mardi 27 avril 2010

Partage/Teile mit mir

Es ist noch früh und ein Kind geht schon zur Schule vor mir. Sonst sind es kaum Menschen auf der Strasse.
Il est encore tôt et un enfant va déjà à l'école juste devant chez moi. Sinon, la rue est quasi-déserte.

© icke

Sans vraiment en comprendre la raison, Kalliolle Kukkulalle s'impose à l'esprit - une chanson traditionnelle finlandaise, que le groupe de propagande est-allemand Oktoberklub a interprété en 1973. Et ça aussi, cette émotion qu'on éprouve systématiquement à l'écoute de cette chanson, demeure un mystère.
Ohne ganz zu verstehen denkt man an das finnische Volkslied Kalliolle Kukkulalle, das die Oktoberklub (ja, sie!) damals in 1973 gesungen hat. Man mochte dieses Lied immer. Das auch ohne ganz zu verstehen.



Auf Finnisch erzählt das Lied die Geschichte von einem Mann, der sein Haus auf einem Berg baut; er fragt ein Mädchen mit ihm hineinzuziehen; würde sie das ablehnen, dann würde er weggehen und niemals mehr zurückkehren.
Auf deutsch gehen die Texte so: "Helle Wasser Dunkle Wälder / und die Sehnsucht sind mein Haus. / Komm zu mir und teile mit mir / Tag und Wärme, Kälte auch. / Wo wir gehen blüht das Laub, / sind Wege kürzer, Winter grün. / In deinen Augen wächst mein Leben, / Dein Gesicht darf nicht vergehn."
Und dann versteht man. Eins, Die Sehnsucht, ein Wort, das wir nicht auf franzosisch haben, wir benutzen eher das Wort mélancolie (die Skandinavier reden von lengsel, und das Wort hat die gleiche Valör wie auf deutsch). Zweitens, das worüber wir gestern auch mit M. geredet haben. Warum werde ich gerührt, wenn ich z. B. ein Lied höre? Weil das Lied in sich melankolisch ist? Oder weil das Lied auf eine in mir liegende Melankolie appelliert?


En finnois, la chanson parle d'un homme qui vient de construire sa maison sur une montagne, il demande à une jeune fille de s'y installer avec lui et dit que, si d'aventure elle venait à refuser, alors il partirait, loin, pour ne plus jamais revenir.
En allemand, la traduction dit: "Les eaux claires comme les forêts sombres et le Sehnsucht sont ma maison. / Viens auprès de moi pour mieux partager le jour et la chaleur, mais aussi le froid. / Là où nous allons le feuillage bourgeonne, les chemins sont plus courts et l'hiver y est vert. / Ma vie grandit dans tes yeux, ton visage ne doit jamais disparaître." Et là on comprend.
Primo, le prolongement de la discussion d'hier avec M. Cette discussion qui portait aussi sur le Sehnsucht, ce désir nostalgique qui n'est pas stérile mais qui se projette - les Scandinaves ont un mot eux aussi: lengsel - quand nous, Français, parlons davantage de mélancolie (le mot aspiration, aujourd'hui dans ce sens-là tombé en quasi-obsolescence, correspond  assez bien à l'idée de Sehnsucht). Secundo, l'autre facette de notre discussion: pourquoi suis-je mélancolique en écoutant une chanson? est-ce parce que celle-ci contient une mélancolie, exprime en soi la mélancolie? ou bien parce que la chanson touche un point de mélancolie en moi?


Et enfin, tertio, on comprend, que cette chanson sur le besoin d'être deux, de ne pas être seul, nous dit quelque chose à nous aussi. Forcément.
Und drittens versteht man letztendlich, dass dieses Lied über das Bedürfnis nach Zweisamkeit, damit man nicht in Einsamkeit lebt, uns etwas sagt. Selbsverständlich.


Man schaut hoch in den Himmel hinein, der trotz der Wolken knallblau ist. Dieses darf nur ein schöner Tag sein.
On lève les yeux vers le ciel, d'un bleu éclatant malgré les nuages. Ce doit forcément être une belle journée.


© icke

2 commentaires:

florence a dit…

Jean-Baptiste,
"amours débutants" de Murat.Est-ce que cette chanson te touche ?
Elle est pour moi un éclat de bonheur et de mélancolie...

JB a dit…

Il m'a fallu fouiller derrière les étagères pour ressortir le CD que mon iTunes a ignoré. Je suis en train de l'écouter. Et la batterie me fait penser aux chansons des années 80 d'Étienne Daho (au fond la plupart des morceaux sont années 80 jusqu'à l'inaudible). Bref. Je me souviens que, déjà à l'époque, Murat prononçait "débutants" de sorte sorte qu'on entende aussi "dégoûtants". À moins que ça n'ait été qu'une projection de ma part… Aujourd'hui, 20 ans après, ce morceau est uniquement associé à une période qui ne me plaît plus. La musique ayant chez moi cette capacité de fixer les moments et les émotions vécus à une période. Du coup, quand on/je réécoute certains morceaux, des années après, c'est toute la période en question qui redéfile. Æsjjj, comme on dit en norvégien.
Par rapport à cette idée de mélancolie qui se trouvait dans le post, je pense en revanche que Cheyenne Autumn, avec la voix de Tarkovski à la fin, n'a pas pris une ride.
Ce qui intéressant, dans cette confrontation, c'est de constater à quel point M. (une fois de plus) a raison…