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dimanche 13 février 2011

"You will come again"

Et, toujours aussi skinisant et tounisant, JB écoute depuis plusieurs jours sa compilation intitulée Sonntagsmusik (= Musique du dimanche) qu'il a bricolée avec ses petites mains il y a pas mal de temps déjà et ça tombe bien puisqu'on est dimanche.
Et, en réécoutant Breakfast In Bed (en ce moment même pour la 204e fois depuis que le morceau a intégré son mange-disques électronique le 5/02/2007), le tube de la one hit-wonder Lorna Bennett (et JB de se souvenir qu'il avait visionné sur toitube une interview sur une télé des Caraïbes (JB a un trou de mémoire, il ne sait plus quel pays c'était mais ce n'était pas la Jamaïque) où elle était interrogée avec Susan Cadogan et, pendant toute l'interview, elle avait gardé ses lunettes noires, et JB s'était du même coup demandé si, comme lui à un moment, elle souffrait d'une myxomatose — bref).

Non, pas bref. JB a entre-temps retrouvé la vidéo en question et découvert avec stupeur que même Susan Cadogan portait des lunettes de soleil. Pourquoi? Parce que ces dames avaient les projos dans la tronche? Parce qu'elle aussi était atteinte de myxomatose? La question reste ouverte et JB a le mérite de la poser car elle taraude tout le monde, à commencer par lui-même et tous ses petits amis derrière lui.
Toujours est-il que Lorna fait moitié voire carrément la gueule, avec son visage comme figé par des milliers d'injections de Botox® qui à elles seules expliqueraient pourquoi elle est incapable de sourire, ou à croire qu'on l'a traînée là de force et qu'elle va à n'importe quelle seconde envoyer une mandale à Lovena et Flower, les deux journalistes (JB n'y peut rien si elles s'appellent comme ça). On regarde la Lorna mal lunée, à droite, dans ses drapés et ses froufrous, et surtout avec ses verres teintés qui lui mangent le visage comme une burqa oculaire:


Et donc JB a mis sa compil Sonntagsmusik, dont voici les titres:


Et il écoute donc Breakfast In Bed:



Et, tounisant et skinisant, il s'identifie à fond avec ce que chante Lorna Bennett. Que ne l'a-t-il pont connue, cette situation où, ayant mis les petits plats dans les grands, après avoir mis d'autres grandes choses dans des choses plus petites, il a lui aussi déclamé:
What's your hurry? / Please don't eat and run / You can let her wait, my darling / It's been so long / Since I've had you here / You will come again / Darling, it will be / Like it's always been before

Or, contrairement à ce qui est indiqué dans le mange-disques électronique de JB, le morceau ne date pas de 1974, mais de 1972, comme le confirme discogs. Produit par Harry J (oui, l'auteur de l'immarcescible Liquidator) et orchestré par Geoffrey Chung et Carl Harvey, Breakfast in Bed est sorti sur Blue Mountain mais a vu le jour l'année d'avant, à en croire Lorna Bennett sur son site:


Et donc le disque est un succès:


Sur la face B, Skank in Bed, David Scott aka Scotty offre une version dancehall qui surfe sur le succès de U Roy et, si on a le droit d'être très vite lassé par le dancehall, on peut ricaner par la rupture du morceau en plein milieu, lorsque Scotty demande au musicien de quitter le studio puisqu'il ne sait jouer d'aucun instrument.




La même année, Bongo Herman offre une version instrumentale mi-dub mi-nyahbinghi, avec les congas et le saxophone mis très en avant — c'est dire à quel point le morceau de Lorna Bennett a fait mouche. Et on écoute aussi:



Et, l'année d'après a priori, Harry J et Geoffrey Chung propose leur version tout aussi instrumentale, mais dub à fond et sans doute influencée par des substances dont JB ne veut pas connaître le nom ou alors par des êtres mystérieux sans doute aperçus lors de l'ingestion desdits produits. Puisque ce morceau ne porte nul autre nom que UFO:



Toujours en version reggae, on trouve en 1973 la version très orgue et un peu flemmarde de Byron Lee, mais aussi, en 1977, la version de Candy McKenzie, produit cette fois par Lee Perry mais très influencée par Bongo Herman, tant dans l'orchestration que par la marque du dub qui privilégie, au niveau de la voix, l'écho. Une voix dont le timbre rappellerait presque parfois celui de Grace Jones qui, quelques années plus tard, copiera le son reggae avec précisément les mêmes effets. Le morceau par Carry McKenzie est ressorti l'année dernière chez Trojan Records et c'est le site skarlatine qui nous explique tout:




Sinon, ce sont cette fois, s'il vous plaît, messieurs Sly & Robbie qui se mettent aux commandes de la production. En 1979, en offrant un disque à Sheila Hylton, puis en 1993 à Carron Smith. Or, dans les deux cas, force est de constater qu'ils ont eu énormément de mal à se détacher de l'interprétation de Harry J et Geoffrey Chung, et on ne saute hélas pas au plafond en les écoutant, même si celle de Sheila Hylton dépasse la seconde. Et ce sans oublier bien sûr Hortense Ellis et sa version de 1991, dont l'orchestration par son frère Alton, quoique réussie, ne cache hélas pas la faiblesse vocale de la chanteuse (confer, ces moments où elle doit pousser et tenir la note).


Mais le succès de Lorna Bennett (le sien et la fortune reggae qui en découle) ne serait rien sans la version originale, chantée par Miss Dusty Springfield sur son impérissable album de 1969, Dusty in Memphis qui, JB n'aura jamais de cesse de le répéter, doit figurer dans tous les bonnes discothèques — allmusic affirme même: "It's truly a disc deserving of its classic status", et JB branle du chef plutôt deux fois qu'une. Camp à mort grâce à ses violons dégoulinants, la chanson est une espèce de pré-Northern Soul qui fait la part belle aux instruments à vent qu'adoraient le ska. On écoute:



Composée par Donnie Fritts et le guitariste Eddie Hinton (qui, JB l'apprend aussi sur allmusic, a même joué avec Toots Hibbert de Toots & The Maytals), la chanson sera reprise par une quantité de chanteuses: Carmen McRae en 1970, suivie l'année d'après par Shirley Bassey qui en offre une version braillante et beaucoup trop rapide. Mais avant elle, c'est Baby Washington qui s'y colle la première avec une interprétation fort honorable qui évince les violons et conserve les instruments à vent. Et la chanteuse de se montrer plus insistante que Dusty puisqu'elle ne chante pas "You will come again" mais "Please come again":



Et, outre Joan Osborne plus en 2007, ce sont surtout les pilleurs de UB40, comme JB l'expliquait en allemand en mai 2010, qui reprendront le morceau. Mais pas n'importe quelle version. Ils ne reprendront pas l'original de Dusty, mais bien celle de Lorna Bennett. De fait, celle-ci ne chantait pas "Breakfast in bed / a kiss or three", mais: "Breakfast in bed / kisses on me". Et c'est aussi ce que Chrissie Hynde et Ali Campbell répètent et singent. Pff…

Mais bon. Quoi qu'il en soit, JB, qui vient juste d'ôter ses rouleaux, continue de chanter à tue-tête en écoutant Dusty Springfield et Lorna Bennett à tour de rôle ces paroles si justes de vérité patente et crasse:
Don't be shy / You've been here before/ Pull your shoes off, lie down and I will lock the door / And no one has to know / You've come here again / Knowing it will be / Like it's always been before.
Et sur ce, JB souhaite à tous ses petits amis un bon dimanche sous ses applaudissements.

lundi 7 février 2011

Le ciel et le langage

Et si Sara a raison quand elle écrit que:
Le ciel est au-delà du langage et de la mémoire.
… alors il ne reste plus qu'à écouter Harry J. All Stars interpréter Reach For The Sky:

mercredi 25 août 2010

Long Shot

On est à pied d'œuvre dès le matin et on doit traduire un mot simple, rør, qui signifie conduit, tube, mais qu'on ne comprend pas dans le contexte fluvial dans lequel il s'inscrit.
On va vérifier sur ordnett et on trouve, dans les traductions vers l'anglais, le sens suivant:


Et, fatalement, en voyant la traduction d'un locution formée sur le mot rør, on pense au morceau des Pioneers, Long Shot Kick De Bucket, qu'on avait déjà écouté en février dernier, dans un tououout autre contexte, mais qu'on va réécouter.



