JB est à peine arrivé dans la Rance, il se les pèle dans son hôtel (mal chauffé comme la majorité des appartements parisiens et pas risibles) quand, brusquement, résonnent dans sa tête compliquée les notes de Free Man des Ethiopians. JB sort fissa son mange-disque électronique et écoute. Merdre. Ça commence mal: "I've got the feeling that them gonna put you down", chantent les zigotos bien avisés. C'est donc: la Rance, Parisible. Pff…
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mardi 30 novembre 2010
mercredi 20 octobre 2010
Strike! La grève!
Bonjour, les petits amis!
On se réveille de bon matin en songeant à la Rance et au fait que la chanson des Ethiopians, Everything Crash, qu'on a déjà entendue à maintes reprises sur ce blog tatoué et fumeur, ne saurait être plus adéquate - même si elle a trait à la grève (strike en anglais) générale qui a eu lieu en Jamaïque en 1968. On lit d'abord les paroles pour se convaincre de leur exactitude:
Allez, on chante encore tous ensemble:
Down to the policemen too!
Et si "ce qui commence mal le matin ne peut forcément pas se terminer bien le soir", les policemen, eux, n'ont pas débrayé; ils ont même embrayé de plus belle, comme on le voit ici à Lyon lors de la manifestation d'hier qui a dégénéré. De fait, s'ils ne strike pas (to strike = faire grève), ils strike tout de même (to strike = attaquer, frapper):
Et donc, la question que l'on peut se poser, en voyant que la strike (= la grève) pousse les policiers à attaquer (= to strike), c'est celle de l'étymologie du terme anglais et, partant, celle du substantif français grève. Et c'est par celui-là qu'on va commencer puisque, honneur aux grévistes, honneur (une fois n'est pas coutume sur ce blog tatoué et fumeur) à la Rance, mais à la Rance gréviste.
C'est le Robert historique de la langue française qui, comme d'habitude, nous renseigne:
Et ce qui est intéressant dans cette étymologie, si on la rapproche à l'évolution de la grève actuelle dans la Rance, qui s'oppose à la réforme des retraites, c'est qu'elle résume à merveille les revendications des lycéens. En se mettant en grève, ils rappellent par inversement l'évolution sémantique du mot grève vers son sens moderne. En effet, ils manifestent et font grève car, disent-ils, ils ont déjà d'énormes difficultés à trouver un emploi; du coup, si cette réforme des retraites était mise en application, leur difficulté à décrocher un travail se transformerait en impossibilité à en avoir un. Autrement dit, et si on reprend les termes de l'analyse diachronique du mot grève dans le sens de “débrayage”, on constate que, concernant les lycéens, "l'arrêt [de leur] activité", à savoir leur "refus" d'aller en classe, s'explique par une peur du "chômage", une volonté de s'opposer à la future "absence subie de travail". Leur argumentation suit, à l'envers, à rebours, l'évolution sémantique du mot grève. Et ça, mes petits amis, si ce n'est pas passionnant, alors JB en perd son latin et son français par la même occasion.
Voyons maintenant ce qu'il en est pour ce strike anglais étonnamment adéquat puisque, à partir d'un même mot, on constate qu'il reflète la situation de cause à effet telle qu'on la voit se produire dans la Rance: à la grève, les "forces de l'ordre" (comme on dit si bien) répondent par l'attaque et par les coups. Strike de part et d'autre: chez les grévistes comme chez les policiers.
C'est le Etymology online dictionary qui cette fois nous renseigne:
Et notre dictionnaire étymologique de la langue allemande, le Kluge, nous confirme cette hypothèse. Le Streik allemand, la grève, est issu de l'anglais strike. Et les deux termes, le substantif comme le verbe, sont liés étymologiquement. Il est intéressant de comparer les termes, identiques en anglais, quasi identiques en allemand: streiken = faire grève et streichen = biffer, rayer; ou en norvégien: streike = faire grève et stryke = caresser, puis biffer, mais aussi et par extension: s'en aller. Tous ces sens font évidemment penser à la façon qu'ont les manifestations actuelles de dégénérer et à l'action des forces de l'ordre.
Partant, on peut aussi être séduit par l'évolution sémantique du substantif strike qui a désigné d'une part, à partir de 1859, le fait de renverser toutes les quilles au bowling (donc: de la même manière que les policiers français veulent renverser tous les manifestants violents) et, d'autre part, à partir de 1841 la prise au base-ball, un sport qui se joue avec une batte, laquelle n'est évidemment pas sans rappeler la matraque de ces mêmes policiers qui bastonnent les mêmes manifestants.
Mais revenons à l'étymologie du substantif strike dans son sens d'“arrêt du travail”. Il semble donc que l'origine (1768) vienne du refus des marins d'embarquer, de prendre la mer: on descend les voiles. Et le Kluge de nous indiquer pour sa part que, en allemand:
Mais revenons à nos réflexions linguistiques.
Comme en français, le sens anglais de “cessation du travail” s'est durablement établi au XIXe siècle, en 1810 pour la langue de Shakespeare, entre 1845 et 1848 pou la langue de Molière. Donc au moment de l'industrialisation et de l'apparition du capitalisme. Le Capital a été publié dans la langue de Goethe, pour le premier livre, en 1867, mais on sait que Marx a eu besoin de vingt années pour le rédiger. On revient donc vers ces années 1845.
Et, justement, c'est… Engels qui le premier va employer le mot, dans son orthographe anglaise, ainsi que nous l'explique le Deutsches Wörterbuch (= Dictionnaire allemand) des frères Grimm. Friedrich Engels, le compagnon de Karl Marx (les deux potes de JB), qui utilise le terme dans son ouvrage La condition de la classe ouvrière en Angleterre publié en… en… 1845!!! JB adore ce genre de hasard. Il trouve ça formidable que celui qui a importé en allemand le terme anglais strike n'est autre qu'Engels, l'un des deux pères, avec Marx, du communisme. On le voit ci-dessous - et c'est JB qui souligne:
Donc, pour résumer ce qu'explique le dictionnaire. Les premières occurrences du mot en allemand ont référence à la situation outre-Manche et à la cessation du travail par les ouvriers. Le mot s'établit en allemand en 1865 avec la grève à Leipzig des imprimeurs.
Et ce mot, strike, va connaître une fortune linguistique. Germanisé donc en Streik en allemand, il est également scandinavisé (DN + SE = strejk, NO = streik). Mais on le retrouve aussi dans certaines langues slaves: on dit strajk en polonais et štrajk en croate; dans les langues baltes: streikas en lituanien et streiks en letton; mais aussi dans une langue non indo-européenne comme l'estonien où on dit également streik.
Pour que tant de langues aussi diverses adoptent le mot, c'est bien que le phénomène (le refus de travailler, la cessation de l'activité professionnelle) est non seulement radicalement nouvelle et moderne (on n'a jusqu'alors pas de mot, donc on emprunte le terme anglais), mais décrit une réalité en phase sinon en symbiose avec les préoccupations de l'époque.
Aussi, et pour en revenir aux grèves françaises, on peut trouver très inquiétants les glissements sémantiques qui s'opèrent en français moderne, où l'on a tendance à:
• ne plus parler de grève mais de mouvement social (toutes les entreprises publiques françaises annoncent désormais "dû à un mouvement social, le trafic est interrompu etc…"), sous l'influence conjuguée d'une dialectique journalistique qui condamne l'emploi des répétitions et veut trouver des synonymes partout et pour tout (et on peut pleinement s'interroger sur les raisons qui poussent le français moderne à préférer mouvement social à débrayage)
• employer par un même glissement sémantique, opéré celui-ci depuis le début des années 2000 par la classe politique de droite, la locution prendre en otage pour désigner les effets induits par une grève, lorsque les usagers ne peuvent plus se déplacer.
On peut donc voir dans ces analogies passées dans le langage une volonté de discréditer la grève. En n'employant plus le terme, on l'annule, on le strike, on lui nie une existence, il faut biffer, rayer, annuler la grève; tout comme il faut briser, casser, frapper les grévistes. La grève n'a plus lieu d'être, on nie aux salariés le droit de grève, il faut imposer le service minimum. La grève est un terme du passé: la terminologie moderne lui préfère le mouvement social, un mouvement comme on parle d'un mouvement d'humeur, une lubie en somme, quelque chose qui va finir par passer, par s'en aller (stryke en norvégien). Autrement dit, les grévistes sont soupe-au-lait, capricieux, inconséquents, et ce d'autant plus qu'ils prennent en otage les gens: ce sont des kidnappeurs. Et on sait ce que veulent les kidnappeurs: ils rançonnent, ils veulent de l'argent, ils utilisent des méthodes criminelles, ils se font même exploser et tuent des personnes dites innocentes. Voilà: le non-gréviste est innocent, le gréviste est coupable, criminel, meurtrier. La grève, c'est l'appel au meurtre. Voilà ce que nous disent ces glissements sémantiques.
On a vu à maintes reprises, sur ce blog tatoué et fumeur, à quel point la langue avait un inconscient, se souvenait de ses usages passés, voire tombés en obsolescence. Face à ces volontés de négation sémantique, on ne peut guère être surpris de voir que les manifestations, dans la Rance, dégénèrent, que certains en viennent à la violence, au soulèvement, à l'émeute.
Il faut finir.
JB va chercher dans son iTunes les morceaux qui contiennent le mot riot = émeute. Il trouve:
Il les écoute. Il aime bien les Dead 60's. Mais au final, il a évidemment une préférence (à tous égards) pour Rancid et son chanteur aussi en verve qu'en beauté. Rancid contre la Rance, c'est un programme qui satisfait JB à fond.
Une bonne journée à tou(te)s et une bonne grève, hein!
On se réveille de bon matin en songeant à la Rance et au fait que la chanson des Ethiopians, Everything Crash, qu'on a déjà entendue à maintes reprises sur ce blog tatoué et fumeur, ne saurait être plus adéquate - même si elle a trait à la grève (strike en anglais) générale qui a eu lieu en Jamaïque en 1968. On lit d'abord les paroles pour se convaincre de leur exactitude:
Look deh now, everything crash!
Firemen strike, watermen strike
Telephone company too
Down to the policemen too!
What damn bad a-mawning can't come good a-evening, whoi!
Allez, on chante encore tous ensemble:
Look deh now, everything crash!
Firemen strike, watermen strike
Telephone company too
What damn bad a-mawning can't come good a-evening, whoi!
Et si "ce qui commence mal le matin ne peut forcément pas se terminer bien le soir", les policemen, eux, n'ont pas débrayé; ils ont même embrayé de plus belle, comme on le voit ici à Lyon lors de la manifestation d'hier qui a dégénéré. De fait, s'ils ne strike pas (to strike = faire grève), ils strike tout de même (to strike = attaquer, frapper):
Et donc, la question que l'on peut se poser, en voyant que la strike (= la grève) pousse les policiers à attaquer (= to strike), c'est celle de l'étymologie du terme anglais et, partant, celle du substantif français grève. Et c'est par celui-là qu'on va commencer puisque, honneur aux grévistes, honneur (une fois n'est pas coutume sur ce blog tatoué et fumeur) à la Rance, mais à la Rance gréviste.
C'est le Robert historique de la langue française qui, comme d'habitude, nous renseigne:
GRÈVE n.f. est issu (vers 1140) du latin populaire °grava “gravier” (…). Pierre Guiraud rapproche grève du latin gravis “dur, difficile” (-> grave): l'ancien français connaît groisse “gravier, caillou”, variante de grosse “gravier”. (…)
◊ De grève, “terrain constitué de sable et de gravier (au bord de la mer ou d'un cours d'eau)”, vient l'homonyme. ◊ GRÈVE (1805), du nom de la place de la Grève (1260) au bord de la Seine à Paris, où se réunissaient les ouvriers qui attendaient l'embauche; les valeurs métaphoriques de grève “place”, être sur la grève équivalant à être sur le sable, sur le pavé, ont pu jouer leur rôle. ◊ Faire grève (1805) a d'abord signifié “quitter l'ouvrage (attendre l'embauche en place de Grève)”, mais l'exemple d'emploi est isolé. ◊ Par métonymie, grève désignait le lieu où les ouvriers sans emploi se réunissaient; le passage au sens moderne de “cessation volontaire et collective du travail” se produit vers 1845-1848: une locution comme mettre un patron en grève (1848) signifiait “refuser de travailler pour lui”. C'est alors que grève passe d'“absence subie de travail” (chômage) à “refus de travail”. Par extension, grève a pris le sens d'“arrêt d'une activité”, par exemple dans les locutions grève de la faim (1906) ou grève de l'impôt (milieu du XXe siècle).
Et ce qui est intéressant dans cette étymologie, si on la rapproche à l'évolution de la grève actuelle dans la Rance, qui s'oppose à la réforme des retraites, c'est qu'elle résume à merveille les revendications des lycéens. En se mettant en grève, ils rappellent par inversement l'évolution sémantique du mot grève vers son sens moderne. En effet, ils manifestent et font grève car, disent-ils, ils ont déjà d'énormes difficultés à trouver un emploi; du coup, si cette réforme des retraites était mise en application, leur difficulté à décrocher un travail se transformerait en impossibilité à en avoir un. Autrement dit, et si on reprend les termes de l'analyse diachronique du mot grève dans le sens de “débrayage”, on constate que, concernant les lycéens, "l'arrêt [de leur] activité", à savoir leur "refus" d'aller en classe, s'explique par une peur du "chômage", une volonté de s'opposer à la future "absence subie de travail". Leur argumentation suit, à l'envers, à rebours, l'évolution sémantique du mot grève. Et ça, mes petits amis, si ce n'est pas passionnant, alors JB en perd son latin et son français par la même occasion.
Voyons maintenant ce qu'il en est pour ce strike anglais étonnamment adéquat puisque, à partir d'un même mot, on constate qu'il reflète la situation de cause à effet telle qu'on la voit se produire dans la Rance: à la grève, les "forces de l'ordre" (comme on dit si bien) répondent par l'attaque et par les coups. Strike de part et d'autre: chez les grévistes comme chez les policiers.
C'est le Etymology online dictionary qui cette fois nous renseigne:
Et notre dictionnaire étymologique de la langue allemande, le Kluge, nous confirme cette hypothèse. Le Streik allemand, la grève, est issu de l'anglais strike. Et les deux termes, le substantif comme le verbe, sont liés étymologiquement. Il est intéressant de comparer les termes, identiques en anglais, quasi identiques en allemand: streiken = faire grève et streichen = biffer, rayer; ou en norvégien: streike = faire grève et stryke = caresser, puis biffer, mais aussi et par extension: s'en aller. Tous ces sens font évidemment penser à la façon qu'ont les manifestations actuelles de dégénérer et à l'action des forces de l'ordre.
Partant, on peut aussi être séduit par l'évolution sémantique du substantif strike qui a désigné d'une part, à partir de 1859, le fait de renverser toutes les quilles au bowling (donc: de la même manière que les policiers français veulent renverser tous les manifestants violents) et, d'autre part, à partir de 1841 la prise au base-ball, un sport qui se joue avec une batte, laquelle n'est évidemment pas sans rappeler la matraque de ces mêmes policiers qui bastonnent les mêmes manifestants.
Mais revenons à l'étymologie du substantif strike dans son sens d'“arrêt du travail”. Il semble donc que l'origine (1768) vienne du refus des marins d'embarquer, de prendre la mer: on descend les voiles. Et le Kluge de nous indiquer pour sa part que, en allemand:
Es gibt zwar schon im 16. Jahrhundert in Hamburg strikende Wasserarbeiter (die die Arbeit wegen zu geringer Entlöhnung eingestellt haben), doch kommt der moderne Wortgebrauch eindeutig aus dem Englischen.
Certes, il existe déjà au XVIe siècle, à Hambourg, des strikende ouvriers des eaux (qui ont cessé le travail pour protester contre des rémunérations trop basses); cependant, l'usage moderne vient incontestablement de l'anglais.
Et ce qui nous intéresse ici, c'est qu'à chaque fois il est question d'eau, de marins - tout comme les premiers débrayages en France ont commencé au bord de l'eau, sur les ports, entamés par les dockers. De la même façon que les deux héros marins socialistes de JB, Max Reichpietsch et Albin Köbis, ont entamé le mouvement pacifiste au sein de la marine du Reich pour protester contre la Première Guerre mondiale, ont été arrêtés en août 1917, condamnés à mort et exécutés sur la place publique à Cologne le 7 septembre 1917. On les voit ici, et JB a évidemment un faible pour Albin:Mais revenons à nos réflexions linguistiques.
Comme en français, le sens anglais de “cessation du travail” s'est durablement établi au XIXe siècle, en 1810 pour la langue de Shakespeare, entre 1845 et 1848 pou la langue de Molière. Donc au moment de l'industrialisation et de l'apparition du capitalisme. Le Capital a été publié dans la langue de Goethe, pour le premier livre, en 1867, mais on sait que Marx a eu besoin de vingt années pour le rédiger. On revient donc vers ces années 1845.
Et, justement, c'est… Engels qui le premier va employer le mot, dans son orthographe anglaise, ainsi que nous l'explique le Deutsches Wörterbuch (= Dictionnaire allemand) des frères Grimm. Friedrich Engels, le compagnon de Karl Marx (les deux potes de JB), qui utilise le terme dans son ouvrage La condition de la classe ouvrière en Angleterre publié en… en… 1845!!! JB adore ce genre de hasard. Il trouve ça formidable que celui qui a importé en allemand le terme anglais strike n'est autre qu'Engels, l'un des deux pères, avec Marx, du communisme. On le voit ci-dessous - et c'est JB qui souligne:
Donc, pour résumer ce qu'explique le dictionnaire. Les premières occurrences du mot en allemand ont référence à la situation outre-Manche et à la cessation du travail par les ouvriers. Le mot s'établit en allemand en 1865 avec la grève à Leipzig des imprimeurs.
Et ce mot, strike, va connaître une fortune linguistique. Germanisé donc en Streik en allemand, il est également scandinavisé (DN + SE = strejk, NO = streik). Mais on le retrouve aussi dans certaines langues slaves: on dit strajk en polonais et štrajk en croate; dans les langues baltes: streikas en lituanien et streiks en letton; mais aussi dans une langue non indo-européenne comme l'estonien où on dit également streik.
Pour que tant de langues aussi diverses adoptent le mot, c'est bien que le phénomène (le refus de travailler, la cessation de l'activité professionnelle) est non seulement radicalement nouvelle et moderne (on n'a jusqu'alors pas de mot, donc on emprunte le terme anglais), mais décrit une réalité en phase sinon en symbiose avec les préoccupations de l'époque.
Aussi, et pour en revenir aux grèves françaises, on peut trouver très inquiétants les glissements sémantiques qui s'opèrent en français moderne, où l'on a tendance à:
• ne plus parler de grève mais de mouvement social (toutes les entreprises publiques françaises annoncent désormais "dû à un mouvement social, le trafic est interrompu etc…"), sous l'influence conjuguée d'une dialectique journalistique qui condamne l'emploi des répétitions et veut trouver des synonymes partout et pour tout (et on peut pleinement s'interroger sur les raisons qui poussent le français moderne à préférer mouvement social à débrayage)
• employer par un même glissement sémantique, opéré celui-ci depuis le début des années 2000 par la classe politique de droite, la locution prendre en otage pour désigner les effets induits par une grève, lorsque les usagers ne peuvent plus se déplacer.
On peut donc voir dans ces analogies passées dans le langage une volonté de discréditer la grève. En n'employant plus le terme, on l'annule, on le strike, on lui nie une existence, il faut biffer, rayer, annuler la grève; tout comme il faut briser, casser, frapper les grévistes. La grève n'a plus lieu d'être, on nie aux salariés le droit de grève, il faut imposer le service minimum. La grève est un terme du passé: la terminologie moderne lui préfère le mouvement social, un mouvement comme on parle d'un mouvement d'humeur, une lubie en somme, quelque chose qui va finir par passer, par s'en aller (stryke en norvégien). Autrement dit, les grévistes sont soupe-au-lait, capricieux, inconséquents, et ce d'autant plus qu'ils prennent en otage les gens: ce sont des kidnappeurs. Et on sait ce que veulent les kidnappeurs: ils rançonnent, ils veulent de l'argent, ils utilisent des méthodes criminelles, ils se font même exploser et tuent des personnes dites innocentes. Voilà: le non-gréviste est innocent, le gréviste est coupable, criminel, meurtrier. La grève, c'est l'appel au meurtre. Voilà ce que nous disent ces glissements sémantiques.
On a vu à maintes reprises, sur ce blog tatoué et fumeur, à quel point la langue avait un inconscient, se souvenait de ses usages passés, voire tombés en obsolescence. Face à ces volontés de négation sémantique, on ne peut guère être surpris de voir que les manifestations, dans la Rance, dégénèrent, que certains en viennent à la violence, au soulèvement, à l'émeute.
Il faut finir.
JB va chercher dans son iTunes les morceaux qui contiennent le mot riot = émeute. Il trouve:
Il les écoute. Il aime bien les Dead 60's. Mais au final, il a évidemment une préférence (à tous égards) pour Rancid et son chanteur aussi en verve qu'en beauté. Rancid contre la Rance, c'est un programme qui satisfait JB à fond.
Une bonne journée à tou(te)s et une bonne grève, hein!
vendredi 27 août 2010
Punaise!
JB fait sa revue de fesse presse matinale et apprend cette information fracassante sur le carrément inutile et débile site de la Libération consacré à la muuude et intitulé Next:
Bien sûr, ça fait drôlement ricaner JB qui, comme on le sait, est mauvais comme la gale. Il trouve qu'il y a une espèce de justice naturelle dans cette infestation parasitaire: les temples des prétendus 3B (bon goût, beauté et branchitude) sont envahis par des insectes qui non seulement sont répugnants mais qui de surcroît sucent le sang des humains qu'ils élisent. Et non seulement ça, mais des insectes qui dégagent une odeur pestilentielle quand on les écrase. Genre: la saloperie absolue qui, même morte, continue d'emmerder le monde. Et dans quel monde? Le monde de la mode. Merveilleux!
JB va regarder les informations yankees et tombe sur ce reportage croquignolet où la reporteuse propose comme accroche, avec une inattendue triple allitération en B: "You could have a bed bug in your bra!" = "Vous pourriez vous retrouver avec une punaise de lit dans votre combiné gaine soutif!"
On la voit ici nous servir sa mimique chafouine:
N'empêche, JB fait un peu mons le malin quand il songe à l'hypothèse d'une invasion de punaises dans son palais socialiste. Car JB n'a qu'une phobie: la punaise. Non pas la punaise de lit hématophage dite Cimex lectularius, mais sa cousine: celle qui porte le nom hypocritement joli de Palomena prasina. Verdâtre, elle débarque à la fin de l'été pour entrer dans les maisons. Elle vole en décrivant des cercles concentriques puis se laisse tomber, de préférence sur le crâne rendu glabre par l'efficace et conciliant rasoir à main de JB. Nullement paranoïaque, JB peut même attester de la conspiration des hétéroptères dirigée contre sa personne. Il paraît que les punaises ne visitent pas Berlin. Pourtant, chaque année depuis son installation dans l'est de la ville, une de ces saloperies vient s'égarer dans son palais socialiste. Là, il est tétanisé. Il voudrait appeler der Papa ou die Mama et leur demander d'enlever la laideur à élytres. Mais l'un comme l'autre habitent loin et JB est confronté à sa triste et sombre réalité quotidienne: sa solitude face au combat qu'il doit mener contre entre autres les punaises. Il doit prendre son courage à deux sinon quatre mains (et il en appelle alors non seulement à la tendresse de Michèle Torr mais aussi à la mansuétude protectrice de Vishnou), tente de juguler son exécration et de faire sortir la bestiole. Ça lui coûte. Il prend sur lui. Il fait ensuite d'horribles cauchemars durant lesquels il transpire et gémit dans son sommeil.
JB, entre-temps devenu spécialiste de la langue qui se parle et qui s'écrit, a retenu la leçon apprise pendant ses jeunes années adultes au sein de ce qui est devenu une amicale laïque, à savoir Act Up, laquelle leçon tempêtait: "Connaissez vos ennemis!" Il va donc vérifier l'étymologie du mot punaise dans le Robert historique de la langue française:
Minute, punaise papillon!
JB a besoin de deux minutes, là:
1) Il adore cette définition aussi prosaïque qu'antithétique et tordante (et c'est lui qui souligne):
Il va quand même vérifier:
2) Il voit dans la définition ci-dessus l'illustration parfaite de ce qu'il a maintes fois nommé sur ce blog tatoué et fumeur le machisme sémantique. Il veut dire par là: forcément, seule une femme peut être lascive. Un homme n'a pas besoin de l'être, ou s'il l'est, tout est normal.
Mais JB revient à "ses" punaises et recopie la suite de la définition:
1) JB s'émerveille de nouveau que la nonne et la putain se voient réunies par et dans le substantif punaise. Il trouve que c'est un juste retour des choses dans la vie sémantique et dans la vie entière, et a de ce fait une pensée émue pour le Marquis qui doit bien se poiler là où il est.
2) Punaise! en tant qu'interjection est un emploi aussi tardif que cela? Ça alors…
À cet égard, Wiktionnaire nous indique qu'il s'agit d'une a) expression d’étonnement, typiquement provençale ; b) forme édulcorée du juron “putain!”
Sinon, aucun des dictionnaires que possède JB ne considère d'un intérêt quelconque de s'attarder sur l'interjection. Bizarre…
Allez, mes petits amis, c'est l'heure de se quitter, en musique naturellement, avec une punaise bien sûr, mais une punaise dite d'amour, a love bug, titre de la chanson des Ethiopians (1970) et qui convient plus que jamais à l'insecte puisque les paroles disent: "Everywhere you go, I will follow. Just like a love bug in your life I'm gonna be."
Bien sûr, ça fait drôlement ricaner JB qui, comme on le sait, est mauvais comme la gale. Il trouve qu'il y a une espèce de justice naturelle dans cette infestation parasitaire: les temples des prétendus 3B (bon goût, beauté et branchitude) sont envahis par des insectes qui non seulement sont répugnants mais qui de surcroît sucent le sang des humains qu'ils élisent. Et non seulement ça, mais des insectes qui dégagent une odeur pestilentielle quand on les écrase. Genre: la saloperie absolue qui, même morte, continue d'emmerder le monde. Et dans quel monde? Le monde de la mode. Merveilleux!
JB va regarder les informations yankees et tombe sur ce reportage croquignolet où la reporteuse propose comme accroche, avec une inattendue triple allitération en B: "You could have a bed bug in your bra!" = "Vous pourriez vous retrouver avec une punaise de lit dans votre combiné gaine soutif!"
On la voit ici nous servir sa mimique chafouine:
N'empêche, JB fait un peu mons le malin quand il songe à l'hypothèse d'une invasion de punaises dans son palais socialiste. Car JB n'a qu'une phobie: la punaise. Non pas la punaise de lit hématophage dite Cimex lectularius, mais sa cousine: celle qui porte le nom hypocritement joli de Palomena prasina. Verdâtre, elle débarque à la fin de l'été pour entrer dans les maisons. Elle vole en décrivant des cercles concentriques puis se laisse tomber, de préférence sur le crâne rendu glabre par l'efficace et conciliant rasoir à main de JB. Nullement paranoïaque, JB peut même attester de la conspiration des hétéroptères dirigée contre sa personne. Il paraît que les punaises ne visitent pas Berlin. Pourtant, chaque année depuis son installation dans l'est de la ville, une de ces saloperies vient s'égarer dans son palais socialiste. Là, il est tétanisé. Il voudrait appeler der Papa ou die Mama et leur demander d'enlever la laideur à élytres. Mais l'un comme l'autre habitent loin et JB est confronté à sa triste et sombre réalité quotidienne: sa solitude face au combat qu'il doit mener contre entre autres les punaises. Il doit prendre son courage à deux sinon quatre mains (et il en appelle alors non seulement à la tendresse de Michèle Torr mais aussi à la mansuétude protectrice de Vishnou), tente de juguler son exécration et de faire sortir la bestiole. Ça lui coûte. Il prend sur lui. Il fait ensuite d'horribles cauchemars durant lesquels il transpire et gémit dans son sommeil.
JB, entre-temps devenu spécialiste de la langue qui se parle et qui s'écrit, a retenu la leçon apprise pendant ses jeunes années adultes au sein de ce qui est devenu une amicale laïque, à savoir Act Up, laquelle leçon tempêtait: "Connaissez vos ennemis!" Il va donc vérifier l'étymologie du mot punaise dans le Robert historique de la langue française:
PUNAISE n.f., d'abord punoise (vers 1200), puis punaise (1256) est le féminin substantivé de l'adjectif punais, aise. Celui-ci, réfection de pudneis (vers 1138), puis punès (vers 1160) et pugnais, qui signifiait “puant, fétide”, s'employant comme terme d'injure à l'égard d'une personne détestée avec une valeur morale: il s'est employé jusqu'au XIXe siècle et même au XXe siècle (Barrès, Queneau) avec le sens spécial de “qui sent mauvais par le nez”, réactivant son sens étymologique. En effet, punais est issu d'un latin populaire °putinasius, proprement “qui pue”, composé de l'adjectif putidus “gâté, fétide” (-> putain) et de nasus (-> nez).
Minute, punaise papillon!
JB a besoin de deux minutes, là:
1) Il adore cette définition aussi prosaïque qu'antithétique et tordante (et c'est lui qui souligne):
(…) issu d'un latin populaire °putinasius, proprement “qui pue”
2) Le terme putain vient de qui pue? Ça alors…Il va quand même vérifier:
PUTAIN n.f. est l'ancien cas régime -ain (vers 1121) — du même type que nonnain, ancien cas régime de nonne — de l'ancien français put, pute, adjectif courant jusqu'au XVe siècle au sens de “puant, sale”, à côté de ordorde. Le mot est issu (1080) du latin putidus “pourri, gâté, puant, fétide” et, moralement, “qui sent l'affectation”, dérivé de putere “pourrir, se corrompre” (-> puer). Put, pute, proprement “puant”,a pris dès les premiers textes le sens figuré de “sale, mauvais, vil, odieur, méchant”, s'appliquant spécialement à une femme lascive, débauchée. (…)
◊ Putain, désignant une prostituée, d'où dame putain qualifiant une femme débauchée (1278), a pris vers le XVIe siècle une valeur triviale et insultante: Furetière rappelle en 1690 qu'il “a été un temps qu'il n'estoit point odieux” et ajoute que “la haine qu'on a contre ce nom l'a discrédité chez les honnestes gens” et qu'“il n'est plus en usage que chez le peuple, quand il veut dire une injure atroce”.
◊ Putain, désignant une prostituée, d'où dame putain qualifiant une femme débauchée (1278), a pris vers le XVIe siècle une valeur triviale et insultante: Furetière rappelle en 1690 qu'il “a été un temps qu'il n'estoit point odieux” et ajoute que “la haine qu'on a contre ce nom l'a discrédité chez les honnestes gens” et qu'“il n'est plus en usage que chez le peuple, quand il veut dire une injure atroce”.
JB a encore besoin de deux minutes:
1) JB est aux anges quand il lit un rapprochement linguistique, morphologique et sémantique entre la nonne et la pute.2) Il voit dans la définition ci-dessus l'illustration parfaite de ce qu'il a maintes fois nommé sur ce blog tatoué et fumeur le machisme sémantique. Il veut dire par là: forcément, seule une femme peut être lascive. Un homme n'a pas besoin de l'être, ou s'il l'est, tout est normal.
Mais JB revient à "ses" punaises et recopie la suite de la définition:
◊ Punaise désigne un petit insecte plat d'odeur infecte lorsqu'on l'écrase (…) Par allusion au ventre plat de la punaise et avec la valeur péjorative liée à l'origine du mot, il entre dans la locution figurée plat comme une punaise (1690) “lâche” et, par la suite, désigne une personne vile, méprisable (1836), après s'être dit en moyen français d'une prostituée. La même connotation péjorative se retrouve dans l'appellation familière punaise de sacristie “bigote” (1901). (…) ◊ Son emploi interjectif (attesté en 1947), d'usage populaire, semble régional, du sud-est de la France (souvent associé à funérailles!).
Et, pour la troisième fois, JB a besoin de deux minutes:1) JB s'émerveille de nouveau que la nonne et la putain se voient réunies par et dans le substantif punaise. Il trouve que c'est un juste retour des choses dans la vie sémantique et dans la vie entière, et a de ce fait une pensée émue pour le Marquis qui doit bien se poiler là où il est.
2) Punaise! en tant qu'interjection est un emploi aussi tardif que cela? Ça alors…
À cet égard, Wiktionnaire nous indique qu'il s'agit d'une a) expression d’étonnement, typiquement provençale ; b) forme édulcorée du juron “putain!”
Sinon, aucun des dictionnaires que possède JB ne considère d'un intérêt quelconque de s'attarder sur l'interjection. Bizarre…
Allez, mes petits amis, c'est l'heure de se quitter, en musique naturellement, avec une punaise bien sûr, mais une punaise dite d'amour, a love bug, titre de la chanson des Ethiopians (1970) et qui convient plus que jamais à l'insecte puisque les paroles disent: "Everywhere you go, I will follow. Just like a love bug in your life I'm gonna be."
mercredi 25 août 2010
C'est nul!
JB a encore besoin de der Papa pour son roman qui sent la bouse et le purin.
Il doit traduire le mot norvégien samvirkelag, ce regroupement de petits exploitants agricoles norvégien qui, du moins historiquement, équivaut à nos coopératives agricoles, mais en plus petit - mais qui aussi contient l'idée de Coop, Coop comme les magasins d'autrefois.
JB se demande s'il doit donc traduire la Coopérative ou la Coopérative agricole. JB se souvenant que der Papa parlait dans ses jeunes années (celles de JB, s'entend) de coopérative, il lui téléphone incontinent.
La conversation dure 54 minutes.
Der Papa est très bavard de nature.
JB explique. Après moult va-et-vient et explications en tous sens, le verdict de der Papa sur la locution Coopérative agricole est sans appel.
Der Papa: Ah non! Pas coopérative agricole! C'est nul!
Booon… On va pas insister, hein…
Puis JB a dû traduire le mot jorde. Il a traduit ça par champ. Puis il a eu l'idée de pacage. Il a besoin des conseils éclairés de der Papa pour les définitions de champ, pré, pâturage, pacage, etc.
Extraits:
Der Papa (s'étranglant presque): Un champ? Mais là t'es complètement à côté de la plaque, mon pétit chéri!
JB (dans un filet de voix): Ah bon?
Der Papa (triomphant): Mais oui, allons! Un champ est labouré. La-bou-ré! Si tu dis que les vaches sont dans le champ, mais alors c'est qu'elles détruisent le produit de la terre! Les champs produisent du blé, du maïs… Enfin, pas en Norvège puisqu'ils ne cultivent pas de maïs. Ils doivent cultiver de l'avoine, non?
JB (paumé): Euh… Oui, je crois… Ou du blé… On est dans le sud-est.
Der Papa (précis): Oui, voilà, de l'avoine du blé, parce que le maïs, tu vois (…) (…) (…)
[Une demi-douzaine de minutes plus tard.]
JB (tout en regardant dans le TLF): Bon, alors… Mon fameux jorde… Est-ce que ça pourrait être pâturage?
Der Papa (buvant du petit lait): Aaah… Pâ-tu-râge… Mais oui, voilà! Pâturage… Un pâturage, c'est la cour de récréation des vaches. Pense à toute cette herbe qui leur apporte tant de bienfaits et gonfle leur pis… À partir du moment où l'herbe se met à poindre… Où elles s'ébattent dans cette verdure qui leur a tant manqué… Oui, elles y évoluent comme dans une cour de récréation. Note-le: pâturage.
[Un couple de douzaines de minutes plus tard.]
JB: Bon ben… merci, hein!
Der Papa: Avec plaisir! Et tu n'oublies pas, hein? Pâ-tu-rage!
JB sait donc désormais, et contrairement à tout ce que prétendent ses dictionnaires:
tomt = parcelle
jorde = +/- terrain
åker = champ
eng = prairie
beite = pacage (plutôt en plaine, et tous les jours), pâturage (plutôt en montagne mais forcément, et/ou pas tous les jours)
sommerbeite = estive
Ah, crutte de zut! JB a oublié de consulter der Papa pour la traduction de mark. Qui est aussi une espèce de terrain… ou de pré… Mais mark en norvégien, c'est aussi un bois… Ah, mique de bique! Et felt?! JB a aussi oublié felt!!! Oh naaan…
JB (intérieurement, des sanglots dans la voix): Allô? Der Papa?
Mais JB ne va pas pleurer. Il va inspirer, expirer, et écouter Reggae in the Fields (sic! et oui, c'est de circonstance), la brillantissime reprise instrumentale datant de 1971 par Augustus Pablo de Everything Crash, des Ethiopians, qu'il a diffusé (le second morceau, donc) sur son petit blog tatoué et fumeur ici mais aussi là.
Il doit traduire le mot norvégien samvirkelag, ce regroupement de petits exploitants agricoles norvégien qui, du moins historiquement, équivaut à nos coopératives agricoles, mais en plus petit - mais qui aussi contient l'idée de Coop, Coop comme les magasins d'autrefois.
JB se demande s'il doit donc traduire la Coopérative ou la Coopérative agricole. JB se souvenant que der Papa parlait dans ses jeunes années (celles de JB, s'entend) de coopérative, il lui téléphone incontinent.
La conversation dure 54 minutes.
Der Papa est très bavard de nature.
JB explique. Après moult va-et-vient et explications en tous sens, le verdict de der Papa sur la locution Coopérative agricole est sans appel.
Der Papa: Ah non! Pas coopérative agricole! C'est nul!
Booon… On va pas insister, hein…
Puis JB a dû traduire le mot jorde. Il a traduit ça par champ. Puis il a eu l'idée de pacage. Il a besoin des conseils éclairés de der Papa pour les définitions de champ, pré, pâturage, pacage, etc.
Extraits:
Der Papa (s'étranglant presque): Un champ? Mais là t'es complètement à côté de la plaque, mon pétit chéri!
JB (dans un filet de voix): Ah bon?
Der Papa (triomphant): Mais oui, allons! Un champ est labouré. La-bou-ré! Si tu dis que les vaches sont dans le champ, mais alors c'est qu'elles détruisent le produit de la terre! Les champs produisent du blé, du maïs… Enfin, pas en Norvège puisqu'ils ne cultivent pas de maïs. Ils doivent cultiver de l'avoine, non?
JB (paumé): Euh… Oui, je crois… Ou du blé… On est dans le sud-est.
Der Papa (précis): Oui, voilà, de l'avoine du blé, parce que le maïs, tu vois (…) (…) (…)
[Une demi-douzaine de minutes plus tard.]
JB (tout en regardant dans le TLF): Bon, alors… Mon fameux jorde… Est-ce que ça pourrait être pâturage?
Der Papa (buvant du petit lait): Aaah… Pâ-tu-râge… Mais oui, voilà! Pâturage… Un pâturage, c'est la cour de récréation des vaches. Pense à toute cette herbe qui leur apporte tant de bienfaits et gonfle leur pis… À partir du moment où l'herbe se met à poindre… Où elles s'ébattent dans cette verdure qui leur a tant manqué… Oui, elles y évoluent comme dans une cour de récréation. Note-le: pâturage.
[Un couple de douzaines de minutes plus tard.]
JB: Bon ben… merci, hein!
Der Papa: Avec plaisir! Et tu n'oublies pas, hein? Pâ-tu-rage!
JB sait donc désormais, et contrairement à tout ce que prétendent ses dictionnaires:
tomt = parcelle
jorde = +/- terrain
åker = champ
eng = prairie
beite = pacage (plutôt en plaine, et tous les jours), pâturage (plutôt en montagne mais forcément, et/ou pas tous les jours)
sommerbeite = estive
Ah, crutte de zut! JB a oublié de consulter der Papa pour la traduction de mark. Qui est aussi une espèce de terrain… ou de pré… Mais mark en norvégien, c'est aussi un bois… Ah, mique de bique! Et felt?! JB a aussi oublié felt!!! Oh naaan…
JB (intérieurement, des sanglots dans la voix): Allô? Der Papa?
Mais JB ne va pas pleurer. Il va inspirer, expirer, et écouter Reggae in the Fields (sic! et oui, c'est de circonstance), la brillantissime reprise instrumentale datant de 1971 par Augustus Pablo de Everything Crash, des Ethiopians, qu'il a diffusé (le second morceau, donc) sur son petit blog tatoué et fumeur ici mais aussi là.
vendredi 23 avril 2010
Alles geklaut, der Boss!
Kurz bevor man zu seinen eigenen Landmännern geht (nein, nicht zum Herrn Reichert & Ehemann, sondern zu U&V, die noch hinter dem Haus wohnen, und tatsächlich auch Land- und Ehemänner sind), entdeckt man das. Dieses Stück von Lyn Taitt, dass man nicht kannte. Dee's Special heisst es, von 1968.
Bevor man hört es, gibt es sofort ein Quizz:
Das Lied wurde halb von jemandem geklaut. Von wem? Also? Ich warte… Der JB mag das Lied von dem Räuber seeehr. Ne Idee? Nee?
Erstmal hören wir Lyn Taitt also:
Fein, dieses early reggae Stück, oder?
Aber zurück zu unserem Quizz.
Wer hat das Stück halb geklaut? Er hat überhaupt die Sontexte geklaut. Und das wusste isch jar nüsch. Aber doch! Ansel Collins. Mit seinem mega boss sound Hit, Bigger Boss, von 1969. Wir haben schon zweimal über das Lied geschrieben. Wir hören es aber wieder, denn das Lied ist unersättlich gut und tanzbar:
Also nicht nur hat Ansel Collins die Songtexte bei Lyn Taitt geklaut, aber er hat auch das Musikthema aus Everything Crash von The Ethiopians (auch 1968) geklaut! Der Lümmel und Räuber!!! Hatten wir schon am 6.XI.2009 berichtet. Und seitdem auch Everything Crash ist ein Favoritlied, und obwohl wir es schon am 20.III.2010 gehört haben, hören wir es wieder um diesen Musikvergleich zu bestätigen und irgendwie festigen. Denn… die Geschichte ist nicht fertig!
Nicht fertig, weil ein Vierter auch ins Bild auftaucht.
Mit Name The Hippy Boys, die in 1969 What's Your Excuse? aufgenommen haben. Sie haben wieder die Songtexte geklaut - in dieser Boss Sound-Periode. Hier geht es:
Zusammenfassung:
• 1) Dee's Special - Lyn Taitt & The Jets
• 2) Everything Crash - The Ethiopians
• 3) Bigger Boss - Ansel Collins
• 4) What's Your Excuse - The Hippy Boys
Ist die Liste fertig? Gerne füge ich ein Titel zu.
So.
Und jetzt los zu den Landmännern. Und nachher zum Nightern.
Rubbzzz!
Bevor man hört es, gibt es sofort ein Quizz:
Das Lied wurde halb von jemandem geklaut. Von wem? Also? Ich warte… Der JB mag das Lied von dem Räuber seeehr. Ne Idee? Nee?
Erstmal hören wir Lyn Taitt also:
Fein, dieses early reggae Stück, oder?
Aber zurück zu unserem Quizz.
Wer hat das Stück halb geklaut? Er hat überhaupt die Sontexte geklaut. Und das wusste isch jar nüsch. Aber doch! Ansel Collins. Mit seinem mega boss sound Hit, Bigger Boss, von 1969. Wir haben schon zweimal über das Lied geschrieben. Wir hören es aber wieder, denn das Lied ist unersättlich gut und tanzbar:
Also nicht nur hat Ansel Collins die Songtexte bei Lyn Taitt geklaut, aber er hat auch das Musikthema aus Everything Crash von The Ethiopians (auch 1968) geklaut! Der Lümmel und Räuber!!! Hatten wir schon am 6.XI.2009 berichtet. Und seitdem auch Everything Crash ist ein Favoritlied, und obwohl wir es schon am 20.III.2010 gehört haben, hören wir es wieder um diesen Musikvergleich zu bestätigen und irgendwie festigen. Denn… die Geschichte ist nicht fertig!
Nicht fertig, weil ein Vierter auch ins Bild auftaucht.
Mit Name The Hippy Boys, die in 1969 What's Your Excuse? aufgenommen haben. Sie haben wieder die Songtexte geklaut - in dieser Boss Sound-Periode. Hier geht es:
Zusammenfassung:
• 1) Dee's Special - Lyn Taitt & The Jets
• 2) Everything Crash - The Ethiopians
• 3) Bigger Boss - Ansel Collins
• 4) What's Your Excuse - The Hippy Boys
Ist die Liste fertig? Gerne füge ich ein Titel zu.
So.
Und jetzt los zu den Landmännern. Und nachher zum Nightern.
Rubbzzz!
mardi 20 avril 2010
Suffering stinks
Et c'est reparti pour un tour… Mardi, donc. Mardi et comme tous les mardis depuis trois mois, un jour qui porte bien son nom: de marde. Ou, comme le scande le riddim de Band of Mercy & The Salvations: Believe me, suffering stink!
Und es geht wieder los… Dienstag. Dienstag und wie jeden Dienstag seit schon drei Monaten, eher Diebstag. Oder, wie das Riddim der Band of Mercy & The Salvations es sagt: Believe me, suffering stink!
Et on reconnaît au passage la phrase Everything crash, piquée au morceau homonyme des Ethiopians qu'on a présentée il y a plusieurs semaines mais qu'on ne se lasse pas d'écouter tant il est inépuisable.
Und man erkennt en passant den Satz Everything crash, an das homonymische Stück von The Ethiopians, das man vor ein Paar Wochen schon vorgestellt hatte, und dass man immer wieder gerne hört, denn das Lied ist unerschöpflich.
Und es geht wieder los… Dienstag. Dienstag und wie jeden Dienstag seit schon drei Monaten, eher Diebstag. Oder, wie das Riddim der Band of Mercy & The Salvations es sagt: Believe me, suffering stink!
Et on reconnaît au passage la phrase Everything crash, piquée au morceau homonyme des Ethiopians qu'on a présentée il y a plusieurs semaines mais qu'on ne se lasse pas d'écouter tant il est inépuisable.
Und man erkennt en passant den Satz Everything crash, an das homonymische Stück von The Ethiopians, das man vor ein Paar Wochen schon vorgestellt hatte, und dass man immer wieder gerne hört, denn das Lied ist unerschöpflich.
vendredi 16 avril 2010
Knowledge is power
Zufälligkeiten, wieder und wieder.
Zufälligkeiten. Man redet gestern über Act Up und man stosst heute früh auf dieses Lied von The Ethiopians, Knowledge Is Power, von 1975, dass man im iTunes hatte und noch nicht gehört hatte - denn der Sampler wurde neulich vom Postboten geliefert. Man kann hier ein Stücken davon hören (gibt's leider nicht auf durohr zu hören). Und sich hierunten die Platte anschauen:
Eigentlich ist Knowledge Is Power (Wissen ist Macht auf deutsch) ein Zitat von dem englischen Philosoph Francis Bacon, erfahre ich gerade, das zum Sprichwort wurde, das zur alltäglichen Sprache gehört.
Leonard Dillon, das "Kopf" von The Ethiopians, dessen Sänger und Songtextschreiber, war damals einer der politischesten Ska- und Reggaemusiker. Hier in diesem Blog kennen wir ihn wegen seines Hits, Everything Crash, hier hört es man (sehr gerne!) wieder und wieder. Michael de Koningh, der für Trojan Records den obengenannten Sampler gemacht hat, schreibt im Booklet über ihm:
Und dieses führt uns zu Act Up. Zu der Zufälligkeit, die Grund dieses Posts ist. Denn Knowledge is Power war auch ein grosses Schlagwort von Act Up.
Act Up New York wurde in 1987 gegründet. Damals starben massiv die Leute, und überhaupt (aber nicht nur) die Schwulen, ohne dass die Regierungen, die Pharmaindustrie, die Politiker, überhaupt was machen. Die Antwort der Politikern war: Repression, Isolierung. Ich fürchte, viele Leute, überhaupt die Jungen, haben das vergessen. Aber damals HIV-positiv zu sein bedeutete: Tod. Man sah sein Freundeskreis sterben, man ging zu Beerdigungen. Und was passierte rundum? Nichts. Keine Lösung in Sicht, keine Medikamente in Sicht.
Für Act Up ging es auch um das Wissen. Um diese kommunistische Idee des Wissens. Das Teilen des Wissens. Damit man stärker wird. Damit man weiterleben kann.
In dieser Zeit waren die Ärzte mächtig. DIE hatten das Wissen. Die Patienten könnten nur zustimmen, was die Ärzte sagten. Man durfte nicht weder sie noch ihre Aussagen widersprechen. Warum? Ja… Michel Foucault hat ja sehr viel darüber geschrieben - wie die Psychiatrie und die Medizin auch die Rolle der Kirche und die Religion übernommen haben um auf Menschen soziale Kontrolle zu üben. Das war auch eine Zeit, bis zu AIDS, wo man an die Übermacht der Pharmaindustrie glaubte. Penicillin und Antibiotika waren entdeckt worden; die Chemie und die Pillen könnten, glaubten viele, alles heilen. Bis AIDS kam.
Die HIV- und Aidskranken, und ihre Freunde, stossten sich auf dieses Wissen der Ärzte. Und sie sagten: Schluss damit. WIR sind die Patienten, WIR sind die Betroffenen. WIR kennen unseren Körpern, WIR kennen die Krankheit. WIR können genau wissen, verstehen, interpretieren, weitervermitteln. WIR sind Aktöre der Wissenschaft, der Forschung. Wir sind nicht passive, sondern aktive. Und gerade das war sehr, sehr wichtig. Es gab weder Schicksal, noch Fatalismus, noch Passivität. Es gab nur Aktivität, Aktivismus, Kampf. Und Wissen.
Und dazu sagte Act Up, schon damals in 1989, ich zitiere:
Für die Betroffene ging es also darum:
1) Nur beim Lernen, nur wenn man sich das Wissen an sich zueignet und es weiterteilt, kann man die Krankheit bekämpfen. Nur beim wissen und verstehen kann man stärker gegen die Krankheit sein.
2) Nur mit dem Wissen kann man die Forschung, die Politik und die Pflege ändern. Nur damit kann man, zum Beispiel, schneller Medikamente bekommen, jene Art von Diskriminierung ändern und stoppen, und überhaupt: die Beziehung zwischen dem Arzt und den Patienten ändern, damit der Patient nicht mishandelt wird, wie irgendeiner Nichtsahnender, wie ein doofes, ungebildetes, unwissendes Wesen, mit dem die Ärzte ihn öfter assoziiert haben.
Und ausgrechnet das haben sie geschafft. Und nicht nur das, das hat aber andere Pathologien auch geprägt. Zum Beispiel Brustkrebs, wo Frauen jetzt auch Aktörinnen der Krankheit sind, wo Frauen nicht nur wie Patientinnen behandelt werden, aber auch als "Mitteilerinnen" sind.
Wie Leonard Dillon sagte:
Knowledge is power, no matter what.
Wie Act Up sagte:
Knowledge is our key to fighting.
Zufälligkeiten. Man redet gestern über Act Up und man stosst heute früh auf dieses Lied von The Ethiopians, Knowledge Is Power, von 1975, dass man im iTunes hatte und noch nicht gehört hatte - denn der Sampler wurde neulich vom Postboten geliefert. Man kann hier ein Stücken davon hören (gibt's leider nicht auf durohr zu hören). Und sich hierunten die Platte anschauen:
Eigentlich ist Knowledge Is Power (Wissen ist Macht auf deutsch) ein Zitat von dem englischen Philosoph Francis Bacon, erfahre ich gerade, das zum Sprichwort wurde, das zur alltäglichen Sprache gehört.
Leonard Dillon, das "Kopf" von The Ethiopians, dessen Sänger und Songtextschreiber, war damals einer der politischesten Ska- und Reggaemusiker. Hier in diesem Blog kennen wir ihn wegen seines Hits, Everything Crash, hier hört es man (sehr gerne!) wieder und wieder. Michael de Koningh, der für Trojan Records den obengenannten Sampler gemacht hat, schreibt im Booklet über ihm:
Leonard Dillon is one of the few artists who has consistently written and sung of political, cultural and social themes from the very dawn of his career, and at a time when such commentary was discouraged by the studios in favour of songs of the heart.
In dem Lied singt der Leonard:"Knowledge is power, example is better than preaching (…) Knowledge is power, this I know (…) Knowledge is power, no matter what."
Und natürlich kann man diesen im Grunde genommen kommunistischen Satz nur zustimmen, sie an sich und fur sich nur zueignen. Das Wissen gehört allen, nur mit dem Wissen wird man stärker, nur mit dem Wissen kann man besser kämpfen - und letzendlich besser und stärker leben.
Und dieses führt uns zu Act Up. Zu der Zufälligkeit, die Grund dieses Posts ist. Denn Knowledge is Power war auch ein grosses Schlagwort von Act Up.
Act Up New York wurde in 1987 gegründet. Damals starben massiv die Leute, und überhaupt (aber nicht nur) die Schwulen, ohne dass die Regierungen, die Pharmaindustrie, die Politiker, überhaupt was machen. Die Antwort der Politikern war: Repression, Isolierung. Ich fürchte, viele Leute, überhaupt die Jungen, haben das vergessen. Aber damals HIV-positiv zu sein bedeutete: Tod. Man sah sein Freundeskreis sterben, man ging zu Beerdigungen. Und was passierte rundum? Nichts. Keine Lösung in Sicht, keine Medikamente in Sicht.
Für Act Up ging es auch um das Wissen. Um diese kommunistische Idee des Wissens. Das Teilen des Wissens. Damit man stärker wird. Damit man weiterleben kann.
In dieser Zeit waren die Ärzte mächtig. DIE hatten das Wissen. Die Patienten könnten nur zustimmen, was die Ärzte sagten. Man durfte nicht weder sie noch ihre Aussagen widersprechen. Warum? Ja… Michel Foucault hat ja sehr viel darüber geschrieben - wie die Psychiatrie und die Medizin auch die Rolle der Kirche und die Religion übernommen haben um auf Menschen soziale Kontrolle zu üben. Das war auch eine Zeit, bis zu AIDS, wo man an die Übermacht der Pharmaindustrie glaubte. Penicillin und Antibiotika waren entdeckt worden; die Chemie und die Pillen könnten, glaubten viele, alles heilen. Bis AIDS kam.
Die HIV- und Aidskranken, und ihre Freunde, stossten sich auf dieses Wissen der Ärzte. Und sie sagten: Schluss damit. WIR sind die Patienten, WIR sind die Betroffenen. WIR kennen unseren Körpern, WIR kennen die Krankheit. WIR können genau wissen, verstehen, interpretieren, weitervermitteln. WIR sind Aktöre der Wissenschaft, der Forschung. Wir sind nicht passive, sondern aktive. Und gerade das war sehr, sehr wichtig. Es gab weder Schicksal, noch Fatalismus, noch Passivität. Es gab nur Aktivität, Aktivismus, Kampf. Und Wissen.
Und dazu sagte Act Up, schon damals in 1989, ich zitiere:
Have a teach-in your community. Knowledge is our key to fighting the HIV epidemic and the HIV bureaucracy. Scientists often discount activist input, we lack their experience and expertise. This is not true. Activists have made themselves experts. We must share this expertise.
Communicate what you learn. Share any knowledge that you gain with other activists and the public. Translate what you learn into language that is appropriate for the evening news. Hold events and demonstrations that allow you to communicate what you have learned through the media.
Reading is fundamental. Get a hold of the latest scientific journals. Start a science club to discuss important articles and share what you learn. Attend scientific meetings in your community and represent your point of view.
Für die Betroffene ging es also darum:
1) Nur beim Lernen, nur wenn man sich das Wissen an sich zueignet und es weiterteilt, kann man die Krankheit bekämpfen. Nur beim wissen und verstehen kann man stärker gegen die Krankheit sein.
2) Nur mit dem Wissen kann man die Forschung, die Politik und die Pflege ändern. Nur damit kann man, zum Beispiel, schneller Medikamente bekommen, jene Art von Diskriminierung ändern und stoppen, und überhaupt: die Beziehung zwischen dem Arzt und den Patienten ändern, damit der Patient nicht mishandelt wird, wie irgendeiner Nichtsahnender, wie ein doofes, ungebildetes, unwissendes Wesen, mit dem die Ärzte ihn öfter assoziiert haben.
Und ausgrechnet das haben sie geschafft. Und nicht nur das, das hat aber andere Pathologien auch geprägt. Zum Beispiel Brustkrebs, wo Frauen jetzt auch Aktörinnen der Krankheit sind, wo Frauen nicht nur wie Patientinnen behandelt werden, aber auch als "Mitteilerinnen" sind.
Wie Leonard Dillon sagte:
Knowledge is power, no matter what.
Wie Act Up sagte:
Knowledge is our key to fighting.
samedi 20 mars 2010
Everything Crash (in der U5)
Et qu'est-ce qui se passe à Berlin le troisième samedi du mois? Hein? C'est le nighter mensuel avec Markus et Ralph aux platines. Même la rue en parle, confer ci-dessous.
Und was ist in Berlin am 3. Samstag des Monats los? Hä? Da haben wir den monatlichen Nighter, wo Markus und Ralph auflegen. Es wird sogar in der Strasse angekündigt, wie man es hierunten sehen kann:
Alors? Quelqu'un a reconnu? Non? Mais si: la musique est empruntée au très fameux Bigger Boss d'Ansell Collins, dont j'avais déjà parlé le 6 novembre dernier. Le procédé est d'ailleurs très très courant dans le ska/reggae. J'ai même un dossier spécial dans mon iTunes avec uniquement des morceaux inspirés les uns des autres. Des exemples? Le fameux Kingston Town de Lord Creator ayant inspiré les Jay Boys pour leur Tilly. (Puisque, non, Kingston Town n'est PAS un morceau de UB40 - UB40 n'a construit sa notoriété qu'en pillant le patrimoine musical du ska). Un autre? Le très célèbre Tonight de Keith & Tex qui a inspiré le très porno Bedroom Mazurka d'Augustus Pablo & Fae. J'ai d'ailleurs toujours voulu proposer ça ici: les différentes versions soit construites sur la base d'une même phrase musicale, soit reprenant carrément le thème musical d'un morceau. Un jour je le ferai.
Na? Hat jemand das Lied erkannt? Nein? Aber doch: die Musik ist von dem berühmten Bigger Boss von Ansell Collins entliehen, dem ich schon am 6. November erwähnt hatte. Dieses Leihenprozess ist beinahe eine Alltagssache in der ska/reggae Musik - ich habe sogar einen Ordner nur dafür in meinem iTunes, also nur mit Musikstücken, die von einander inspiriert worden sind. Beispiele? Jawoll! Das berühmte Kingston Town von Lord Creator hat die Jay Boys für ihren Tilly inspiriert. (Denn, nein, Kingston Town ist KEIN Stück von UB40 - UB40 hat nur ihres Profitum bei der Plünderung des Skareichtums aufgebaut). Mehr? Das sehr berühmte Tonight von Keith & Tex, das das sehr porno Bedroom Mazurka von Augustus Pablo & Fae inspiriert hat.
Mais retournons à Everything Crash. Car, outre pour sa structure musicale, le morceau vaut de fait un double détour à cause de l'arrière-plan social dépeint. Que racontent les paroles? Avant de répondre il faut préciser qu'il a été composé en 1968. Les événements ne concernent pas seulement la France, la Tchécoslovaquie ou l'Allemagne mais aussi la Jamaïque. Car en cette année, l'île est frappée par une grève générale. Et c'est cela que raconte la chanson: "Firemen strike, watermen strike / Telephone company too / Down to the policemen too!" Bref, c'est non seulement l'insurrection des services publics contre la politique d'austérité du gouvernement jamaïcain qui est évoquée ici, c'est aussi la situation sociale désastreuse d'une majorité de la population, poussée à l'émigration vers le Royaume-Uni, qui est dénoncée ici: "Every day cary bucket to the well / One day the bottom must drop out / Everthing crash!"
Aber zurück zu Everything Crash. Denn, nicht nur ist das Stück interessant für seine musikalische Geschichte und Struktur, aber auch für den geschilderten sozialen Hintergrund. Worum handeln sich die Songtexte? Bevor ich diese Frage beantworte, muss es betont werden, dass das Lied in 1968 komponiert wurde. Die Ereignisse dieses Jahres geschehen nicht nur in Deutschland, Frankreich oder in der Tschechoslowakei, sondern auch in Jamaika. Die Insel ist nämlich von einer Generalstreik betroffen. Und ausgerechnet das ist es hier die Rede: "Firemen strike, watermen strike / Telephone company too / Down to the policemen too!" Und nicht nur wird hier der Aufstand der staatlichen Betrieben gegen die Politik der jamaikanischen Regierung für eine drastische Kostenreduzizerung erzählt, aber die desaströse Soziallage der Mehrheit der Bevölkerung, die letzendlich dazu gezwungen ist nach England zu emigrieren, wird in dem Lied denunziert: "Every day cary bucket to the well / One day the bottom must drop out / Everthing crash!"
En guise de conclusion, je parlais plus haut de cette culture de l'emprunt musical propre au ska et au reggae. Ainsi, si Bigger Boss a inspiré Everything Crash aux Ethiopians, leur chanson a été reprise par l'immense Prince Buster avec Pharaoh House Crash. On écoute.
Als Konklusion: Ich schrieb oben über diese Kultur in der Ska- und Reggaemusik von dem musikalischen Leihen. Wenn Bigger Boss dem Ethiopians Everything Crash inspiriert hat, wurde dieses Lied von dem immensen Prince Buster mit Pharaoh House Crash übernommen. Lass uns es hören.
Donc à plus tard au U5, d'accord? C'est au métro Frankfurter Tor, juste à côté de la maison en fait. Enfin, c'est indiqué sur l'affiche, hein. Y a qu'à lire.
Also, bis später in der U5, ja? Die Bar befindet sich am Frankfurter Tor, fast gerade vor der Tür. Aber alles steht schon auf der Plakat. Einfach lesen.
Und was ist in Berlin am 3. Samstag des Monats los? Hä? Da haben wir den monatlichen Nighter, wo Markus und Ralph auflegen. Es wird sogar in der Strasse angekündigt, wie man es hierunten sehen kann:
© icke
Everything Crash, c'est le nom de la soirée, mais c'est aussi le titre d'un morceau des Ethiopians, et les fervents lecteurs de ce blog (merci!) reconnaîtront un morceau qu'on a plus ou moins déjà entendu - mais d'abord les Ethiopians.
Everything Crash ist ja der Name des Nighters, aber das ist auch der Titel eines Liedes von The Ethiopians, das die regelmässigen und feinhörigen Lesern dieses Blogges (danke!) schon mehr oder weniger gehört haben - aber erstmal The Ethiopians.
Alors? Quelqu'un a reconnu? Non? Mais si: la musique est empruntée au très fameux Bigger Boss d'Ansell Collins, dont j'avais déjà parlé le 6 novembre dernier. Le procédé est d'ailleurs très très courant dans le ska/reggae. J'ai même un dossier spécial dans mon iTunes avec uniquement des morceaux inspirés les uns des autres. Des exemples? Le fameux Kingston Town de Lord Creator ayant inspiré les Jay Boys pour leur Tilly. (Puisque, non, Kingston Town n'est PAS un morceau de UB40 - UB40 n'a construit sa notoriété qu'en pillant le patrimoine musical du ska). Un autre? Le très célèbre Tonight de Keith & Tex qui a inspiré le très porno Bedroom Mazurka d'Augustus Pablo & Fae. J'ai d'ailleurs toujours voulu proposer ça ici: les différentes versions soit construites sur la base d'une même phrase musicale, soit reprenant carrément le thème musical d'un morceau. Un jour je le ferai.
Na? Hat jemand das Lied erkannt? Nein? Aber doch: die Musik ist von dem berühmten Bigger Boss von Ansell Collins entliehen, dem ich schon am 6. November erwähnt hatte. Dieses Leihenprozess ist beinahe eine Alltagssache in der ska/reggae Musik - ich habe sogar einen Ordner nur dafür in meinem iTunes, also nur mit Musikstücken, die von einander inspiriert worden sind. Beispiele? Jawoll! Das berühmte Kingston Town von Lord Creator hat die Jay Boys für ihren Tilly inspiriert. (Denn, nein, Kingston Town ist KEIN Stück von UB40 - UB40 hat nur ihres Profitum bei der Plünderung des Skareichtums aufgebaut). Mehr? Das sehr berühmte Tonight von Keith & Tex, das das sehr porno Bedroom Mazurka von Augustus Pablo & Fae inspiriert hat.
Mais retournons à Everything Crash. Car, outre pour sa structure musicale, le morceau vaut de fait un double détour à cause de l'arrière-plan social dépeint. Que racontent les paroles? Avant de répondre il faut préciser qu'il a été composé en 1968. Les événements ne concernent pas seulement la France, la Tchécoslovaquie ou l'Allemagne mais aussi la Jamaïque. Car en cette année, l'île est frappée par une grève générale. Et c'est cela que raconte la chanson: "Firemen strike, watermen strike / Telephone company too / Down to the policemen too!" Bref, c'est non seulement l'insurrection des services publics contre la politique d'austérité du gouvernement jamaïcain qui est évoquée ici, c'est aussi la situation sociale désastreuse d'une majorité de la population, poussée à l'émigration vers le Royaume-Uni, qui est dénoncée ici: "Every day cary bucket to the well / One day the bottom must drop out / Everthing crash!"
Aber zurück zu Everything Crash. Denn, nicht nur ist das Stück interessant für seine musikalische Geschichte und Struktur, aber auch für den geschilderten sozialen Hintergrund. Worum handeln sich die Songtexte? Bevor ich diese Frage beantworte, muss es betont werden, dass das Lied in 1968 komponiert wurde. Die Ereignisse dieses Jahres geschehen nicht nur in Deutschland, Frankreich oder in der Tschechoslowakei, sondern auch in Jamaika. Die Insel ist nämlich von einer Generalstreik betroffen. Und ausgerechnet das ist es hier die Rede: "Firemen strike, watermen strike / Telephone company too / Down to the policemen too!" Und nicht nur wird hier der Aufstand der staatlichen Betrieben gegen die Politik der jamaikanischen Regierung für eine drastische Kostenreduzizerung erzählt, aber die desaströse Soziallage der Mehrheit der Bevölkerung, die letzendlich dazu gezwungen ist nach England zu emigrieren, wird in dem Lied denunziert: "Every day cary bucket to the well / One day the bottom must drop out / Everthing crash!"
En guise de conclusion, je parlais plus haut de cette culture de l'emprunt musical propre au ska et au reggae. Ainsi, si Bigger Boss a inspiré Everything Crash aux Ethiopians, leur chanson a été reprise par l'immense Prince Buster avec Pharaoh House Crash. On écoute.
Als Konklusion: Ich schrieb oben über diese Kultur in der Ska- und Reggaemusik von dem musikalischen Leihen. Wenn Bigger Boss dem Ethiopians Everything Crash inspiriert hat, wurde dieses Lied von dem immensen Prince Buster mit Pharaoh House Crash übernommen. Lass uns es hören.
Donc à plus tard au U5, d'accord? C'est au métro Frankfurter Tor, juste à côté de la maison en fait. Enfin, c'est indiqué sur l'affiche, hein. Y a qu'à lire.
Also, bis später in der U5, ja? Die Bar befindet sich am Frankfurter Tor, fast gerade vor der Tür. Aber alles steht schon auf der Plakat. Einfach lesen.
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