lundi 30 mai 2011

Ne pas être à fond de cale

Et JB, qui n'a guère pu dormir mais c'est une autre histoire, doit traduire ce verbe norvégien pas évident à restituer:
kjølhale

Le dictionnaire monolingue norvégien nous explique que le mot a été emprunté au néerlandais et signifie:

 1legge et fartøy over på siden slik at bunnen kan repareres
 2om e forh: trekke en fra den ene skipssiden til den andre under kjølen (som straff)
Le premier sens, c'est celui que donne son équivalent norvégien français: caréner, abattre en carène, dont le TLF nous fournit la signification en français:
 Abattre en carène. Coucher un bateau sur un bord pour contrôler l'état de ses œuvres vives et au besoin les réparer.

Aussi, quand le petit Ole, dix ans, annonce à Tonje, neuf ans:
Jon m’a chargé de te dire qu’il allait te xxx, annonce Ole en sautant de la passerelle, toujours vêtu de son pantalon baggy. Son bateau va faire faillite à cause de toi.
Il évident que Jon ne veut pas caréner (= xxx) Tonje.
Non.
Jon veut, "en guise de punition", ainsi que nous précise le contexte lexical de la locution: "traîner quelqu'un de la proue à la poupe d'un bateau", sous-entendu, "par la peau des fesses".

JB doit par conséquent, à défaut de pouvoir traduire à l'identique (ce qu'il doit, eu égard à l'exigence de fidélité), trouver de préférence une expression qui fait intervenir l'univers maritime dans l'analogie de son lexique. Hum… Pas fastoche. JB se dit dans un premier temps qu'il va éluder le problème et va traduire par:
♦ Être au pain sec. Être réduit au pain pour toute nourriture, être réduit à un régime alimentaire spartiate. Si l'on m'eût mis au pain sec, il m'eût porté des confitures (Sartre, Mots, 1964, p.17).
♦ Mettre au pain et à l'eau. ,,Se dit d'une punition dans laquelle on ne donne au délinquant que du pain pour son repas`` (Littré).

Mais c'est une fausse bonne idée.
Maria Parr, l'auteur, n'a pas employé ce verbe pour rien. Comme on l'a vu plus haut, celui qui veut punir Tonje travaille sur le ferry en tant que vendeur de tickets et contrôleur, et Tonje a le chic pour ne jamais avoir d'argent pour payer.

Aussi JB se creuse-t-il la cervelle et songe illico: Prudence.
Oui, le Dictionnaire analogique de la langue française de Prudence Boissière, publié en 1862. Une mine.
Pas loupé.
Ce cher Prudence propose effectivement trois termes ou locutions, que JB va ranger par ordre de pertinence par rapport à sa traduction:


Bon, courir à la bouline, c'est exclus, même JB ne sait pas ce que ça signifie (ce qui, au demeurant, certes, ne veut rien dire). Ou plutôt, si: si même JB ne sait pas ce que cela signifie, il y a peu de chances pour qu'un enfant (puisqu'il s'agit d'un livre pour enfants) le sache. Si JB ne rit pas, alors le lecteur ne risque pas de rire lui non plus. en traduction, il faut que l'effet comique claque, sinon, comme dans l'humour, c'est mauvais.

Vient ensuite:

Ce que le TLF nous explique ainsi:

2. Réduit où l'on enferme les marins punis. Quand je suis sorti, Olready faisait vingt-deux jours de cale (E. et J. de GoncourtJournal, 1872, p. 869).
♦ P. anal. :
4. Il [le pion] m'a mis aux arrêts; − il m'a enfermé lui-même dans une étude vide, ... Dans une fente, un livre : (...) Robinson Crusoe (...) je suis resté penché sur les chapitres sans lever la tête, ... La faim me vient : j'ai très faim. Vais-je être réduit à manger ces rats que j'entends dans la cale de l'étude?
J. VallèsJacques Vingtras, L'Enfant, 1879, p. 114.
3. Loc. À fond de cale. Au fond de la cale. On mit les prisonniers à fond de cale (Ac. 1835-78). ... les pauvres bougres qui ramaient à fond de cale (MilleBarnavaux et quelques femmes..., 1908, p. 309).
♦ Pop., fam. Être à fond de cale. Être à bout de ressources.
Alors, certes, c'est déjà un moins obscur; et JB pourrait parfaitement traduire: "(…) il va te mettre à fond de cale." Mais ça résiste toujours un peu. Et JB a peur, pour le coup, d'être à fond de cale, dans le sens dit "populaire" par le TLF.

Reste la troisième et dernière suggestion:

Et c'est ce lexique-là que JB va employer. Il va inverser l'ordre de la phrase, répéter l'image de la "faillite" pour appuyer l'effet comique, ce qui donne:
Jon m’a chargé de te dire qu’il allait faire faillite à cause de toi, annonce Ole en sautant de la passerelle, toujours vêtu de son pantalon baggy. Quand il sera sur la paille, il ne lui restera plus qu’à utiliser son ferry pour t’envoyer aux galères.

Et voilà.
Alors?
Bon, d'accord, c'est plus long. Mais au moins on a l'image maritime.
Sur ce, babaille, hein.

dimanche 29 mai 2011

Bang bang bang, Nikita!

Et JB, qui cherchait un morceau de Dawn Penn, est tombé sur cette perle qu'il écoute quasi en boucle depuis:



Génial, non?
Le "sample" (le terme est anachronique eu égard à la sortie du morceau, JB y revient) reprend donc une phrase de Nikita Khrouchtchev, prononcée lors de son discours mémorable aux Nations Unies, le 12 octobre 1960, lorsqu'il avait non seulement tapé du poing sur la table pour montrer sa ferme opposition à Dag Hammarskjöld, le président de l'ONU de l'époque, mais il avait également défait sa chaussure pour cogner le pupitre avec la semelle. L'INA nous rappelle cet événement ici.

