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mercredi 23 janvier 2013

Patsy-iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !!!

Und der JB sass da, in seinem Friseurschreibtischsessel, ruhig & munter, klar im Kopf & fit im Schritt — als er plötzlich King Horrors Schrei ausgesossen ausgestossen hat:



Um Gottes Marx' Willen! Was ist nun schon wieder? fragen sich die kleinen lieben Freunde des JB.
Tja…

Der JB sass also da und plauderte mit G im Telefon. Die beiden hatten wieder (vielleicht für das 5. Mal — mindestens, also ein bisschen ellingsmässig) das gemeinsame kulturelle Programm für die kommenden Wochen durchgecheckt (iiih! was für ein hässliches neudeutsches Wort!) überprüft. Neue Termine wurden abgemacht, neue Karten gekauft. Gut.

Und dann, denn da und dort passierte es, nahm der JB einen nonchalanten Guck auf der Seite von This Is Ska, also von dem jährlichen Skafestival in Rosslau. Und genau da schrie er! Was hat er nämlich gesehen und gelesen? Das:




Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah!

Patsy in Rosslau? Patsy Todd in Deutschland? Dame Patsy Todd in Europa? "Meine Patsy?" fragte noch dazu der JB laut, im Rohr (also im Telefonrohr, um jetzt Missverständnisse zu vermeiden). "Ich kriege sogar Gänsehaut!" fügte er zu, nie übertreibungkarg wie er ist.
Patsy.
Patsy mit Stranger in Rosslau.
Boah, krass.

Wie lautet es, heute, in 2013?
Ja.
Vor ca. 6 Monaten ist der JB auf dieses Konzert gelandet. Es ist in New York am  1. Oktober 2011 stattgefunden. Und so war es:



Der JB sagt einfach: Na, wir sehen uns…

jeudi 28 juillet 2011

"Hold me and lead me all the way"

Tous les amis partis, JB se retrouva fort dépourvu quand sa station fut venue. Sa station était assise et la station à venir était Ostbahnhof. JB n'avait aucun problème avec sa station assise (ni debout, d'ailleurs) mais, au fur et à mesure que se profilait la gare d'Ostbahnhof, Dame Patsy chantait avec insistance:
Do you remember when we met?
We were together all one.
So don't leave me, my only me* one,
Just hold hold hold me by the hand.
Hold me and lead me all the way.
Oh, my darling day by day…
And when we reach our destiny,
My darling keep the love to me.

(* merdre! le mégalapsus!! fy faen!!!)

Et, de même que JB se souvenait qu'il avait fait tourner ce morceau l'année dernière sur le mange-disque électronique du blog tatoué et fumeur, il se souvenait aussi que cette chanson l'avait étreint la première fois qu'il l'avait entendue. Et donc, de même qu'il se souvenait que ses amis étaient qui ici, qui là, qui là-bas et qui dans ce lieu, il sentait également que les paroles de Patsy le laminaient tout autant alors qu'elles n'étaient que propices. Aussi, se souvenant enfin qu'il n'avait plus nourri le blog tatoué et fumeur depuis des lustres (en âge électronique, ce sont même des années lumières), il décidait, ici et maintenant, étreint dans son train (ouais ouais, elle est fastoche celle-là), de revenir (lui qui arrivait alors que ses amis étaient partis) au journal électronico-linguistico-musical en recommençant par Do You Remember?:




Sur ce, JB va manger une tranche de hure, hein. Un mot d'origine inconnue mais sans doute germanique qui, à l'origine (c'est-à-dire dès le XII siècle), apprend JB à l'instant même, signifiait "ensemble de poils qui couvrent la tête d'une bête sauvage", puis "tête de certaines bêtes sauvages, en particulier du sanglier", enfin, par métonymie, "tête ébouriffée d'un homme". La signification culinaire et charcutière est très tardive au regard du sens premier, en ce qu'elle n'apparaît que vers la moitié du XIXe siècle, indique le Robert historique de la langue française. Ce qui, somme toute, peut nous mettre de bon poil, mais pas forcément à poil (enfin… c'est comme on veut, hein).
Babaille!

samedi 18 décembre 2010

Hog In A Cocoa (inscrutable)

Et quand JB se réveille, il n'a pas neigé depuis la veille. Au contraire, un grand soleil irradie dans un ciel impeccablement bleu. JB n'a jamais vu autant de neige sur Berlin, si tôt dans l'hiver — et il adore la nuit sous la neige, quand l'opacité s'éclaircit à la faveur d'une couverture blanche quasi unilatérale.
Et c'est tout ça qu'il découvre en ouvrant les yeux. Et c'est ça, cette musique, qu'il a dans la tête au réveil, lorsque son cerveau compliqué retrouve sa place. Hog In A Cocoa, attribué à Monsieur Stranger Cole et Dame Patsy Todd, alors que ce sont Joe White et les Skatalites que l'on entend - et qu'on écoute:



Et JB de se demander: pourquoi cette chanson au réveil?
Mais il a beau écouter les paroles, il ne les comprend pas - à s'interroger sur la langue dans laquelle elles sont chantées. Il se dit que c'est bien la peine de parler des langues étrangères et d'en avoir fait son métier quand on est infoutu de comprendre des phrases. Pff, quel nullos! songe-t-il dans son for intérieur. Mais comme JB est borné, il cherche sur internénette et trouve ça:


"Inscrutable", souligne Michael Atherton, l'auteur du booklet du livret (en bon français) de la compilation où se trouve la chanson éponyme. Inscrutable en anglais ne signifie pas tout à fait inscrutable en français, un mot rare:


 … mais:


Et, toutefois, dans "l'esprit humain" emberlificoté de JB (oui, JB confirme, il est toujours un humain), Hog In A Cocoa est à la fois impénétrable et incompréhensible. Le voilà tranquillisé. Il peut donc souhaiter à tous ses petits amis une belle journée.

jeudi 11 novembre 2010

Millicent Todd AKA ???

