jeudi 18 décembre 2008

Ikke mye skriving for tida

© icke

jobbe – sove – drømme – skrive ned drømmene – jobbe – og dette ad libitum, men uten reise, jeg vil ikke reise mer

samedi 15 novembre 2008

Leningrad am Skamstag

Heute ist Samstag und Samstag ist auch Skamstag.
Und heute S(k)amstag gibt es auch den Nighter in der Völkerfreundschaft… Geil!
Après la Norvège, la Turquie, la Jamaïque bien sûr, nous partons ce soir… en Russie, avec le groupe Leningrad.
Leningrad est intéressant à maints égards. D'une part parce qu'il représente un sous-genre dans le ska, à savoir le fameux "balkan-ska" (ce qui, nous sommes tous d'accord, ne veut pas dire grand-chose pour un groupe russe) en ce qu'il emprunte au folklore slave (ce serait plus juste) certains accords de ses mélodies. Un peu comme le post-punk français des années 80 allaient glaner du côté des années 30, chez Fréhel et Damia.
Le second point intéressant avec Leningrad c'est que le groupe est a priori interdit en Russie car les paroles seraient trop ordurières. J'ai récemment demandé à une collègue russe de me rapporter le cédé avec ce morceau. Il faut s'imaginer Elena, très chic, très universitaire, qui va dans les boutiques russes, demande Leningrad et n'obtient que des éclats de rire moqueurs. Jusqu'à ce qu'un vendeur lui explique le tant et les aboutissants et… lui brûle une copie pirate. Donc, merci Elena et désolé pour ces situations gênantes.
On peut toutefois se demander si l'interdiction qui pèse sur Leningrad ne s'explique pas non plus par le propos de la chanson. À voir la vidéo, on peut se dire que le brûlot anti-dictatorial n'a sans doute pas plu dans certains cénacles russes.
Ceci dit, si une bonne âme pouvait me dire de quoi parle le morceau, je lui en serais éminemment redevable.
Rubbzzz!

mercredi 12 novembre 2008

Le bonheur

Comment représenter le bonheur puisque dire "je suis heureux" semble si galvaudé? Alors j'ai pensé aux images du bonheur et aussitôt me sont revenues en mémoire les photos de Wolfgang Tillmans. Quand j'ai vu l'été dernier (à deux reprises) son exposition, ce qui m'a frappé, c'était cette sensation immédiate de bien-être avec laquelle on ressortait du musée, cette volonté de faire le bien (comme dirait Trude Marstein – et j'ai tellement hâte de la traduire), de procurer du plaisir et du désir chez l'autre. Alors voilà, cette image de Wolfgang Tillmans pour dire à quel point je suis heureux.

Wie soll(te) man das Glück darstellen, seitdem "ich bin glücklich" heutzutage zu sagen, scheint so entwürdigt? Dann ich zuletzt an Glücksbilder gedacht und sofort kamen zu meinem Gedächtnis Wolfgang Tillmans' Bilder. Als ich im letzten Sommer seine Austellung (zweimal) gesehen habe, wurde ich verblüfft von diesem unmittelbaren Wohlseinsgefühl, das man nachher hatte; dieser Wille um das Gute zu machen (wie Trude Marstein es äussert – und ich freue mich so viel daruaf, sie zu übersetzen), bei den Anderen Begehren und Vergnügen zu schaffen. Daher dieses Bild von Wolgang Tillmans, um gerade zu sagen wie ich mich glücklich fühle.

Hvordan skal/kan man framstille lykke, når det å si "jeg er lykkelig" høres så brukt og misbrukt ut? Da tenkte jeg på lykkesbilder og så kom med en eneste gang tilbake i min hukommelse Wolfgang Tillmans sine fotografier. Da jeg så (to ganger) utstillingen hans sist om sommeren, det som forbauset meg var i hvilken grad man kom ut av museet med en umiddelbar følelse av lykke, med en vilje om å gjøre godt (som Trude Marstein sier – og jeg gleder meg så mye til å oversette henne), om å gi de andre både begjær og glede og fornøyelse. Derfor dette bildet av Wolfgang Tillmans, bare for å si hvor lykkelig jeg er.

© Wolfgang Tillmans

mardi 11 novembre 2008

Mackie Messer

Når jeg sitter og oversetter, skjer det ikke så aldri sjelden at jeg lytter på musikk. Ofte Ravel, som jeg skrev før. Og akkurat nå lytter på Lotte Lenja. Jeg elsker Lotte Lenja, den kornete stemmen hennes, det ufilmiske ansiktet hennes, det kaotiske livet hennes.
Og akkurat nå hører jeg på Mackie Messer. Jeg har mange versjoner av sangen. Har akkurat telt: 38. Og kanskje er det noen jeg glemmer. Men jeg ville gjerne vise dem jeg foretrekker.
Først og fremst den av Lotte Lenja, en av favorittene mine, også pga. musikken:



Mindre kjent er denne versjonen, hvor Bertolt Brecht SELV synger! Her, hør hvordan han ruller R-ene:



Hildegard Knef har også vært en veldig god vokalist av Brecht/Weill-låtene. Hennes veldig jazzy måte å synge dem på var storartet. Det finnes en live-versjonen av Mackie Messer, hvor hun bare ler hele tiden, mye mer enn i versjonen herunder. Her er hun fremdeles veldig ung, ikke "verkokst" som man sier på tysk, altså kokset, selv om hun åpner store øyne.



Mange år senere finnes det, så klart, versjonen av Nick Cave. Ikke bare musikalsk er den sorartet, men stemmen hans passer så akkurat til sangen. Versjonen er såpass ny at, etter at Lotte Lenja (som i mellomtida er blitt Lotte Lenya i USA) har sunget det i en jazzversjon sammen med Louis Armstrong i 1957, er det bare den jazzy versjonen som er blitt tatt opp og opp igjen. Så her det australer:



De som ikke er med og som burde vært med:
Marianne Faithfull, Pascal Comelade, Ella Fitzgerald (der finnes versjoner av henne på youtube, men da synger hun altfort fort!)
De som ikke i hvert fall ikke blir med i det hele tatt:
Ute Lemper (næææiiiiiiii!!!)

lundi 10 novembre 2008

Et pendant ce temps, dans la Rance…

Et pendant qu'à Oslo on peut visiter depuis ce week-end une exposition en plein air sur l'homosexualité, où sont exposées les photos d'enfants de personnes aujourd'hui adultes et homosexuelles, connues ou peu connues, où donc on voit ces enfants comme n'importe quel bambin, pendant ce temps, dans la Rance, ou dans la Frangst, c'est comme on voudra, Gérard Longuet sévit au Sénat. Ou plutôt : a sévi au Sénat. Gérard Longuet, souvenons-nous, a fait ses premières armes politiques dans le groupe Occident, la mouvance d'extrême-droite, ce qui a poussé notre actuel sénateur à rédiger, en 1972, le programme économique du Front National. Mais passons. Nous passons également sur les mises en examen pour lesquelles Gérard Longuet a ensuite été relaxé. Mais nous ne passons pas sur les propos qu'il a tenus cet été, au Sénat, lorsqu'il auditionne, en son titre de Rapporteur spécial de la Commission spéciale des Finances du Sénat, le ministre de l'Éducation Nationale. L'information est révélée aujourd'hui dans le blog d'Alain Piriou qui lui-même le tient de l'association Couleurs gaies. Voyez plutôt, ce que notre sénateur pense de l'homophobie. Si ce n'était la réaction pour le moins gênée de Xavier Darcos, on pourrait presque en rire, puisque Gérard Longuet va juqu'à rire de ses propres billevesées.



Alors, pourquoi associer cela à Oslo?
Dans le reportage de Kulturnytt (que j'égratignais pas plus trad que cette nuit sur autre chose), on voit que cette exposition photo se couple d'un ouvrage destiné aux enseignants afin de pouvoir aborder la question de l'homosexualité à l'école. Comme le rapporte notre cheeer miniiiistre à notre pas cher du tout sénateur, le taux de suicide chez les enfants et adolescents homosexuels est alarmant. La personne qui se trouve derrière le projet norvégien, l'impeccable Bera Ulstein Moseng, a montré à maintes et maintes reprises, dans toutes ses études, à quel point les adolescents homosexuels sont sujets non seulement à la violence tant physique que verbale, mais aussi au suicide. Dans son étude de 2002 sur les jeunes de 14 à 18 ans vivant à Oslo, elle avait confirmé les chiffres que tous les pays rapportent: 25% des jeunes homosexuels ont clairement pensé au suicide. En 2006, elle décide de voir quels sont ces chiffres chez les adolescents de 12 à 14 ans. Même méthodologie: elle interviewe quelque 4200 garçons et autant de filles. Sur ces chiffres, environ 160 personnes se déclarent respectivement lesbienne/bisexuelle, et autant gay/bisexuel. Et ces chiffres font froid dans le dos.
Alors que 8 jeunes filles hétérosexuelles sur 4360 ont pensé à mettre fin à leurs jours, 31 sur 161 jeunes filles homosexuelles (de 12 à 14 ans!) y ont pensé, soit 19%. Chez les garçons, idem: 5 garçons hétérosexuels sur 4327 y ont pensé, alors que 44 garçons homosexuels sur 167 y ont clairement songé, soit 26%.
Et ce n'est pas tout. Voyons les consommations de drogue. Je répète, nous sommes chez des enfants qui ont entre 12 et 14 ans. Le questionnaire leur demande quelles drogues ils ont consommé (à savoir : haschich/marijuana, cachets/médicaments, ecstasy, LSD, héroïne, amphétamines, cocaïne). À la question, "Comment de fois dans les 12 derniers mois as-tu consommé les drogues suivantes", si on regarde à la réponse "plus de 50 fois", on voit par exemple que, rien que pour le haschich, on est à 0,6 chez les filles hétérosexuelles alors qu'on est à 3,7 chez les filles homosexuelles, qu'on est à 1,5 chez les garçons hétérosexuels alors qu'on est à 7,1 chez les garçons homosexuels. Ces chiffres sont à peu de choses près identiques pour TOUTES les drogues.
Qu'est-ce que ça veut dire? Que le manque de confiance en eux qu'éprouvent les jeunes homosexuels les poussent 1) à consommer de la drogue donc à mettre leur santé en danger, 2) à songer au suicide. Nous sommes à l'époque en 2006! En 2006! Dans une capitale! Alors que ce pays s'est doté de tout un arsenal de lois assurant aux homosexuels une protection, des droits. Alors que nous avons des personnes publiques qui ne cachent pas/plus leur homosexualité, alors que l'homosexualité est présente notamment à la télévision, à travers des personnages notamment positifs qui tous peuvent représenter une identification pour ces jeunes. Ces jeunes, j'insiste décidément, ONT ENTRE 12 ET 14 ANS!!! Ils ont entre 12 et 14 ans et environ 22% d'entre eux songent déjà à mettre fin à leurs jours.
Et pendant ce temps Gérard Longuet s'interroge: "Où commence et où s'arrête l'homophobie?" Où? On a presque envie de lui répondre: Mais dans un cercueil en sapin, coco, avec le jeune de 13 ans dedans, qui s'est suicidé à cause de l'homophobie. Et non seulement ça, mais Gérard Longuet va même jusqu'à s'interroger pour savoir si la lutte conte la pédophilie à l'école n'est pas contradictoire avec un exposé des nouvelles formes de sexualité dans cette même école. Et en plus ça le fait rire! Fy faen!

[Senere en oversettelse av dette på norsk…]