Revenons maintenant au morceau.
JB espérait presque qu'il se fût agi de Tommy McCook, mails il n'en est rien. De fait, il ne s'agit pas de ska mais de popcorn. Le morceau se trouve sur une écrasante majorité de sites consacrés à ce genre de musique des années 60.
Néanmoins, la question demeure: qui sont les musiciens?
Bonne question, merci de l'avoir posée.
Puisque JB n'en est pas certain à 100%, malgré ses recherches.
Sur toitube figure cette précision:


Le problème que rencontre JB est que ce fameux Lester Van Stock, n'apparaît que sur deux pages, dont celle de toitube. Et uniquement pour ce morceau. Les petits amis de JB lui rétorqueront: peut-être n'a-t-il composé que ce morceau. C'est vrai. Or, sur les sites de popcorn, les gens semblent parfaitement se souvenir de ce Middle of The Nite in Moscow (aussi intitulé Middle of The Night in Moscow). Alors? Une copie du disque corrobore la mention supra:


Assault Records, n° du disque: 1829.
Mais pas de Lester Van Stock. Ni, sur gougueule, de Lester Vanstock, Lester Von Stock ou Lester Vonstock. JB, l'hystéro, déteste ce genre d'imprécisions. Il a cherché également en indiquant avec le nom des compositeurs qui figurent sur le vinyle, Harvey et Johnson, mais cela équivaut à chercher un Martin ou un Dupont dans une botte de foin musicale.

En attendant, il reste toujours le morceau et ce "Bang bang bang, Nikita" définitivement culte.


0h10

Et JB, qui mérite décidément son surnom de teckel, croit avoir trouvé.
Recherchant la page sur toitube pour l'envoyer à la Mopsfamilie, il en trouve une autre, sur laquelle est reproduite un vinyle sorti sur une autre maison de disque:


Ainsi que les petits amis de JB peuvent le voir de leurs propres yeux, il s'agit bien de Lester Van Stock ici également. Bon.
Or, sur la colonne de droite, le généreux toitube propose à JB d'écouter un certain… Lester Lanin. Pardon? Oui: Lester Lanin. Minute papillon, s'écrie JB. Et comment il s'appelle le monsieur avec Nikita. Bingo: Lester Van Stock.
Lester Lanin et Lester Van Stock.
On regarde un petit cliché de Lester Lanin:


Mieux: JB apprend que, en 1962, Lester Lanin et son orchestre ont sorti un morceau intitulé: Midnight In Moscow. Et il s'appelle comment celui de Lester Van Stock? Bingo: Middle of The Night in Moscow.
Midnight In Moscow et Middle of The Night in Moscow.
Mais il y a encore mieux. Et pour ça on écoute:



Eh oui, c'est la même mélodie. Et à propos de cette mélodie (que JB, il l'avoue, ne connaissait pas), le Wikipédia nous dit:
Les Nuits de Moscou (en russe, Podmoskovnie Vetchera) est une chanson russe très connue, composée en 1955 par Vassili Soloviov-Sedoï (musique) et Mikhaïl Matoussovski (paroles).
C'est en 1957 que cette chanson connut une notoriété internationale, après avoir été primée au Festival mondial de la jeunesse et des étudiants qui eut lieu cette année à Moscou. Elle fut particulièrement populaire en République populaire de Chine. L'interprétation au piano du célèbre pianiste américain Van Cliburn contribua à cette popularité. Il joua par la suite ce morceau à la Maison Blanche en 1989 à l'occasion de la visite de Mikhaïl Gorbatchev.

Quant au collègue anglophone du Wikipédia français, il ouvre son article en expliquant:
"Moscow Nights" or "Midnight in Moscow" is a Russian song, and one of those best known outside its homeland.

Donc: Midnight In Moscow.
Et l'article se ponctue par ces précisions importantes (et c'est JB qui souligne):
The British jazz group, Kenny Ball and his Jazzmen, had a hit with the song in 1961 under the title "Midnight in Moscow", and film exists which shows them playing it at a concert in Moscow. This version peaked at number two on the U.S. Billboard Hot 100 chart in early 1962; in March of that year, it spent three weeks at number one on the American Easy Listening chart.

Ainsi, le morceau arrive dans les oreilles de Lester Lanin via l'Angleterre, où Kenny Ball a enregistré en 1961 une version instrumentale (puisque, on l'a vu plus haut, il s'agit au départ d'une chanson, donc chantée), qui deviendra un succès aux États-Unis en 1962. Et c'est aussi, on l'a vu aussi, en 1962 que Lester Lanin propose sa version. Or, 1962, c'est aussi l'année où Lester Van Bock a sorti son Middle of The Night in Moscow, comme nous le précise allmusic.com. La différence entre la version de Lester Lanin et celle de Kenny Ball, c'est non seulement le rythme plus enjoué mais, à la fin, la guitare rockabilly qui ne figure pas dans la version du britannique.

En conséquence, la question qu'on est en droit de se poser est:
Et si Lester Van Bock n'était pas le pseudonyme de Lester Lanin?
De fait, si Lester Lanin est né à Philadelphie, allmusic.com nous précise qu'il était "the youngest of ten sons of a Russian Jewish immigrant family". Ça fait beaucoup de coïncidences troublantes, trouve JB. D'autant que Lester Banin avait ses entrées dans les plus hautes sphères internationales:

He spent the next 60 years playing for some of the most prominent patrons in the world, including the British royal family and most of the kings and queens of Europe. And beginning with the Eisenhower era, he played inaugural balls at the White House through nine presidencies.