Millicent Todd aka Patsy by House of Reggae

Eh oui… C'est reparti aujourd'hui encore avec Dame Patsy Todd que JB écoute en boucle depuis lundi. Grâce à son flair internénettesque, il a réussi à dégoter plein de morceaux de Patsy qu'il ne connaissait pas.

Mais d'abord, on regard ce cher Stranger Cole parler de Patsy, de sa rencontre avec elle - et il donne toujours à JB envie de pleurer tant il est touchant.
Et puis on voit Patsy, aujourd'hui, avec sa voix qui a dû perdre un octave, mais avec sa mine si sérieuse, si concentrée. C'est tiré du documentaire Legends of Ska:




On écoute maintenant le morceau archiconnu dont parle Stranger et qu'il chante avec Dame Patsy: When I Call Your Name:




Et, aujourd'hui, JB a trouvé sur toitube cette version de 1969, avec un riddim plus skanking, très early reggae, peut-être repris par Byron Lee & The Dragonaires et en tout cas produit par Duke Reid:

lundi 18 octobre 2010

Enchifrené et courbaturé

Et JB, qui a chanté tout le week-end, a perdu ses écouteurs et du coup se trouve fort dépourvu quand l'heure de l'iPod est venu. Il a cherché partout dans son palais socialiste: rien. Il a même contacté G pour savoir si les écouteurs n'avaient élu domicile dans son logis: non. Il a songé un instant que c'était un signe mais il ignore de quoi ce pourrait être le signe. Au lieu de quoi il se réveille ce matin, tout enchifrené (comme disait Marcel) et le corps courbaturé (comme disait aussi Marcel), en entendant dans sa tête We Two Happy People, par Stranger Cole et Dame Patsy Todd. Il se demande qui, le concernant, peut bien être la seconde personne qui compose ce "we", n'a pas trop de réponses à apporter, ou plutôt il en a cent mille, à commencer par les rêves insistants de la nuit ou, plus simplement, par ses merveilleux amis. Cherchant le morceau sur toitube il le trouve, mais celui-ci n'étant pas "insérable", JB va le télécharger sur sonnuage pour en faire profiter ses petits amis. Ce serait dommage de rater cette chanson optimiste, joyeuse et pleine d'amour. Et une bonne journée à tou(te)s, hein.

samedi 16 octobre 2010

Wer singt?

Und gestern war der JB zusammen mit G und J bei den linken Chaoten zum RASH-Nighter. Und desto mehr gingen sie dahin, denn es war eine Soliparty für das Archiv der Jugendkulturen, dessen Existenz gefährdet ist. Also: bütte spenden. Hier geht's los.
Auf jeden Fall. Sie waren dort, im autonomen Kreuzberg, zwischen verschiedenen Fraktionen (1: Die Isländichepullifraktion, 2: Die Mittelalterkleidfraktion, 3: Die Redskinsfraktion) und wussten natürlich zu welcher sie gehörten. Sie standen also dort, und plötzlich springt der JB (naja… so gut wie er kann, es ist nicht einfach mit seinem Rollator), denn… denn… wen hat der DJ aufgelegt? Jenau: Dame Patsy Todd. You Took My Love. Der JB singt mit und fragt G: "Wer singt?" G weiss es nicht. JB antwortet: "Patsy!" Dann grinsen sie beide. Der JB singt und tanzt und dankt seine liebling Dame Patsy und denkt an sie:


Ein bisschen später geschieht das Gleiche. Der JB schmeisst seinen Rollator weg, fängt damit an zu tanzen und fragt G: "Na, wer singt?" G weiss immer noch nicht. Der JB ist froh zu antworten: "Derrick & Patsy!" Er singt mit und guckt G in die Augen: "So, Pat, don't you worry!" Der JB singt und tanzt und denkt an seine hem(l)i(s)che Dame Patsy Todd-Liste. So sieht die aus:


Noch später hört der JB What A Day! und fragt G: "Naaa… Wer singt?" Aber diesmal antwortet G: "Lass mich raten… Jemand mit P???" Und diesmal lachen sie beide. Der JB ist im 7. Himmel und desto mehr, weil er damit erfährt, dass er nicht der einzige Patsy-Fan ist: der eine DJ ist es auch.

Es wird spät. Der JB ist müde, sein Rollator quietscht, dass sie nach Hause müssen. Der JB hat schon seine Bomberjacke an und seinen Redskins-Schal an wenn… Wer singt? Jeeenau: Dame Patsy, mit dem schönen Lied It's So Hard Without You. Der JB schmeisst alles weg und tanzt und singt wieder.

Heute regnet es, es ist grau, Der JB hat den ganzen Tag seine Patsy-Liste gehört  und spielt aber ein Lied, das nicht in der Liste steht: When I Realize. Hier, viel Spass:

dimanche 10 octobre 2010

"I really need you"

Und der JB vobereitet das Abendessen für seine beiden Freunde A & Å, also dessen Namen fangen mit der ersten und letzten Buchstaben des norwegischen Alphabets. Er kocht für sie:
• Blumenkohlcremesuppe
• Wachteln mit warmen getrockenen Pflaumen und gebratenen Äpfeln
• Ananasstückchen in warmer geschmolzenen Schokolade

… und er hört seinen Sampler mit allen Liedern von Dame Patsy Todd, die er hat. Er kocht und hört Stranger (Cole) & Patsy (Todd) My Love singen und dann, bam! das Glück fällt auf sein Kopf. Ja, er fühl sich sehr glücklich und möchte das mit seinen kleinen lieben Freunden teilen:



Alle singen mit:
"I want you / you so bad / I really need you / You, my dear."

lundi 13 septembre 2010

"You don't have to cry!"

