Et JB, regardant d'un œil rigolard et chafouin des extraits géniaux de Peau d'Âne, tombe sur cette parodie tout ausi géniale, grâce à laquelle il apprend, ce qu'il ignorait, que la langage moderne des djeunz emploie la locution "La louse!", pour désigner une situation où on finit en loser, en bon perdant, donc, en nul - une locution qu'il trouve vraiment épatante.
On regarde la vidéo identiquement épatante:
Affichage des articles dont le libellé est Jacques Demy. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Jacques Demy. Afficher tous les articles
mercredi 4 août 2010
L'oblication sémantique
Travaillant le roman ivoirien, je veux un instant traduire "en fillete gjeter" par "un berger en haillons". L'idée de fillete (qui n'est donc pas une fillette norvégienne, laquelle se dit pike, à ne surtout pas confondre avec pikk qui pour sa part signifie purement et simplement bite) est celle de tissu lacéré, déchiré. Ordnett.no nous confirme:
A priori, je suis dans le vrai, dans le juste.
Puis je me dis que, bon, certes, dans ce nord de la Côte d'Ivoire, le berger doit être bien pauvre, mais de là à dire de lui qu'il est "en haillons", il ne faudrait pas non plus exagérer. Puisqu'il y a dans cette locution adverbiale quelque chose de méprisant. Ce faisant, je biaise ma traduction, je lui donne une valeur surnégative que le mot norvégien, bien qu'il recouvre ce sémantisme, n'a pas de façon aussi forte. Ce faisant, à mon sens, j'impose à ma traduction les clichés culturels et inconscients dont on aime affubler (pour le coup) une certaine population pauvre vivant dans certains pays africains. Autrement dit, si je laisse ma traduction en l'état, j'intériorise un préjugé, je me l'approprie, je le valide, j'opine intimement à son présupposé. Puisque, ainsi qu'on l'avait déjà vu en juin dernier à propos d'un autre sujet (le genre et le féminisme), la dimension politique et idéologique n'est jamais tout à fait absente ni dans une traduction, ni chez un(e) traducteur/trice. Tant et si bien que, en fonction du mot qu'il ou elle choisit dans sa langue pour restituer l'équivalent de la langue de départ, ce(tte) traducteur/trice charge son choix de traduction d'un signifié politiquement ou idéologiquement absent du mot d'origine. Il/elle appesantit sa traduction d'un point de vue qui peut être stigmatisant et discriminatoire, quand bien même celui-ci ne serait qu'inconscient, voire non-désiré. Mais ainsi que nous l'a appris la psychanalyse, l'inconscient se loge justement dans les détails du langage. Ce que la théorie queer a autrement baptisé pour les questions de sexualité et de genre le discours performatif: en exprimant telle réalité de telle façon, je sous-entends que j'adopte telle vision de l'existence (la mienne ou celle des autres) et telle opinion politique, sociologique, anthropologique.
En matière de traduction, c'est ce qu'on aimerait appeler l'oblication sémantique. Et si le substantif n'existe pas en français, on aimerait l'inventer pour deux raisons. Obliquer, nous indique le TLF, a la signification suivante:
Le sens en tant que direction, donc.
Car l'objectif idéal de la traduction, c'est la fidélité parfaite. Si on file la métaphore directionnelle et géométrique, il faut s'imaginer deux lignes éternellement parallèles: la première à gauche serait la langue source (pour moi le norvégien) et la seconde (pour moi le français) la langue cible. Et ces deux lignes seraient donc dans l'idéal continûment et invariablement parallèles, la ligne française (la traduction) étant continûment et invariablement conforme et fidèle à la ligne de gauche (le texte original). Mais ça, c'est un idéal.