Produit par Leslie Kong et sorti en 1969, Long Shot Kick De Bucket parle de quoi? D'une… course de chevaux. Le chanteur a parié tout son argent sur Long Shot et le Long Shot en question… "kick de bucket", en français: il a "clamsé" en pleine course. Ce qui fait dire aux Pioneers: "All me money gonna hell" = "Tout mon fric est parti en fumée".
L'allusion aux chevaux, au tiercé, à la course, est loin d'être évidente. Toutes les mentions explicites ont été gommées et si on ne comprend pas que le fameux "pace" n'est autre que "le pas" du bourrin et le fameux "rear" de la phrase "Long Shot on the rear" renvoie à l'arrière de la piste de l'hippodrome, lequel n'est autre que le fameux Caymanas Park dont il est également question, lequel n'est à son tour autre que le parc de Kingston où a lieu la tout aussi fameuse Caymanas Race (une race étant une course) - si donc on ne comprend pas tout ça, on est un peu paumé et on ne sait pas de quoi peut bien parler cette foutue chanson.

Or Long Shot Kick De Bucket n'est pas un morceau original.
Mais une seconde version d'un propre morceau du groupe, sorti en 1968, produit par Joe Gibbs, et qui s'appelait Longshot, en un mot, dans un style plus rocksteady, et auquel s'ajoute parfois, entre parenthèses et pour le distinguer de sa suite "(Bus Me Bet)". On l'écoute:



Dans le morceau original, les allusions à l'hippisme sont très claires et dès le départ: "Him gallop". Les Pioneers nous expliquent ensuite que, malgré les coups de cravache et bien qu'il coure comme un dératé, le pauvre Longshot ne suit pas et finit par mourir. Et oui, c'est une histoire triste où il est davantage question du cheval et non du parieur, comme dans Long Shot Kick De Bucket. Et le Wikipédia anglais de nous expliquer que Long Shot a réellement existé et qu'il est mort en pleine action "lors de sa 203e course".
Une autre histoire pour une autre version qui elle-même connaît une autre destinée.
Certes, Longshot est un hit en Jamaïque grâce auquel les Pioneers vont connaître la gloire et un succès qui ne se démentira plus. Mais ce succès est limité à l'île. Quand, en 1969, sort Long Shot Kick De Bucket, le succès se répète et, à présent, c'est Laurence Cane-Honeysett qui nous raconte la suite de l'histoire, que l'on trouve dans le livret de la compilation produite par Trojan Records en 2001 et intitulée Let Your Yeah Be Yeah: The Pioneers Anthology, 1966 To 1986:


Que nous explique, donc, Laurence Cane-Honeysett?
Unsurprinsingly, the song quickly became a nationwide hit in Jamaica, but bearing in mind its parochial subject matter, its success on the other side of the Atlantic was less predictable. Released in the UK by Trojan, the record was initially ignored by the hugely influential BBC, but following its appearance on a number of independant radio stations, the corporation finally relented and finally added it to their play-list. On October 18th, Long Shot Kick De Bucket crept into the national British Pop charts and over the next few weeks, steadily climbed up the listinfs where it eventually peaked at number twenty-one.
Voilà pour l'histoire.

Mais les interprétations ne s'arrêtent pas là.
En cette même année 1969, le grand repreneur en chef qu'est Byron Lee réinterprète Long Shot Kick De Bucket sur son album Reggay:


L'adapation est correcte, qui fait la part belle à l'orgue Hammond et a un tempo moins soutenu, moins early reggae que dans sa version originale.
On peut écouter le morceau ici et profiter de l'album entier là.

Est-ce le phénomène Long Shot et sa mort étonnante (comme une espèce de prédiction au titre On achève bien les chevaux), ou plus directement la fascination que l'on peut avoir face à la mort qui se déroule en face de soi (qu'il s'agisse en l'espèce d'un sportif ou d'un animal)? Est-ce le caractère génial du morceau, tant du point de vue des paroles que de la musique?
Toujours est-il que Long Shot Kick De Bucket va faire des petits. Le cheval Long Shot aura des successeurs, d'autres étalons moins connus mais qui se lanceront la même année dans la course au hit. Le premier s'appelle Burial of Long Shot, est interprète par Prince of Darkness, et on reconnaît sans peine non seulement certaines paroles de même que certains accords voire certaines phrases musicales du morceau original. Quant à cette version, on la trouve pas du tout négligeable, bien au contraire, plus alanguie, avec sa trompette d'autant plus que séduisante qu'elle 1) intervient la première fois comme une immense surprise, 2) est rehaussée par un sifflement vers la fin du morceau qui transforme celui-ci en hit potentiel. On écoute:



En face B, George Lee fournit une version instrumentale, débarrassée d'une trompette remplacée par un saxophone, avec des accents pré dub où on retrouve notamment les notes de vibraphone qu'on entendait déjà dans la toute première version de Longshot (Bus Me Bet) des Pioneers:



Toujours en version instrumentale, mais cette fois carrément identique à Long Shot Kick de Bucket, le Double Shot des Beverley's All Stars qui fait tourner en boucle la phrase musicale du morceau des Pioneers et lui ajoute un long mouvement d'harmonica:



Évidemment, on ne saurait terminer sans la version des Specials, qui s'ouvre sur cet orgaue Hammond que le style 2-tone avait placé au centre de son orchestration. Et on l'écoute plutôt deux fois qu'une cette interprétation en concert de 1980, d'autant qu'elle est suivie par une reprise de l'impérissable Liquidator de Harry J. All Stars, ainsi qu'une troisième reprise… qu'on vous laisse découvrir, mes petits amis.

samedi 14 août 2010

Je t'aime (ah bon?)

JB, qui a traduit tout à l'heure une phrase où il n'est pas écrit "je t'aime" mais le lecteur le comprend forcément, traduit à présent le mot "trépidations".
Et JB, qui pourtant est une brèle en maths… (il avait eu avec son prof de term' l'échange suivant: "Le Prof: Aaah… Monsieur C. Qu'est-ce que je vais vous mettre comme appréciation? Mauvais résultats? JB: Oui, mais je fais des efforts… [Effronté, en plus, le JB.] Le prof: Vous préférez peut-être 'Veut mais peut peu' ??" Et depuis, JB s'est approprié cette phrase, “veut mais peut peu”, qu'il place dès qu'il peut et ça il le veut.)

… Et JB, donc, qui est pourtant une brèle en maths, pose l'équation suivante:
Je t'aime + trépidations = ???
Personne a trouvé?
Ben alors, mes petits amis?
Allez…
Moi non plus + Harley Davidson = ???
Toujours rien?
Allez…
(Brigitte + Jane) + Bardot = ???
Mais Serge Gainsbourg, voyons !!!
Je t'aime comme partie de la chanson Je t'aime, moi non plus. Trépidations comme mot présent dans les paroles de Harley Davidson. La seconde chanson entonnée par Brigitte Bardot, la première composée pour elle mais éternisée par Jane Birkin.

Et on voulait intégrer la vidéo de Harley Davidson sur ce blog tatoué et fumeur, or, qu'est-ce qu'on lit:


Mais rien que l'idée de voir le faciès de facho de la Bardot sur ce blog tatoué et fumeur nous fait déjà perdre cinq dioptries aux deux yeux. Il suffit pour s'en persuader de faire une capture d'écran et on comprend instantanément:


Si là elle a pas l'air niaise et si là on lui reconnaît pas sa désormais légendaire nigauderie…
Mais bon. Ne perdons pas de la salive inutilement.

Là où on voulait en venir.
Primo.
Je t'aime, moi non plus a été sujet à X centaines de reprises (allmusic.com ne prend pas soin de les compter). Les artistes reggae s'y sont eux aussi collés. À commencer par l'immmmense Harry J. All Stars, entré dans le panthéon ska et reggae grâce à son immmmarcescible Liquidator. Fin 1969 (et JB s'apprête à naître), sur l'album homonyme, il est le premier à interpréter le morceau sur cet orgue Hammond qui a fait sa célébrité. On écoute. Ça s'appelle Je t'aime, et là il n'est plus question de ne pas aimer en retour.



C'est early reggae à fond et on note l'impro sur les 45 dernières secondes.
L'année d'après, en 1970, c'est le repreneur en chef qu'est Byron Lee qui s'y colle. Ça s'appelle cette fois Love at First Sight et c'est pile poil comme ce qu'a fait Harry Johnson avec ses All Stars. On oublie pas de regarder la pochette du dikse qui présente une nana à moitié à poil - l'expression est voulue -, c'est l'époque qui veut ça: quasiment tous les disques de reggae de cette fin de décennie 1960 et début 1970 prendront un malin plaisir à reproduire des filles photographiées dans des positions toutes plus lascives les unes que les autres, et ça nous montre à quel point ce milieu est à l'époque phallocrate (pour cette fois employer un terme raccord avec l'époque).