On veut bien commencer la semaine. Et pour cause. La myxomatose reflue. Mercredi on va au concert avec G & F et A voir Tokyo Ska Orchestra. Jeudi É arrive et on file au pays notamment de la porcelaine. Et on se dit que seul le doux Stranger Cole ne peut que rythmer ses bons et beaux moments. Alors on écoute son Life Can Be Beautiful, de 1969. On reconnaît la phrase musicale initiale en ce qu'elle est empruntée au Don't Le Me Down, tel que chanté par Marcia Griffiths. À ce propos, on peut chanter avec Stranger: "You don't have to cry!"

Man will gut in die Woche kommen. Man hat ja mehrere Gründe dafür. Die Myxomatose vergeht langsam. Mittwoch geht man zum Konzert mit G & F und A, Tokyo Ska Orchestra sehen und hören. Donnerstag kommt É und los fährt es nach Sochsn. Wer sonst als der weiche Stranger Cole kann diese schönen und guten Momente stützen? Also hört man sein Life Can Be Beautiful, von 1969. Den musikalischen Satz, womit das Lied anfängt, kennt man übrigens von Don't Le Me Down, so von Marcia Griffiths gesungen. Und, apropos singen, man darf nämlich mit Stranger mitsingen: "You don't have to cry!"

lundi 9 août 2010

"You should know that we are on your side"




(Et chaque fois que j'écoute une chanson de Stranger & Gladdy, je me sens soudain empli d'une immense tendresse, d'un profond réconfort et d'une irrépressible volonté de faire le bien.
Und jedes mal, wenn ich Stranger & Gladdy höre, bin ich plötzlich voll von einer riesengrossen Zärtlichkeit, einem tiefen Trostgefühl und einem unwiderstehlichen Wille, das Gute zu tun.)

Eine Antwort?/Une réponse?

Man ist froh aufzuwachen und man ist froh mit Queen Patsy aufzuwachen. Aber warum muss man ausgerechnet und unbedingt Your Photograph im Kopf haben? Tja… Gute Frage. "You left me in loneliness / Lord, I'm a fool", sangen Patsy und Stranger Cole schon in 1966 und heute noch in 2010. OK, viel Dank für ihren Besuch. Aber die Frage lässt sich stets stellen. Warum? Weil man gestern mit Bildern gebastelt hat? Nö. So einfach kann es nicht sein. Man hört sich das Lied auf durohr an, merkt dass die Pitch schief ist, zu langsam ist, aber auch das bringt keine Antwort. Und das ist enervierend. Enervierend nicht zu wissen und mit der falschen Geschwindigkeit das Stück hören zu müssen.

On est content de se réveiller et content de se réveiller avec Queen Patsy. Mais pourquoi diable doit-onabsolument se réveiller avec Your Photograph dans la tête? Hum… Bonne question. "You left me in loneliness / Lord, I'm a fool", chantaient Patsy und Stranger Cole en 1966 et aujourd'hui encore, en 2010. OK, merci beaucoup de votre visite. Néanmoins, la question demeure: pourquoi? Parce qu'on a bricolé des photos hier? Nan. La réponse ne peut pas être aussi simple. On écoute la chanson sur toitube et on remarque, un brin agacé, que le pitch est est un poil trop lent. C'est irritant. C'est irritant de ne pas savoir comme de devoir entendre le morceau à la mauvaise vitesse.




Comme on est têtu comme une mule, on cherche une réponse sur gougueule. Que, évidemment, on ne trouve pas. En revanche, on trouve ça, ci-dessous, à propos de Patsy, sur le site japonais de Rock A Shacka, qui a récemment réédité les chansons de Patsy. Et ce qu'ils disent sur elle, ce qu'ils disent sur la domination masculine dans le ska, sur l'invisibilisation des femmes dans le ska (ou son image inversée: la mise en valeur des femmes pour mieux rehausser la puissance des hommes) nous suffit amplement comme réponse, d'autant qu'on a de cesse de le répéter sur ce blog tatoué et fumeur.
Seidem man stur wie ein Bock ist, sucht man eine Antwort auf guhggel. Die man natürlich nicht findet. Dennoch findet man was anderes, hierunten, über Patsy, auf die Seite von Rock A Shacka, ein Plattenunternehmen, das neulich die sämtlichen Lieder Patsy Todd herausgegeben hat. Und was die über sie sagen, über die männliche Domninanz im Ska, über die Unsichtbarmachung der Frauen in dem Ska oder ihre umgekehrtes Bild: die Promowierung der Frauen um die Macht der Männer besser zu festigen) reicht uns als Antwort völlig, denn sowas wiederholt man immmmer wieder auf diesen rauchenden tätowierten Blog.

Why do Japanese people love Patsy? Maybe it’s her melancholy, her twilight charisma, or those heart-rending melodies. With her beautiful looks and a vocal delivery that overflows with emotion, Patsy is a female artist the likes of which I have never known. While she was already a star in the Ska era as a partner with Stranger Cole and Derrick Morgan, it wasn’t until Miss Pottinger took her under her wing that she started to make more frequent appearances as a solo singer. This was nothing do with her quality as an artist, but probably more to do with the fact that the male producers in the male-dominated culture of Jamaica at the time didn’t give her the chance she deserved. As a woman, Miss Pottinger, the only female producer the island has ever known, was really able to understand Patsy - an understanding that gave rise to so many wonderful hits from the Pottinger stable, such as You Took My Love and Love so Divine. This release features a Gay Feet-style lovers Rocksteady track on the A-side, and a funky reworking on the B-side of Blues in the Night, originally composed for the 1941 film of the same name.

mercredi 28 juillet 2010

The Clan, with Stranger, Owen & Derrick (and Alain, and… Dougal)

Ça fait plusieurs jours qu'on veut mettre en guise de musique du matin Copycats, de The Clan (qui ne réunit autres que, s'il vous plaît, Stranger Cole, Derrick Morgan et Owen Gray). On adore ce morceau qui pompe (d'où le copy) Moon Hop du même Derrick Morgan et Skinhead Moonstomp de Symarip. On adore la façon qu'ils ont de lâcher "Soul caaat", ça nous fait un peu rigoler. De toute manière le morceau donne envie de rigoler et d'être content et de profiter de la douceur de vivre. Alors on l'écoute.