Les peuples ne parlent pas des langues différentes pour rien. Et la langue est le reflet d'une psyché, d'une culture (ancestrale), d'une vision du monde: les peuples ne s'envisagent pas de la même manière, ils ne s'envisagent pas de la même manière par rapport au monde, aux autres, à eux-mêmes. Ce que la langue va refléter dans son vocabulaire et parfois dans sa syntaxe, dans son univers métaphorique, dans ses sous-entendus, etc. Les idiotismes et autres expressions et locutions en sont notamment le reflet (par exemple: å være helt ut på viddene < littéralement: être complètement sur les hauts-plateaux < en bon français: être à côté de la plaque. - et on voit aisément la raison de la présence de ces hauts plateaux dans une langue dont le pays est principalement montagneux).
En conséquence de quoi nos lignes, à un moment, vont perdre leur parallélisme. Le traducteur se verra contraint de biaiser sa traduction: soit il va être dans ce qu'on appelle la surtraduction (il traduit crier au lieu de appeler) et sa ligne de droite, la française, s'éloigne de la ligne de gauche, la norvégienne; soit il va être dans la sous-traduction (il traduit appeler au lieu de crier) et sa ligne de droite mord la ligne de gauche jusqu'à parfois empiéter largement sur son territoire. Lorsque ces lignes se croisent, dévient, biaisent, elles deviennent donc obliques. Elles obliquent. Elles changent de sens directionnel, mais aussi de sens sémantique.
L'oblication sémantique décrirait alors ce détournement sémantique lorsque le terme traduit vers la langue cible se voit chargé, sciemment ou pas, d'un sens politique et/ou idéologique discriminatoire et/ou stigmatisant qui n'est pas présent dans le terme de départ, dans la langue source. Quelques exemples, volontairement exagérés: ce serait traduire femme par pouffiasse, gay par lopette, arabe par bicot, pauvre par loqueteux, gauchiste par terroriste d'extrême-gauche, etc., etc. Une traduction oblique, c'est une traduction queer en anglais, skeiv en norvégien - deux mots qui signifient de travers, puis, étrange, puis anormal, et enfin gay (bien que, après, les personnes ainsi désignées se réapproprient le mot pour se qualifier). Une traduction oblique, c'est une traduction qui fixe dans le lexique choisi une médisance implicite, un jugement politique, une condamnation sociale, qui jette l'opprobre sur un individu ou le groupe auquel cet individu appartient. La traduction est oblique tant dans son sens directionnel et géométrique (biaisé) que dans son sens sémantique et lexicographique (tronqué). On revient à ce que la théorie queer disait sur le discours performatif: on impose à son propos un sens non seulement détourné, mais qui reflète la vision du monde du locuteur et non la vision du monde tel qu'il est - on n'oublie le devoir de fidélité du traducteur, quand bien même celui-ci demeure de l'ordre de l'idéal.
Et donc, traduire un berger en haillons, c'est faire de l'oblication sémantique.
Alors que dire?
Un berger, ainsi que nous le propose ordnett, déguenillé? Mouais. C'est guère mieux. Quels synonymes nous propose le TLF?
Loqueteux est exclus, c'est encore pire. Négligé et débraillé ne conviennent pas car ils ont trait à la mise, au port des vêtements, et non à l'état de ces mêmes vêtements. Tiens… Et dépenaillé? Oui, dépenaillé est sans doute mieux. Dépenaillé est pas mal, même.
Question néanmoins: est-ce qu'un adolescent de dix-sept ans, qui vit dans la banlieue d'Oslo et a un vocabulaire plutôt relâché (et, je le rappelle pour l'avoir maints fois souligné: ce qui ne l'empêche d'employer des images poétiques), aurait recours à cet adjectif? Pas sûr. Mais peut-être justement parce qu'il emploie des images poétiques et qu'il ne rechigne pas à faire des métaphores parfois iconoclastes, comme on l'a vu ici et là, je vais garder ce dépenaillé.
