lundi 5 avril 2010

"Louder every day"

Purée de punaise! Sur le cul, il est, JB. Il écoute paisiblement une belle compilation reçue samedi, Queens of Jamaica, qui recense 20 morceaux de ska et de reggae chantés par des femmes - puisque c'est un peu son dada: redonner aux chanteuses jamaïcaines la place qui leur revient - j'y reviens (hö!), justement. Sur les 20, 8 étaient connues. Et puis je tombe sur ça. Sur When The Lights Are Low. Et là c'est carrément une claque en pleine gueule que je me prends. Et je trouve nulle mon ignorance crasse, je m'en veux de ne découvrir cette merveille aujourd'hui seulement, en 2010. Mais ce qui prouve au moins que l'espoir existe: un jour ou l'autre on tombe sur la beauté, jamais on ne cesse d'être éprouvé et subjugué par la beauté artistique, ainsi que je m'entendais le dire pas plus tard que mardi dernier.
On écute, illicu prestu. Parce que c'est, donc, un bijou, une beauté pure, cette chanson. Impérissable, immarcescible.



À la cinquième écoute en boucle, forcément, le regard se voile un peu et on se trouve un peu concon et cucul la pral d'avoir les larmes aux yeux. Mais bon. On est tartignole ou on ne l'est pas, hein.

When The Lights Are Low date de 1970, a été produit par Byron Smith et est accompagné par… Par? Oui, cette trompette, on ne peut pas se… tromper (hö! et ha! jamais avare d'un mauvaise jeu de mots, ce JB, hein?), ce trompettiste n'est autre que le grand, le très grand Tommy McCook. L'accord est absolument entêtant, qui rehausse l'insondable tristesse du morceau plus soul que ska ou reggae (ou rocksteady d'ailleurs), une tristesse encore renforcée par les chœurs et le phrasé alangui de Joya Landis.
Joya, on la connaît bien. En 1968, elle sort deux tubes: une reprise de Angel in the Morning (et de Kansas City) et de Moonlight Lover. Joya Landis a cette voix très reconnaissable de beaucoup de chanteuses jamaïcaines (Millie Small surtout, mais aussi mon égérie Patsy Todd ou Naomi), une voix très nasillarde qui ici n'est plus que légèrement haute.


L'énervement, en revanche, il vient évidemment de l'évincement (le substantif est rare mais il existe!) de Joya Landis des sites plutôt exhaustifs sur la musique. Rien dans allmusic.com, ignorée de Wikipédia, certes recensée roots archives - et basta. Aucune photo d'elle trouvable sur le net, rien. Vlan, encore une femme artiste invisibilisée (comme disent si bien les Norvégiens: usynliggjort), biffée des tablettes, chassée des livres d'histoire. Alors on va crier son indignation "louder every day", comme chante Joya Landis dans la chanson qu'on va aussi écouter plutôt deux fois qu'une, du coup.


PS: À 11h40, j'en suis à 20 écoutes. Et j'ai comme l'impression que la chanson va tourner ad libitum toute la journée. Il pleuviote sur Berlin, le ciel est gris, plombé par un léger brouillard. When The Lights Are Low, donc.

1 commentaire:

mehdi a dit…

salut salut je voulais te demander ,s il te plait, de traduire cette magnifique chanson "when the light are low" ou me donner un lien pour les lyrics en anglais je trouve pas du tout les paroles sur le net ... on les devine bien sur, mais je bloque sur deux ou trois mots merci, et bravo pour la recherche des morpions de nora lol, tres interessant comme article a bientot