Seit mehreren Tagen denkt man, dass man als Morgenmusik Copycats von de The Clan spielen wird - The Clan, das heisst, bitte schön, die 3 Herren Stranger Cole, Derrick Morgan und Owen Gray. Man liebt dieses Stück, das Moon Hop von dem gleichen Derrick Morgan und Skinhead Moonstomp von Symarip entlehnt (von daher copy). Man liebt die Art und Weise, die die Herren "Soul caaat" zu singen haben, man lacht ein bisschen, wenn man das hört. Das Stück gibt sowieso Lust darauf zu lachen, froh und fröhlich zu sein und das Gute im Leben zu geniessen. Also hört man es.



Und während man auf durohr The Clan sucht, wird es uns vorgeschlagen ein Stückchen von dem Clan der Sizilianer anzuschauen (oder eher: das Clip, wo Dalida (!) singt), ein franzenländischer Kultfilm von Henri Verneuil. Es ist kein Befehl aber gehörsam guckt man es trotzdem, und da taucht der Alain Delon auf:
Et pendant qu'on cherche The Clan sur toitube, il nous est proposer de regarder un extrait du Clan des Siciliens, d'Henri Verneuil (ou plutôt, le clip où Dalida (!) chante). Certes ce n'est pas un ordre mais, obéissant, on regarde quand même. Et, là, surgit Alain Delon:


Et brusquement, on est frappé par la ressemblance d'Alain Delon avec l'acteur irlandais Ardal O'Hanlon, qui jouait le rôle du niais Father Dougal dans Father Ted, la série culte de la fin des années 90. On regarde:
Und plötzlich fällt es uns ein, dass Alain Delon hier ein bisschen wie der irische Schauspieler Ardal O'Hanlon aussieht, der die Rolle von Father Dougal spielte in der Kultserie Father Ted von dem Ende der 90er Jahre. Lass uns ihn betrachten:


Hé hé hé!

Und, denkend an unsere liiieben Freunde G und N, die wegen verschiedenen Ursachen Irland lieben, und weil wir auch wissen, dass G Father Ted nicht kennt, werden wir sofort eine Episode von der Serie geniessen.
Ach ja, guten Morgen G und N!

Et, pensant à nos amis chéris G et N (à qui on dit bonjour au passage), qui pour différentes raisons adorent l'Irlande, et aussi parce qu'on sait que G ne connaît pas Father Ted, on va en regarder un épisode et ricaner comme des tordus.


Fatcher Ted - S01E01 - Good Luck, Father Ted

lundi 28 juin 2010

3 lignes

France, 1965 ("Moi j'ai une toute p'tite ligne de chance")



Italy, 1972 ("Manafa nessem perimbessi?")



Jamaica, 1966 ("If you got the soul")

lundi 21 juin 2010

Da wo es schöner ist

Man wacht auf, es ist still und grau und kühl. Es ist so ein Morgen, wo man denkt: OK, fein, ich lass mich einfach in die Bahamas teleportieren. Aber eigentlich 1) möchte man gar nich in die Bahamas (Salzwasser ist uns sowieso e-ckel-haft); 2) unsere Teleportationsmaschine ist zur Zeit defekt; 3) man ist heute Abend skamässig und freundschaftsmässig mit G und N verabredet. Man sucht sich dann ein wetterpassendes Lied und… ja, natürlich: Just Like A River. Das 1967 Rocksteady-Klassiker von Stranger & Gladdy. Und dann hört man diesen Satz wieder: "You hurt me in so many ways, but I'll forgive you, believe me when I say it", und man denkt: Genau, grosszügig sein, immer.



Das Lied war so genial, von der Musik und den Songtexten, dass eine andere Version in 1968 aufgenommen wurde. Diesmal mit Herrn Tommy McCook. Last Flight To Reggae City, heisst sie. Fröhlicher, und auch lustiger. Gehört haben wir sie in April schon, aber die hören wir noch gerne wieder - auch weil man über Teleportation hieroben schrieb, und es geht nämlich darum: weggehen, da wo es schöner ist (immer daran denken: die Schönheit suchen; immer das machen: sich von der Schönheit transportieren und bewegen lassen - ein Zweck dieses Blogges: die Schönheit zeigen). Hier, bitte schön:



Und dann denkt man an diesen Film, Rocksteady, das man im August letztes Jahr mit G und F gesehen hat. Darin sieht man diese sämtlichen Männer und Frauen, die das Rocksteady gemacht haben. Beziehungsweise: die, die noch leben. Stranger Cole war der Erzähler des Dokumentars. Und man war von ihm so… bewegt, von diesem jetzt älteren Herrn, der so knuddelig war, der so irgendwie auch zerbrechlich und gleichzeitig stark war, der uns an einen ganz alten weisen Greisen erinnerte - dass, ja, die Tränen fast kamen. Unten sieht man die beiden Freunde, Stranger Cole und Gladstone Anderson (oder kurz: Stranger & Gladdy), sie interpretieren Just Like A River neu. Und die sehen wie Kleinkinder aus, voller Entzückung, voller Unschuld, voller Güte. Als hätten sie gerade den schönsten Weihnachtsgeschenk bekommen. Aber sie sind nur glücklich, weil sie wieder zusammen sind. Ist es so? Freundschaft? Sieht es so aus? Nach 40 Jahren? Wenn man 40 Jahre, trotz allem, trotz der Abwesenheiten, trotz der Trennungen, stets miteinander ist, voneinander begeistert ist. Und gerade das bringt und gibt uns allen viiiele Hoffnung.