Les Kennedy adoraient Lester Lanin qu'ils invitaient pour rythmer leurs soirées à la Maison Blanche, précise pour sa part Guido van Rijn dans son ouvrage Kennedy's blues: African-American blues and gospel songs on JFK:


On peut même se procurer une compilation intitulée Music of The Kennedy White House sur laquelle figure un morceau de Lester Lanin, c'est dire. Et non seulement ça, mais, dans la nécrologie publiée par le NY Times à l'occasion de la mort en 2004 de Lester Lanin, il est précisé:


Et qui Kennedy, le 4 juin 1961, rencontre-t-il lors du fameux Sommet de Vienne? Bingo: Khrouchtchev. JFK serre la pogne de Nikita:


Et que se passe-t-il un an plus tard, en 1962, entre Kennedy et Khrouchtchev? Bingo: la Crise des missiles de Cuba.

JB trouve que ça fait beaucoup beaucoup de coïncidences. Il ne voudrait pas tirer des conclusions trop hâtives, mais bon, quand même hein.

Allez, sur ce, JB redit: "Bang bang bang, Nikita!" Et vive Lester, qu'il s'appelle Lanin ou Van Stock.

samedi 28 mai 2011

Who the f*** is Brigitte Bond?

Et JB, qui retourne son mange-disque électronique comme il le ferait du tiroir de sa table de chevet s'il en avait une — JB, donc, retombe sur ce morceau de 1964:


Il écoute ce Blue Beat Baby mi-swinging sixties, mi-early ska. Et il en fait profiter tous ses petits amis:



Et, réécoutant ça, JB trouve étrange la voix de cette mystérieuse Brigitte Bond. JB, qui entre-temps est devenu est un pet-cialiste des voix féminines jamaïcaines ne trouve aucune espèce de ressemblance avec le timbre en vogue, à l'époque, sur l'île des Caraïbes. Voire: il ne s'agit pas du tout d'une voix de femme noire, mais bien une voix de femme blanche. Et, non seulement ça, mais elle renferme une raucité qui n'est pas sans rappeler celle, dix ans avant, d'Amanda Lear. Étrange. Aussi, pour JB, la question qui et qu'il se posait lorsqu'il a découvert la chanson en novembre 2010 dernier se repose avec la même acuité:
Who the f*** was (is?) Brigitte Bond?

JB part à la pêche aux informations.

Le disque est bien répertorié dans tous les index et catalogues dignes de foi.
Tant chez tapir, où ladite Brigitte sort juste avant après Prince Buster:


Tant chez tapir, donc, que chez 45cat.com:


On apprend même qui étaient ces fameux Bluebeats (parfois aussi orthographiés  en deux mots, The Blue Beats), lesquels ont ainsi composé le morceau:


En parlant justement de bluebeat, le style musical et non plus la maison de disques. C'était quoi? Pour répondre à cette question, on va laisser chanter Derrick Morgan et Patsy Todd, dans leur morceau, également sorti en 1964, et intitulé The National Dance (tiens, ça fait d'ailleurs penser à JB que N lui avait demandé en décembre dernier de lui copier le morceau, ce qu'il n'a toujours pas fait — tsss…). Une chanson, nous indiquent les notes du CD duquel elle a été tirée, qui "was co-written by Millicent Patsy Todd". Et, évidemment, JB est aux anges. Mais la question: le bluebeat, c'est quoi? On écoute la réponse:



Donc, bluebeat et ska, c'est bonnet blanc et blanc bonnet, ce que confirme le duo:
Whether you call it Ska in Jamaica or Bluebeat in London town, let's all join together and do the national dance.


Toutefois, la question liminaire se pose toujours:
Who the f****** f*** is/was Brigitte Bond?

JB n'a pas été le premier à s'interroger, et d'autres avant lui se sont cassé les dents, ainsi qu'en témoigne un dénommé buzzboy67 sur toitube:


Or, toujours sur toitube, JB trouve cette information fracassante, oui, fracassantissime:


Hein?!?
Brigitte Bond serait une trans!?!
Une "strip-teaseuse maltaise"?!?
Naaan… !?!
Et le Thom en question, qui nous révèle cette information, précise: "I knew her so well" = "Je la connaissais tellement bien."
Naaan!!!
Elle ressemblerait même à ça:


Bon, la dédicace, là, en bas en gauche, ça compte pour du beurre, hein. JB se souvient par exemple parfaitement qu'il avait reçu une dédicace personnalisée de Michèle Torr, mais en fait c'était du bidon, c'étaient juste ses petits amis de l'époque qui lui avaient bricolé un faux mot. JB était fumasse, hein.

Bon. Brigitte Bond.
Brigitte Bond serait "une transsexuelle", qui plus est une "strip-teaseuse maltaise". Ouiii…
Or JB découvre une autre version:


Star(lette) de cinéma française en vrai ou en faux, il est en tout cas fort probable qu'elle ait vécu à Londres et non en Jamaïque. D'autant que roots archives ne la connaît pas. La compilation Mod Reggae de Trojan Records nous le confirme (et c'est JB qui souligne):

London's hippest musicians were also taking note, none more so than Georgie Fame who recorded with Prince Buster as well as releasing his own 'Rhythm and Blue Beat' EP. Graham Bond backed up Ernest Ranglin on an EP for Black Swan, whilst in 1964 Chris Farlowe released The Blue Beat on Decca under the guise of The Beazers. Blue Beat reciprocated the favour by releasing Blue Beat Baby by Brigitte Bond, although a rather tame affair, it contains the line "All the Mods wanna tap their feet". Mods and Ska had officially become partners and it's a relationship that lasts to this day, from Manchester's Hideaway R&B Club to Rude in Reading and a whole host of London club nights, such as Right On, Set The Tone, Coast To coast, Reggae Train, Reggae Shack and Steppin' Out, all helping to keep that link alive.

