969 et Lloyd Charmers pour ravoir un autre morceau bondien. Il s'appelle Dollars And Bonds et les Hippy Boys sont aussi de la partie, une partie très skinhead reggae avec l'orgue Hammond évidemment mis en avant:



Mais en fait, non. Chronologiquement, il manque un morceau. Inspiré lui aussi du second film sur James Bond, sorti en 1964 et interprété par Byron Lee et ses Dragonaires. Un instrumental à tomber par terre tant il est nostalgique, et c'est justement la raison pour laquelle JB l'a gardé pour la fin. Aussi parce que l'orgue Hammond qui le rythme est aussi ensorcelant qu'anachronique. De fait, comme on l'a vu avec Dollars And Bonds, l'instrument n'a pas encore, en cette période ska qui fait la part belle aux instruments à vent, la place que lui accordera le early reggae et le skinhead reggae, de 1969 à 1971. On écoute, et puis on se quitte.

vendredi 17 décembre 2010

Hey Jude (reggae)

Et JB traduit ce passage:
Il avait un orchestre depuis pas mal d'années, jouait dedans, le groupe était doué. Mais pour une raison obscure ils n’interprétaient que des reprises. Un soir, j’avais demandé à Terje pourquoi ils ne composaient pas leurs propres morceaux, vu qu’ils en avaient largement les moyens. Il m’avait alors répondu qu’ils n’avaient pas ce petit truc en plus et que la seule chose qu’ils savaient faire, c’était copier les autres. J’avais entendu leur guitariste reprendre de nombreuses fois Hey Joe et j'avais trouvé son exécution à tomber.

Et bien que ce ne soit pas Hey Joe mais Hey Jude, il repense à toutes les versions reggae de la célèbre chanson des Beatles qui ont été interprétées au fil des années. Delroy Wilson s'y s'est essayé, Clancy Eccles également, ou The Dynamites. Même Toots & The Maytals pris sa guitare pour proposer sa version.

Mais il en est trois que JB préfère et qu'il a sélectionnées pour ses petits amis. Trois reprises différentes par trois compositeurs tout aussi différents.

Joe's All Stars, en 1969 — la version préférée de JB, skinhead reggae à fond, avec le saxophone de Rico Rodriguez:



Prince Buster, en 1969 également — la version la plus enjouée (normal, c'est le Prince) notamment grâce à l'orgue Hammond:



John Holt, en 1971 — la version la plus proche du phrasé de Paul McCartney, mais aussi la plus lente et la plus nostalgique:

lundi 8 novembre 2010

The Schoolgirls

FANTASTISK! FANTASTISK! FANTASTISK!

Et JB découvre un groupe de filles qu'il ne connaissait ni des lèvres ni des dents. Il est conquis (en un seul mot, s'il vous plaît). On écoute sans perdre un millième de seconde:



Génial, non ?!
Oui: fantastisk! comme disent les Norvégiens.

Mais, et il vient de le dire, puisque JB n'a jamais entendu parler des demoiselles, il va à la pêche aux informations sur Internénette. Il commence par son site préféré de l'histoire du ska et du reggae, il a nommé: roots archives. Il tapote The School Girls dans le moteur de recherche. Et qu'est-ce que la fichue machine lui crache?


Pardon?
Non mais c'est pas possible ça…
On cherche des girls et on obtient des brothers!
Non mais c'est quoi encore que ce machisme fondamental, purée de punaise?!
Mais les moteurs de recherche ont été fabriqués à la sauce sexiste, maintenant?i
Herregud! comme disent aussi les Norvégiens.
Quel scandoule! comme disait la prinçousse Soufie chez Tormod Haugen.

JB va alors chercher dans allmusic. com, et qu'est-ce qu'il obtient?
Rien. Inconnues au bataillon musical d'allmusic, les School Girls - et ce, qu'on les écrive en un ou en deux mots.
Invisibilisées! comme disent encore les Norvégiens.

À force de chercher, JB apprend qu'elles ont été produites par Prince Buster. Bon, c'est bon signe.
Et voici d'ailleurs leur discographie:


Mais leur nom, leur prénom, on peut toujours se brosser. Ce que l'histoire a retenu, c'est qu'elles ont été produites par le Prince. Mais elles, qui elles étaient, comment elles s'appelaient, ce qu'elles faisaient, l'histoire n'en a rien à battre ni à foutre.
Fy faen! comme disent également les Norvégiens.