jeudi 10 juin 2010

Today - Tonight

Et je ne me suis certes pas réveillé avec cette chanson dans la tête mais, une petite dizaine de minutes plus tard, j'ai entendu la voix de Patsy Todd chanter la phrase titre "Tonight" - à croire que, pendant la nuit l'esprit saint ou… l'essence de Jeanne d'Arc s'était installé dans mon esprit (ce qui nous rappelle la blague d'un certain ours en peluche toujours aussi farceur: — Que disait Jeanne d'Arc sur son bûcher? — Je veux descendre!).
Trêve de bêtises.
C'est quand même le bouquet: chanter Tonight alors qu'on se réveille! Se lever aux aurores et penser déjà à la nuit tombée. Encore en plus quand il ne se passera rien tonight. Alors que disent les paroles? Que chantent Dame Patsy Todd et Monsieur Stranger Cole? Qu'ils vont sortir ce soir, qu'elle espère qu'il va la serrer fort pendant qu'il espère qu'elle ne va pas le laisser tomber si jamais elle venait à en croiser un autre. Ça nous fait une belle jambe.
Et si, tout simplement, la voix disait dans mon cerveau encalminé: Allez, va te coucher. Peut-être, mais nous on a un tricot à finir et un fricot sur le feu. Autrement dit: pas question de fricoter tonight.
Allez, une bonne journée.



Zwar wacht man nicht mit diesem Lied auf, aber während man von dem einen Zimmer zu dem anderen trottelt, singt plötzlich Frau Patsy Todd den Titelsatz ihres Lied in meinem Kopf: "Tonight".
Das war ja seltsam…, denkt man. In der Früh aufstehen und schon auf die Nacht hinweisen, und gerade wenn man am Abend nichts vorhat. Dann auf die Songtexte hören um den Sinn zu verstehen. Was singen denn Frau Todd und Herr Cole? Dass sie heute Abend ausgehen werden; dass sie hofft, er wird sie festdrücken während er hofft, dass sie ihn nicht verlassen wird, falls sie einen Anderen sieht. Okay…
Aber vielleicht, ganz einfach, flüstert die Stimme zu dem vernebelten Gehirn: So, los ins Bett. Naja, bunter Vorschlag, aber man hat eine Häkelübung vollzuenden. Also keine Leibesübung tonight.
So, einen schönen Tag noch.

mercredi 5 mai 2010

"Life is what you make it"

Und während man ganz gespannt wartet, hört man auf Tom Drunk, von Hopeton Lewis und U Roy, anno 1971. "You cheated!", wie der gute Hopeton Lewis singt.



Eigentlich mag man U Roy und seine ganzen Riddimdings nicht richtig. Aber genau deswegen passt es hier und jetzt!

Übrigens ist das Lied eine Coverversion von These Eyes (aka Cryin Every Night) von Herrn Stranger Cole, ein Lied das sehr häufig auf diesem tätowierten rauchenden Blog gehört wird. Aber weinen möchte man sowieso nicht, das reicht, danke schön. Aber gleichzeitig. Wie immer mit herrn Stranger Cole sind lie Lieder zweideutig. Für wen singt er das Lied? Für die Frau, die er unglücklich gemacht hat (und die Frauenchor würden ihm über sie erzählen)? Füh ihn selbst? Was singt er? Und ich unterzeichne: "Stop crying over me." Over me? Wie, jetzt? Ach, lass uns das schöne traurige und trotzdem trostvolle Lied hören.



"Life is what you make it", singt der schlaue Stranger.
Aber zurück zu U Roy und Hopetown Lewis. Sie singen, wie eine Antwort auf Stranger: "You cheated!" Okay… Und das Lied heisst Tom Drunk. Denn eigentlich ist Tom Drunk eine Neuversion von Tom's Version von Herman Marquis. Hier und so geht es - und trüb geht es, also näher an Stranger Cole:



Hm… Man sucht. Man findet. Discogs verrät es uns.
Eigentlich war es ein 7'', bei Baron's. Stranger Cole war auf der A-Seite, Herman Marquis war auf der B-Seite. Un wer war auf beiden Seiten, wenn ich fragen darf? Vielleicht mehr präsent auf der B? Jemand, der dieses Blog auch sehr viel mag. Ein Saxophonist? Jenau! Herr Tommy McCook.
So sieht es aus:



Und dann also kommt das Single von U Roy, auf Treasure Isle, von Duke Reid produziert.
Man mag solche Rätseln lösen! Das hat man schon vorher gezeigt. Hier zum Beispiel.

dimanche 2 mai 2010

Together all alone

Allez, pour bien mieux finir la semaine et bien mieux commencer la suivante. Une trouvaille. Avec Dame Patsy Todd et Monsieur Stranger Cole. Eux, évidemment. Eux avec l'orgue Hammond et un harmonica tous deux entêtants. Ça s'appelle Do You Remember? Forcément. "Do you remember when we met, we were together all alone." Et si ça c'est pas un nouveau hit potentiel, alors que je me damne.