Puis, voyant et revoyant ces adjectifs, me souvenant que sur ordnett fille se trouvait en-dessous de filipens, un mot vieilli qui signifie un bouton, un bubon, je repense à Peau d'Âne, le film de Jacques Demy réalisé en 1970, à la suite duquel les lecteurs de ce blog tatoué et fumeur avaient pu constater début juin dernier la nigauderie d'abord cinéphile puis culinaire de JB. Je repense forcément à Peau d'Âne et cette scène d'anthologie quand Catherine Deneuve, princesse transformée en souillon, doit bosser à la ferme, dans la bauge aux gorets avec sa, je cite, "peau qui pue" - comme une espèce de confirmation ou de prolongement à ce que qu'on vient d'expliquer. On regarde:
Puis, dans les commentaires à la vidéo sur toitube, qu'est-ce qu'on lit?
Quoi? Coluche? Vraiment?
On fait un arrêt sur image:
Hum… Pas fastoche de le reconnaître.
On va vérifier sur Wikipédia, qui nous indique, dans la longue liste de la distribution des rôles:
Ça alors… Coluche dans Peau d'Âne…
Ça alors…
A priori, je suis dans le vrai, dans le juste.
Puis je me dis que, bon, certes, dans ce nord de la Côte d'Ivoire, le berger doit être bien pauvre, mais de là à dire de lui qu'il est "en haillons", il ne faudrait pas non plus exagérer. Puisqu'il y a dans cette locution adverbiale quelque chose de méprisant. Ce faisant, je biaise ma traduction, je lui donne une valeur surnégative que le mot norvégien, bien qu'il recouvre ce sémantisme, n'a pas de façon aussi forte. Ce faisant, à mon sens, j'impose à ma traduction les clichés culturels et inconscients dont on aime affubler (pour le coup) une certaine population pauvre vivant dans certains pays africains. Autrement dit, si je laisse ma traduction en l'état, j'intériorise un préjugé, je me l'approprie, je le valide, j'opine intimement à son présupposé. Puisque, ainsi qu'on l'avait déjà vu en juin dernier à propos d'un autre sujet (le genre et le féminisme), la dimension politique et idéologique n'est jamais tout à fait absente ni dans une traduction, ni chez un(e) traducteur/trice. Tant et si bien que, en fonction du mot qu'il ou elle choisit dans sa langue pour restituer l'équivalent de la langue de départ, ce(tte) traducteur/trice charge son choix de traduction d'un signifié politiquement ou idéologiquement absent du mot d'origine. Il/elle appesantit sa traduction d'un point de vue qui peut être stigmatisant et discriminatoire, quand bien même celui-ci ne serait qu'inconscient, voire non-désiré. Mais ainsi que nous l'a appris la psychanalyse, l'inconscient se loge justement dans les détails du langage. Ce que la théorie queer a autrement baptisé pour les questions de sexualité et de genre le discours performatif: en exprimant telle réalité de telle façon, je sous-entends que j'adopte telle vision de l'existence (la mienne ou celle des autres) et telle opinion politique, sociologique, anthropologique.
En matière de traduction, c'est ce qu'on aimerait appeler l'oblication sémantique. Et si le substantif n'existe pas en français, on aimerait l'inventer pour deux raisons. Obliquer, nous indique le TLF, a la signification suivante:
Le sens en tant que direction, donc.
Car l'objectif idéal de la traduction, c'est la fidélité parfaite. Si on file la métaphore directionnelle et géométrique, il faut s'imaginer deux lignes éternellement parallèles: la première à gauche serait la langue source (pour moi le norvégien) et la seconde (pour moi le français) la langue cible. Et ces deux lignes seraient donc dans l'idéal continûment et invariablement parallèles, la ligne française (la traduction) étant continûment et invariablement conforme et fidèle à la ligne de gauche (le texte original). Mais ça, c'est un idéal.
Les peuples ne parlent pas des langues différentes pour rien. Et la langue est le reflet d'une psyché, d'une culture (ancestrale), d'une vision du monde: les peuples ne s'envisagent pas de la même manière, ils ne s'envisagent pas de la même manière par rapport au monde, aux autres, à eux-mêmes. Ce que la langue va refléter dans son vocabulaire et parfois dans sa syntaxe, dans son univers métaphorique, dans ses sous-entendus, etc. Les idiotismes et autres expressions et locutions en sont notamment le reflet (par exemple: å være helt ut på viddene < littéralement: être complètement sur les hauts-plateaux < en bon français: être à côté de la plaque. - et on voit aisément la raison de la présence de ces hauts plateaux dans une langue dont le pays est principalement montagneux).
