samedi 3 janvier 2009

The Paragons am Skamstag

Heute ist Samstag und Samstag ist… ja! prima… Skamstag!
Tout à l'heure je me suis réveillé avec ce morceau des Paragons dans la tête. Pourquoi? Parce qu'ils l'ont joué hier soir au nighter du Tommyhaus? Je veux croire, et tant pis si je m'illusionne, que le morceau est plutôt sorti de mon inconscient, comme une espèce de ponctuation tant à la soirée d'hier qu'au désir aussi profond, et jouissif au demeurant, d'être ensemble, de boire des bières, d'écouter de la musique et de danser – ce qui, donc, est le sujet de cette chanson et que nous faisons à ces nighter. D'ailleurs, le moment en est presque émouvant lorsque John Holt chante crescendo et répète "And we dance"; là, tous les skinheads sur la piste se mettent à chanter avec un sourire extatique imprimé sur leur visage, plein d'une joie collective de partager un moment qui s'apparente à du pur bonheur. Il y a là, d'ailleurs, l'essence même du succès des dance halls, des discothèques et des clubs (selon la musique que l'on écoute): non seulement la danse et l'ivresse, mais ce plaisir éprouvé individuellement lorsque collectivement on apprécie un morceau de musique, ce partage mutuel où chaque est quasiment au même niveau dans le ressenti. Se forme alors une communauté (dans les deux sens du terme: c'est-à-dire à la fois une collectivité mais aussi une communauté d'esprit, et une communauté de sensations, oserais-je dire) qui nous donne l'impression d'accéder à une part de bonheur. Histoire de relier tout ça à la nouvelle année et aux vœux, que souhaiter de mieux?

Dans ce morceau datant de 1967, dans le pur style rocksteady, un morceau du reste devenu culte, ein Ohrwurm comme disent les Allemands (= un ver auditif), la question est de savoir ce que John Holt dit: "'One more box of _______.' says the man to the bartender." But of what??? Tout le monde sait qu'il s'agit de bière, mais de quelle bière? Certains prétendent qu'il dit Happs, d'autres qu'il dit Hops, d'autres encore qu'il dit Asps. Et chacun d'assurer que, si si, il le tient d'un ami Jamaïcain, le mot faisant référence à une bière vendue à l'époque sur l'île.
Quoi qu'il en soit, nous pouvons tous chanter puis hurler en chœur, tout en dansant ensemble: "Then we'll dance, dance, dance, daaaaaaance!"

Rubbzzz!

vendredi 2 janvier 2009

2009 (2)

Und jetzt die Neujahrwünsche auf deutsch.
Wenn nur EIN Film für mich zählen müsste, dann wäre es Der Himmel über Berlin, den ich schon vielleicht… pff… 6? 8? Male gesehen habe. Das Problem ist aber, dass ich schon nach der zweiten Minute anfange zu weinen. Warum, weiss ich nicht. Auch nicht weiss ich, was es ist, aber es gibt was in diesem Film, das meine Emigrierung nach Berlin erklärt.

In diesem Ausschnitt gibt es zwei von meinen Lieblingsmomenten:
1) Der Anfang (der eigentlich hier beginnt) enthält ein Zitat, das ich mir im Rücken tätowieren lassen habe, nämlich wenn Marion über Berlin redet. Denn, genau wie Marion, bin ich in Berlin nie verloren, alles ist mir bekannt. Als hätte ich hier in Berlin als Baby oder kleines Kind gelebt und sehr schnell davon weg wäre und alles vergessen hätte, was ich hier gelebt habe, aber trotzdem eine beinahe physische Erinnerung von der Stadt hätte. Ofte fühle es sich so. Hier ist die Tätowierung:

2) Die Szene mit dem Unfall, die um 3'58 anfängt, und besonders wenn er sagt "die alten Häuser Charlottenburgs". Da heule ich immer. Und hier auch gibt es vielleicht die Erklärung, die ich gerade oben nannte. Ich wüsste aber nicht, was es bedeutet. Das Bild davon habe ich sogar benutzt in meinem Profil auf Gayporneo. Hier ist es auch, kopiert von dem französischen DVD:



Und jetzt der Ausschnitt:


PS: L'information a été silencieuse – peut-être comme elle, comme la fin de sa carrière, mais Solveig Dommartin est décédée en janvier 2007, à l'âge de 45 ans seulement. Je me souviens que j'ai été très triste en lisant la notice de la taille d'un timbre poste dans Libération. Peut-être Solveig Dommartin n'aura-t-elle été que l'actrice d'un seul film, peut-être.

jeudi 1 janvier 2009

2009

Puisque cette année le discours de Sa Majesté Harald V, le Roi de Norvège, n'a pas permis d'en extraire une citation en guise de vœux personnels, et puisque j'ai parlé avant-hier d'Angela, 15 ans, je me suis dit que peut-être justement cette série, qui contient à peu près tout ce dont on besoin de savoir pour survivre dans cette vie, pouvait faire office de vœux pour cette année 2009.
L'extrait ci-dessous nous montre aussi deux ou trois états de l'existence auxquels on n'échappe sans doute pas: la solitude fondamentale, le plaisir non partagé, l'impossibilité parfois de partager un sentiment – ce qui est une autre manifestation de cette solitude fondamentale. Il nous montre surtout deux ou trois qualités importantes auxquelles il faudrait toujours pouvoir se tenir: la droiture, l'insoumission, le désir, l'espérance. Et puis il y a cette réplique devenue culte, lorsque Angela explique au policier sa vision du Journal d'Anne Frank, quand elle dit: "She was hiding. But in this other way she wasn't. She like… stopped hiding. She was free!"

mardi 30 décembre 2008

Ugler – elles chouettent

Reçus ce matin au courrier, les deux tomes de Ugler, une série de bandes dessinées composées par… ta-da… mystère, j'y reviens…, et publiées chez Jippi Forlag, l'éditeur de l'impeccable Hitler, Jesus og farfar (= Hitler, Jésus et grand-père), mais aussi l'éditeur de Jason, que nous connaissons bien en France.

En deux fois 36 pages, ce qui est certes un peu court – d'autant plus qu'on dévore la BD, donc on reste un peu sur sa faim –, le lecteur suit les déboires amoureux de Line. Le point de vue est le sien, ce qui n'est pas sans importance, on verra pourquoi. Line voit souvent sa voisine et meilleure copine, Vicky. Un soir, Vicky embrasse Line sur la bouche, puis lui défait le pantalon ; et ce passage est admirablement traité : la planche constituée de trois dessins montre dans les deux premiers deux mains (celles de Vicky) déboutonner un pantalon, puis, dans le troisième dessin qui occupe les 3/4 de la page, un gros plan sur le visage de Line, radieux. Les deux jeunes filles, puisqu'elles sont en CM2, tombent amoureuses. Elles vont à la piscine ensemble, elles passent leurs après-midi ensemble, elles se couchent ensemble dans les feuilles mortes en se tenant la main. Les choses se précipitent et Vicky demande à Line si elle veut devenir sa petite copine, son amoureuse. Et un jour Line téléphone à Vicky et lui dit:
"Je t'aime, Vicky." Sa mère était derrière elle et elle dit simplement: "Line, on mange." C'est le grand talent de ce tome 1: celui de proposer de multiples dessins sans bulle, sans explication, de se concentrer uniquement sur les personnages, leurs réactions, sur le dessin. Et ces réactions sont d'autant plus surprenantes que les personnages sont dessinés sans yeux. Ou plutôt: les yeux ont un contour, mais pas de globe oculaire, pas de pupille, pas d'iris, rien. Deux trous vides qui donnent à cette histoire un aspect fantomatique et à la fois, et c'est contradictoire, un aspect universel. Line, c'est vous et moi.
La suite de l'histoire est triste. Vicky montre un jour à Line la cabane secrète qu'elle avait construite avec Annett, son ancienne petite copine. Là, la machine à fantasme s'active dans la tête de Line qui ne pense plus qu'à Vicky et Annett, toutes deux ensemble, sans elle. Et le lecteur se dit que Line est idiote. Oui, après tout, pourquoi Vicky n'aurait-elle pas eu d'autres petites copines avant elle? Sauf que. Line et Vicky vont à Oslo et se font siffler par les garçons. Line n'est pas dupe: elle voit bien que Vicky biche. Alors elle lui prend la main, et Vicky lui répond, avec ce ton assassin:
"Pourquoi tu dois toujours me prendre la main chaque fois qu'un garçon me regarde?!" Et si Line ne s'était pas trompée? Pour preuve, le soir même, rentrées chez elles (elles habitent l'une en face de l'autre), Vicky ne joue pas avec l'interrupteur de la lumière (leur rituel) pour lui dire au revoir. Et puisqu'il est question d'adieux, Vicky annonce le lendemain qu'ils vont déménager. Une histoire d'amour s'achève. Les deux dernières sont un "épilogue". On se doute que cela a lieu des années plus tard. Line et Vicky se retrouve. Les deux derniers dessins sont l'utime coup de couteau pour Line. Vicky: "Ça fait longtemps, dis donc (…) Tiens, je veux te présenter mon copain. Amund, je te présente Line. (…) Ça ne te dérange pas, Line, qu'il vienne avec nous au cinéma?" Il est rare de lire une histoire aussi juste dans son ton, dans son propos, sur l'amour homosexuel chez les adolescents. Car il y a toutes les phases de l'amour, homo ou hétéro d'ailleurs, dans ce récit. Il y a la découverte de l'autre et du corps, l'initiation sexuelle, la relation amoureuse, le doute, puis la séparation. Toutefois, la dimension homosexuelle est ici essentielle. Et là encore elle est admirablement traitée. A priori, c'est Vicky la lesbienne des deux: elle a déjà eu une petite copine, c'est elle qui drague Line. Et c'est Line qui deviendra accro à Vicky alors que, pour Vicky, ce sera juste un passage, puis elle choisira les garçons – ce qui, à l'adolescence existe aussi (ne soyons pas non plus bêtement pro-gay à tout crin). À ce titre, les interrogations sont subtilement abordées via cette scène où Vicky demande à Line si elle sait ce qu'elles deux sont. Line ne sait pas, n'y a jamais réfléchi. Et c'est dans le sable que Vicky dessine le mot: lesbienne. Et l'auteur de la BD a la bonne idée de faire traîner la chaîne de la balançoire sur le mot, comme pour en souligner le danger. Entendons-nous bien: il montre ici ce que cela signifie pour des tonnes et des tonnes d'enfants qui découvrent leur homosexualité – cela veut dire la honte, et c'est ça le problème. Ici, c'est ça le problème de Vicky. Et qui n'est pas le problème de Line. Line est amoureuse est d'une fille, Line est lesbienne – so what? L'angoisse existentielle et identitaire, sinon pour le coup victimaire de Vicky, est rehaussée par ces yeux sans globes oculaire dont je parlais plus haut. Enfin, j'y arrive, on en reste d'autant plus sur le cul que cette BD est signée… Martin Ernstsen. Oui, Martin. Un homme. C'est un peu comme Annie Proulx et sa nouvelle Brokeback Moutain: on est sans voix face à un travail si juste composé par quelqu'un qui n'est pas directement impliqué dans cette histoire. Ce qui me fait penser à ce que l'auteur homosexuel norvégien Odd Klippenvåg avait dit un jour: "Seuls les homosexuels parlent justement de l'amour homosexuel." Eh bien non.
Un mot sur le titre. Ugler en norvégien. Chouettes, en français – comme l'animal. Vicky dit aussi à Line que leur "jeu" amoureux, quand elles font l'amour, c'est "chouetter". Line et Vicky s'aiment, et elles chouettent. Chouette! Un autre et dernier mot sur les dessins. Ils sont en noir et blanc. Mais à voir la couverture en couleurs (et l'autre encore en-dessous), et le magnifique traitement qui en est fait, on se dit qu'une version similaire mais colorisée serait elle aussi impeccable.


© Martin Ernstsen


Dans le second tome, Line est entrée dans l'adolescence, c'est l'époque de Nirvana (donc circa début des années 90), et Line est définitivement lesbienne. Vraiment? Le propos de cet opus est en creux une critique de l'adolescence norvégienne dont l'interrogation existentielle de ses protagonistes se résume à deux questions : 1) quand est-ce qu'on picole et qu'on est bourrés jusqu'à dégueuler? 2) qui est amoureux de qui et qui a embrassé qui? C'est donc de puérilité qu'il est ici question et on peut déplorer justement une certaine absence de cette angoisse et de cette passion qui étaient à l'œuvre dans le premier tome. Ce que Martin Ernstsen a réussi à restituer en revanche, c'est la langue adolescente des années 90, complètement disparue aujourd'hui, ou quasi. On lui sait également gré de citer LA série culte de cette décennie, j'ai nommé… ta-da… Angela, 15 ans, que toute famille normalement constituée (c'est-à-dire passablement névrosée) devrait avoir l'obligation de regarder ensemble pour essayer de trouver une issue aux conflits parents/enfants.
Bref, on attend le #3 avec impatience. Mais aussi qu'un éditeur français ou belge se lance dans l'aventure et publie ces Chouettes.

© Martin Ernstsen

lundi 29 décembre 2008

"Hatschi-Waldera"

"Ich bin erkältet, ich habe einen Schnupfen", sang damals in 1974 Nina Hagen, noch zur Ostzeiten, d.h.: vor der Emigrierung der Familie Hagen. Das Lied Hatschi-Waldera findet seinen Platz hier heute abend, denn… "ich bin erkältet, ich habe einen Schnupfen". Na toll! Genau 2 Tage vor Sylvester… Pfff…
Nun wieder zu Nina: hierunter ein tolles Video von Hatschi-Waldera , in der Tschechoslowakei, in einem Show von… Karel Gott moderiert. Noch ist die Nina nicht ausgeflippt, obwohl das Lied es ein bisschen ist.
Und jetzt gehe ich ins Bett.



Pour les francophones: dans cette vidéo de 1974, alors qu'elle vivait encore en RDA, Nina Hagen chante déjà l'une de ses chansons déjantées dont elle aura le secret. En gros : "J'ai pris froid, j'ai un rhume" – comme moi, donc. Les initiés apprécieront le port alerte et désinhibé de cette époustouflante jupe-culotte comme on n'en fait plus.


[21102010
Inzwischen ist das Video leider gelöscht worden. A-behr! Hier unten eine Andere.
Entre-temps, la vidéo a été supprimée. Mais. Ci-dessous une autre:]


Nina Hagen - Hatschi Waldera