So. Um die Woche gut besser zu beenden und die nächste gut besser anzufangen. Ein Fund. Mit Dame Pasty und Herr Stranger Cole. Ja, sie, selbstverständlich. Sie mit dem Hammondorgel. Es heisst Do You Remember? Selbstverständlich. "Do you remember when we met, we were together all alone." Und wenn das nicht ein Ohrwurm + ein Neuhit ist, dann weiss ich mir keinen Rat mehr.

dimanche 25 avril 2010

Langsam und schön

Sonntag und Sonnentag. Der Himmel über Berlin ist völlig flecklos hellblau. Hier im puren Osten ist die Strasse leer und still - nur ab und an ein Paar Autos und verfahrene Radler. Manchmal gucken die Krähe mit ihrem besessenen Blick hinzu. Die Ranunkeln blühen weiss und rot in ihrer Vase, der Seeteufel wartet darauf gegessen zu werden und der Text übersetzt zu werden. Ein gewissenes Gegenwicht herrscht, und man möchte hoffen, dass es nicht fragil ist. Man wünscht sich eine dazupassende Musik. Ausgelassen aber nicht überentspannt. Fröhlich ohne exaltiert zu sein. Hoffnungsvoll und nicht unrealistisch:
Last Flight To Reggae City.
Herr Stranger Cole singt, bzw. redet und nennt sich Captain Streggae from Reggae City. Er sagt: "You're safe." Herr Tommy McCook hat seinen Saxophon beiseitegelegt und spielt jetzt die Querflöte. Man geht zurück alleine ins Bett, legt sich unter die Decke, schaut diese erbärmliche Sonne zu, die man nicht geniessen darf - und trotzdem denkt man, dass alles ist, sowie es sein soll. Das Leben ist wie dieser Flug nach Reggaestadt: langsam und schön.

jeudi 22 avril 2010

Le souci de l'autre

Je dois traduire cette phrase, toujours de Trude Marstein:
Det er ingen å bry seg om, alle bare bryr om seg selv!

Å bry seg om noen est un verbe qui pose quasi systématiquement un problème à traduire. Souvent parce que la phrase dans laquelle il est employé complexifie le choix de traduction.
En gros, c'est s'inquiéter pour quelqu'un, se faire du souci pour quelqu'un.
L'anglais a un mot parfait pour ça. Simple, court, qui claque - ce genre de mots dont la langue anglaise a le secret: To care. Le mot est d'ailleurs tellement juste, tellement adapté que le langage médical l'a adopté en français. On appelle ça le caring.
Dans la phrase telle que Trude Marstein l'a construite, ainsi qu'on le voit sans peine, la formulation est répétée - une répétition où les deux subordonnées indépendantes s'opposent dans le sens.
On pourrait traduire ainsi:
Personne ne soucie de personne, tout le monde se soucie de soi.
L'idée c'est celle-ci.
C'est une fausse bonne idée. Et pour trois raisons.

• Primo.
On oublie de traduire ce bare, cet adverbe restrictif qui signifie, que, seulement, exclusivement, etc. L'emploi de ce bare donne un sens péjoratif à la seconde indépendante. Sous-entendu: les gens sont égoïstes et ne pensent qu'à eux.
• Secundo.
Nous avons lu nos classiques. Nous avons lu Michel Foucault. Nous nous sommes arrêtés longuement sur cette construction a priori surprenante en français, Le souci de soi, qui est donc aussi le tome 3 de la monumentale (au sens propre) Histoire de la sexualité.
Michel Foucault a introduit une idée essentielle avec ce souci de soi. Après s'être libéré des jougs (sociaux, moraux, médicaux, politiques) qui pèsent sur nous dès notre naissance, qui nous empêchent d'être nous-mêmes, il faut ensuite penser à soi. Être soi-même, c'est se libérer et c'est aussi se soucier de soi. Et ça, cette phrase, cette pensée, il faudrait toujours l'avoir en tête, à chaque heure.
Le sens positif du souci de soi de Michel Foucault nous empêche d'employer la formulation pour l'appliquer à la phrase du personnage de Trude Marstein puisque, ici, le sens est négatif, péjoratif.
• Tertio.
N'oublions pas justement le titre du roman de Trude: Faire le bien. Je répète: Faire le bien. Tout le roman, les 118 voix du roman, ressasse cette idée: être quelqu'un de bien, faire des choses bien et bonnes et belles pour les autres, être présent, être attentif. Ça veut dire quoi, tout ça, à une époque où l'individualisme règne en maître?

Qu'est-ce qui précède cette phrase, dans le texte de Trude?
Et non seulement y a rien dans cette ville, mais y a rien qui soit susceptible de nous faire peur. Rien qui soit susceptible de nous faire pleurer. Tout le monde va su-per-bien. [Et j'ajoute donc la phrase dans sa forme temporaire:] Personne ne soucie de personne, tout le monde se soucie de soi.
On le lit, la phrase est construite sur le mode de l'explication logique, imparable, qui amène une conclusion qui doit être effrayante. Qui plus est, cette construction fonctionne sur un principe de répétition des formulations (y a rien / rien qui soit susceptible de / de nous faire), puis sur un principe d'antinomie des formulations (tout le monde / personne).
À cette difficulté s'ajoute la structure narrative, qui est celle du dialogue et impose de ne pas trop complexifier le propos, de plutôt aller vers un langage simple, d'autant qu'il est exprimé par une adolescente qui a justement tendance à avoir un registre de langue plutôt relâché. À cet égard, peut-être même que le soit susceptible de est trop soutenu; peut-être qu'un tout simple puisse suffirait.
Une solution serait peut-être d'employer le penser à quelqu'un que j'ai à plusieurs reprises employé ci-dessus. Dans la seconde indépendante, cela fonctionnerait à merveille: Tout le monde ne pense qu'à soi. Or, ça ne va plus pour la premier: Personne ne pense à personne. Le sens induit devient celui de la pensée, du fait de songer à quelqu'un: on est davantage dans l'activité intellectuelle et non dans l'altruisme, dans le soin.
Et le fait même qu'on ait tendance à préférer ce penser montre à quel point le lexique de la langue française est influencé par la pensée. Je l'avais déjà expliqué ici, en montrant que les langues germaniques utilisaient les cinq sens alors que le français préféraient la pensée.
Alors?