En conséquence de quoi nos lignes, à un moment, vont perdre leur parallélisme. Le traducteur se verra contraint de biaiser sa traduction: soit il va être dans ce qu'on appelle la surtraduction (il traduit crier au lieu de appeler) et sa ligne de droite, la française, s'éloigne de la ligne de gauche, la norvégienne; soit il va être dans la sous-traduction (il traduit appeler au lieu de crier) et sa ligne de droite mord la ligne de gauche jusqu'à parfois empiéter largement sur son territoire. Lorsque ces lignes se croisent, dévient, biaisent, elles deviennent donc obliques. Elles obliquent. Elles changent de sens directionnel, mais aussi de sens sémantique.
L'oblication sémantique décrirait alors ce détournement sémantique lorsque le terme traduit vers la langue cible se voit chargé, sciemment ou pas, d'un sens politique et/ou idéologique discriminatoire et/ou stigmatisant qui n'est pas présent dans le terme de départ, dans la langue source. Quelques exemples, volontairement exagérés: ce serait traduire femme par pouffiasse, gay par lopette, arabe par bicot, pauvre par loqueteux, gauchiste par terroriste d'extrême-gauche, etc., etc. Une traduction oblique, c'est une traduction queer en anglais, skeiv en norvégien - deux mots qui signifient de travers, puis, étrange, puis anormal, et enfin gay (bien que, après, les personnes ainsi désignées se réapproprient le mot pour se qualifier). Une traduction oblique, c'est une traduction qui fixe dans le lexique choisi une médisance implicite, un jugement politique, une condamnation sociale, qui jette l'opprobre sur un individu ou le groupe auquel cet individu appartient. La traduction est oblique tant dans son sens directionnel et géométrique (biaisé) que dans son sens sémantique et lexicographique (tronqué). On revient à ce que la théorie queer disait sur le discours performatif: on impose à son propos un sens non seulement détourné, mais qui reflète la vision du monde du locuteur et non la vision du monde tel qu'il est - on n'oublie le devoir de fidélité du traducteur, quand bien même celui-ci demeure de l'ordre de l'idéal.
Et donc, traduire un berger en haillons, c'est faire de l'oblication sémantique.
Alors que dire?
Un berger, ainsi que nous le propose ordnett, déguenillé? Mouais. C'est guère mieux. Quels synonymes nous propose le TLF?
Loqueteux est exclus, c'est encore pire. Négligé et débraillé ne conviennent pas car ils ont trait à la mise, au port des vêtements, et non à l'état de ces mêmes vêtements. Tiens… Et dépenaillé? Oui, dépenaillé est sans doute mieux. Dépenaillé est pas mal, même.
Question néanmoins: est-ce qu'un adolescent de dix-sept ans, qui vit dans la banlieue d'Oslo et a un vocabulaire plutôt relâché (et, je le rappelle pour l'avoir maints fois souligné: ce qui ne l'empêche d'employer des images poétiques), aurait recours à cet adjectif? Pas sûr. Mais peut-être justement parce qu'il emploie des images poétiques et qu'il ne rechigne pas à faire des métaphores parfois iconoclastes, comme on l'a vu ici et là, je vais garder ce dépenaillé.
Puis, voyant et revoyant ces adjectifs, me souvenant que sur ordnett fille se trouvait en-dessous de filipens, un mot vieilli qui signifie un bouton, un bubon, je repense à Peau d'Âne, le film de Jacques Demy réalisé en 1970, à la suite duquel les lecteurs de ce blog tatoué et fumeur avaient pu constater début juin dernier la nigauderie d'abord cinéphile puis culinaire de JB. Je repense forcément à Peau d'Âne et cette scène d'anthologie quand Catherine Deneuve, princesse transformée en souillon, doit bosser à la ferme, dans la bauge aux gorets avec sa, je cite, "peau qui pue" - comme une espèce de confirmation ou de prolongement à ce que qu'on vient d'expliquer. On regarde:
Puis, dans les commentaires à la vidéo sur toitube, qu'est-ce qu'on lit?
Quoi? Coluche? Vraiment?
On fait un arrêt sur image:
Hum… Pas fastoche de le reconnaître.
On va vérifier sur Wikipédia, qui nous indique, dans la longue liste de la distribution des rôles:
Ça alors… Coluche dans Peau d'Âne…
Ça alors…
mercredi 2 juin 2010
Cette idiote
Et ce matin, donc, en voyant le temps encore une fois grisâtre, pluvieux et froid sur Berlin (alors qu'on est le 2 juin, b##!!**), on pensait qu'il nous fallait une musique qui égaie un peu la journée. Du coup on pensait à Mary Poppins de Tommy McCook. Et, de fil en aiguille, on repensait à Mary Poppins, le film. On a cherché, on a trouvé ça:
Ringue et kitsch à mort!
Et on adore ce commentaire dégoté dans la liste de ceux qui se trouvent sous la version anglaise sur toitube:
Mais on se dit quand même, ça c'est sûr: "C'est le morceau de sucre qui aide la médecine à couler", c'est bien vrai. Ouais, même qu'on en fait l'expérience tous les jours.
Et du coup, rebelote, de fil en aiguille, à cause du sucre, on repense à l'immarcescible cake d'amour de Peau d'Âne, de Jacques Demy. Voilà:
Et, toujours question commentaire, on adore celui-ci, qui détaille le contenu de la vidéo, sur toitube:
Puis on se dit qu'on n'a jamais fait de cake d'amour. Et puisqu'on n'a pas de prince, mais bon, on ne sait jamais, peut-être qu'il pourrait débouler et toquer à la porte, pourquoi pas en confectionner un? De cake, je veux dire. Pas de prince… Le prince, lui, il vient. Bref.
On se souvient qu'un ancien collègue de travail en avait fait un et que c'était immangeable.
Mais parce qu'on est comme Saint-Thomas, on se dit qu'on va en faire un, pour voir.
Allez zou, au boulot! Et puis c'est l'heure du déjeuner, en plus.
13h:
On note la recette:
14h35:
Bon, ça donne quoi notre affaire à mi-parcours?
Mouais. Ça a une couleur marronnasse pas forcément ragoûtante.
Je voudrais pas dire mais, le prince, il faudra qu'il trouve certains charmes ailleurs qu'au gâteau pour que j'arrive à lui en faire bouffer.
Et la cuisson ça donne quoi?
Ouais, ça en manque. Elle disait combien de temps la Peau d'Âne?
1 heure, hein? Elle se plantait pas en fait.
Allez, re au four.
15h05:
Bon, ben… a y est, hein:
Ça fait un joli dégradé de couleurs avec le marron du lino de la couisine. Génial.
On va le mettre à refroidir - il s'agirait pas non plus qu'on le mange trop chaud et qu'on se calcine les muqueuses, elles pourraient encore nous servir, rapport au prince, machin.
Et en attendant, on va cette fois écouter le grand Michelangeli interpréter le Golliwogg's Cake Walk de ce cher Debussy qu'on n'écoute pas souvent, à part bien sûr son impérissable Rêverie:
15h30:
C'est l'heure du test…
Ta-daaah!
Un bon point: il se démoule bien.
Mais c'est le seul.
Vu qu'après une heure de cuisson, et faut pas avoir fait d'études de cuisine pour s'en rendre compte, il est pas cuit dans le milieu. Il va devoir se retaper 1/4 d'heure de four avec un papier d'alu sur lui.
Question goût.
Ça n'en a pas justement. Ah, c'est pas immangeable, hein… C'est juste que ça n'a ni goût ni gouasse. Et c'est vraiment un étouffe-chrétien! On mâche, on mâche, on mâche, et on en a toujours dans la bouche! Oh purée, ce que ça colle au palais! Il faut prévoir le litre d'Évian à côté, c'est moi qui vous le dis…
Ouais ben, si dans un quart d'heure il s'est pas amélioré ce cake d'amour, macache le prince, hein…
16h15:
Voilà, c'est fini et bien fini - la cuisson je veux dire.
Et ça a cette tronche:
Une tronche de pas cuit. On dirait un pudding raté. Mais p'têt qu'il faut le mettre à macérer pendant cinq mois comme le pudding… P'têt… p'têt qu'alors il sera bouffable.
Et puis quelle idée de poser ce machin bourratif dans une assiette jaune! Parce que le cake d'amour est jaunasse en fait. Alors déjà qu'il est pas appétissant, mais jaune sur jaune, même pour un daltonien comme moi, c'est vomitif à souhait.
16h25:
Il nous est venu une idée. Comme c'est un cake, qu'il est sec, non, en fait il est pas sec, il est même moelleux, c'est juste qu'il est… pâteux, oui, voilà: pâteux et plâtreux; et comme on a ajouté du sirop d'érable, on s'est dit qu'en en mettant dessus, ça enlèverait le côté colle-aux-dents du gâteau, ça ferait plus pan cake au sirop d'érable. Vous voyez? C'est que ça cogite là-dedans, hein, faudrait pas croire…
Du coup ça donne ça:
Bon, ça gagne franchement pas en attirance mais on perd en adhérence. Le gâteau imprègne moins. Ou plutôt: imbibé de sirop d'érable, il coule mieux dans la gorge et reste moins englué à la dentition.
C'est toujours ça de pris.
Parce que sinon, primo: pas de prince à l'horizon; secundo: avec ce cake d'amour absolument foiré, on se sent nul. Oui, on se sent comme La petite princesse nulle de Nadja, cette héroïne d'album pour enfants.
Voici (faut cliquer sur l'image pour bien voir):
Et on s'identifie à mort avec la princesse nulle quand on lit qu'elle est nulle et archinulle, et aussi à ce niveau-là, vu qu'on l'est de la même manière et qu'on ne trouverait rien de mieux que de poser la même question qu'elle. Voilà (et là encore faut cliquer dessus):

16h30:
L'heure du goûter, l'heure des enfants.
On a quoi au final, alors?
Un étouffe-chrétien raté, un prince qui s'est pas radiné.
On aurait donc mieux fait de préparer un goûter au pâté, là au moins on aurait pas loupé notre coup, même si ça ressemble un peu à tout point de vue à ce qu'on s'est récolté avec notre foutu cake d'amour:
Ringue et kitsch à mort!
Et on adore ce commentaire dégoté dans la liste de ceux qui se trouvent sous la version anglaise sur toitube:
Mais on se dit quand même, ça c'est sûr: "C'est le morceau de sucre qui aide la médecine à couler", c'est bien vrai. Ouais, même qu'on en fait l'expérience tous les jours.
Et du coup, rebelote, de fil en aiguille, à cause du sucre, on repense à l'immarcescible cake d'amour de Peau d'Âne, de Jacques Demy. Voilà:
Et, toujours question commentaire, on adore celui-ci, qui détaille le contenu de la vidéo, sur toitube:
Puis on se dit qu'on n'a jamais fait de cake d'amour. Et puisqu'on n'a pas de prince, mais bon, on ne sait jamais, peut-être qu'il pourrait débouler et toquer à la porte, pourquoi pas en confectionner un? De cake, je veux dire. Pas de prince… Le prince, lui, il vient. Bref.
On se souvient qu'un ancien collègue de travail en avait fait un et que c'était immangeable.
Mais parce qu'on est comme Saint-Thomas, on se dit qu'on va en faire un, pour voir.
Allez zou, au boulot! Et puis c'est l'heure du déjeuner, en plus.
13h:
On note la recette:
© icke
13h40:
Alors, qu'est-ce qu'on disait?
Ben ouais, pas loupé. Avec autant de lait, on se retrouve avec un clafoutis et non avec un cake.
Pff…
Bon, on va rajouter de la farine.
Je vois l'étouffe-chrétien se profiler de plus en plus…
13h45:
On goûte:
C'est in-fect. Ça a la goût de farine à la farine.
13h55:
Voilà, c'est prêt dans la moule à cake:
Et c'est mis dans le four préchauffé à 180°.
On a donc rajouté une poignée de farine pour éviter l'effet clafoutis. Du coup, comme ça avait trop le goût de farine, on a rajouté du sucre et du sirop d'érable, et puis on a mis le troisième œuf en pensant qu'avec toute cette farine, on s'en sortirait pas. Déjà que 125 grammes de beurre seulement c'est pas bézèf… Mais bon, il y a les œufs et le lait qui compensent, donc ça devrait le faire.
Allez, maintenant on attend une heure.
Ah, merde! J'ai oublié de mettre la bagouze dans l'étouffe-chrétien!
Putain, à ce rythme-là c'est à la Saint-Glinglin ou à la Saint-Saucison qu'il va débarquer mon prince.
14h10:
En attendant, intermède (comme on disait autrefois) avec Élyane Célis (à ne pas confondre avec sa cousine Élance Cialis):
13h20:
On a préparé tous les ingrédients:
© icke
Bon, OK, on a procédé à quelques petits changements.
Parce que, on voudrait pas dire, mais des gâteaux, on sait en faire depuis qu'on est mioche, alors, c'est pas à nous qu'on va la faire, l'histoire de 4 poignées de farine avec du levain et une main de beurre fin. Avec ça, c'est un étouffe-chrétien qu'on obtient. Et puis 4 œufs avec un bol de lait et seulement 4 poignées de farine, c'est plus un cake mais un clafoutis qu'on fait.
Donc:
3 œufs seront amplement suffisants, avec 2 pour commencer. En haut, de gauche à droite: la farine, le sucre, le sel, du sirop d'érable (oui, bon, on n'a pas de miel et on a acheté du sirop d'érable cette semaine et faudrait pas que ça se perde, hein). En bas, également de gauche à droite: le bol de la lait, la fameuse terrine et 125 grammes de beurre fondu.
Allez, en route.
13h40:
Alors, qu'est-ce qu'on disait?
© icke
Ben ouais, pas loupé. Avec autant de lait, on se retrouve avec un clafoutis et non avec un cake.
Pff…
Bon, on va rajouter de la farine.
Je vois l'étouffe-chrétien se profiler de plus en plus…
13h45:
On goûte:
© icke
C'est in-fect. Ça a la goût de farine à la farine.
13h55:
Voilà, c'est prêt dans la moule à cake:
© icke
Et c'est mis dans le four préchauffé à 180°.
On a donc rajouté une poignée de farine pour éviter l'effet clafoutis. Du coup, comme ça avait trop le goût de farine, on a rajouté du sucre et du sirop d'érable, et puis on a mis le troisième œuf en pensant qu'avec toute cette farine, on s'en sortirait pas. Déjà que 125 grammes de beurre seulement c'est pas bézèf… Mais bon, il y a les œufs et le lait qui compensent, donc ça devrait le faire.
Allez, maintenant on attend une heure.
Ah, merde! J'ai oublié de mettre la bagouze dans l'étouffe-chrétien!
Putain, à ce rythme-là c'est à la Saint-Glinglin ou à la Saint-Saucison qu'il va débarquer mon prince.
14h10:
En attendant, intermède (comme on disait autrefois) avec Élyane Célis (à ne pas confondre avec sa cousine Élance Cialis):
14h35:
Bon, ça donne quoi notre affaire à mi-parcours?
© icke
Mouais. Ça a une couleur marronnasse pas forcément ragoûtante.
Je voudrais pas dire mais, le prince, il faudra qu'il trouve certains charmes ailleurs qu'au gâteau pour que j'arrive à lui en faire bouffer.
Et la cuisson ça donne quoi?
© icke
Ouais, ça en manque. Elle disait combien de temps la Peau d'Âne?
1 heure, hein? Elle se plantait pas en fait.
Allez, re au four.
15h05:
Bon, ben… a y est, hein:
© icke
Ça fait un joli dégradé de couleurs avec le marron du lino de la couisine. Génial.
On va le mettre à refroidir - il s'agirait pas non plus qu'on le mange trop chaud et qu'on se calcine les muqueuses, elles pourraient encore nous servir, rapport au prince, machin.
Et en attendant, on va cette fois écouter le grand Michelangeli interpréter le Golliwogg's Cake Walk de ce cher Debussy qu'on n'écoute pas souvent, à part bien sûr son impérissable Rêverie:
15h30:
C'est l'heure du test…
Ta-daaah!
© icke
Un bon point: il se démoule bien.
Mais c'est le seul.
Vu qu'après une heure de cuisson, et faut pas avoir fait d'études de cuisine pour s'en rendre compte, il est pas cuit dans le milieu. Il va devoir se retaper 1/4 d'heure de four avec un papier d'alu sur lui.
Question goût.
Ça n'en a pas justement. Ah, c'est pas immangeable, hein… C'est juste que ça n'a ni goût ni gouasse. Et c'est vraiment un étouffe-chrétien! On mâche, on mâche, on mâche, et on en a toujours dans la bouche! Oh purée, ce que ça colle au palais! Il faut prévoir le litre d'Évian à côté, c'est moi qui vous le dis…
Ouais ben, si dans un quart d'heure il s'est pas amélioré ce cake d'amour, macache le prince, hein…
16h15:
Voilà, c'est fini et bien fini - la cuisson je veux dire.
Et ça a cette tronche:
© icke
Une tronche de pas cuit. On dirait un pudding raté. Mais p'têt qu'il faut le mettre à macérer pendant cinq mois comme le pudding… P'têt… p'têt qu'alors il sera bouffable.
Et puis quelle idée de poser ce machin bourratif dans une assiette jaune! Parce que le cake d'amour est jaunasse en fait. Alors déjà qu'il est pas appétissant, mais jaune sur jaune, même pour un daltonien comme moi, c'est vomitif à souhait.
16h25:
Il nous est venu une idée. Comme c'est un cake, qu'il est sec, non, en fait il est pas sec, il est même moelleux, c'est juste qu'il est… pâteux, oui, voilà: pâteux et plâtreux; et comme on a ajouté du sirop d'érable, on s'est dit qu'en en mettant dessus, ça enlèverait le côté colle-aux-dents du gâteau, ça ferait plus pan cake au sirop d'érable. Vous voyez? C'est que ça cogite là-dedans, hein, faudrait pas croire…
Du coup ça donne ça:
© icke
Bon, ça gagne franchement pas en attirance mais on perd en adhérence. Le gâteau imprègne moins. Ou plutôt: imbibé de sirop d'érable, il coule mieux dans la gorge et reste moins englué à la dentition.
C'est toujours ça de pris.
Parce que sinon, primo: pas de prince à l'horizon; secundo: avec ce cake d'amour absolument foiré, on se sent nul. Oui, on se sent comme La petite princesse nulle de Nadja, cette héroïne d'album pour enfants.
Voici (faut cliquer sur l'image pour bien voir):
© Nadja/l'école des loisirs

© Nadja/l'école des loisirs
16h30:
L'heure du goûter, l'heure des enfants.
On a quoi au final, alors?
Un étouffe-chrétien raté, un prince qui s'est pas radiné.
On aurait donc mieux fait de préparer un goûter au pâté, là au moins on aurait pas loupé notre coup, même si ça ressemble un peu à tout point de vue à ce qu'on s'est récolté avec notre foutu cake d'amour:
Inscription à :
Articles (Atom)

