Toutefois, Trojan ne dit pas un mot sur Brigitte Bond, ne révèle rien sur l'identité réelle ou supposée de notre Chérie BB, reste muet sur ces initials B.B., comme Gainsbourg en parlera quatre ans plus tard, en 1968, à propos d'une autre femme dont JB n'écrira pas le nom complet au risque de se voir atteint d'un brusque accès d'aphtes & d'herpès conjugués.
Au final, et à défaut de réponse, force est de chanter avec Serge († RIP):

Die Mopsfamilie und die Vokuhila

Tja, liebe kleinen Freunde, manchmal ist das Leben genau wie der Anfang des Liedes von Merlene Webber, Hard Life:



Leider hat der JB weder die Mama noch den Papa in seiner Nähe, die ihm eine Antwort geben können. Stattdessen hat er seine lieben kleinen Freunde, den er alles erzählen kann und wird.

Es war nämlich so:
Der JB war mit der Mopsfamilie verabredet. Es wurde Marillenschnaps gierig getrunken und geplaudert und gelacht und geraucht.
Die Drei verbringen wie immer einen tollen Abend und verabschieden sich voneinander. Die Mospfamilie kehrt zurück nach Beauty Hill in einem republikfeindlichen dekadenten Mercedes, während der JB zurück zu seinem sozialistischen Palast in der Zone radelt mit Musik in den Ohren, und (falsch) voll lauter Stimme & Freude auf Joe Mansanos Life On Reggae Planet singt, und zwar:



Der JB ist also völlig guter sozialistischen & skinheadischen & arbeitslustigen Dinge, tritt seine Küche ein, vorbereitet sich Kaffee im alten Façon (d.h.: er muss kochendes Wasser regelmässig giessen — Kaffee schmeckt nämlich am besten so), hat vor die Restpfanne vom Mittag aufzuräumen (d.h.: Hähnchenkeulen mit Champignons und Spätzle, das alles im Weisswein gebraten — lekka!), nimmt den Restessen vom Kühlschrank aus (d.h.: die Restpfanne wollte ruhig und unbesehen mit dem Restessen kuscheln), wenn… wenn… wenn…
Wenn der JB, die Pfanne mit seiner linken Hand greifend, stosst mit seinem rechten Ellbogen auf das Kaffeedingsda, wo der Filter voller heissem Wasser & Kaffeepulver ist, dessen Inhalt… auf den Boden fällt. Oh neeeeeee…
Der JB hat nur Zeit nach hinten zu springen um nicht gebrannt zu werden, wenn… wenn… wenn…
Wenn der JB mit jetzt seinem linken Ellbogen auf das Restessen stosst, dessen Inhalt… in die Spüle fällt. Oh neeeeee…
Der JB fühlt sich nicht nur wie Merlene Webber, aber wie Calimero zugleich:
Die Welt ist so ungerecht.

Ja, die Welt und das Leben hinter ihr sind so ungerecht manchmal. Gerade jetzt, wenn der Abend so schön angefangen hatte.
Es war nämlich so, also:

Der JB war mit der Mopsfamilie verabredet. Es wurde Marillenschnaps gierig getrunken und über Sprachwissenschaft (what else?) geplaudert. Inwiefern? fragen laut und leise die lieben kleinen Freunde des JB, und sie haben Recht sich und den Anderen die Frage zu stellen.
Der JB lästerte nämlich über die Frisur einer gewissenen jüngeren Generation, die neulich keine andere schlechte gute Idee fand, eine Frisur aus den 80er Jahren nachzuäffen um sie wiederum auf ihren eigenen Schädel zu basteln. Das, wenn man alle diese Jahre Spass ohne Haare haben kann. Der JB meint das:


Dann entstand um den Tisch folgendes Gespräch.
Teil #2 der Mopsfamilie: Geht es um eine Vokuhila?
Teil #1 der Mopsfamilie (Teil #3 war zu Hause geblieben): Nee, Vokuhila bedeutet ja 'vorne kurz, hinten langs'. Hier ist es kurz um den Schädel und lang drauf.
Teil #2 der Mopsfamilie: Ja, danke, ich weiss, was eine Vokuhila ist.
Teil #1 der Mopsfamilie: Warum fragst du denn also?
Der JB: Das ist keine Vokuhila, das ist eine Rukuola.
Teil #1 & Teil #2 der Mopsfamilie: ??????
Der JB: Na: rundum kurz, oben lang. Rukuola. Also eine Ruccola-Frisur.


Aber moment mal, liebe kleine Freunde.
Sagt man die Vokuhila? Oder der Vokuhila?
Der JB verweiblicht "es", weil es eine Frisur heisst — aber sollte er "es" eigentlich vermännlichen, weil es der Haarschnitt ist???
Hmm… Gute Frage.
Was sagt der Duden dazu:


Also eindeutig die Vokuhila. Aber ARTE (der JB bittet seinen lieben kleinen Freunden: ARTE, hallo! A R T E!!!) war schon damals in Karambolage einer anderen Meinung. Denn:


Tja… Schwiiierig.
Der JB hasst diese Sprachenrätseln, die keine Lösung finden.
Also fragt er die Sprachwissenschaft.
Und, so überrumpelnd wie es sein mag, hat die Sprachwissenschaft eine Antwort parat. Eine gewisse Frau Dr. des. Agnes Jäger, bei der Uni Frankfurt am Main sagt:

Also ist Vokuhila ein Akronym, genauso wie Stasi für Staatssicherheit damals in der Zone stand oder FF, heutzutage in einigen Kreisen wo nichtverbale Kommunikation oft herrscht, für Faustficken steht — aber das ist eine andere Geschichte.
Bloss. Damit will der JB nur zeigen dass: würde man die Grammatik und die Linguistik mit ganz konkreten, bodenständigen Beispielen erklären, würden es weniger Fehler (sprich: der/die??? Vokuhila) gemacht.

Apropos bodenständige Beispiele und die Linguistik. Der Duden hat uns ja erklärt, dass Vokuhila "umgangssprachlich" ist. Ein gewissener Prof. Dr. habil. Norbert Fries bei der Lehrstuhl Syntax in der Humboldt-Universität zu Berlin vertieft diese unvermeidbare Realität, wo Worte wie Schwanz oder Vukuhila in den Lexemen und Syntagmas auftauchen:


Der Prof. Dr. habil. Norbert Fries bei der Lehrstuhl Syntax in der Humboldt-Universität zu Berlin vereinigt nämlich die Linguistik und die Soziologie, und betrachtet von daher die Jugendkultur von der… jenau: Soziolinguistik. Und welche Beispiele nimmt für sein Konzept der Unikonfirmität. Wieder jenau:


Der JB wundert sich, wenn es nicht die Frisur bezeichnen soll, was die/der Vokuhila überhaupt andeuten kann? Die Schamhaare? Näh, oder? Quatsch.
Aber moment mal. Jetzt haben wie sogar zwei Akronyme! Oj.
Keine Bange, liebe kleine Freunde, Wikipedia ist hier, um uns alllllles zu erklären:

Die Kombination des Vokuhila-Schnitts mit einem Schnurrbart führt zu einer Erweiterung des Begriffsspektrums. Man spricht in diesem Fall von Vokuhila-Oliba (wobei Oliba die Abkürzung für „Oberlippenbart“ darstellt) oder von Vokuhila-Mischna (wobei Mischna die Abkürzung für „mitSchnauzer“ ist). Während Oliba die in Deutschland verbreitete Bezeichnung ist, findet Mischna vorwiegend in Österreich Verwendung.

Aber jetzt haben die lieben kleinen Freunde des JB die Haare voll von diesen Begriffen und möchten gern ein Orgasmus bekommen beim Anschauen einer/s Vokuhila(s). Jawoll!
Hier, bitte schøn, die Wessiversion:


Und hier die Ossiversion, die die der JB am liebsten mag:


Denn, es sei so, wie die Uni-Leipzig uns auf ihrem Sprachportal es mitteilt, die/der Vokuhila sei sehr beliebt in der fussballistischen Welt gewesen. Und nicht nur das, sei sogar eine fussballistische und zeitliche Eigenschaft bei einigen Kickern:

Wort: Vokuhila-Frisur
Anzahl: 12
Häufigkeitsklasse: 18 (d.h. der ist ca. 2^18 mal häufiger als das gesuchte Wort)
Links zu anderen Wörtern:
Beispiel: 
Die Dänen sagen zu einer Vokuhila-Frisur in Anlehung an die unsäglichen Haartrachten der Fussballspieler in den Achtzigern: "Bundesligafrisur". (Quelle: spiegel.de vom 04.06.2005

Was übrigens das Online-Wörterbuch dict.cc uns auch bestätigt mit einem Synonym (nach dem Akronym, jetzt das Synonym):


Also mullet ist die Übersetzung der/der Vokuhila(s) auf englisch. Toll. Kann man bei nächstem Urlaub benutzen können/sollen/müssen/dürfen (und auf jeeeden Fall: dürfen!). Aber wie heisst es auf anderen Sprachen, wollen die kleinen lieben Freunde wissen??? Denn die sind genau wie der JB, sie urlaubieren nicht mehr in Amiland, wa? Wa!?! Sie fahren eher nach… zum Beispiel: Norwegen, mit ihrer hockeysveis:


Aber sie fahren nicht in den Iran. Oh nein. Das wollen wir nicht. Denn dort, erfährt der JB, sind nun Vokuhilas verboten. Seit letztes Jahr. Doch. Gugge mal, wie man so schøn auf sächsisch sagt:


Was macht dieser iranischer Herr?
Ja, er hat die neuen Vorschrifte der männlichen Frisuren und Haarschnitte bei einer Modeshow in Teheran präsentiert. Die englische Telegraph erzählt uns die ganze Geschichte:


Die Zeitung sagt nicht, ob eine skinheadische Frisur in Ordnung ist.

Auf jeden Fall. Seitdem wir in einem fussballistischen Kontext sind, nicht nur mit der Frisur, sondern auch mit dem Spiel sind… Denn bald fängt die Frauen-WM an, und der JB, zusammen mit der skankingen Band (mit Namen G & N), sich fast jedes Spiel anschauen wird — und der JB zeigt nur EIN Bild. Nur EIN:


Also, seitdem wir in einem fussballistischen Kontext sind, nicht nur mit der Frisur, sondern auch mit dem Spiel, können wir ALLE (der JB sagt ja: A L L E) so ein T-Shirt kaufen und täglich tragen (der JB sagt: T Ä G L I C H):


Ja, bei Publicwieving A L L E FC Vokuhila T-Shirts mit Mike Werner tragen.
Nun ja. Der JB merkt & spürt & fühlt, dass er der einzige so verkostümiert sein wird. Vielleicht wolen wir eher die Bob Marley-Version koofen, wa?


Na, G & N? Soll der JB für die skankige Band welche besorgen?
Doch, oder?

Denn, und der JB hat es hier auf dem tätowierten und rauchenden Blog schon mal gezeigt, Bob Marley liebte Fussball. Wie hier in Neuseeland:



Und, mit diesen tollen Bildern im Kopf, geht der JB seine Vokuhila-Kotelleten frisieren. Tschö-öh!

vendredi 27 mai 2011

Les miss antisociales

Et, cependant qu'il travaille au mot qui n'a pas forcément besoin d'être le plus long pourvu uniquement que le compte soit bon, JB retombe sur une chanson de France Gall. Fonçant dans son mange-disque électronique, il laisse son regard acéré se fixer sur cette chanson sortie en 1968:


Puisque, oui, les petits amis français de JB l'ignorent sûrement, mais la Gall a eu une carrière florissante de ce côté-ci du Rhin. Tous les Allemands, qu'ils soient de l'Est ou de l'Ouest, connaissent par cœur le refrain de A Banda (Zwei Apfelsinen Im Haar). Mais donc, en cette année 1968, elle chante aussi Hippie Hippie, qu'on écoute incontinent:



La même année 1968, de l'autre côté de l'Atlantique, complété par un groupe répondant au nom idoine The Hippies, Austin Faithful préfère des tonalités moins psychédéliques, c'est-à-dire complètement rocksteady, mais nous chante un Miss Anti-Social tout aussi antiautoritaire que JB a forcément immédiatement adoré quand il l'a découvert il y a quelques mois. Enjoy!



Mais cette boucle ne saurait être parfaitement bouclée sans un retour à l'envoyeur, c'est à-dire la Rance, voire un retour dans l'envoyeur, c'est-à-dire tout autant la Rance même si c'en en est une autre, avec Antisocial de Trust, qui a bercé la prime jeunesse de JB. Et, trente ans après, JB, qui est lui aussi une "miss anti-social", trouve toujours impeccable l'antiautoritarisme prôné par Bernie Bonvoisin contre la Rance alors dirigée par Végéheu. On écoute:



Et déjà, dans sa chambre d'enfant, JB trouvait que Bernie Bonvoisin avait des appas fort prometteurs, eu égard à la mouleboulitude de son pantalon stretch simili-cuir, dont JB ne résiste pas à exhiber les talents pas si cachés (que la capture d'écran ci-dessous ne révèle cependant pas comme elle le devrait):


Ceci dit, à trente ans d'écart, JB est nettement plus enclin à succomber à la version contemporaine, en dépit du paillasson de poils:


Sur ce, babaille, hein.

mardi 24 mai 2011

"reminiscing all the things"

Et, samedi soir dernier au nighter, M mettait ce morceau qui a fait bondir JB comme un diablotin de sa boîte et se précipiter sur le mitan de la piste.

[Oui, autrefois, on employait le mot mitan pour signifier le milieu, un terme toujours usité dans le patois de la région natale de JB. Quant à l'origine du substantif qu'on écrit également mitant, on assiste toujours à un crêpage de chignons chez les linguistes — et JB ne va s'appesantir là-dessus, il renverra à la looongue explication du TLF et indiquera simplement cette précision du Robert historique de la langue française:
Mitan s'est superposé à milieu entre le XVe et, surtout, le XVIe siècle; puis il a reculé au profit de celui-ci, auquel il fournit un équivalent, dans le sens argotique de “pègre” (1924).
Et, ce cherchant, JB découvre que le Godefroy, un des dictionnaires du moyen français, donne un mitantier pour désigner notamment ce que nous qualifions aujourd'hui d'index, donc le troisième doigt = le doigt du milieu:


Si l'adjectif se rapporte avant tout à ce qui se situe dans le milieu, dans le centre, il n'empêche: le mot est savoureux. Évidemment, JB adore ce mot qu'il s'empresse dès maintenant de remettre au goût du jour et va employer dans chaque conversation.
Exemples:
• Marie-Bernadette a brandi son mitantier sous le nez de Jean-Roger en lui envoyant un "Fuck!" rageur à la figure.
• Brenda, juste après sa séance de nail art, est revenue furax chez la manucure en s'écriant: "Je me suis cassé l'ongle du mitantier en rajustant la bride de ma purse."
• Josy a eu beau appuyer sur le bouton mitantier de sa yaourtière, cette dernière ne s'est pas mise en route.
• Jacky, évoluant désormais dans les parties la partie mitantière du terrain au sein du club de foot de Sainte-Verge (79), a envoyé une patate dans les goals de Patrice.
• Pour moderniser un MODEM en chute libre, François B. a rebaptisé son parti le PRM: Parti Rassembleur Mitantier. À ce jour, aucune nouvelle adhésion au PRM n'a été enregistrée.

Intrigué et séduit, JB va faire une mini-recherche, mais archiprécise quand même, qui lui montre deux choses:
Primo, il y a très peu d'occurrences tant dans gougueule livres que dans la base Gallica de la BNF de l'adjectif mitantier — en revanche, le terme est très répandu, JB l'apprend comme ses petits amis, en tant que patronyme (que nom de famille, quoi).
Secundo, il trouve tout de même une occurrence qui a l'avantage de montrer l'étendue des disputes étymologiques:


Au final, JB se pose une question ontologique:
Peut-il être une militante (en un ou en deux mots) du mitant?
Voire, dans l'absolu:
Peut-on être un militant mitantier?]


Enfin bref.
JB se précipite donc, au nighter, danser sur le morceau que M vient de mettre et qui est celui-ci:



Du coup, il se reprécipite, cette fois pour demander à M de qui il s'agit. S'ensuit cette conversation décoiffante:
JB: C'est qui?
M: John Holt.
JB: John Holt?
M: Eh ouais.
JB: Jamais j'aurais pensé à lui.
M: Ben si.
JB: Ben dis donc…
M: Beh ouais.
JB: Ça alors…

Bon.


JB doit expliquer à ses petits amis que, un beau matin il y a environ quinze jours, il s'est réveillé cette phrase du refrain qui tournait en boucle dans sa tête compliquée: "While you're there."
Il a eu beau sonder et fouiller et scanner son mange-disque électronique, il n'a rien trouvé. Ça l'a occupé comme ça pendant deux jours. Hystéro comme il est, il en aurait pleuré. Il a même failli envoyer un pneu vocal à N pour lui demander conseil. Mais il aurait eu l'air malin en entonnant dans le bigo cette phrase, lui qui chante comme une casserole.
Or voilà que, samedi dernier, M met fait aux turpitudes JBesques. Quel bonheur au quotidien!

Et, aujourd'hui, traversant deux ponts berlinois juché sur son vélocipède, JB écoutait en boucle Tonight en étant fasciné par les paroles du refrain:

Tonight, while you're there
You'll remember all the things that I taught you to do
You will there by yourself
Reminiscing all the things that I taught you to do

JB se délectait de l'emploi de ce verbe, to reminisce, qui équivaut à notre se remémorer français mais qu'on retrouve dans le substantif réminiscence. JB trouvait judicieuse cette opposition entre le remember et le reminisce tandis que le recollect (autre synonyme) a été évincé. Pour un travailleur du mot (JB emploie ce syntagme volontairement, en pensant avec un sourire amusé à la locution moderne travailleur/euse du sexe) — donc, pour un travailleur du mot tel que lui, cette distinction était une petite perle.
JB trouvait magnifique cette image ambiguë du there dont on peut se demander quel endroit l'adverbe désigne, à savoir se demander où se trouve exactement la personne à qui s'adresse John Holt: chez quelqu'un d'autre? dans les bras d'un(e) autre? En faisant quoi? Et puis elles correspondent à quoi, ces things, ces choses, qu'il lui a apprises à faire (= taught you to do)?
Ceci dit, rapport aux travailleurs/euses du sexe, JB ne va pas faire un dessin à ses petits amis, il les considère suffisamment grand pour comprendre de quoi il est question en fin de compte. Au lieu de quoi, il va laisser Jo-Ann Greene du site allmusic.com parler de la chanson:

Song Review

by Jo-Ann Greene
John Holt launched his solo career in 1968, whilst still remaining a member of the Paragons. "Tonight" was one of the first solo singles he recorded and was cut for Bunny Lee. The producer worked hard to make the song a standout, marrying an emotive ballad to a percolating reggae rhythm. That was par for the course at the time, what made the single a bit more unique was having the organist keep time with a robust riff, and then having him toss a lushly layered AOR hook on top. This wasn't the first single to weigh down an arrangement with these extravagances, and by the early '70s, huge swathes of the Jamaican scene were giving way to these U.S./U.K. influences. However, in their day, they worked a charm, the domestic crowds lapped it up, and it was equally successful in Britain. "Tonight" did well, and thus encouraged Holt toward ever greater emulation of AOR pop fodder.

Et JB adore la pochette du second disque de John Holt sorti en 1971, donc après le succès de Tonght, et intitulé Holt. Il adore le regard du chanteur qui lui donne l'air d'une méchante brute à deux doigts de fondre en larmes:


Toujours est-il que, s'il n'avait pas la version de John Holt dans son mange-disque électronique, JB avait celle de Ken Lazarus, sur laquelle on se quitte en l'écoutant plus bas.



dimanche 22 mai 2011

Das fehlende S und Jerry Hitler: ein Rätsel

Und der JB wacht mit einem llleichten Kopfschmerzen auf. Dadraussen tanzen Pappelschneeflocken während eine ruhigmachende Stille liegt auf der Stadt; der Himmel ist weissbewölkt und die Luft schwül wie ein Vorzeichen eines kommenden Regens. Ein katerloser aber kopfschmerzenvoller JB wacht also auf mit Cynthia Richards im Gehirn:



Wieso kommt der JB auf dieses Lied?
Tja, liebe kleine Freunde, das ist eine lange Geschichte. Aber vorher:

G und der JB redeten gestern über Substantive auf -el (ja, solche Gespräche (also Conversation wie das von Cynthia Richards) haben die Beiden). Denn lexikografisch-kulinarisch ist der JB immer verzweifelt und am Rand des Samenbruchs, øøøh, pardon… Des Zusammenbruchs.
Nicht nur heisst es der Spargel und die Semmel, aber auch der Schnitzel, die Brezel (und der JB erfährt gerade fassungslos, dass brezel auf bretonisch Krieg bedeutet), der Apfel, usw. — aber im Plural wird es die Spargel, die Semmeln, die Schnitzel, die Brezeln, die Äpfel. Und für einen JB, der nicht nur kulinarisch aber auch lexikografisch vorbildlich sein möchte, ist das alles ein Ekel (m.), eine Fabel (f.) und ein Rätsel (n.) zugleich. Naja. Inszwischen weiss er genauen Bescheid, aber darüber kommt er in ein Paar Tage zurück.

Also führten G und der JB dieses linguistisches Gespräch und nachher fuhren sie zum Nighter. Aber die Linguistik und die Rechtsschreibung wollten den JB (wie immer) nicht verlassen. Denn, plötzlich, umme Ecke und um die Ecke (von zwei Strassen) stand da vor JBs Augen eine Bar, deren Name falsch geschrieben wurde. Der JB hat sofort zwei Dioptrien verloren und wollte sich an den Besitzer beschweren. Der JB wollte nämlich zu ihm gehen und sagen, dass er eine Buchstabe vergessen hatte. Das S, nämlich. Es war tatsächlich so, dass die Bar Anu heisst. Und jene(r), die/der die deutsche Sprache nur ein kleines Bisschen herrscht, weiss dass hier ein S schandenvoll fehlt. Der JB schrie zu G seine tiefe Beleidigung, aber G ignorierte diese Beschwerden und radelte sorgenlos weiter. Tsss…

Dann im Nighter war der JB mit einem lieben kleinen Freund in einem nichtkulinarischen und nichtlexikograpfischen Gespräch vertieft, als er plötzlich die Musik erkannte. Er entschuldigte sich (wie immer) höflich, teilte mit dass er unbedingt tanzen sollte, was er auch tat, aber dann rannte er zu M, der gerade das Lied aufgelegt hatte und fragte: "Ist das nicht Cynthia Richards?" Und ein strahlender M antwortete: "Richtig!!!" Der JB fühlte sich a bisserl wie der Schüler in der 4. Klasse, der seinem Lehrer die richtige Antwort gibt, also dachte er kurz danach über sich: "Oh je…"


Also ist heute heute, also Sonntag, und der JB wacht mit Conversation von Cynthia Richards im Kopf auf. Er sucht dann weitere Lieder von ihr, die er nicht hat wenn… ex nihilo, auf einem Sampler, wo ein von ihren Stücken auftaucht, kann der JB folgenden Sänger mit folgendem Lied lesen:


Hä?
Jerry Hitler?!?
Das kann doch nicht wahr sein…
Aber doch:


Und hier ist das Stück:



Und, unten dem Video, als Kommentar:


Stümmt. Währie strändsch!
Der JB geht sofort forschen und findet schnell heraus, dass er nicht der Erste ist, der sprachlos wurde. Denn, im Forum der stets informationsreichen roots archives-Seite steht es:


Wie bitte was?
Jah Hitler?!?
Näh!?!
Doch.
Selbst ein sogenannter Jah Glu muss lachen…


Nun ja. Jah Glu(e) ist vielleicht ein bisschen besser als Jah Hitler, aber immerhin.
Jedenfalls ist also Jerry Hitler, oder Jah Hitler, Gregory Isaacs (der übrigens letztes Jahr gestorben ist, wie der JB es berichten konnte). Tatsächlich. Die untenstehenden Erklärungen folgen:



Aber zurück zu Cynthia Richards.
Denn der JB entdeckt dieses Lied von ihr:



Der JB öffnet seine Ohren ganz, und… aber… Es erkennt doch was in dem Lied. In dem Gesang, der Melodie. Hm… Grübelgrübelgrübel. Lass uns ein Teil genau anhören:



Aber, doch! schreit der JB in seinem sozialistischen Palast. Ist doch der Musiksatz von Oh, Happy Day! Und es stimmt:



Der JB ist schon taub von dem einen Ohr geworden, weil er hier auf dem tätowierten und rauchenden (und antiklerikalen & antireligiösen) Blog gottlobenden Musik spielen muss. Von daher wird er KEINESFALLS das ganze Lied von Edwin Hawkins Singers hören lassen. Was aber stimmt. Die gottilluminierten "Sänger" haben ihren Gospel in 1969 aufgenommen, und die gute Cynthia ihr I'm Movin On in 1971. Vielleicht hat sie sich von dem Gott(igitt)lied inspirieren lassen? Ein Jahr später hat sie nämlich Aily I herausgegeben, das auch ein Gott(igitt)lied ist. Du, Cynthia, det jeht jaaar nüsch!

Der JB grübelt aber immer noch. Wenn seine lieben kleinen Freunde sich bitte schön wieder den Musikteil von dem Gott(igitt)lied der Sänger genau anhören, werden sie erfahren, dass sie "When Jesus washed" sagen. Von daher fragt sich der JB in petto:
Ach so? Jesus hat also seine bzw. die Wäsche gemacht? Steht es in der Bibel? Das hat mir niemals mal erzählt. Naja, warum sollte Jesus nicht wie jeder sein (was er laut der Fabel auch ist) und auch, zum Beispiel, seine Wäsche machen, gestrickt und gehäckelt (was er sowieso mit seinen Wollenklamotten gemacht hat (aber hat er sich genau wie der JB sich Schlüpper mit Domestoswolle gestrickt???)). Aber eins ist sicher: er war nicht unter der Haube um sich eine tolle Dauerwelle zu konfektionieren.
Ach… Sollte ich nun die endlich mal lesen??? Oh nee, oder? Nein. Nach Jah Hitler reicht es erstmal. Nicht Jesus nach Jah Hitler, bütte.

Und nach diesen tollen Nachrichten, liebe kleine Freunde, geht der JB seine sozialistischen & skinheadischen & atheistischen Koteletten frisieren. Tschö-öh!