Allons nous faire aider. Puisqu'on n'est jamais trop aidé.
Que nous dit la base CRISCO, ce site/dictionnaire des synonymes?
(…)
Il faut faire un choix.
Et le voici, mon choix:
S'inquiéter.
S'inquiéter dans les deux sens. C'est-à-dire être inquiet = être angoissé, et s'inquiéter pour quelqu'un = se tracasser pour quelqu'un. Exactement comme avec le souci: avoir des soucis = être inquiet et se soucier/se faire du souci poru quelqu'un = s'inquiéter pour quelqu'un.
La traduction va baisser d'un ton au niveau du registre et on va introduire une petite phrase qui elle-même introduira la suite. Eu égard à tous les paramètres que j'ai énoncés plus haut. Cela donne:
Et non seulement y a rien dans cette ville, mais y a rien qui puisse nous faire peur. Rien qui puisse nous faire pleurer. Tout le monde va su-per-bien. Pas d’inquiétudes. Personne qui s’inquiète de personne, juste des gens qui s’inquiètent de leur pomme.

Moi je trouve que ça fonctionne.
Au niveau de la construction, du sens, du rythme.

On ne saurait terminer cette explication sur le souci de soi, le souci de l'autre et la volonté de faire le bien sans montrer deux choses.
1) Cette photo, qu'on a déjà montrée:
Et qui signifie L'homme bon; qui est en réalité un titre, ou plutôt le début d'un titre, dont la totalité dit: Der gute Mensch von Sezuan; qui est en fait une pièce de théâtre de Bertolt Brecht qu'on va voir ce soir même à la Schaubühne avec l'ami T, puisque notre actrice égérie, Jule Böwe, y joue. Un titre traduit en français par: La Bonne Âme du Se-Tchouan.

2) Ce morceau, Make Good, de Stranger Cole et Gladstone Anderson. Un morceau qui nous fait toujours un peu pleurer (eh oui - "Mama always told me: "Life is worth living"") tout comme Stranger Cole nous fait toujours un peu pleurer dès qu'on le voit en interview aujourd'hui, lui qui a 65 ans cette année, a l'air d'un très vieux monsieur, avec la sagesse que peuvent avoir certains très vieux messieurs ou certaines très vieilles dames.
Il nous fait un peu pleurer (décidément: "Oh I'll make good!"), comme le souhaiterait le personnage de Trude Marstein. Il chante avec Gladdy Make Good, donc, qui est la traduction anglaise du titre du roman de Trude, Gjøre godt, Faire le bien en français - et une fois de plus cette succession de coïncidences nous ravit.

vendredi 16 avril 2010

Pum Pum

Au réveil, vers 6 heures, je savais que j'allais traduire ça - c'est maintenant fait:
J’ai l’impression de m’être retrouvé, beaucoup trop souvent dans ma vie, au bord d’un lit où j’ai imploré une fille d’accepter de coucher avec moi. Et, encore une fois dans ma vie, je viens de renoncer à pouvoir coucher avec quelqu’un.
© Gjøre godt, Trude Marstein, Gyldendal Forlag, 2006
© Faire le bien, traduit par Jean-Baptiste Coursaud, éditions Stock, 2010


Et donc, au réveil, sachant pertinemment que j'allais traduire ça, je me suis retrouvé avec cette chanson de Flowers & Alvin dans la tête (pour mieux se mettre dans l'ambiance? mais aussi dans l'ambiance lexicographique?), In A De Pum Pum, hélas introuvable sur toitube ou sur un quelconque serveur pour le mettre en écoute ici. Il ne reste plus qu'à s'acheter la compilation de Trojan où le morceau figure, intitulée Trojan X-Rated Box Set.

[04082010. Et grâce à l'insistance d'un certain ours en peluche, on a recherché à nouveau et on a trouvé la vidéo sur toitube, mise en ligne 8 jours après ce post. Comme quoi tout arrive, il faut juste être patient. On regarde.]



Elle parle de quoi, la chanson? Je cite:
"Why won't you pum / sister won't pum it up / make me do my work myself / why won't you push it up / sister won't you push it up / make me do my work myself / why won't you rub it up / sister won't you rub it up / why won't thing it up / sister won't you thing it up / why won't pum it up / sister won't you pum it up / make my do my work myself"

C'est compris? Non? C'est quoi déjà, le titre de la compilation d'où le morceau est extrait? X-Rated. En bon français: Interdit aux moins de 18 ans. Donc? Porno. Grosso modo, les mecs dans la chanson veulent coucher avec une fille (sister), elle ne veut pas, conséquence: ils doivent faire le boulot eux-mêmes. Et le petit linguiste qui sommeille en moi d'être ravi de fournir une explication lexicographique et linguistique.
En anglais jamaïcain, ça veut dire quoi pum et pum pum?
Le urban dictionary nous donne la réponse. Je copie/colle:
Jamaican term for the female sexual organ
Deux exemples sont notamment indiqués, je les cite également:
• yo that gyal needs her pum pum ram up good!
• claire asked me 'do u lick pum'? then i slapped her!! an said no
Donc le substantif pum signifie chatte, con et le verbe pum pum veut dire baiser, niquer.

De fait, le reggae a offert au genre pornographique une discothèque éloquente. Et Trojan de lui consacrer d'ailleurs pas moins de deux compilations, la sus-nommée ainsi que Slack Reggae Box Set. Même les plus grands compositeurs ont versé dans le genre: Derrick Morgan ou Stranger Cole, par exemple.
Comme l'histoire de la cinématographie pornographique, la discographie pornographique est évidemment phallocrate (au sens propre!) et sexiste. Nombre de disques de reggae, après 1968, avaient pour pochette des filles lascives, sinon court vêtues en tout cas moitié à poil, histoire de mieux titiller l'instinct bassement sexuel (et forcément inassouvi? les pauvres!) des mecs. Rien de neuf sous le soleil, même jamaïcain: la fille n'existe que pour assouvir les besoins du mec. On a le droit de bâiller.
Dans les chansons, il n'est question que de pénétration - le moyen et la fin en soi, a priori, de toute forme de sexualité - et bien évidemment de la femme par l'homme. À croire que l'imagination et le fantasme sexuels des compositeurs ont un développement équivalent au cerveau d'un protozoaire. Et, comme je le disais à l'instant, la femme est évidemment une chaudasse et l'homme évidemment un étalon capable de chevaucher une armée d'amazones sans un seul instant flancher. On a le droit de rire.