JB est hyperfumasse, hein. Tarez votre gueule à la récré, hein.

lundi 1 novembre 2010

Le calypso, la littérature, le plagiat

Réveillé aujourd'hui encore aux horreurs, JB se met au travail en écoutant, et il ne sait plus pourquoi, sa compilation maison intitulée Diese Querflöte! = Cette flûte traversière!, qui ne contient que des morceaux de ska et de reggae rythmés par des accords de flûte traversière. C'est devenu une private joke entre G et JB (et JB souhaite une bonne journée à G) qui déclenche chez eux l'hilarité: où qu'ils se trouvent, dans un nighter ou un concert ou dans le palais socialiste de JB, sitôt que résonne un morceau où la flûte traversière résonne, ils éclatent de rire. Toujours est-il que, en ce premier de novembre qui n'est pas férié à Berlin (la Toussaint, cette fête catholique est inconnue sur cette terre autrefois protestante et aujourd'hui quasi totalement laïcisée), JB écoute sa compilation de flûte traversière, constate qu'elle fait 82 minutes, soit 2 minutes de trop pour pouvoir ranger sur un CD qu'il offrira en copie d'abord à G et à N et à F et à tous ceux qui le désirent (il suffit de faire la demande à ce blog tatoué et fumeur), supprime un morceau pour que Ducimenia de The Dynamites puisse être intégré - il regarde le résultat, cela donne ça, et JB est foncièrement satisfait de son bricolage musical:


Et donc JB travaille en écoutant "ses" morceaux à la flûte traversière, se souvient qu'il n'a pas salué ses petits amis et se dit que, tiens, comme N adore le calypso, JB va mettre justement le morceau de Lord Invader, You Don't Need Glasses To See, qui lui permettra par la même occasion de souhaiter une bonne journée tant à N qu'à G. Bon. Il s'exécute donc:



Puis, dans les commentaires au morceau enregistrés sur toitube, JB lit le message suivant:


Quoi? Le Prix Nobel 2001 qu'est V.S. Naipaul parle du calypso dans son roman Miguel Street? Et non seulement ça, mais de Lord Invader? Et non seulement de lui, mais du morceau que JB a mis sur son blog tatoué et fumeur pour saluer tous ses petits amis?! Ça alors…
JB fait illico presto une recherche sur gougueule et obtient, abasourdi, la réponse suivante:


JB n'en revient toujours pas. Il est aux anges. Il trouve que cette semaine ne peut que bien commencer avec une nouvelle pareille.
Il va donc regarder dans les résultats et apprend le phénomène littéraire suivant:


Hein? Quoi? Pardon? Jean Rhys aurait été la première à parler du calypso. La première trace du calypso dans la littérature serait chez Jean Rhys et, qui plus est, dans un roman situé en Jamaïque, le pays du ska et du reggae?!?!?! JB a presque envie d'ouvrir sa fenêtre et de mousser un hurlement dans la rue. Au lieu de quoi, il court chercher ses sels, histoire de ne pas tomber en syncope, inhale, s'assied, a besoin de prendre un moment (comme on dit en anglais) pour rassembler ses pensées. Il résume:
Le calypso est longuement mentionné dans la littérature et pas n'importe laquelle puisqu'on trouve des auteurs comme Jean Rhys et V.S. Naipaul. Jean Rhys, elle a qui a si bien parlé des déclassés et des femmes maltraitées. Le calypso, chez elle, dans une histoire (La Prisonnière des Sargasses, de 1966, que JB n'a jamais lu mais qu'il commande instantanément […] voilà, c'est fait) qui, cerise sur le gâteau skinheadien, se déroule en Jamaïque. Alors là, mes petits amis, si vous voulez faire plaisir à JB, c'est en lui offrant des coïncidences comme celle-ci.
Du coup, JB fait une nouvelle recherche en tapotant: "jean rhys" + calypso + jamaïque. Les résultats ne sont pas forcément fructueux, mais il obtient celui-ci:


Et, s'il savait que le ska et le reggae sont au menu des cours de l'université de West Indies, il apprend à sa décidément jubilante joie que, à l'université de Pittsburgh, le semestre consacré à la littérature des Caraïbes (où les étudiants lisent les romans de, s'il vous plaît, Jean Rhys, V.S. Naipaul, Derek Walcott, Maryse Condé (ouiii!), Aimé Césaire (ouiiiiii!)) oblige ces mêmes étudiants à écouter, lors de la quatorzième semaine de cours, du calypso, du ska, du reggae et de la dub poetry. Forcément pour JB, qui traduit la littérature en musique et souvent avec du ska et du reggae, c'est une nouvelle phénoménale, aussi rassurante que réconfortante pour son activité personnelle en particulier, et pour la littérature en général.

Mais JB revient à Lord Invader et V.S. Naipaul et le morceau You Don't Need Glasses To See. Un article du Monde lui indique pour sa part que:


Hö hö hö! La pique envoyée à Arielle Dombasle qui a offert une "version grotesque" du calypso. Hö hö hö!
Mais… et cet extrait du roman Miguel Street de V.S. Naipaul où il est question de Lord Invader, alors? Le voici:


JB renifle une fois de plus ses sels. Lui qui souffre d'anti-américanisme hyperprimaire est pour le coup comblé. Il n'en revient pas que ce lundi lui fasse tant de jolis cadeaux. Il va du coup chercher le morceau en question, Rum And Coca Cola, et, oui, bien sûr, il le connaît car celui-ci a été "plagié" (dixit un commentaire sur toitube qui fait ricaner JB) par les Ricaines des Andrews Sisters. On écoute le morceau dont parle V.S. Naipaul et que tous les petits amis de JB reconnaîtront à leur tour:



JB est intrigué par cette accusation de "plagiat" qu'il trouve quand même grave. Du coup, il va vérifier dans gougueule, constate qu'il existe moult pages consacrées à l'affaire, et il a un peu l'impression d'enfoncer une porte ouverte: il se dit que tout le monde savait ça et que seul lui sur cette terre, nigaud et ignorant comme il est, n'était pas au courant. Il trouve dans le Wikipédia anglais une page consacrée à la chanson de Lord Invader, composée en 1943:



JB trouve au passage une copie du disque de 1945, qui atteste le plagiat:



Plagiat puisque les noms de Lord Invader et Lionel Belasco ne sont pas mentionnés et que Morey Amsterdam s'approprie la paternité de la chanson et, partant, la propriété intellectuelle et artistique.
JB va ensuite voir sur allmusic et apprend que l'affaire est d'une saloperie crasse bien plus importante encore puisqu'il a fallu attendre sept ans pour que les plagiaires crachent au bassinet:
 


JB, apprenant enfin que Lord Invader est décédé en 1962, a comme un pressentiment: 1962, c'est la première grande année du ska en Jamaïque. Se pourrait-il que…? La chanson ait été reprise…? JB veut en avoir le cœur net et va faire une ultime vérification sur toitube et…

[…]

Excusez JB: il est véritablement tombé dans les pommes. Ses sels n'ont pas suffi. Car il découvre, le décidément nigaud et ignorant, que Prince Buster a chanté une version de Rum And Coca Cola. Une version ska en diable qui ne déparerait pas dans les nighters où JB agite ses hanches en rythme avec la musique et en compagnie de ses petits amis skinhead boys et skinhead girls. On écoute cette impeccable version qui n'est pas uniquement une reprise, mais bel et bien une réinterprétation, datant de 1965, et dans laquelle le Prince ne parle décidément plus de Coca Cola mais, et c'est JB qui souligne, de "coco cola". Déjà, ainsi qu'on l'a entendu tout à l'heure, Lord Invader hésitait entre un O et un A; mais la voyelle devient ici un O résolu et appuyé. On écoute.



JB s'en fout que le Prince chante "coco cola" et non "coca cola", lui qui, dans son Berlin chéri, se fait toujours un point d'honneur, fort (donc) de son antiaméricanisme hyperprimaire, à systématiquement commander un Afri Cola allemand et non un Coca Cola yankee.

Allez, cette fois JB souhaite vraiment une belle et bonne journée à tous ses petits amis.

samedi 9 octobre 2010

"I've got sunshine"

Und der Nighter gestern im TIK hat sehr gute Musik aufgelegt - bis es nur Rocksteady gespielt wurde - und G et der JB (kurz nach N) weggingen. Und heute wacht der JB auf und, ohne es wirklich zu verstehen, hat My Girl von Prince Buster im Kopf:



Warum hat er denn dieses Lied im Kopf? Er hat sowieso keine Girl (möchte ach keine - übrigens). Aber vielleicht hat es eher was mit denSongtexten zu tun. Der Prince singt nämlich: "I've got sunshine / On a cloudy day / When it's cold outside / I've got the month of May." Und so fühlt es sich auch für den JB.
Naja, egal.

Seitdem der JB sowieso gerecht und undiskriminatorisch ist, spielt er auch das Original, von The Temptations, hier, bütte schøn:

dimanche 5 septembre 2010

"I'll always be true"

Dimanche matin. Un ciel bleu sans taches. Une journée sans taches. Un bonheur sans taches. Un soleil de septembre et une lumière blanche sur Berlin. Ne pas en revenir d'être en vie, se dire qu'on s'est bien battus, qu'on a bien mérité son bonheur. Partager ce bonheur avec ses amis, les remercier de leur aide indéfectible pendant toute la durée de ce long combat, leur offrir Prince Buster et chanter avec eux: "All my loving, I will send to you. All my loving, darling I'll be true."

Sonntag Vormittag. Ein fleckolser blauer Himmel. Ein fleckloser Tag. Ein fleckloses Glück. Eine Septembersonne und ein weisses Licht über Berlin. Es immer noch nicht fassen zu können, dass man stets lebt; sich selbst sagen, dass man sehr gut gekämpft hat, dass man sein Glück verdient hat. Dieses Glück mit seinen Freunden zu teilen; ihnen zu bedanken für ihre unersättliche Hilfe während diesem langen Kampf, ihnen Prince Buster zu schenken und mit ihnen zu singen: "All my loving, I will send to you. All my loving, darling I'll be true."

mardi 17 août 2010

dimanche 11 juillet 2010

Hot hot hot…

Und es ist nur 10 Uhr morgens…
Et il n'est que 10 heures du matin…

© icke


samedi 26 juin 2010

"What is in her mind?"

Coïncidences (comme on les aime) du travail et collision entre la traduction et la musique, je traduis:
Tu es rayonnante, Karoline, lui dis-je. Merci Abnash, me répond-elle. Ce n’est pas la robe que tu avais lors du déjeuner de Noël? demandé-je. Elle fait signe que non, arbore ce sourire rayonnant dont elle a le secret, elle rayonne. Karoline rayonne, tout chez elle rayonne: ses yeux, sa bouche, ses joues, ses bras, des mains, ses seins, ses cheveux. Mais tu as raison, répond-elle, elle aussi était rouge. Celle-ci me plaît encore davantage, réponds-je. Et voilà, à présent, Karoline me sourit et elle ne sourit qu’à moi, sans relâche.

Tandis que iTunes diffuse ce morceau que je ne connaissais pas des Folkes Brothers, de 1961, produit par Prince Buster et orchestré par Count Ossie, intitulé… Oh Carolina:



Dans le roman de Trude Marstein, l'énigme repose justement sur cette femme, Karoline. Karoline vient de fêter ses cinquante ans, a organisé une grande fête. Puis elle a disparu de son anniversaire. Où est Karoline? Le lecteur sait: Karoline a pris un train et a planté tout le monde. Visiblement, Karoline en ras le bol des gens, ras le bol de tous ces hypocrites.
Et, en vertu du pacte littéraire qui lie le narrateur et/ou écrivain à son lecteur, deux règles prévalent - en principe:
• le narrateur/écrivain veut le bien du lecteur
• le narrateur/écrivain ne ment pas à son lecteur
En principe, car dans ce roman kaléidoscopique et polyphonique (où chaque personnage devient narrateur le temps d'un chapitre), les points de vue sur ladite Karoline changent.

Ainsi, hier (hier pour moi, le traducteur), Viktor affirmait:
Karoline exalte les gens. Tout le monde fait un effort supplémentaire en sa présence : les conversations sont plus amusantes, plus intelligentes, plus réfléchies, cela ne fait aucun doute.
Avant-hier (toujours pour moi), sa belle-mère, Bjørg, disait d'elle:
Je ne connais pas Karoline. Au bout de vingt ans je ne connais toujours pas Karoline. (…) Tous les hommes adorent Karoline et s’épuisent à ne pas le montrer. Toutes les femmes détestent Karoline et s’épuisent à elles aussi ne pas le montrer.
Et la vieille encore (toujours pour moi), Julia avait cette discussion avec Sverre, le mari de Bjørg, à propos de de Karoline (Egil étant le mari de Karoline):
Je poursuis: Et je n’affirmerais pas non plus que j’apprécie énormément Karoline. Je ne crois pas que ce soit quelqu’un de bien pour Egil. Julia secoue lentement la tête: Pour personne elle n’est quelqu’un de bien. (…) Elle a bousillé mon frère, dit-elle alors, ce à quoi je réponds: Non, nous n’allons pas non plus rendre Karoline responsable de tous les maux de la terre, Julia… Karoline est aussi une femme merveilleuse. Qui a beaucoup de bons côtés, qui a beaucoup de bonnes choses en elle. Nous n’avons pas que des défauts et de mauvaises intentions, Julia… Elle: Certes, mais tout le monde ne passe son temps comme elle à détruire les autres! (…) Moi: Et puis, rendre Karoline responsable des inquiétudes de Peter n’est pas juste non plus. Elle n’a pas autant de pouvoir sur les gens que cela… Julia: Si, Sverre. Si, elle l’a ce pouvoir.

Alors qui est Karoline? Une garce? Une manipulatrice? Une femme merveilleuse?  Une femme qui révèle ce que les gens ont de mieux (ou de pire) en eux? Quelle est, au fond, l'influence d'un individu sur un autre? Est-ce qu'on change radicalement au contact d'une autre personne? Est-ce qu'on connaît jamais quelqu'un tout à fait?
La littérature s'est toujours passionnée pour ce motif: le regard de l'autre sur un individu, les intermittences de ce regard et des opinions, voire: la connaissance profonde d'un individu. Lawrence Durell, avec son Quator d'Alexandrie, proposait quatre regards sur un même événement et nous montrait que la vérité n'est jamais au rendez-vous. Antje Rávic Strubel, dans son Tupolew 164, relevait quant à elle ce défi narratif de présenter un personnage principal profondément ambigu, Katja Siems, en conservant jusqu'au bout un mystère total sur la véritable nature et identité de cette femme: personne ne saura jamais de quoi elle est faite.
Qui n'a jamais voulu entrer dans la tête des gens? Dans leur cerveau? Pour savoir ce et à quoi ils pensent vraiment? C'est notamment ce que donne à voir Trude Marstein dans son Faire le bien.

Et du coup, on pense forcément à la chanson de Lou Reed, Caroline Says (Part II), extraite de l'album Berlin, (hé hé… quelle énième belle coïncidence), de 1973, où il chante: "Caroline says / as she makes up her eyes / You ought to learn more about yourself / think more than just I (…) all of her friends (…) laugh and ask her / What is in her mind / what is in her mind"
Allez, on écoute Lou Reed:

In the pink

On se demande, en se réveillant, ce qu'on va mettre (puisque aujourd'hui comme hier la musique du matin qui résonne dans la tête est Johnny Too Bad - et, très franchement, on n'a pas pas trop envie d'entonner "You're gonna run to the rock for rescue / There will be no rock"). Du coup on fouille iTunes et on se dit: oui. Prince Buster. On ne met pas assez de morceaux de Prince Buster sur ce blog tatoué et fumeur alors que c'est un des plus grands. Un peu de justice dans ce monde de (sales) brutes ne peut faire que du bien (la bonne blague d'hier, entendue hier soir aux informations: Le G8 promet de lutter contre la mortalité dans les pays pauvres! hö hö hö).
Mais quel morceau de Prince Buster choisir? Pff… Tous en fait. On adore Jamaica Ska qui propulse quiconque sur la piste aux étoiles et le/la fait danser et sourire et hurler à en devenir dingo (et, étonnamment, surgit dans le cerveau l'image de Ralph en train de mettre le morceau et se trémousser derrière ses platines, avec son irrésistible sourire jusqu'aux oreilles). On aime bien aussi l'instrumental Forrester's Hall qui embellit toute journée déjà assombrie. Justement. Comme on est aujourd'hui samedi, qu'on va aller défiler avec les pédésgouinestrans-machintruc d'extrême-gauche à la Transgenialer CSD (= Gay Pride transgéniale), que ce soir on ira avec G et N et F et A et P et L et les autres au nighter de la Rigaer Strasse, on va écouter Enjoy Yourself pour ces deux raisons justement puisque les paroles disent, primo: "Enjoy yourself while you're still in the pink", secundo: "The years go by as quickly as you wink / Enjoy yourself, enjoy yourself, it's later than you think".
Allez, enjoy, donc, et une bonne journée, hein!

dimanche 18 avril 2010

"I won't be the one"

Und der Nighter ist vorbei…
Und man hat getanzt.
Und man hat geklascht.
Und man hat Sachen gesehen:

© icke

Und man hat nicht Ns und Gs Stimme gehört (aber gelesen).
Und man hat auch nicht Look Before You Leap gehört.
Und man hat Madness von Prince Buster gehört und dazu getanzt und dazu gesungen und darauf tief geatmet, wenn der Prince singt: "It's gonna be rougher / It's gonna be tougher / But I won't be the one who's gonna suffer", denn man wollte ja immer diesen Satz aus dem Lied sich tätowieren lassen, weil weil weil…



Und dann wurde man angestarrt.
Und dann wurde man angesprochen. Von P. Von A (noch einer A in meinem deutschen Leben). Von R, mit wem man über Dusty und die Floorettes redete.
Und dann fuhr man nach Hause.
Und dann sah man das, auf der Karl-Marx-Allee - und man war wieder ein Gärtner:

© icke

vendredi 16 avril 2010

Pum Pum

Au réveil, vers 6 heures, je savais que j'allais traduire ça - c'est maintenant fait:
J’ai l’impression de m’être retrouvé, beaucoup trop souvent dans ma vie, au bord d’un lit où j’ai imploré une fille d’accepter de coucher avec moi. Et, encore une fois dans ma vie, je viens de renoncer à pouvoir coucher avec quelqu’un.
© Gjøre godt, Trude Marstein, Gyldendal Forlag, 2006
© Faire le bien, traduit par Jean-Baptiste Coursaud, éditions Stock, 2010


Et donc, au réveil, sachant pertinemment que j'allais traduire ça, je me suis retrouvé avec cette chanson de Flowers & Alvin dans la tête (pour mieux se mettre dans l'ambiance? mais aussi dans l'ambiance lexicographique?), In A De Pum Pum, hélas introuvable sur toitube ou sur un quelconque serveur pour le mettre en écoute ici. Il ne reste plus qu'à s'acheter la compilation de Trojan où le morceau figure, intitulée Trojan X-Rated Box Set.

[04082010. Et grâce à l'insistance d'un certain ours en peluche, on a recherché à nouveau et on a trouvé la vidéo sur toitube, mise en ligne 8 jours après ce post. Comme quoi tout arrive, il faut juste être patient. On regarde.]



Elle parle de quoi, la chanson? Je cite:
"Why won't you pum / sister won't pum it up / make me do my work myself / why won't you push it up / sister won't you push it up / make me do my work myself / why won't you rub it up / sister won't you rub it up / why won't thing it up / sister won't you thing it up / why won't pum it up / sister won't you pum it up / make my do my work myself"

C'est compris? Non? C'est quoi déjà, le titre de la compilation d'où le morceau est extrait? X-Rated. En bon français: Interdit aux moins de 18 ans. Donc? Porno. Grosso modo, les mecs dans la chanson veulent coucher avec une fille (sister), elle ne veut pas, conséquence: ils doivent faire le boulot eux-mêmes. Et le petit linguiste qui sommeille en moi d'être ravi de fournir une explication lexicographique et linguistique.
En anglais jamaïcain, ça veut dire quoi pum et pum pum?
Le urban dictionary nous donne la réponse. Je copie/colle:
Jamaican term for the female sexual organ
Deux exemples sont notamment indiqués, je les cite également:
• yo that gyal needs her pum pum ram up good!
• claire asked me 'do u lick pum'? then i slapped her!! an said no
Donc le substantif pum signifie chatte, con et le verbe pum pum veut dire baiser, niquer.

De fait, le reggae a offert au genre pornographique une discothèque éloquente. Et Trojan de lui consacrer d'ailleurs pas moins de deux compilations, la sus-nommée ainsi que Slack Reggae Box Set. Même les plus grands compositeurs ont versé dans le genre: Derrick Morgan ou Stranger Cole, par exemple.
Comme l'histoire de la cinématographie pornographique, la discographie pornographique est évidemment phallocrate (au sens propre!) et sexiste. Nombre de disques de reggae, après 1968, avaient pour pochette des filles lascives, sinon court vêtues en tout cas moitié à poil, histoire de mieux titiller l'instinct bassement sexuel (et forcément inassouvi? les pauvres!) des mecs. Rien de neuf sous le soleil, même jamaïcain: la fille n'existe que pour assouvir les besoins du mec. On a le droit de bâiller.
Dans les chansons, il n'est question que de pénétration - le moyen et la fin en soi, a priori, de toute forme de sexualité - et bien évidemment de la femme par l'homme. À croire que l'imagination et le fantasme sexuels des compositeurs ont un développement équivalent au cerveau d'un protozoaire. Et, comme je le disais à l'instant, la femme est évidemment une chaudasse et l'homme évidemment un étalon capable de chevaucher une armée d'amazones sans un seul instant flancher. On a le droit de rire.

Ça c'est l'image superficielle. Car, heureusement, à notre immense joie, la réalité n'est pas si univoque. Ainsi de ce morceau In A De Pum Pum, où la fille ne veut pas. Ainsi de Khaki, la reprise par The Tennors de leur propre morceau hyper connu Ride Your Donkey, où dans la première il est indiqué que la seule possibilité de sexualité qui reste aux chanteurs demeure la masturbation.
Mon journal, la TAZ, avait consacré en 2007 un long article, aussi passionnant qu'éclairé, sur la question du reggae pornographique, ou slackness en anglais jamaïcain. Klaus Walter, le journaliste, citait notamment la féministe Carolyn Cooper, professeure de littérature à l'Université de West Indies, chercheuse notamment sur les questions de la culture musicale et reggae. Pour elle, le slackness, c'est-à-dire ce côté cul, porno, n'est autre qu'une "réappropriation du langage par les classes défavorisées (…), une révolte métaphorique contre la loi et l'ordre, une implosion des standards de la décence." De plus, pour elle, les femmes sot par ailleurs fondamentalement "des agentes [ou actrices, dans le sens de celle qui conserve la maîtrise et le pouvoir] libres et actives de leur sexualité". On peut lire un extrait de ces travaux passionnants ici.
Un bémol tout de même. Le discours de Carolyn Cooper est aussi une réappropriation du stigmate, un empowerment comme on dit si bien en anglais: un façon, ici rhétorique, de redonner de la fierté et donc du pouvoir. Car on ne peut ignorer que, quand même, l'écrasante majorité des morceaux de reggae puis de slackness (puisque c'est devenu un genre musical à part entière dans cette musique) repose essentiellement sur une perpétuation de la domination masculine, et que les exemples de prise de pouvoir sexuel par la femme ou de représentation dépréciatrice de la sexualité masculine sont affreusement minoritaires. Et on ne parle même pas de l'évocation d'une sexualité homosexuelle - pour le coup atrocement absente.

On ponctuera ce post sur la luxure et le stupre (comme on disait autrefois) avec ce morceau des Soul Sisters, un classique dans le reggae, Wreck A Buddy, où tout ce que veut la fille, c'est un mec pourvu d'un gros kiki. On écoute.




18-04-2010
La perspicacité de M. est non seulement sans limite mais aussi épatante qu'époustouflante. On en veut pour preuve son mail, reçu tout à l'heure:


Et, après vérification, M. a décidément raison. Ou en partie seulement.
Comme quoi ma connaissance du répertoire mouskourien est nulle. Est-ce grave, docteur?

Voyons ce que Trojan Records en dit (pas de mon incompétence (en 1 ou 3 mots, tout dépend si on le lit avec ou sans l'épithète qui suit) mouskourienne, mais du rapport entre Wreck A Buddy et L'Enfant au Tambour:
In 1969 reggae music continued to maintain a high profile with the skinhead cult, resulting in the Trojan album 'Tighten Up Volume Two' (TJCCD017 now available with tracks) entering the album chart. Among the classic tracks featured on the LP was the Soul Sisters variation of 'Little Drummer Boy' entitled 'Wreck A Buddy' (…)

L'enfant au Tambour est la version française, enregistrée en 1965, de Little Drummer Boy. On peut l'écouter ici (non! je ne mettrai pas Nana Mouskouri ici - la droite, ça suffit!). Mais l'original est en réalité une chanson de Noël très connue dans le monde anglo-saxon, composée en 1941, comme nous le confirme le Wikipédia anglais. Et allmusic de lister pas loin de 3000 enregistrements du morceau. Bon. Nous voilà bien renseignés.

Mais revenons à nos moutons, ou plutôt aux Soul Sisters et leur désir de grosses bites, puisque Trojan indique dans le suite du développement supra:
(…) 'Wreck A Buddy', a song also covered by Prince Buster who had expressed his desire to 'Wreck A Pum Pum'.
Et donc, si les filles des Soul Sisters veulent se "taper un mec", Prince Buster ne veut pas la même chose (non, faut pas rêver non plus, hein), il veut lui se "taper une chatte". Or, le plus drôle, quand on écoute la version du Prince, c'est que pour le coup son interprétation est très proche de la mélopée mouskourienne. Et ça, c'est tordant! Mettre face à face la godicherie mouskourienne et la débauche busterienne. Hö!

lundi 22 mars 2010

Rance même à Berlin

(Dans le train - deux spécimens de la Rance parlent dans leur langue. JB, qui lit die TAZ, ne perd pas une miette de la conversation.)

Lui: Parce que tu vois, les Allemands, ils accordent pas autant d'importance que nous à l'apparence.
Elle: Ah?
Lui: Quand je suis venu travailler en Allemagne chez [XXX], y avait un mec, il avait les cheveux rasés et des tatouages partout. Eh ben les gens disaient rien.
Elle: ???
Lui: Heureusement, des types comme ça n'ont pas de postes de responsabilité.
Elle: Oui, heureusement.


samedi 20 mars 2010

Everything Crash (in der U5)

Et qu'est-ce qui se passe à Berlin le troisième samedi du mois? Hein? C'est le nighter mensuel avec Markus et Ralph aux platines. Même la rue en parle, confer ci-dessous.
Und was ist in Berlin am 3. Samstag des Monats los? Hä? Da haben wir den monatlichen Nighter, wo Markus und Ralph auflegen. Es wird sogar in der Strasse angekündigt, wie man es hierunten sehen kann:

© icke

Everything Crash, c'est le nom de la soirée, mais c'est aussi le titre d'un morceau des Ethiopians, et les fervents lecteurs de ce blog (merci!) reconnaîtront un morceau qu'on a plus ou moins déjà entendu - mais d'abord les Ethiopians.
Everything Crash ist ja der Name des Nighters, aber das ist auch der Titel eines Liedes von The Ethiopians, das die regelmässigen und feinhörigen Lesern dieses Blogges (danke!) schon mehr oder weniger gehört haben - aber erstmal The Ethiopians.



Alors? Quelqu'un a reconnu? Non? Mais si: la musique est empruntée au très fameux Bigger Boss d'Ansell Collins, dont j'avais déjà parlé le 6 novembre dernier. Le procédé est d'ailleurs très très courant dans le ska/reggae. J'ai même un dossier spécial dans mon iTunes avec uniquement des morceaux inspirés les uns des autres. Des exemples? Le fameux Kingston Town de Lord Creator ayant inspiré les Jay Boys pour leur Tilly. (Puisque, non, Kingston Town n'est PAS un morceau de UB40 - UB40 n'a construit sa notoriété qu'en pillant le patrimoine musical du ska). Un autre? Le très célèbre Tonight de Keith & Tex qui a inspiré le très porno Bedroom Mazurka d'Augustus Pablo & Fae. J'ai d'ailleurs toujours voulu proposer ça ici: les différentes versions soit construites sur la base d'une même phrase musicale, soit reprenant carrément le thème musical d'un morceau. Un jour je le ferai.
Na? Hat jemand das Lied erkannt? Nein? Aber doch: die Musik ist von dem berühmten Bigger Boss von Ansell Collins entliehen, dem ich schon am 6. November erwähnt hatte. Dieses Leihenprozess ist beinahe eine Alltagssache in der ska/reggae Musik - ich habe sogar einen Ordner nur dafür in meinem iTunes, also nur mit Musikstücken, die von einander inspiriert worden sind. Beispiele? Jawoll! Das berühmte Kingston Town von Lord Creator hat die Jay Boys für ihren Tilly inspiriert. (Denn, nein, Kingston Town ist KEIN Stück von UB40 - UB40 hat nur ihres Profitum bei der Plünderung des Skareichtums aufgebaut). Mehr? Das sehr berühmte Tonight von Keith & Tex, das das sehr porno Bedroom Mazurka von Augustus Pablo & Fae inspiriert hat.

Mais retournons à Everything Crash. Car, outre pour sa structure musicale, le morceau vaut de fait un double détour à cause de l'arrière-plan social dépeint. Que racontent les paroles? Avant de répondre il faut préciser qu'il a été composé en 1968. Les événements ne concernent pas seulement la France, la Tchécoslovaquie ou l'Allemagne mais aussi la Jamaïque. Car en cette année, l'île est frappée par une grève générale. Et c'est cela que raconte la chanson: "Firemen strike, watermen strike / Telephone company too / Down to the policemen too!" Bref, c'est non seulement l'insurrection des services publics contre la politique d'austérité du gouvernement jamaïcain qui est évoquée ici, c'est aussi la situation sociale désastreuse d'une majorité de la population, poussée à l'émigration vers le Royaume-Uni, qui est dénoncée ici: "Every day cary bucket to the well / One day the bottom must drop out / Everthing crash!"
Aber zurück zu Everything Crash. Denn, nicht nur ist das Stück interessant für seine musikalische Geschichte und Struktur, aber auch für den geschilderten sozialen Hintergrund. Worum handeln sich die Songtexte? Bevor ich diese Frage beantworte, muss es betont werden, dass das Lied in 1968 komponiert wurde. Die Ereignisse dieses Jahres geschehen nicht nur in Deutschland, Frankreich oder in der Tschechoslowakei, sondern auch in Jamaika. Die Insel ist nämlich von einer Generalstreik betroffen. Und ausgerechnet das ist es hier die Rede: "Firemen strike, watermen strike / Telephone company too / Down to the policemen too!" Und nicht nur wird hier der Aufstand der staatlichen Betrieben gegen die Politik der jamaikanischen Regierung für eine drastische Kostenreduzizerung erzählt, aber die desaströse Soziallage der Mehrheit der Bevölkerung, die letzendlich dazu gezwungen ist nach England zu emigrieren, wird in dem Lied denunziert: "Every day cary bucket to the well / One day the bottom must drop out / Everthing crash!"


En guise de conclusion, je parlais plus haut de cette culture de l'emprunt musical propre au ska et au reggae. Ainsi, si Bigger Boss a inspiré Everything Crash aux Ethiopians, leur chanson a été reprise par l'immense Prince Buster avec Pharaoh House Crash. On écoute.
Als Konklusion: Ich schrieb oben über diese Kultur in der Ska- und Reggaemusik von dem musikalischen Leihen. Wenn Bigger Boss dem Ethiopians Everything Crash inspiriert hat, wurde dieses Lied von dem immensen Prince Buster mit Pharaoh House Crash übernommen. Lass uns es hören.




Donc à plus tard au U5, d'accord? C'est au métro Frankfurter Tor, juste à côté de la maison en fait. Enfin, c'est indiqué sur l'affiche, hein. Y a qu'à lire.
Also, bis später in der U5, ja? Die Bar befindet sich am Frankfurter Tor, fast gerade vor der Tür. Aber alles steht schon auf der Plakat. Einfach lesen.

samedi 25 octobre 2008

Prince Buster & Derrick Morgan am Skamstag

Heute ist Samstag und Samstag ist auch Skamstag.
Und heute nicht nur 1 Stück sondern 2! Geil! Und zwar DIE janz grosse Sternen: Prince Buster und Derrick Morgan.
Es ist schon bekannt, dass die beide sich gehasst haben. Es ging so weit, dass elbst in ihren Liedern haben sie sich ständig gehetzt. Hier erstmal sang Prince Buster, dass Derrick Morgan kein echter Jamaikaner war, dass er also ein "Chineser" war. Hier geht's los:



Als Antwort sang Derrick Morgan Blazing Fire und schimpfte ihn zurück, sagend, "pass mal auf, sonst schiesse ich dich tot." So etwa. Hier geht's los:



Die Frage ist ob die eine Nummer besser als die andere ist. Die Antwort ist: nein. Musikalisch sind die beide sehr gut, mit diesem gleichen Ton, der sich immer wieder wiederholt. Aber, ich gebe zu: ich mag Derrick Morgans Stimme besser. Und der Saxophon ist bei Morgan frischer, lustiger, lebendiger.

Rubbzzz!