On continue dans la machocratie avec Brentford Road All Stars qui, la même année de 1970, propose lui aussi sa version, également intitulée Love at First Sight. On remarque d'entrée de jeu l'illustration à la vidéo qui, dans le genre et rapport à ce qu'on disait supra, est é-lo-quente. Et le morceau? D'anthologie. Cette fois, ça parle. Ou plutôt: ça couine, ca gémit et ça geint du début jusqu'à la fin. À tel point qu'on finit par pisser de rire tellement c'est limite ridicule d'exagération. On se paye tout de même une bonne tranche de rire et on se repaît des improbables accords de flûte traversière (bonjour, G!).



Alors, c'est pas grand?

Toujours aussi grand, la reprise en 1975 de Judge Dread.
Qu'en dit le Wikipédia allemand?


Je traduis: "(…) tantôt en version parodique et rigolarde, comme chez Judge Dread dans un style reggae avec des jacasseries banales (…)"
Des "jacasseries banales"?
Vraiment?
On écoute.



Nous, ce morceau, on le trouve ab-so-lu-ment génial.
Justement parce qu'il commence comme un morceau hyper phallocrate. Puis Judge Dread se fout de sa propre gueule et de la skinheaditude par la même occasion quand il dit: "Those bloody boots are killing me!" Car quel est le skinhead qui, au moment de se déshabiller pour passer aux choses sérieuses, ne s'est pas emmêlé les pinceaux dans ses interminables lacets qui, évidemment au moment crucial, refusaient de se défaire?
Et il y est enfin arrivé quand, tadah… surprise… la fille lui dit: "Touch this!"
Eh ouais, la fille est un mec. Un trav.
Le mec hyper burné qu'était censé être Judge Dread se dégonfle comme un ballon de baudruche et est pris à son propre jeu. Voire, quand il a des propos discriminatoires, on lui dit: "Hey, this is 1975!" Genre: hé, coco, réveille-toi, mets-toi un peu à la page. Et si ledit Judge Dread finit quand même par éconduire le trav, il se trouve quand même Gros-Jean comme devant, lui qui, pour le coup et contrairement à ces collègues de 1969 et 1970, n'a pas omis la deuxième partie du titre: "Moi non plus".

dimanche 11 juillet 2010

My cherie amour

Erstmal ohne Worte, von The Harry J All Stars:



Und diesmal mit, von Barrington Biggs:




Sing mit!
"Oh, cherie amour, pretty little one that I adore / You're the only girl my heart beats for"
(Und, ja, ursprünglich ist es ein Lied von Stevie Wonder…)

vendredi 18 juin 2010

WM/Mondial: Liquidator

Et tandis que les Anglais de Chelsea choisissaient comme hymne l'inépuisable Liquidator des Harry J. All Stars, pendant ce temps, dans la Rance…
Und während die Engländer aus Chelsea sich für das unersättliche Liquidator von The Harry J. All Stars als Hymne entschiedeten, in der Zwischenzeit, in der Frangst…



… in der Frangst wurde dieses unten das berühmtste Fussballlied aller Zeiten: die Hymne der Mannschaft aus Saint-Étienne, Nationalsieger der franzenländischen Liga in u.a. 1974, 1975 und 1976. Dieses unten ist übrigens von 1976.
… dans la Rance, donc, la chanson de foot la plus populaire de tous les temps était celle, sortie en 1976, de l'équipe de Saint-Étienne. On écoute le machin:



Alors parce que les Anglais ont préféré le ska à la variète, ils méritent ce soir de gagner.
Und gerade weil die Engländer Ska gegenüber Schlager bevorzugten, verdienen sie heute Abend den Sieg.


[07082010.
Et, presque deux mois plus tard, der Papa envoie à JB la photo qu'il lui avait demandé de prendre et qui reproduit le disque de Allez les Verts que JB écoutait enfant et que JB adulte voulait montrer sur son blog tatoué et fumeur.
Und, mit fast zwei Monaten Verspätung schickt der Papa dem JB das Bild, das er ihn gefragt hatte zuknipsen, und das die Alles les Verts-Schalplatte reproduziert, die der JB als Kind hörte und der JB als Erwachsene auf seinem rauchenden tätowierten Blog zeigen wollte:

© Der Papa

jeudi 17 juin 2010

"What is it boy?"

Heute mit Countryman Fiddle ("What is it boy? Are you feeling sick?" sondern: "I need more soul with my music / I got to have reggae reggae music") von den Aggroliiitesss (guten Morgen, N!) aufgewacht, das man schon hier gehört hat. Auf der Suche nach einer anderen Version stosse ich aber auf zwei Aufnahmen von ihrem Konzert in Berlin, am 27. April, wo die beste Konzigang physisch präsent war - das heisst: G (guten Morgen, G!), F (guten Morgen, F!), N (nochmals guten Morgen, N!) und der JB. Diese untenstehende Aufnahme zeigt, wie genial der Roger Rivas an seiner Hammondorgel spielt, und sie fängt mit einer Coverversion von Liquidator von Harry J. All Stars an, die man sonst als Original bald hier auf diesem tätowierten und rauchenden Blog nochmals hören wird aber… Überraschung!
Im Sinne des Konzerts möchten wir daran erinnern: Freundschaft!
Und überhaupt: einen wunderschönen guten Tag.

vendredi 11 juin 2010

Les pies

On est réveillé par deux pies extrêmement bruyantes, qui ne cessent de jacasser à tue-tête, qui volent des branches du marronnier en agitant le feuillage puis viennent se poser sur le toit de l'école où leurs pattes font tap tap tap sur le revêtement en tôle. On se dit qu'elles doivent être très amoureuses. Et si on savait depuis longtemps que les pies évoluent toujours par deux, on a observé leur comportement avec un œil plus acéré depuis qu'on vit à Berlin. On a assisté un jour aux cris déchirés d'une pie esseulée qui appelait sa moitié. On a remarqué que la pie vient systématiquement farfouiller dans le sac à compost sur le balcon dès qu'il y a des coquilles d'œuf. Et au final on n'a pas compris pourquoi la pie avait si mauvaise presse dans la croyance populaire. Éberlué mais conforté, on apprend de plus que la pie est l'un des rares animaux, en tout cas le seul oiseau, à avoir réussi le test dit du miroir, qui mesure le degré de conscience de soi chez les animaux: chimpanzés, bonobos, orang-outans, éléphants, dauphins, orques et donc nos amies les pies finissent par se rendre compte, ou, pour le coup: par prendre conscience que le reflet dans la glace n'être autre leur propre image et non celle d'un(e) congénère. Et cela nous fait évidemment penser à cet extrait d'un texte de Geneviève Brisac qu'on a heureusement retrouvé, et qu'elle avait écrit à l'occasion de "sa semaine" dans Libération en 2007:

Le temps des rêveurs fraternels reviendra peut-être. Mais quand? La pie s'en balance. A huit heures trente chaque matin, elle se balance, au son de la revue de presse, sur la branche de hêtre rouge devant ma fenêtre. Le soleil éclatant fait scintiller son plumage. Je suis sa seule amie. Tout le monde déteste les pies. Si j'annonçais qu'un pingouin nous visite tous les matins, vous verriez les mines passionnées. Tout le monde aime les pingouins et méprise les pies. Hé bien, permettez-moi de rétablir un peu de justice, et de prendre le parti de l'oiseau chanteur et si souvent calomnié.

Du coup, on repense à ce morceau de Bongo Herman, Reggae With The Birds, qui est une énième variation de l'illustrissime Liquidator des Harry J. All Stars et on se dit que ça fait des luuustres qu'on promet sur ce blog tatoué et fumeur de présenter la fortune musicale que ce morceau a générée. Reggae With The Birds, de 1972, est en fait la version instrumentale (qui, par voie de conséquence, fait ressortir les roucoulements des oiseaux) de Chairman Of The Board, elle-même parue en face B du Liquidator et plus dancehall. On écoute - et une bonne journée, hein.

dimanche 30 mai 2010

Dusty digs Reggae

Und man war gestern mit G und É und A bei dem neuen Nighter in der Rigaer Strasse unterwegs und man war ganz, ganz ganz zufrieden: die Musik war toll, die Leute waren lieb, man wurde dazu aufgefordet mitzutanzen, was man auch gemacht hat (und, nicht zu vergessen, Beavis war dabei, leider (?) ohne Butthead - aber das ist eine ganz andere Geschichte - nicht wahr, G?!).

Und dann hat man auch den guten Ralph getroffen und wir haben wieder über Dusty Springfield geredet, denn er und die Anderen von Floorettes haben sich gewundert, warum ich hier auf diesem tätowierten und rauchenden Blog geschrieben habe, dass sie ihre Lieder coveren könnten. Versprochen hatte ich auch einen Post zu schreiben über den Einfluss Dusty Springfields auf Ska- une Reggae Sängerinnen, seitdem viele sie gecovert haben. Jaaa! ihr nichtsahnende Skinheads: DIE Dusty!
Wir fangen an mit Breakfast in Bed, aus dem LP Dusty in Memphis, von 1969, der in jeder Diskothek stehen müsste.



In 1972 produziert Harry J (ja, von Harry J & The All Stars) das Lied mit Reggaerythmen und Lorna Bennett singt es. Es wird wiederum ein Hit! Und Lorna Bennett wurde zwar eine One-Hit-Wonder, aber diese Coverversion hört man wieder und wieder und wieder gern, hier, zu Hause, in Nightern, in den Ohren unterwegs, egal wo. Einfach Spitze (wie man damals sagte… jetzt: geil!).



Dusty inspiriert Harry J und Lorna Bennett und sie inspirieren wiederum Bongo Herman mit African Breakfast am selben Jahr, und sogar Scotty mit Skank in Bed. Hier, bitte schön, Herr Herman mit den Trommern und dem Sax.



Das war also das Breakfast in Bed-Medley.
Man beachte bitte zum Schluss, dass Dusty Springfield eigentlich "Breakfast in Bed / And a kiss or three / You don't have to say you love me" singt, wo Lorna Bennett genau das singt: "Breakfast in Bed / Kisses on me / You don't have to say you love me". Das lustige ist nämlich, dass das Lied auch von den Plünderern von UB40 gecovert wurde. Und was singen sie? Genau! Nicht die Texten von Dusty Springfield, sondern die von Lorna Bennett. Die Räuber…

Auch seeehr bekannt ist Son of a Preacher Man, auch auf Dusty in Memphis zu finden. Und wenn das nicht eine Floorettes-Möglichkeit ist, dann bitte mich erschiessen! (nein, übrigens, das wäre keine gute Idee.) Das Lied wurde erstmal von The Supremes gesungen. Aber die Version von Dusty wurde die berühmteste, nachdem, erklärt uns Wikipedia, Aretha Franklin die Neuinterpretation abgesagt hatte. Dusty, schlau, hat es aber nicht. Hier:



Im selben Jahr, also 1969, produziert John Hurley das Lied neu für The Gaylettes. Es wurde auf diesem historischen Tighten Up-LP herausgegeben und ist immer noch genauso genial:




Und jetzt kommt die grosse Artillerie! Immer noch auf Dusty in Memphis und auch eine potentielle Floorettes-Artillerie. Das Lied heisst Take Another Little Piece of my Heart, hat die Blasinstrumenten, die bei Floorettes unsere Freude machen.
Leider… und mist! ist das Lied nicht auf durohr zu finden.
Mist und wieder Mist!
Naja… Vielleicht taucht es irgendwann auf.
Das Lied wurde auch in 1971 von Hortense Ellis gecovert. Unter einem Pseudonym, Mahalia Saunders, und man kann schon hören, dass Frau Ellis' Stimme manchmal Schwierigkeiten hat, ganz hoch zu gehen:



Dann sind es auch Lieder, die Dusty Springfield selbst gecovert hat, und die auch von den sogenannten Reggae Sisters gecovert wurden.
Dionne Warwicks Close to You (1963) wurde von Dusty Springfield in 1964 gesungen und dann in 1967 von Dame Phyllis Dillon. Jackie DeShannons Put A Little Love in Your Heart (1969) wurde auch von Marcia Griffiths gesungen.

Aber auch Männer haben Dusty Springfields Lieder gecovert. Pat Kelly hat I Just Don't Know What To Do With Myself übernommen, und Jimmy Cliff hat You've Got A Friend gesungen.

Wie viele es glauben, war Dusty Springfield NICHT Amerikanerin. Sondern aus England. Aber sicherlich war sie die Erste, die wie schwarze Soulsängerinnen gesungen hat und die gleiche Orchestration übernommen hat. Das macht sie irgendwie als eine Prä-Northern Soul Frau.
Also nun ein Paar anderen Vorschläge für unseren beliebten Floorettes-Sängerinnen (ok, auch für die Männer).
Und man fängt an mit All The King's Horses von 1971. Bitte schön!



Auch von Dusty in Memphis wäre So Much Love ein guter Kandidat. Hier:



Noch dazu kämen Cherished oder Just One Smile. Die sind aber nicht auf durohr zu finden. Macht nüschts.
Aaalso.
Man hofft zumindestens einigen überzeugt zu haben. Oder, Ralph?!?