Ça c'est l'image superficielle. Car, heureusement, à notre immense joie, la réalité n'est pas si univoque. Ainsi de ce morceau In A De Pum Pum, où la fille ne veut pas. Ainsi de Khaki, la reprise par The Tennors de leur propre morceau hyper connu Ride Your Donkey, où dans la première il est indiqué que la seule possibilité de sexualité qui reste aux chanteurs demeure la masturbation.
Mon journal, la TAZ, avait consacré en 2007 un long article, aussi passionnant qu'éclairé, sur la question du reggae pornographique, ou slackness en anglais jamaïcain. Klaus Walter, le journaliste, citait notamment la féministe Carolyn Cooper, professeure de littérature à l'Université de West Indies, chercheuse notamment sur les questions de la culture musicale et reggae. Pour elle, le slackness, c'est-à-dire ce côté cul, porno, n'est autre qu'une "réappropriation du langage par les classes défavorisées (…), une révolte métaphorique contre la loi et l'ordre, une implosion des standards de la décence." De plus, pour elle, les femmes sot par ailleurs fondamentalement "des agentes [ou actrices, dans le sens de celle qui conserve la maîtrise et le pouvoir] libres et actives de leur sexualité". On peut lire un extrait de ces travaux passionnants ici.
Un bémol tout de même. Le discours de Carolyn Cooper est aussi une réappropriation du stigmate, un empowerment comme on dit si bien en anglais: un façon, ici rhétorique, de redonner de la fierté et donc du pouvoir. Car on ne peut ignorer que, quand même, l'écrasante majorité des morceaux de reggae puis de slackness (puisque c'est devenu un genre musical à part entière dans cette musique) repose essentiellement sur une perpétuation de la domination masculine, et que les exemples de prise de pouvoir sexuel par la femme ou de représentation dépréciatrice de la sexualité masculine sont affreusement minoritaires. Et on ne parle même pas de l'évocation d'une sexualité homosexuelle - pour le coup atrocement absente.

On ponctuera ce post sur la luxure et le stupre (comme on disait autrefois) avec ce morceau des Soul Sisters, un classique dans le reggae, Wreck A Buddy, où tout ce que veut la fille, c'est un mec pourvu d'un gros kiki. On écoute.




18-04-2010
La perspicacité de M. est non seulement sans limite mais aussi épatante qu'époustouflante. On en veut pour preuve son mail, reçu tout à l'heure:


Et, après vérification, M. a décidément raison. Ou en partie seulement.
Comme quoi ma connaissance du répertoire mouskourien est nulle. Est-ce grave, docteur?

Voyons ce que Trojan Records en dit (pas de mon incompétence (en 1 ou 3 mots, tout dépend si on le lit avec ou sans l'épithète qui suit) mouskourienne, mais du rapport entre Wreck A Buddy et L'Enfant au Tambour:
In 1969 reggae music continued to maintain a high profile with the skinhead cult, resulting in the Trojan album 'Tighten Up Volume Two' (TJCCD017 now available with tracks) entering the album chart. Among the classic tracks featured on the LP was the Soul Sisters variation of 'Little Drummer Boy' entitled 'Wreck A Buddy' (…)

L'enfant au Tambour est la version française, enregistrée en 1965, de Little Drummer Boy. On peut l'écouter ici (non! je ne mettrai pas Nana Mouskouri ici - la droite, ça suffit!). Mais l'original est en réalité une chanson de Noël très connue dans le monde anglo-saxon, composée en 1941, comme nous le confirme le Wikipédia anglais. Et allmusic de lister pas loin de 3000 enregistrements du morceau. Bon. Nous voilà bien renseignés.

Mais revenons à nos moutons, ou plutôt aux Soul Sisters et leur désir de grosses bites, puisque Trojan indique dans le suite du développement supra:
(…) 'Wreck A Buddy', a song also covered by Prince Buster who had expressed his desire to 'Wreck A Pum Pum'.
Et donc, si les filles des Soul Sisters veulent se "taper un mec", Prince Buster ne veut pas la même chose (non, faut pas rêver non plus, hein), il veut lui se "taper une chatte". Or, le plus drôle, quand on écoute la version du Prince, c'est que pour le coup son interprétation est très proche de la mélopée mouskourienne. Et ça, c'est tordant! Mettre face à face la godicherie mouskourienne et la débauche busterienne. Hö!

mardi 9 mars 2010

Les signaux

7h45 (am Schreibtisch):
Ces coups de fil lapidaires ont le don de me rendre malade. Même si je comprends qu’elle a besoin de tranquillité. Elle qui a tant de choses à débrouiller. Je comprends, aux signaux qu’elle m’envoie, que son médecin estime que je peux avoir sur elle une influence perturbatrice. Je ne suis pas une partie de l’histoire. Celle dont elle doit fouiller les méandres.


9h55:
Barbara Jones (in den Ohren): "Now most every morning I stare out the window and I think about where you might be."


10h05 (SMS):
Ich könnte heulen.


10h40
Frau Pr Dr B: Unser Mann braucht ein Händchen, Schwester. Es tut zu viel weh.
(…)
Schwester M: Ja, einfach weinen. Iss nicht schlimm.


11h05 (SMS):
Mein schöner Mann, warum ist es so schön mit dir?


11h25:
© icke


11h45:
Felix: Und? Wie war der Nighter am Freitag?
Marina: Schön getanzt?


13h15: